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Tome I. [A - D.]
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divers Ctímbâts contre des Sauvage s fort hardis, il Jes obli-gea de faire la paix. Ils luy donnèrent huit statues d’un ortres-fin , & faites avec beaucoup d’industrie. Ces Sauvagesétoient nommez Anabaí,àn nom de leur Nation. L’Oreno-que, au droit des terres qu'ils habitoient,avoit douze lieuesde large, quoy qu'on estime que ce Pays foi t situé à sept ouhuit cens lieuës de f embouchure de cette riviere. Le Ter-roir de la Province d'Amapaia est bas & marécageux lelong de la riviere. Les ruisseaux &rtorrcns qui passent parce Terroir prennent une couleur rougeâtre du limon, &engendrent quantité d’infectes venimeux, ce qui fait queseau en est dangereuse à boire.*Laët, liv. ïj. ch.zo.

AMAPALLA. Golfe ou grand bras de la mer du Sud ,qui s'étend huit ou dix lieuës dans le Pays. A íon entrée dueôtédu Midy,il a la pointe de Casivina,& du côté du Nord-Oiiest, le mont S. Michel. Ces deux lieux font remarqua-bles. La pointe de Casivina est à douze degrez quaranteminutes de latitude Septentrionale. C'est une pointe haute& ronde qui ,'paròît en maniéré d’Ifle à ceux qui font enmer, parce que les terres en font fort basses. Le mont SaintMichel est une sort hautemontagne ; mais peu escarpée. Lesterres qui font au pied de ce mont du côté du Sud-Est ,font basses & unies durant un mille, & c est à ces terres baf-fes que commence le Golfe d’Amapalla. Entre ces terres• basses, & la pointe de Casivina, il y a deux Iíles hautes assezconsidérables à deux milles f une de l’autre. La plus Méri-dionale est appellée Mangera , & l'autre Amapalla. Cette der-niere est la plus grande. La terre en est noire, peu profonde& mêlée de pierres. 11 y a deux villes dans cette Isle , f uneà TOrient, & f autre au Septentrion. La premiere qui n'estqu'à ún mille de la mer, est bâtie dans une plaine fur le som-met d’une montagne, & le chemin par où 1 on y va est si ef--carpé & si rempli de rochers, qu’un petit nombre de gens,armez seulement de pierres, empêcheroient un corps consi-dérable de monter. On voit une belle Eglise au milieu de«uette ville.

L'autre ville qui est moins grande a aussi une fort jolieEglise. Les maisons de rifle font fort peu de chose. Les In-diens des deux places ont une grande étendue de Mahis, as-sez éloignée de chaque ville. Ils ont fort peu de plantains ;mais autour de leurs maisons, il y a quantité de gros pru-niers sauvages. Le bois en est fort fragile, le fruit ovale, &de la grosseur de nos petites prunes sauvages. Ce fruit estfort verd d'abord , & quand il est meur il est jaune d'uncôté & rouge de l'autre. Ces Indiens ont aussi quelque vo-laille. II n'y a parmi eux qu’un Padre ou Prêtre qui sert Jesdeux villes , & celle de l’Ifle de Mangera. Ils font fous leGouverneur de la ville de S. Michel, située au pied de la•montagne de ce même nom, & luy payent tribut en Mahis,parce qu'ils font extrêmement pauvres, n'ayant rien dontils puissent faire de l'argent que leurs plantations de Mahis,& leur volaille. Le Prêtre, qui est Espagnol & le seul blanc

3 u'il y ait dans ces deux ifles, a le dixième de cefte volailleont il fçait le compte , en forte qu'ils n'en oferoient tuerune feule, qu'il ne 1 ait permis, quand même ils feroient ma-lades. II y a plusieurs autres Istes dans la même baye ; maisinhabitées & basses, à la réservé d'Amapalla & de Mangera.L'une qui est assez grande appartient à un Convent de Fil-les , & on y trouve des vaches & des taureaux , ce qui estcause que trois ou quatre Indiens y demeurent pour avoirfoin du bétail. II y a deux canaux pour arriver dans le Gol-fe, l'un entre la pointe de Casivina & de Mangera,& l'autrequi est le meilleur, entre Mangera & Amapalla. La rade està l’Orient d’Amapalla , vis-à-vis d'un morceau de terre baf-fe , qui est tout ce qu'il y a de bas dans cette Ifle,au Nord-Est de laquelle les vaisseaux peuvent ancrer un peu plusavant. C'est le lieu que les Espagnols fréquentent le plus,&ils le nomment le Port de Martin Lofez,. Ce Golfe ou Lac s’é-tend à quelques lieuës au-delà de toutes les Isles ; mais il y asi peu d'eau que les vaisseaux n'y fçauroient aller. Ces In-diens qui sont sous la domination des Espagnols, font toutesleurs assemblées publiques dans l’Eglisc, ainsi que leurs di-vertissemens, qui ne consistent qu a chanter, à danser, & àfaire diverses postures. S il fait clair de Lune, ils ont peu detorches, sinon l'Egliso est tres-eclairee pleurs chansons fontfort dolentes, leur Musique 1 est de meme. Ces assembléessont composées d'hommes & de femmes. * Dampier, Voyagesautour du monde , Tome l. ch. 5-

AMARA. Royaume d'Afrique dans les Etats du Negus.Les Abissins le nomment Ammaara. II est situé à quatre de- .grez Sc demi, Sc a pour bornes au Nord, un Lac qui a une I

