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Tome I. [A - D.]
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publics. Son terroir est fertile & délicieux-, à cause du grand-nombre de ses jardins. * Herbelot , Biblioteque Orientale.

ASCIENS. Nom qu’on donne à ceux qui habitent laZone Torride, lorsque le Soleis passe par leur Zenith, ce quileur arrive successivement deux fois Fannée. En tout autretemps ils font appeliez* Ampbifciens .*Le mot Asciens est tirédu Grec , & veut dire , Qui ri ont point d 3 ombre.

ASCISBOURG. Ville ancienne d’Alemagne , appelléeaussi Asburg Sc Oiûsburg. Elle est située au bord du Rhin ,prés des frontières du Duché de Cleves. C’est celle qu’onnomme présentement Emmeric. Les Alemands disent qu’el-îe a été bâtie par un certain Isting , autrefois leur Roy.Quelques-uns en attribuent la fondation à Ulysse, d’où ellefut nommée Vlysburgìon. * Juigné, Dict. Cofm.

ASCITES. On appelle ainsi certains Arabes qui fe fer-vent de deux outres liez ensemble pour traverser les riviè-res , & pour aller pirater. Ce nom leur est donné d’un motGrec qui signifie Outre.

ASCOLI. Ville d’Italie dans la Marche d’Ancone, avecEvêché suffragant de Rome. Les Latins l’appellent Afculumïn Pifienií. C’est une ville fort ancienne, dont Pline,Strabon,Ptolemée, & autres ont fait mention. Elle est située fur lariviere de Tronto. Ses habitans surent des premiers qui feliguèrent contre les Romains, pendant la guerre Marcique.Le dessein qu’ils avoient formé de fe défaire des deux Con-suls durant la Fête des Fériés Latines, ayant été découverten quelque forte par le Proconsul Servilius , qui surpritquelques jeunes hommes d’ Afcolï ,chargez des mémoires quiregardoient fentreprife, il en fit des plaintes qui les déter-minèrent à pousser la chose à Fextremité. Ils tuerent nonseulement le Proconsul, & son Lieutenant Fonteius ; maisaussi tous les Romains qui fe trouvèrent dans la ville , &porterent leurs Alliez à prendre les armes aussi-bien qu’eux.Ce fut lan 663. de Rome. La ville d ’Afcoli fut ruinée quel-que temps aprés. On la rétablit, & c’est une des premieresquiait été du Domaine temporel des Papes.Depuis ce temps-là , Thomas Falzata s’en étant voulu rendre Souverain,con-jointement avec son fils Stoltus, Zotto de Miglinianiti fitavorter Fentreprife. Il y eut un rude combat donné prés decette ville Fan 1557. entre les François conduits par le Ducde Guise, & les Espagnols qui avoient le Duc d’Albe pourleur Chef. Le Pape Nicolas IV. étoit de la ville à*Afcoli. *Tite-Live , Velleius Paterculus, h. z. Leandre Alberti ,De fer.

• d’ital.

ASCOLI. Ville d’Italie dans le Royaume de Naples,avectitre de Principauté, & Evêché suffragant de Benevent. OnFappelle Afcoli di Satnano , pour la distinguer de celle qui estdans la Marche d’Ancone. Son nom Latin est Afculum Satria-mm , ou Apiilum. Cette ville qui n'a guere moins d’ancien-neté que Fautre, est de la Province de la Capitanate dans laPoiiille, & située au pied des montagnes vers la frontière dela Principauté Ultérieure. Ce fut auprès de cet Afcoli que C.Fabricius, Consul Romain , combattit Pyrrhus Roy desEpirotes,Fan de Rome ^yé.Elle fe révolta dans le douzièmesiécle, & ayant été ruinée par Guischard, elle fut rétabliepeu de temps aprés. Cette ville est aujourd’huy peu consi-dérable.* Tite-Live, li. 13. Blondius, li. rr.Leandre Alber-ti , Oise r. Ital.

ASCOYTíA. Bourg d’Espagne dans la Province deGuipufcoa, en Latin Afcotia. II est situé fur la riviere d’Ur-rala, entre les villes de Placença & de Tolosa, & renommépour avoir été la Patrie de Saint Ignace de Loïola, Fonda-teur des Jésuites, qui naquit en ce lieu là Fan 1491. * Maty,Oiét. de Holi. 1701.

ASCRA. Petit bourg de Grece dans la Beotie. II est re-nommé pour avoir donné la naissance à Hésiode. Son pereayant mal fait ses affaires à Cumes ville de FEolide, se retiradans ce bourg, & on dit qu’Hesiode y devint Poëte ayantété employé à la garde de ses moutons. Le temps où il a vé-cu est incertain. Quelques-uns veulent que ce soit avantHomère , & d autres le sont son Contemporain. Outre íàThéogonie, on a de luy un Livre intitulé Les Oeuvres & lesfours. íl y en marque d’heureux& de malheureux, & en ex-hortant les hommes au travail il y donne quelques précep-tes pour Fagriciilture & pour les mœurs. 11 avoit exercé laPrêtrise au Temple des Muses, & on prétend qu’il fut tuépar des Locriens qui le jetterent dans la mer, d’où ayant étéporté à terre par des Dauphins, il fut inhumé dansleTem-,ple de Nemée.

ASCRIVIUM ou Afcrovium. Ville ancienne de la Dalma--tie. Cette ville, selon quelques Géographes, est le bourg

qu’on appelle ‘Melanta Grande , & selon d’aûtreî c’ëst Cif 1N stovo. Dominique Niger veut que ce soit Cattaro.

