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Tome I. [A - D.]
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large, maïs fans eau. Ces murailles font ruinées en plusieursendroits. U n des plus beaux jardins de la ville est celuyde Schachbag, au fauxbourg de Begampôur. C’est le jardindu Roy. II est spacieux, fermé d’une grande muraille , &accompagné d’une aster belle maison , dont les sossez fontpleins d’eau, & les appartemens fort riches. On va de là parun pont de pierre, long de quatre cens pas, à un autre jar-din, appellé N ïkc'mabag, c’est-à-dire Joyau. Iln’est pas fortgrand, non plus que la maison qui l’accompagne ; mais l’un& l’autre font tres-avantageufement situez , dans un lieuaster élevé pour découvrir toute la campagne voisine , &pour former fur les avenues du pont une des plus belles per-spectives que l’on puisse voir.

A dcrni-lieuë de la ville, on volt un autre jardin,qui est leplus beau de toutes les Indes,& le plus Considérable de toutíePays,non feulement à cause de la victoire que le Mogcl ya remportée fur le dernier Roy de Guzurate, ce qui luy adonné le nom de T&iethagh , c’est-à-dire, Jardin de Conquê-te ; mais aussi à cause des superbes bâtimens dont il est ac-compagné , & des beaux fruits qu’on y trouve en grandeabondance. U est situé dans un des plus agréables lieux du0 monde, fur le bord d’un grand étang, ayant du côté del’eau plusieurs pavillons ; & du côté d’Amadabath une tres-haute muraille. Le corps du logis est digne du Prince quií’a bâti, aussi-bien que le Caravanfera que l’on y trouve.Le jardin a plusieurs allées d’arbres fruitiers, comme oran-gers , citronniers, grenadiers, dattiers, amandiers, meuriers,mangas, cocos, & autres. Ily en a une si grande quantité,& ils font plantez tellement ferrez, qu’on peut faire le tourentier du jardin à l’ombre, les branches de tous ces arbresfont chargées de singes,qui ne contribuent pas peu au plaisirque donne cette promenade. Us font la plupart d’un vertbrun, & ont la barbe & les sourcils longs & blancs. Ils mul-tiplient presque à l'infini, parce que les Ben jans, dont lenombre est beaucoup plus grand en ces quartiers-là que ce-luy des Mahométans, croyent la métempsycose,Le ne souf-frent point que l’on tuë les bêtes, de foçte que toute la villeest rë'mplie de singes , qui entrent dans les maisons à touteheure.

Il y a plusieurs sépulcres remarquables aux environs dela ville, & un entr autres dans le village de Zirkées .*Voyez,1Z i R k e'e s.

Auprès d’Amadabath on voit les estroyables montagnesde Ma r va , qui commencent à paraître. Elles s’étendentpendant plus de soixante & dix lieuësvers Agra, & plus decent versOuyen, & font tellement inaccessibles que le châ-teau de Gurchitto, où demeure un des principaux Radiasvu Prince de ces quartiers-là , en est estimé imprenable, en-sortçyaue les Rois de Pettar,& le Mogol même ont eu de lapeín * le fubjuguer.Mandeslo dit que du temps qu’il étoit àAmadabath , ce Prince s’appelloit Rana ; que les Indiensconfervoient beaucoup de considération pour luy, & qu’ilétoit si puissant qu’il aurait pû mettre six vingt mille che-vaux en campagne en fort peu de temps. Dans la monta-gne qui est entre Amadabath & Trappe demeure encore unautreRadia ou Prince,qui ne reconnoit point leMogol,parceque les bois & les deferts, où il est presque impossible del’aller forcer, le mettent à couvert de fa puissance.

Voicy l’extrait d’une Lettre écrite de Surate le i.. Janvier1695. parle sieur T. Regnard, qui a demeuré huit ans dans» Amadabath. Permettez-moy , Monsieur, de vous foûte-»nir ce que je vous ay déja écrit de la ville d’Amadabath.53 Elle a toujours été gouvernée par des Fils de Rois ou33 Grands Ommiras. Aurengzebe, Roy régnant, en a été53 long-temps Gouverneur. Cette ville est murée, & a dans33 son circuit cent cinquante bastions, douze grandes portes,33 & cinquante Pouras ou fauxbourgs, dont l’un appellé Ray-»four, est aussi grand que Surate. Elle est présentement gou-,3 vernée par un Ommira nommé Suzat-Kam,qui a des bien-33 faits du Roy trente-deux Lacqs de Roupies tous les ans,33 qui font quatre millions huit cent mille livres de nôtre33 monnoye, fans le tour du bâton. Ce revenu vous paraîtra33 grand ; mais ce n’est pas un des plus forts, puifqu’il y a33 des O nantiras qui ont jufqu’à quinze millions de revenu33 des bienfaits auffi du Roy fans Gouvernement. J ay de-33 meuré dans l’une des maisons d unMahometan nommé Se-33 dar-Kam,mort en t688.II entretenoit six cens femmes,& il33 avoit fait bâtir cette maison pour y loger la premiere qui33 étoit de Sang Royal, vis-à-vis de celle qu’il occupoit qui33 étoit l’une des plus belles des Indes. Cette femme avoit53 cent Esclavines pour la servir elle feule, & chacune des