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ïílë nommée de sainte Etienne, aui confins‘d'Àngote , &une montagne nommée aussi Amara ; au Levant le Royaumede Xoa, où l'on entre par certaines portes appellées Aquifagqui font faites dans la montagne ; au Midy les vallées & lesmontagnes des Singes ; & au Couchant certains lieux voisinsduNil.CeRoyaume contient un fort grand nombre de ville"}de villages, & de châteaux,entre lesquels est Azzel.Les mon-tagnes des Singes font rudes & pleines de rochers, & ont deprofondes vallées qui s'étendënt vers l'Oiiest jufqu’au Nil»Les portes d' j4<j«ì/.í£í, c’est-à-dire,Mort desAfnes, sont fur unroc taillé, qui divise deux vallées, dont l’entrée & la sortiefont fort étroites. Entre les portes d'Àquifagi & de Bada-foaíïà, font celles qu'on nomme Moyennes. Elles font envi-ron à neuf milles d’Aquifagi, & à trois du fleuve Anacheté,après quoy on trouve les portes de Badabaífa,mot qui signi-fie Nouveau Pays, éloignées de celles d'Àquifagi de quinzemilles ; & des Moyennes de six. Auprès de ces portes on voitune des grottes ou l’on garde le trésor du Preste-Jean, dansdes vallées fort profondes. On paye à ces portes le droit depaflàge, & d’ailleurs elles fervent de limites aux Royaumesd'Amara & de Xoa. Ce font les Pyles, ou Portes de Ptôse 1 -mée.

Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce Royaume,c’estla montagne d'Amara,fous la Ligne Equinoctiale.On y tientcomme prisonniers les Princes au Sang Abiffin,qui n'en sor-tent que pour succéder au Negus , selon leur degré. Quel-ques-uns parlent avec beaucoup d’avantage de fa hauteur,deson étendue, de fa beauté, & de fa bonté ; mais ce qu'enraportent quelques autres, qui ont été en Ethiopie, est plusvray-femblable. Ils disent que c'est une montagne ronde,qui a peu de lieuës de circuit en se cime, extrêmement hau-te , avec un rocher coupé en maniéré de muraille,d’un tres-dimcile accés, si ce n’est par un certain endroit. II y a quel-ques Palais pour la demeure de ces Princes Abissins, A unMonastère de l'Ordre deseint Antoine , sens •autre eau quecelle des pluyes dans les citernes , avec quelques grains »fruits & animaux pour la nourriture. Cependant FrançoisAlvarez dit que le circuit de cette montagne ne se peut par-courir en moins de quinze jours ; mais on croit qu'il parledu bas, & que fur cette grande montagne, il y en a d'autresmoindres, qui font des vallées, où font des fleuves & desfontaines, avec quelques villages & quelques habitations.On n'en íçauroit parler avec certitude,puifqu'aucun Etran-ger n'y peut entrer fans perdre la vie, ni ceux du Pays fansaVoir les pieds & les mains coupez. Les Jésuites, dans leursLettres, la nomment Quirem , & Sanut Mont-Royal , à causeque l'on y met 'tous les enfans du Negus, comme en unefeure garde, dans un château qu’on appelle Amba , ne lais-sent la liberté qu'au plus proche heritier de la Gouroune. Le même Sanut, qui la fait tres-forte d’assiette, & d'unegrande hauteur , ainsi que Godigne , dit qu’elle a quinzejournées de tour en son pied ; en forte qu'étant fort avantdans le Royaume d'Amara, limité par cette montagne, elles'avance beaucoup vers celuy d'Abagamedry , qui est fur seNil. Elle est escarpée tout à l’entour,du haut en bas. Et ainsile roc est une efpece de muraille droite, & a seulement troisentrées, qui sont difficiles. Ces deux Auteurs font cettemontagne ronde. Godigne dit qu'on trouve au sommet uneplaine longue d’une lieuë , & un seul logis peu magnifique,& qu’on n'y a pour toute eau que celle de la pluye &des ci-ternes qui font dans le roc. II ajoute que dans le Monastèrequ'on y a bâty, il y avoit 86. Religieux ; & que le grainqu'on y semé tous les ans, ne pouvoit nourrir au. plus quemille personnes. On y voit un grand nombre de brebis, depoules & d'oyes ; & il y en a qui disent qu'on n’y trouvepas les grands amas d’or & de pierreries, dont Urrete fasemention, & que Feutrée de ce lieu n'est point défendueaux femmes & aux Etrangers, comme il a voulu le fairecroire. *Davity , Afrique , Etats du Negus. Voyez, Amhara.t AMARAIAPURE. Ville ruinée, qui a été fameuse dansl’Ifle de Ceilan, & dont les Chroniques des Chingulais,don£cette Isle est habitée, font mention d'une maniéré fort avan-tageuse. On prétend que quatre-vingt-dix Rois y ont sestleur demeure, & que c'est de là qu'elle a pris son nom. Osty voit encore de grands restes de Temples & de Palais,qu'ostasseure être de la façon des Romains, & avoir été bâtis de-puis l'Empereur Claude. Cette ville est dans le quartier cseMangalcorla. II y avoit un Palais orné de seize cens colom-nes d’un marbre tres-fin, & d’un travail merveilleux, & ustTemple magnifique, qui contenoit trois cens soixante &si*Pagodes,dont vingt-quatre étoient d'une grandeur extraos'

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