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Tome I. [A - D.]
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fez, elle se dégorge à cent pas de là dans la Scârf>6,fjtiì y faitune grande prairie,& un lieu plein de marais,qui défendentla ville de ce côté-là. L’Eglise Episcopale de Notre-Dameest dans la Cité. On y garde de la Manne, qu’on dit que leshabitans virent pleuvoir duCiel en forme de floccons de lai-ne mêlée de rosée,fan 388. afin d’en arroser leurs campagnesdurant une grande sécheresse. Cela arriva du temps de saintJerôme , comme luy-même le raconte en ses Epîtres. CetteManne est enchâssée dans de for avec des pierres précieuses.On la porte quelquefois en Procession pour obtenir de lapluye. Le Chapitre de f Eglise Nôtre-Dame est composéd’un Prévôt, d’un Doyen , de deux Archidiacres , d’unTrésorier , d’un Penitencier, & de quarante Chanoines.

II y a dix huit Abbayes dans ce Diocèse, qui comprendla partie Méridionale de l’Artois, avec l’Ostervant, & unepartie de la pjandre. On y compte quatre cens Paroisses ,partagées en douze Doyen nez Ruraux , qui dépendent desArchidiaconez d’Arras & d’Ostervant.Son premier Evêquefut saint Wast , qui vivoit du temps de saint Remy Arche-vêque de Rheims. En ce temps 1 Evêché d’Arras fut uniavec celuy de Cambray, & ce Peuple demeura plusieurs an-nées fans Evêque. Le Pape Ui bain II. ayant été depuis aver-ti que les habitans de Cambray avoient tenu le parti de l’Em-pereur Henry IV. qui s’étoit révolté contre l’Eglise Ro-maine,rétablit à Arras le Siégé Episcopal en 1095. & y mitpour Evêque 1 Archidiacre de Terouane, appelle Lambert.L’Abbaye de saint Wast, de l'Ordre de saint Benoît, rendaussi cette ville fort considérable; c’est une des plus bellesAbbayes de la Chrétienté , & une des plus riches. Son Egli-se est fort belle, tres-haute & tres-claire. Les chaires desReligieux font d’un travail admirable , & ne méritent pasmoins d’attention que son pavé & son jubé. On y voit plu-sieurs Tombeaux des plus rares des Pays-Bas, entre lesquelsfont ceux d’un Roy de France , de l’Esêque Carevel, re-presènté en marbre blanc,& du Comte d’Humieres avec son* épouse, dont les tìgures font au deflus aussi en marbre blanc.Le Pupitre est une piece qui arrête les Curieux.C’est un ar-bre d’airain , que deux ours dc même matière soutiennent.Ils paroissent droits fur leurs pâtes de derriere, & il y a depetits ours qui semblent grimper autour de cet arbre, où ilsfont representez en diftèrentes postures. La Tour qui est à- l’entréc de cette Eglise , est une des grosses de la Province.E’Eglise de la Magdeiame est enfermée dans le Cloître del’Abbaye de saint Wast. Le College des Jésuites, leur Mai-son & leur Eglise, ne font qu’un seul bâtiment, mais tres-magnifique. La ruë des Agaches est la plus grande d’Arras.Elle commence dés la Porte de Bonviilc , & l’on y trouved’abord de grands édisices tres-bien bâtis, le Convent desCarmes, & l’Eglise de saint Jean. Plusieurs rues y aboutis-sent plus avant de chaque côté,jusqu’à ce qu’en descendanttoujours dans la même ruë, on arrive à l’Eglise Paroissialede íàint Obert, ornée d’une haute tour pyramidalle,qui estassez proche de la rivière, où est le grand Hôpital des Mala-des, aprés lequel finit la ruë des Agaches, à la Porte de laCité. II y en a deux qui ferment cette petite ville ; l’une ap-pellée la Porte de Bardenon, & l’autre la Porte d’A miens.A cette derniere commence une belle grande ruë, qui avecune autre fait le meilleur & le plus peuplé quartier de laCité,qui n’est pas la moitié si grande que la ville, ni si habitée àproportion. Ce ne font que des jardins qui en occupent unepartie, & l’autre est le Cloître de la grande Eglise. Le Con-vent de sainte Claire, & l’Eglise de saint Nicatse sont aussi àvoir. Les Anciens ont connu Arras fous le nom d ’ Atrebatum.Ptolomce l’appclle Rtgïacum, & Sanson Mxtocenna. César ensait mention dans ses Commentaires, au sujet de Commius,Roy des Attrebates, qui manqua de fidélité aux Romains,quoy qu’il leur dût la Couronne. Cette ville étoit autrefoisla plus considérable de la Flandre , & on prétend même quedu temps de l’Empereur Charles le Chauve', elle en étoit lacapitale. Louis XI. s’en rendit le maître en 1447. & 1 Empe-reur Maximiiien s en empara par la trahison de quatre Bour-geois ,qui avoient fait faire de fausses clefs des Portes. LoiiisXIII. la prit en 1640. & les Espagnols lâchèrent inutilementde s’en saisir en 1654- Jf s furent contraints d’en lever le sié-gé le jour de saint Louis. On a depuis augmenté les forti-fications, tant de la Cité que de la Ville. Elles font tres-re-gulieres. Autour de la ville, de cinquante pas en cinquantepas,on voit un petit retranchement, qui peut contenir quin-ze à vingt personnes. Il est de forme quarrée , & élevéd’environ quarante pieds. Lé circuit en est à peu prés de<cent cinquante pieds de roy. L’JEyêque est Seigneur tempo-

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rel êc spirituel d’Arras ; il est aussi Président nl des Etatsd’Artois. II croît de tres-beau froment, & en quantité au*environs de la ville, où est l’étape des vins de France. * s eP. Boussingaut,& Jouvin de Rochefort, Voyage des Pays-B^‘Audiffret, Geegr. Tome 2.

