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Tome I. [A - D.]
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une pfaìrîe , & de l’autre une montagne. Le GrandAndeli est dans un vallon , fur une petite riviere ou ruisseau,sppellé Gambon,quiifait tourner un grand nombre de mou-í* ns pendant une lieue qu’il a de cours, avant que de tonn-er dans la Seine, au dessous du château Gaillard. CetteVille renferme dans son enceinte une Eglise Collégiale, dé-v lee a Notre-Dame, & qui a été bâtie par sainte Clotilde." tradition porte qu/elle y changea seau en vin,parce queque son employoità la construire, en manquoient, &S .t en mémoire de ce miracle que le deuxième jour deJuin , veille de la Fête de cette Sainte,on fait une Procession_? emn eUe à la Fontaine, qu’on appelle de Sainte Clotilde,ans àquelle le Doyen, à la tête du Chapitre, répand uneertaine quantité de vin, & auffi-tôt les Pèlerins, accouruse tous cotez en fort grand nombre , fe jettent nuds danseau de cette Fontaine , espérant obtenir de Dieu par fin-erceífion de la Sainte, la guérison de differens maux. Les°names font d"un côté , séparez des femmes par une mu-a *He. On voit tous les ans à cette folemnité un concours^ raor ssnair e de ces Pèlerins, qui continuent pendant qua-s - ou cinq mois, à venir de plus de 20. lieues aux environsa j>e sturs dévotions à la Chapelle de Sainte Clotilde. CetteO^pnlle n’est qu’à trente pas de f Eglise Collégiale,qui sert■ 1 de Paroisse, & qui est d’une fort belle structure, avecQuatre piliers, & des Chapelles derriere le Chœur,des deux cotez jufqu’au bas cíe f Eglise.-Elle est bâtie enr °ix, avec des ornemens d’Architecture & de Sculpture,&e s vitres bien peintes. Son grand portail est accompagnéCl OEUX tours garnies de grosses cloches. Dés fan 1245. son1 ? r §é étoit compofé 4 pùn Doyen, & de six Chanoines, deChapelains, de quatre Vicaires, d’un Diacre,d’un Soû-la cre, avec des Prêtres habituez, & six Enfans de Chœur,.yaencore au Grand Andeli deux Monastères de Filles, f unUrsulines, & f autre de Religieuses Bénédictines , qu’onEPctle communément f Abbaye de saint Jean, à cause d’unef a Pelle de ce nom, qui sert de Titre à cette Abbaye,fon-1 ^ àifon de Baudry de Piancourt. La Paroisse de

a Magdelaine, est dans le fauxbourgqui porte ce nom,aussi-le . n slue le Couvent des Capucins. II y a aussi un Préiidial,T 1 \ a dans son Ressort les Bailliages de Gifors, de Vernon,ue Lyons; une Vicomté ; une Election ; une Maîtrise des» .aux & Forêts; un Grenier à Sel ; un Gouverneur ; un«tenant de Police ; un Maire ; trois Echevins ; & autresmciers de Ville. Le Présidial tient ses Séances deux fois°utes les semaines, le Lundy au Grand Andeli, & le Same-a y dans f autre ville.

Cette autre ville, qu 1 on nomme le Vêtit Andeli , a été au-re rois fortifiée ; mais ses murailles ont été détruites en di-p ers endroits. Elle est située fur le rivage de lâ Seine, & searoisse porte le titre de Saint Sauveur. On y voit le Con-ent des Penitens, & le Prieuré de Saint Jacques, aux Cha-^nesses de Saint Augustin , qui gouvernent FFîôtel-Dieu.s elt un Hôpital pour les malades, qui est hors de la ville ,^, r le bord de la rivière. II y a un Hermitage. vers le milieuc Une /pche, & c’est fur le sommet de cette roche escarpéeav P. rec ìpi ce , que le Château Gaillard est élevé. Ce Châteaurivj^ autrefois de tres-beaux appartemens, & dominoic ladiein' ' ma is d est présentement ruiné. On découvre de ceplug a des campagnes de terre labourable , une prairie, &qui ^ rs villages, des coteaux plantez de vignes,un bosquetir, S ?*f v e fur une montagne , & même en éloignement lede, àue Château de Gaillon , qui ssen est éloigné que de. x petites lieues.

du r? n ” eur Herman,dans le premier Tome de son Histoirej e ^eefe de Bayeux, dit que Saint Space, né en cette vil-éto" ' Ctant a R°dcn, où la persécution contre les ChrétiensAn^ p an de, par les ordres de Julien f Apostat, se retira àdon 1 ^ qu’il y souffrit le martyre avec plusieurs autres,t , es corps furent enterrez secrettement à f endroit oùarr au ̰ Ur d iiuy f Eglise Collégiale de Notre-Dame, ce qui1Va vers fan z 6 z. Entre le Chœur & la Nef de cett -

: cette Egli-

] Cs ’ 1 3 f a un clocher, où font de petites cloches, appelléesSaints, en mémoire des Saints Martyrs inhumezíi e( 5 ^nt Space. M. Herman ajoute que dans le neuvièmeUiann- s Danois ayant fait de violentes incursions en Nor-

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Cadj , 16 ’ 0n transporta leurs Reliques en d’autres lieux pluspie^î 5 en Forte qu’on a recouvré depuis ce temps-là unBay e Utl ùtas de Saint Space, qui font dans f Eglise deChano^ ' ^ Ç e qui confirme cette Translation, c’est que lesd'Andeli^, pour faire une nouvelle clôture à leur- > a yant fait creuser à f endroit même où les Corps

de ces Saints Martyrs av,oient été inhumez, ost ttòuva leursTombeaux entierement vuides.

