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giale de Saint Nicolas La Paroisse de Saint Laurent est dansJe fauxbourg de Beauvais ; & celle de Saint Pierre dans lefauxboug qui porte ce nom. 11 n’y en a point dans le faux-bourg de FArtois. Edouard HI.-R.oy d’Angleterre , rendithommage dans Âmiens à Philippe de Valois en 1329 pour leDuché de Guyenne. Les Espagnols'surprirent la ville,parstratagème en 1597. ma ' S Henry ÎV. la reprit peu de tempsa prés , & y fit bâtir une Citadelle, qui paíse pour une desmeilleures & des p,lus régulières de sEurOpe. Cette ville amérité que la Reine Isabelle y ait établi une SouveraineCour de Justice en Fan 1418. mais elle fut de peu de durée,à cause des troubles qui agitoient le Royaume. Cette Reineayant pris à Chartres le Gouvernement du Royaume parle Conseil du Duc de Bourgogne, ordonna que Philippe deJVîorvillers se transporteroit à Amiens, accompagné de quel-ques Notables Clercs, avec un Greffier juré, -& qu ils yétabliraient une Souveraine Compagnie de Juges , commecelle du Parlement de Paris,pour les sujets des Bailliages &Ressorts d’Amiens, Vermandois, f ournay,& Sénecháusséede Ponthieu.On donna à Philippe de Morvilliers un Scel,oùsetoit gravée l’Image entiere de la Reine , étant debout , lesdeux bras tendus vers la terre, comme demandant secours;
■ au côté droit un écu de France ; au gauche un autre impar-ti de France & dfc Bavière ; & autour du Scel ces mots. c’estle Seel des-causes , souverainetez. & appellations pour le Roy, II futordonné de plus qù’on scellerait cte ce Scel en cire rouge,& que toutes les Lettres & lesMandemens se seraient au nomde la Reine en cette forme, isabelle, par la grâce de Dieu, Reinede France, dyantpour Toccupation de Monseigneur ie Roy, Gouver-nement ■& administration de ce Royaume,parl’ordre irrévocable d'Nous sur ce fait par mondit Seigneur & son Conseil. La ville d’A-miens est fort agréable, la plupart des rues font droites,larges, & embellies de grandes Places, & de beaux Palais,qui fe voyent en assez grand nombre dans les rues de laChaussée Saint Leu, des Dominicains,de Sainte Marie,& deSaint Denis, qui font des plus grandes de la ville. On n’ycompte que cinq portes qui la serment. Celle de S. Pierre,est proche de la Citadelle, où elle ouvre le chemin de Dour-lens. De-là jufqu’à celle deNoyon, les remparts font unepromenade agréable , à cause des allées d’ormes qui les cou-vrent.C’est de ce cóté-là que la riviere de Somme entre dansAmiens par trois canaux difterens, fous autant de ponts, quifont des Celestins, de Barabat, 8í des Changes. Ces canauxaprés avoir arrosé Âmiens en pluíieurs endroits, où Ton s’ensert pour toutesfortes deManufactures,se. rassemblent à l’au-tre bout dela ville, au pont S. Michel, où est le quay des ba-teaux qui viennent d’Abbeville , chargez de marchandisesqu’ony apporte par mer.il y a à la porte de Noyon un faux-bourg où éstl’Àbbaye de ’ Saint Ácheu.Âprés cette porte ontrouve celle de Paris,' où est le Mail, Fun des plus long duRoyaume , entre deux allées de grands arbres, qui ferventsouvent d’abri. Ensuite est la porte de BeuVoy,& celles desToits,où aboutit Tune des plus belles rues de la ville. C’esttine conduite au Palais du Bailliage, où l’on rend la Justice,proche du grand bâtiment de la Maison de Ville,qui est devant une belle place, en laquelle on voit lagrosse tour duBeffroy de FHorloge. Entre les places publiques, celles desFleurs & du grand Marché font des plus considérables.Cettederniere a plus de trois cens pas de longueur.