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’ cinq cens quatre-vingt dix-neuf autres, en avoit àu moins “cinq ou six. Ce Mahométan fit faire fa sépulture quatre“ou cinq ans avant qu’il mourût, & cette dépense alla à “plus de quatre cens cinquante mille livres ; auffi son Se*“pulcre est-il un des plus beaux qu’on voye dans Áma-“dabath. Sans parler de ses enfans,qui étoient en fort grand vnombre, il avoit auprès de luy deux mille cinq cens Ca-“valiers , avec quantité de serviteurs , de chevaux, de “chameaux & d’éíephánts. Jugez quel bien il devoit avoir «pour Fournir à tout cela. La peste s’étant répandue dans «Amadabath l’an 1691. y fit un si grand ravage qu’elle em- “porta 450000. personnes. “

AMÀDAN. Pays dépendant du Roy de Perse, ávectitre de Royaume. Texeira l’appelle Amedort, de même quefa ville capitale. Il est situé entre le Royaume de CaíbiR& le Curdistan. Son étenduë est de cinquante lieues, & ila quinze Citez. Ses habitans font tous Marchands, & getûde commerce* Dom Juan de Perse, Relation.

Quôyque la ville qui porte le nom d’^M^à, soit aster

Í ;rande, on voit par plusieurs ruines toutes de brique, qu ehea été autrefois plus considérable qu’elle ne i’estaujour-d’huy. 11 y a plus de Juifs qu’en aucune autre ville de Per-se , & il y en vient de beaucoup d’endroits en pèlerinagepour y reverer les Tombeaux de Mardochée & d'Esther3qu’ils assurent y être encore à présent. On voit ces Tom-beaux dans le lieu qui leur sert de Synagogue , & qui étoitautrefois un Edifice fort grand ; mais il n’yreste plus rierid’entier que la petite Chapelle où font les Tombeaux faitsde briques,& revêtus de bois peint en noir. Tout croît fortabondamment darts ce Pays-là ; le pain, le vin, la viande, 8 ítoutes sortes de fruits y font à* grand marché , & le vin furtout y est tres-excellent.* Voyage du sieur Paul Lucas au Levant)Tome L. ch. 10.

AMADIE. Ville qui n’est qu’à deux journées de Geziré,ville de la Mésopotamie. Elle est d’une grandeur médiocre,& il y a au milieu une belle Place où se tiennent toutes sor-tes de Marchands. C’est où tous les Paysans de la plus gran-de partie de l’Assyrie apportent leur tac&leurs noix de gal-le, Cette ville est fous la domination d’un Bey, qui peutfaire huit ou dix mille chevaux, & beaucoup plus d’infan-terie qù’aucun autre Bey, les terres qui luy appartiennentétant les plus peuplées de tout le Pays des Curdes. Amddúest bâtie fur une haute montagne , dont on ne fçauroit ga-gner le sommet en moins d’une heure. Au milieu du che-min , ou un peu plus, il fort de la roche trois ou quatregrasses sources , & comme il n’y a point d’eau dans la ville*il faut que les habitans viennent jufques-là soir & matin avecleurs bêtes, pour en emplir de grandes oudres. *Taverníer*Tome 1. si. z. cb. 5.

AMADOCIENS. Peuples anciens de la Sarmatie Euro-péenne. Ils étoient comptez parmy les Basternes qui habi-toient la Volhinie & laPodolie,

ÁMABA ou Ammia. Les Latins appellent ainsi Pottalegreìville de Portugal.

AMAGETOBRIA , ou Magetobriga. Ville ancienne de b*Gaule.Quçlques Géographes prétendent que cette ville soitle bourg de la Lorraine appellé Magflat.C’eíl selon d’autres,B ingen, ville de l’Electoratde Mayence.

AMAGOR. Ville d’Afrique dans la Province de HeaaURoyaume de Maroc. Elle a huit cens feux ou environ, & 2été bâtie par les anciens Africains, de la tribu de Muçamo-da , sor une haute montagne fort roide , qui est ceinte dedeux roches escarpées, & de deux grandes rivières. 11 y aun château fort de nature, & plusieurs villages à f entour,peuplez de la même tribu, à cause que la montagne est d’u-ne grande étenduë. Les habitans ont quantité de chevaux,& recueillent beaucoup d’orge ; mais ce sont gens barbares& fans esprit. Les Cherifs les ayánt attirez des premiers à letifparti par leurs remontrances, y établirent leur demeurependant quelque temps ; ce qui fut cause qu’ils surent sac-cagez par les Chrétiens en 1516. Nuilo Fernandez qui coM-mandoit'à Safi, ayant fçu que le Chéris Muley Hamet étoitdepuis quelque temps dans Amagor avec des troupes, com-manda à Lopez Barriga,fon Lieutenant,d’aller attaquer cettePlace, & d’essayer de prendre ce Maure qui troubloit toukle Pays. Barriga partit, n’ayant en tout que deux cens che- 1vaux Portugais, & cinquante tireurs à pied,avec mille che-vaux Arabes, sous le commandement de Geli Bugima leu sEvêque & quelque autre Cavalerie & Infanterie,& sortantdes habitations de Uled Chiedma, aprés avoir passé à Taza-mor, & de là au village de Fecefiz,|une lieuë de Testant