ARREAU. Petite ville de France, dans le Comté d’A r 'magnac. Elle est capitale de la vallée d’Aure, & fort agréa-ble , avec un luge Royal.

ARRECIBO. Ville de rifle dePorto-rico dans l’Affle-rique Septentrionale. Elle est située à trente lieues de Porto-ri co, à 1 Oiiest. .

ARRECIFES. Petite Ille de la mer des Indes, en Last"Infrula Rupium, Iffi des Rochers. Elle est entre les Isles Ph*'lippines & celles des Larrons , aujourd’huy ljles Manant 5 '& toute environnée de rochers & d’écueils qui en rendesl’accés dangereux & difficile. C’est ce que signifie le no®d’Arrec f es qu’elle porte. * Maty, I) cl. de Uni. 1701.

ARRECIFES ,Cap des Airecifres. Cap fur la côte des Carre*en Afrique,en Latin Rupium Laput. II est environ à cent: foj*xante lieues du Cap de Bonne-Esperance du côté de LLwLe nom de ce Cap fait connoître qu’il est environné de ro-chers. * Maty , Díff- de HolL 1701.

ARREFISSE DE TRUXILLO. Havre du Pérou,!"là côte de la Province de Lima. II est à dix lieues du Poùde Malabrigo, & à deux de la ville deTruxillo , à laquesil sert de Port , quoyqu’elie en ait un autre nommé Go*'cancho. Celuy d’Arresisse est mal asseuré contre les tefflj^'tes. * Laëf, ln,l. Occid. liv. 10. chap. 32. , ;

ARKIACA. Nom ancien de la ville d’Espâgne appelsGuadalafrra. . .

ARRIANE, autrefois Âbd'rana. Petite ville d u Royau-me de Tunis, située à une líeuë de la ville de ce nom , "Jcôté du Nord. Marmol dit que les Romains l’ont bâtis»& de la Croix dans son Afrique anaenne & moderne -, To 0 *'rapporte que ce sont les Góthsqui luy donrterent lenoM^leur Patriarche Arius. Ses murs font encore debout, & 1 °i lvoit en divers end: o ts des statues de pierre & d’autres an"quitez. Les habitans font pauvres > & presque tous Labou-reurs & Jardiniers, qui s’enfuirent à la venue de l’Ewf^reur Charles-Quint, ce qui fut cause que ses troupes lan-gèrent cette ville. lis y font revenus depuis ce temps-là< *.y a aux environs plusieurs Carrossiers, & d’autres arbres q ulportent de fort bon fruit. * Marmol, Tom. 2. liv. 6 . th 1 Ç‘

ARRIAREOS. Peuples d’Afrique, qui demeurent eo^Cabo Roxo & San Domingo. Ils ne portent qu’un petit b^ 1autour des reins, & cet habit leur descend jufqu’auxnoux. Le reste du corps est nud , & même les jeunes g- 1 ’’n’ont qu’une ceinture qui leur ferre le milieu du corps, rcouvre ce que la pudeur défend de montrer. On les cro‘riches à proportion du nombre de femmes qu’ils entretien-nent. lis íont désians aussi-bien que les Falupos qui sont f 1 .

la même côte , & ne veulent ni trafiquer avec les Blancs,

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entrer dans leurs vaisseaux qu’ils n’|yent des otages ; la {ìl ‘son qu’ils en apportent, c’est qu’il y a eu des Blancs,qui f í,u ,,prétexte de commerce ont enlevé quelques-uns de l Él j ,Pays. Cette côte abonde en pâturages, ce qui faitqo £bétail y est à si grand marché, que l’on y donne une v 3 " 1pour un bassin d’étain de trois ou quatre livres, ou p° u . {une aune & demie de drap grossier, un bouc pour un p- tl .plat, & un poulet pour trois écheveaux de fleuret. 'fàít beaucoup de vin de dattes,& ces Nègres en donncíR "pot aux Blancs pour deux ou trois aiguillées du même fl eUret. * De la Croix, H:ji. d’Afr ique , Tome 2. , ,>

ARRIENNES. Montagne de Normandie, à une li^de la ville de Falaise du côté de l’Oecident. Elle est cofì^par les oiseaux de proye qu’on y prend , comme fauco 11 **làcres, tiercelets, éperviers, émerillons, & même quelst^fois des aigles. Proche de ce Mont, en fossoyant au jmencementdu XVI. Siecle , on trouva plusieurs meday 1 |& pieces de monnoye d’airain , qui portoient empr"^ îfur le revers la figure de Jules César, avec cette Infcrip° 0 .gravée en lettres antiques fuíim c <efrar , ce qui persuade st. {Jules César s’est arrêté dans cette Contrée, & qu’ilbâtir le château de Falaise. On a remarqué une chose aâsurprenante dans ce même territoire, c’est qu’à un viù a r }appellé Ames, situé en plate campagne , & qui n’a ancr"eaux, la mer éloignée de là de huit ou neuf grandes 1>"Qroule quelquefois ses eaux en une telle abondance parconduits inconnus, qu’e les y forment un lac ou étang rpli de plusieurs bons poissons. Ce lac se seiche lorsqueeaux sc retirent,* Du Chêne, Anpq , des villes de Fra/ice.