CAR
CAR
Persans ]a nomment en leur Langue DramnakzKermony, c’est-à-dire , Medecine qui vient de Kermon,ou contre les vers.Ce mot de Dramnak, est le nom de l’he.rbe ,8c Kermsn est unmot équivoque, qui lignifie , & les Vers, & le Pays deKermon. De-là vient qu’on dit couleur Kermejy , que n Ou sdisons cramoify , à cause qu’elle se fait des vers de cette grai-ne. Le Surman sc trouve encore dans certe Province. C’estune pierre noire, luisante comme lì elle éroit semée de sablenoir. II y en a de deux espèces , 1 ’une qui vient de KermonSc de Karafon, C’est celle qu’on estime davantage. L’autreest appellée Mohj , parce qu elle vient de la Mokc ou Me'ke,en Arabie. Les Indiens,les Arabes Sc les Persans usent beau-coup de ce Sumiah , qui est propre au mal des yeux, étantpréparéavec d’autrcs simples.Arrien distingue les Ichthyo--phages des habitans de la Carmanie Sc de la Gedroíie, lesmettant entre ces deux Nations;mais les autres les prennentpour ceux qui demeurent dans la Carmanie & dans la Ge-drosie.; 8c Strabon y ajoute les Chenolophages.
Les Carmaniens avoient leur Langage, mêlé de celuy des.Mcdes Sc des Perses, ainlî que leurs mœurs, & se servoientd’ânes à la guerre faute de chevaux. Ils en sacrisioient quel-quefois à Mars. La plupart des habitans de la Carmanie De-ferte font aujourd’huy Voleurs & Corsaires. Dans l’autreCarmanie les femmes font avec l’éguille fur les draps desoye 8c d’or. de toutes couleurs des figures d’oiseaux , d’a-nimaux, & d’autres choses. Elles font aussi des rideaux, deschevets, des oreillers pour les lits des grands Seigneurs, avecun merveilleux artifice. On fait dans cette même Provincedes selles de cheval ,des mors de bride, des éperons, desépées, des arcs, & toute forte d'armes. Élies font de fi bon-ne trempe, qu’avec un de ces cimeterres, on peut couperd’un seul coup un casque sans que le cimeterre s’émousfe. Ilen est de même des lances, dont la pointe est capable depercer une cuirasse ; ainsi les Turcs, à qui on porte ces ar-mes, les achetent cherement. Les habitans du Defert deReobarle, qui est dans cette Province, vivent de briganda-ge comme les Arabes, 8e font fi grands Magiciens, qu’ontient que souvent ils remplissent l’air de brouillards épais.* Davity, Carmanie. Voyez, Kerman.
CARMEL. Montagne de la Palestine dans la Tribu d’If-sachar,entre la Galilée 8e la Samarie, en Latin C arme lits mons.Elle a le Golfe d’Acre au Septentrion, les monts de Naza-reth 8e d’Eídrelon au Levant ; les montagnes de Samarie auMidy; 8e la mer Mediterranée à l’Occident. La demeuredu Prophète Élie, 8e les merveilles qu’il y opéra, sont ren-due célébré. On commence à y monter par un petit sentierdérobé entre les roches, qui font hérissées de pointes 8e debuissons épineux, entre lesquels on a taillé de petits degrezà la pointe du ciseau. En montant toujours en tournoyant,on trouve la demeure des Religieux qui font Carmes Dé-chaussez. Leur hermitage consiste en quatre ou cinq petitescellules qu’ils ont taillées dans la roche au fla.nc de la mon-tagne , & fur le Promontoire qui regarde le Septentrion , seCouchant Sc le Midy, d’où l’on voit la mer en toute son.étendue , les villes de Caiphas & de Saint Jean d’Acre , &les grandes campagnes qui font à l’oppofite. De ces petitescellules, il y en a une de quatre pas en quarté qui sert deChapelle , où ils disent la Messe ,8c font leurs prières ordi-naires. Une autre, où il y a trois jaetires tables de pierre, &les íìeges de même, pour Huit ou dix personnes,sert de Ré-fectoire, & les autres leur tiennent lieu de Dortoir, où ilscouchent pauvrement. Ils en ont taillé une derriere pourloger les Pèlerins qui les visitent, le tout fans aucune autreFabrique, que la roche qu’ils ont taillée eux-mêmes, depuissoixante ans qu’ils ont pû s’y rétablir. Devant la porte decette derniere, ils ont aussi taillé une petite plate-forme, dela même grandeur de la cellule,& qui n’est couverte que deramée. Ils ont fait la même choie aux environs de leurs cel-lules pour y pratiquer deux ou trois autres petites allées en
forme de degrez d’amphitheatre,où l’on defcen d des unes auxautres par de petites marches,fur lesquelles ils ont apporté unpeu de terre,où ils sèment des legumes,& plantent des fleursSe des arbrisseaux,pour leur servir de jardin.Un peu au des-sous de leur Chapelle, est la grotte du Prophète Elisée, où'ils se retirent tous les ans pour l’exercice des dix jours. Esteest fort obscure,ne recevant le jour que d’un trou, 8c este ahuit ou dix pas de longueur, & trois ou quatre de largeur,avec un Autel au bout Oriental, 8c à l’autre bout la porte ScUne bonne citerne pour la commodité de ceux qui viennents’y enfermer. En descendant par le même sentier que l’onest monté, on trouve une belle 8c grande caverne, taillée