Amiens a produit plusieurs grands Hommes,& entr’autresPierre FHerraite, Jacques Sylvius, & Jean Riolans. PierreFHermite, Gentilhomme & Solitaire de profession, fit unvoyage en laTerreSainte vers Fan 1093.L état déplorable oùil voyoit les Chrétiens réduits,Fobligea de conférer avec lePatriarche Siméon, fur les moyens de les tirer de l’oppres-sion. II en obtint des Lettres pour tous les Princes de FOc-cident; & aprés avoir porté au Pape Urbain II. celles qui luy'étoient adressées, il parcourut une grande partie de FEuro-pe, pour traiter en particulier avec les Princes,& pour prê-cher publiquement la Croisade. Godefroy de Bouillon, àqui il s’attacha particulièrement, comme à celuy qui étoit leChef de la plupart de ceux qui fe vouèrent à la Guerre Sain-te , le voyant suivi d’une multitude infinie de petit Peuple,luy en donna la conduite,avec ordre de prendre les devants,ce qu’il accepta. II marchoit à leur tête vêtu d une longuetunique de simple laine, lans teinture, avec un grand froc,
& un petit manteau d’Fíermite. 11 alloit nu-pieds, & faiíoitune abstinence continuelle, se contentant de legunies, &d’un peu de vin , pour soutenir ses grandes fatigues. U diviseson armée en deux parties,& mit la premiere, composée dutiers 6e ses gens de pied, fous les ordres d’un Gentilhomme
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de ses aihis, se réservant le commandement de Fausse s*l ulétoit de quarante mille hommes de pied, & d’un bon no®'bre de Cavaliers. Etant arrivé prés de Constantinople efl1096- FEmpereur le-fit'venir en son Palais, & luy témoig 03beaucoup de satisfaction de son entreprise. Quelques te®P 5aprés Pierre FHermite passa avec son armée au de-là ^Détroitjdans la Bithynie, où Soliman le défit prés de M#en forte que de cette grande multitude de Croisez, d ®resta que trois mille hommes,qui se sauvèrent à Constass 1 'nople. Tel fut le succès de Fentreprise de Pierre FHerm ,K >qui ne lailse pas de fe signaler au siegedejeruselem en 10991Jacques Sylvius naquit fur la fin du XV. Siecle, & se d®tingua par la facilité qu’il avoit à parler de tout ce qui co®cernoit la Medecine dont il faifoit profession. On Face® 3«savoir trop Rattachement pour les fentimens de Galie®contre les nouvelles découvertes que l’Anatomie avoit de?faites de son temps. Son avarice diminua fort Feftime q 11 '’son fçavôir luy avoit acquise*. Quoy qu’il eût amassé bea®coup de bien , Favidité q f il avoit de Faugmenter, Fobhgebitàfaire des répétitions particulières pour de large® ’aprés qu’il avoit parlé publiquement en qualité de Prosesseur Royal en Medecine. 11 mourut Fan ijfj. âgé de é}‘ans.
Jean Riolan, Médecin célébré, naquit dans le XV. Siécle& ne s’acquit pas moins de réputation pat la connoiflàcfqu’il avoit de FÁntiquité, que par celle de la Medecine. 3fut Fun des plus zelez défenseurs de la Doctrine d’Hipp 0 'crates,contre lesCyhmistes,& mourut le i8.d’Octobre 1 60sNous avons de luy divers Ouvrages recueillis en un vol®me in folio. Jean Riolan son fils, Médecin ainsi que luy , f’mort dans un âge fort avancé vers Fan 1650. nous a laissé d 1 'vers Ouvrages d’Ânatomie fort estimez.
Amiens a produit encore dáns le dernier Siecle trois ho®'mes d’un mérité distingué ; fçavoir, Messieurs Voiture, R®haut & du Çange. Vincent Voiture de F Académie Fran-çoise étoit fils d’un Marchand de vin en gros, & brilla tel-lement par son esprit, qu’il entra dans la familiarité de c&qu’il y avoit de plus grand & de plus relevé à la Cour. Songenie facile & d’un caractère inimitable, fut cause que Mon-sieur, Gaston de France, Frere unique du Roy Louis XI®le voulut avoir auprès de luy , & il y fut en qualité d d®traducteur des Ambassadeurs & de Maître des Ceremssnies. Ce Prince Fenvoya en Espagne pour quelques affiùres, d’où il passa en Afrique par simple curiosité. II fit de®Voyages à Rome, & fut envoyé à Florence porter la nou-velle de la naissance de Louis le Grand, qui régné aujou®d’huy avec tant de gloire» Il eut une Charge de Maîtf 5d’Hôtel chez le Roy, & Monsieur le Comte d’Avaux Surin-tendant des Finances le fit son premier Commis, seuleme®pour luy en faire toucher les appointemens fans Foblig esd’en faire la fonction. II serait mort riche s’il eût eu un 5passion moins violente pour le jeu. On assûre qu’il perd®quinze cens pistoles en une seule soirée. II mourut en 1648'& ce ne fut qu’aprés fa mort que le recueil de ses Lettres #de ses Poésies fut imprimé. On connoît en les lisent que B*moindres choses étoient d’un bon goût quand il les mettoi 5en œuvre, en sorte que les Proverbes même qui avilissspresque toûjours le discours en nôtre Langue , donnoie®du prix & de Fagrément aux siens, tant il les plaçoit heureu-sement.
Jacques Rohâut, fils d’un Marchand, étoit tres-haby 5dans les Mathématiques, & vint les enseigner à Paris où 1épouse la fille de Monsieur Clerselier Avocat, qui a rend 11ion nom célébré par son érudition, & qui a traduit de La® 11 'en François quelques Ouvrages de Flllustre René Déser-tés. La lecture que fit Rohaut de tous ceux de ce fçava® 5Philosophe, Fayant engagé à y faire ses réflexions, luy do®na occasion de travailler à la Physique qu’il a composée, Aqu'il enseigna dix ou douze ans à Paris avant que de ^donner au public. Il mourut en 167;. âgé de 5J. ans, & Menterré à Saint Étienne du Mont.
Charles du Frêne, Seigneur du Cange, étoit fils de Loi 3 !*du Frêne, Conseiller Prévôt Royal de Beauquêne,& nâq 13 ?e 18. Decembre 1610. Aprés avoir fait ses Etudes au C 0 }'lege des Jésuites d’Amiens, il alla prendre des Leçons d 5Droit à Orléans, & vint ensuite à Paris se faire recev®Avocat au Parlement. Le désir ardent & insatiable de sç*'voir, & sur tout de penetrer dans toutes les cònnoilsen c fcurieuses de la plus obscure antiquité,Fempêcha de se 6^dans la fonction d aucun employ. II fut néanmoins pou®'!.
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en 1645. d’une Charge de Trésorier de France dans la vJjí -
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