C’est une gloire pour la petite ville tf Andeli d’avòirété la Patrie du fameux Nicolas le Poussin, qui dés feípremieres années donna des marques du talent sublime quira rendu un des plus grands Peintres de son Siecle. II y na-quit fan 15:94. de parens d’une condition fort médiocre, &une affaire quiluy survint lu y ayant fait craindre quelquespoursuites qui fauroient embarrassé, il abandonna son Pays,& vint à Paris ; où après avoir étudié fous differens Maîtres,il fit quelques voyages en Province , & fur tout à Blois. IIssavoit pas encore vingt ans, & il y fit deux Tableaux pourf Eglise des Capucins, qu’on ne peut voir, fans les admirer,quoy qu’ils se ressentent un peu de la foiblesse de son âge»Etant revenu à Paris il fit six Tableaux à détrempe pour lacérémonie de la canonisation de Saint Ignace & de S. Fran-çois Xavier. On y remarqua la force de Ion genie,& ce quisurprit dans ces six Tableaux , c’est qu’il if employa que sixou sept jours à les faire. Le Cavalier Marin, excellent PoèteItalien, qui fe trouva à Paris dans ce temps-là, fit amitiéavec luy, & le Poussin se fit un plaiíir de reprefenter les plusbelles pensées de son amy , tirées la plupart de son Poèmede ì’Adone , ce qui ne servit pas peu à fortifier en luy le gé-nie de f invention fi nécessaire aux Peintres. II alla à Romeen 1624. & ses Ouvrages, quoyque tres-beaux, if y furentpas d’abord estimez,parce que fa maniéré de peindre n 3 étoitpas du goût qui regnoit alors en ce pays-là. Il arriva mêmeune chose assez singulière ; c’est que les copies qu on en fitfurent plus recherchées & fe vendirent davantage que lesoriginaux. On dit qu’il ne retira pas deux cens francs dúTableau de la peste que le Duc de Richelieu a.depuis achetsmille écus. II portòit toujours fur luy des Tablettes pourdessigner, lorfqu’il passoit dans les rues, les attitudes qui luyparoissoient les plus dignes de remarque, & les beaux mor-ceaux de paysages qui se préfentoient à luy dans la campa-gne. Son application particulière fut à faire des Tableauxde chevalet d’une moyenne grandeur, où les figures fussentassez grandes pour en faire bien remarquer les proportions,& pour y placer le détail des expressions les plus délicates»Entre ses Tableaux les plus estimez on compte les sept Sa-cremens, plusieurs évenemertS de f Histoire de Moyse , sonexposition fur le Nil, la Manne qui tombe du Ciel dans léDésert, & le frappement de la Roche ; Rebecca, les Aveu-gles de Jerico , le Tableau du Deluge, celuy de Pyrrhus, Stplusieurs autres qui font dans le Cabinet du Roy. Lès solli-citations qui luy surent faites f ayant obligé de faire unvoyage en France, il fit le Tableau d Autel de Saint Ger-main en Laye , qui est une Ce ne où la beauté de f ordon-nance , & particulièrement f entente des lumières ne recon-noissent.rien de plus beau en ce genre-là. II fit à peu présdans le même temps le Tableau du Grand Autel du Novi-ciat des Jésuites, qui est de la même force. On luy a repro-ché quelques défauts. Cependant personne n’a été plusloin que luy , pour bien marquer le vray caractère de sespersonnages , & fur tout pour la beauté , la noblesse & lanaïveté des expressions , qui est sens contredit la plus belle& la plus touchante partie de la Peinture. C’est ainsi qu’enparle M. Perrault de f Académie Françoise, dans son pre-mier Tome des Hommes Illustres. Le Poussin mourut àRome le 19. de Novembre r66;.

ANDELLE, en Latin Andella ou Andelius Tluvim. Rivierede la haute Normandie, dans le Diocèse de Rouen. Elleprend se source dans la Paroisse de Forge, une lieuë au-des-sus de la Ferté en Bray , & à neuf lieues de Rouen. En-suite elle forme l’Etang du Fayel, autrement dit d’An-delle,&elle arrose les Paroisses de Châtíllon , Rouvray,Sigy,le Château de Normanville, Montagny, Noléval.,Boulay, Morville,la Ferme Malvoiíïne fur le Héron, Elbeuffur Andelle, Croiíy, Vaciieil, FIsle-Dieu Abbaye de Pré-montrez Réformez , Péruël, Periez , Traníicres, Charle-val, Fleury, Ratpont, Fontaine Guerard Abbaye de Ber-nardines, Douville, Pont S. Pierre, les Deux Amans Priëu-iré Claustral de Chanoines Réguliers de S. Augustin, Rou-milly & Pitre. C’est dans ce village , quatre lieues au-deí-fus de Rouen , une petite lieuë au-dessus du Pont de f Ar-che, & un quart de lieuë au-dessous des Deux Amans, que1 Andelle entre dans la Seine à huit ou neuf lieues de sesource, après avoir reçu cinq petites rivières ou ruisseaux.

On fait flotter fur cette riviere du bois à brûler, que fortcouppe dans la forêt de Lyons, depuis Noléval jufqu’àChar le val, & c’est à Pitre qu’on le charge fur de grand?

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