dafìs îa roche vive, & cavée dans la montagne, qtssest lmitage d’un Santon. Elle a dix-huit ou vingt pieds de long»dix ou douze de large, & quinze de haut, fans avoir de j oUque celuy qu’elle reçoit de la porte. De cette caverne oentre dans une autre beaucoup plus petite,qui n’a pourtourlumière, que celle d’une lampe qui y brûle dans une p etl£ ^fenêtre à côté de la porte. Toutes les Nations Chrétienne8c Infidelles, Turcs , Maures> Arabes 8 c Juifs, ont gran ®vénération pour ces deux Grotes,où ils vont en foulecertain temps de l'armée,à cause que la Tradition porte st
quand le Prophète étoít en ce lieu , il y demeuroit.ordjn
renient,se servant de la grande pour enseigner ses Difc'P8c pour parler au Peuple qui alioit le consulter , & depetite pour prier, aprés quoy il se retiroit dans une auplus petite qui se voit encore au faîte de la montagne. L*est de douze ou quinze pas en quarté, taillée dans la rocn »aussi-bien qu’un banc où il couchoit,8c à la place duquct eReligieux ont fait un Autel. Le Prophète y defcendoít p 3 *un soupirail qui est à la voûte ; aujourd’huy l’on y entre f 3 *une petite porte, C’est dans cette Grote qu’il demeurent»quand ce que l’Histoire Sainte raconte arriva, que furdéclin de la famine qui avoit ravagé la Samarie pendant troians 8c demi, ce Prophète aprés avoir fait mourir au I oí ~rent de Cifon trois cens.cinquante faux Prophètes de^Baa »monta au faîte de la montagne, où s’étant incliné la tete,face entre ses genoux, il envoya sept fois consécutives se 1 *serviteur sur le bord du Promontoire , à deux cens p 3de-là vers la mer, pour voir s’il ne découvriroit ric n *Enfln laseptiéme fois Ion serviteur apperçu t une petite nu e ^>comme la trace du pied d’un homme,qui montoit de la ® el ’8c aussi-tôt le Ciel fe couvrit ; 8c il tomba une grosse pluy e »qui ayant rafraîchi la terre,luy fit produire une abondai*de biens. U.étoit aussi dans ce même lieu , quand les troCinquanteniers, chacun avec cinquante Soldats, y rn .° n £ j 0rent, pour luy commander de la part du Roy Ochosias, ^l’aller trouver. Comme Elie fçavoitque ce Roy vouloJjfaire mourir, 8c qu’il vit que les deux premiers Capita' 1 *8c leurs gens fe mettoient eh état de le contraindre, d ^descendre le feu du Ciel,qui les consuma tous dans le aiet !^instant,8c qui épargna le troisième, parce qu’il n’avoit p 0l ^ gusé de violence. La cime du Mont Carmel est une g raI ^campagne de cinq lieues de traverse, toute couverte d .brisseaux, de bocages 8c de bois taillis. Les Religieux st u Ddemeurent disent qu’elle a de circuit par le pied soixantedix milles, qui font vingt-trois lieues, 8c qu’elle appartenoà leurs Prédécesseurs Religieux du même Carmel, avec toles villages des environs. Strabon croitqu’ily avoit auttfois plusieurs villes au pied de cette montagne, 8c entre 3 _■tres celle de Sicanius. Pline ajoûte qu’il y en avoit une g rade appellée Carmel 8 c Ecbatane. * Doubdan , Voyage diTem-Sainte ,ch. 50. ,
C A R ME LI ou camp Carmtli. Ancienne Contréel’Egypte, en Latin Camélias Campas , anciennement scitj ’ 14 ^K egio , Scetis , Scitis 8 i Nitria. Elle s’étendoit entre le N 1 *» ^mer Mediterranée , laLybie exterieure, & la ThebaiJ e ’^. gles Déserts de Secte 8c de Nitrie s’y trouvoienteompr*?* .fut en cette Contrée que plusieurs saints Solitaires choisitune retraite dans les premiers siécles de l’Eglife 0 ,donner tout à fait à la contemplation, 8c peut-être DPpella-t-on Canneh, à cause du Mont-Carmel, où le Ps°Pf e ^Elie fe retira sous le régné d’Ochosias. * Maty,tìoll. 1701. Fyjtó, Nitrie. .
’ CARMINaCH. Ville d’Asie dans la grande TartansLatin Carmina Sc Kaminia. Elle est située prés d’un Lac r ^mé par la rivière de Sog,entre la ville de Samarcand Sc c£ j gde Bochara, en la partie du Zagatay qui porte le noh*Buchìrie.* Maty, Diiï. de Holl. 1701.
CARMON, Ville de l’Arabie Heureuse, nomméech ^tin Coromanis. Elle est située fur le Golfe de Bilfera,viS' 3 'de l’iste de Baharem. * Maty, Dicl. de Holl. 1701. y-jj^CARMONÁ.en Latin Carmon,Camo, SíChamonia-p. ^d’Efpagnedansí’Andalousie.Elle est tres-ancienneaussi'" pque Ion château,& située fur une éminence, de laquelsecend une grosse source qu’on trouve à la sortie de la vin®,vant un Convent,où elle emplit le baflin d’u ne tres-belle* •taine. La porte qui regarde Seville, dont Cirmona este ^gnée de six lieues, est encore toute entiere,de même q upartie des murailles. Ilestaifédeconnoîtreà la grandetù ■pierres,8c à la maniéré dont elles s’entretiennent,que c e **jouvrage des Romains. En travaillant on y a souventdes morceaux de Statues Sc de Colomnes de marbre avec