ASEM ou Az,etn , en Latin Az,ennum Régnant. Royau^ 0des Indes, & f un des meilleurs Pays de toute F Asie. U P’’ 0 'duit tout ce qui est nécessaire à la vie de Fhomme. Les n 3bitans,tant hommes que femmes,font de belle taille, Sc n u"tres-beau sang ; mais les Peuples qui habitent la frontière a jcôté du Midy , sont un peu olivâtres, & moins bien propostionnez, aussi ne font-ils pas sujets au goitre comme ceux fNord. Ils vont tout nuds, n’ayant qu’un linge pour couvr^ce que la pudeur veut que Fon cache , avec un bonnet, 30 ■tour duquel pendent quantité de dents de porc. Ils ont I eoreilles percées, 8 c Fon y passeroit le pouce, les uns y ® e£ |tent de For, & les autres de Fargent. Les hommes P 0 . r í. en Jles cheveux jusque sur les épaules, & les femmes les laiss £sl jaussi longs qu’ils peuvent croître. 11 y a dans le Royaunj ■d ’Afem des mines d’or, d’argent, d’acier, de plomb, & át \fer,Sc quantité de foye,mais qui est grossière. Il y en a d u ° jj

qui demeure lur l ardre toute 1 annee. Les etotres qufait font fort lustrées, mais elles fe coupent & durent p eB ‘C’est du côté du Midy que croissent ces foyes, & où fontsmines d’or & d’argent. Le Pays produit aussi quantité <y igomme lacre, & il y en a de deux sortes. Celle qui croît 1^;les arbres, est comme rouge,& c’est avec quoy ils peignsleurs toiles & autres.étoffes. Aprés qu’ils ont tiré cette c° ú ‘leur rouge, ils se servent de la lacre pour lacrer les cabinC& autres pieces de cette nature, & pour faire de la cire d 31pagne. On en transporte une grande quantité à la Chine *au Japon, pour lacrer leurs cabinets. II n’y a point de ® elileur lacre dans toute l’Asie pour ces fortes d’ouvrages.

Quant à For, non feulement on n’en laisse point sortit 0Royaume ; mais on n’en fait aucune monnoye. II deme"ttout en grands & petits lingots, & le Peuple s’en sort danstrafic fans le transporter ailleurs. 11 n’en est pas de même <*\Fargent. Le Roy en fait battre monnoye de la grandeurdu poids des Roupies & de figure Octogone, & il est P. cí 'mis d’en emporter où Fon veut. La chair de chien estestimée en ce Pays-là.C’est un mets délicieux dans leurs y .tins;& tous les mois on tient dans chaque ville un marche 0 ,Fon ne vend que des chiens qu’on y amene de to^s côte.'II y a aussi quantité de vignes & de bon raisin , qu on Msocher pour en faire de ì’eau de vie. On n’en fait jamaisvin. Ils n’ont point de sel que celuy qu’ils font par artin 0Pour cela on ramasse la verdure qui est fur les eaux d° -mantes. On la fait fecher & on la brûle, & les cendres < 1 °en viennent étant bouillies & paílees, fervent de sol. IB 0une autre maniéré de faire du sol, & qui est plus en u^êIls prennent de ces grandes feuilles de figuier, que nous %pelions Figuier d’Adam. Us les font socher de même,St apÍLqu’on les a brûlées, les cendres qui en restent font fl 11 ,dans de l’eau pour adoucir ce qui est trop âpre. On 1 ci kremuë pendant dix ou douze heures, aprés quoy on p 3 !^cetteeau trois fois au travers d’un linge, & on la fait bo" 1 jlir. A mesure qu’elle bout, le fond devient épais, & qu 3 ^i elle est consumée, on trouve au fond du vaisseau un sel § .est blanc & assez bon. Ces cendres de soudles de figuier ^encore un autre usage. On en fait une lessive pour f*‘bouillir la soye qui devient par là aussi blanche que la n 0l ípce qui la rend plus chere que Fautre ; mais ils n’ont p° s 3 ffez de figuiers pour blanchir la moitié des foyes qui cí °^ esent dans le Pays. Le Roy fait íà résidence dans la viH°Kemmerouf qui est à vingt-cinq ou trente journées demin de celle qui étoit autrefois la capitale du Royaum 0 ’^qui portoit même nom. II ne prend aucuns subsides d° ^Peuples ; mais toutes les mines, tant d’or & d’argent,cff e ^plomb, d’acier & de fer luy appartiennent, & même ah" j,ne pas fouler ses Sujets, il ne sc sort pour travailler à cçs }nés que des Esclaves.que luy vendent ses voisins. Ainsi 1 ales Payíàns d ’Afem font à leur aise, & il n’y en a guerc Hn’ait fa maison à part, & au milieu de ses terres une fo° ta ^environnée d’arbres, & même la plûpart entretiennent ^éléphant pour leurs femmes. Us en ont jufqu’à quatre, ^lieu que les autres Idolâtres des Indes n’en ont qu’un 0 > ,quand ils les épousent, afin qu’il n’y ait point de débat .tr’elles, ils leur assignent à chacune l’employ où ils les dnent. _ j e Jí

Les Tombeaux de leurs Rois & de tous les Princes ^Famille Royale, sont dans la ville d’Azoo, où chacun d ffait bâtir comme une Chapelle dans la grande Pagode f