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Tome I. [A - D.]
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CAS

GAS

Favori. II fit aussi ôter h vie à Leonore de Gùzman,depeurqu’elle ne formât quelque parti dans le Royaume en Faveurde fes en fans. Les Grands de Castille l’ayant pressé de semarier, il épousa Blanche,fille du Duc de Bourbon , qu’ilquitta deux jours aprés pour retourner auprès de Marie Pa-stille/à Maîtresse, dont il a volt déja une fille nommée Béa-trix. Ce divorce servit de prétexte à un grand parti qui seforma contre luy. Les Confédéré? allerent trouvera Torola Reine Blanche sa femme, & la Reine Marie de PortugalFa mere , & firent prier Dom Pedre de vouloir bien les yvisiter. II y vint, & gagna par des presens & par des promes-ses plusieurs de ceux qui étoient dans leur parti, aprés quoyassortit de la ville & 1 assiégea. II y eut ensuite un grandcombat,où périrent quantité de personnes distinguées. L’an-née suivante, il investit de nouveau Toro, dont il avoit levéle siégé, & battit cette Place rudement. Les assiégez le con-traignirent par leurs fréquentes sorties, de se retirer à Cas-tronuno , qui en est éloigné de deux lieue?. Ilyeut de con-tinuelles escarmouches; & enfin il íe rendit Maître de la villepar la trahison d’un homme du commun, qui luy livra uneporte. II y entra la nuit, & tous les Officiers se retirerentclans le Château avec la Reine fa mere. Là,ils firent leurcomposition ; mais contre la foy donnée,il leur fit trancherla tête à tous, & la Reine mere en mourut de déplaisir. Leparti des Reines étant ruiné, Dom Pedre envoya Blanche enprison dans le Château de Siguença.Il eut une longue guerre^avec le Roy d’Aragon. Le Pape luy ayant envoyé Guillau-me, Cardinal de Sainte Marie pour le porter à la paix, leLégat l’alla trouver à D-ça, où il assembloit de nouvellestroupes, & le fit consentir à une Trêve de quinze jours. IIne laissa pas, avant qu’elle fut expirée, de surprendre Tu-riafon, dont il donna le pillage à fes Soldats. Le Roy d’Ara-gon fêtant disposé à luy donner bataille, & les armées étanten présence, le í-egàt obtint desdeux Rois qu’ils meuroientleurs differens en arbitrage. Ils firent un Traité de Trêvepour le reste de l’année. Par ce Traité le Roy de Castilleclevoit remettre Turiason entre les mains du Légat; & leRoy d’Aragon , Alicant. Ce dernier l’executa ; mais DomPedre de Castille,au lieu d’évacuer fes troupes dc Turialon,y laiíïa une grosse garnison. Le Légat punit cette infraction,en excothmuniant ce Prince dans l’Eglisc de Sainte Marie deTolède,sc le condamnant à une amende de cent mille marcsd’argent, avec défense à tous les Souverains d’avoir avecluy aucun commerce, ni de luy prêter aucune assistance.L’an 1358. irrité de ce que Ferdinand , qui s’étoit d'abordattaché à luy contre le Roy d’Aragon son frere,avoit quittéson parti,il entra dans le Royaume de Valence,& fit assiégerJumiila par son frere Dom Fadrique, Grand-Maître del’Ordre de Saint Jacques. Dom Fadrique prit la Place; &ensuite sur quelques soupçons, il le fit renverser par sesMassiers, qui avec leurs masses,luy donnerent tant de coups,qu’il fie put se relever. Le Roy étant survenu , SancheRu y s de Villegas, Ecuyer de Dom Fadrique, pour sauvería vie, se saisit de Béatrix, fille de Marie de Pastille. DomPedre la luy fit ôter, & le tua avec un couteau de chassequ’il portoit toujours à son côté. Aprés cela il s’approcha deson frere, & donnant ce couteau à un garçon de la chambre,il luy commanda de l’achever. On porta le corps du Princedans une chambre auprès de la table où il se fit servir à dîner.Sa cruauté ne se termina pas lài II fit tuer Dom Juan & DomDiegue fes freres, qui étoient dans le Palais, encore sortjeunes; Dom Juan d’Aragon qui étoit à Villacio; DomJuan & Dom Pedre de Ledefma àZamora; Leonore d’Ara-gon íà tante à Castroxeteretz ; & la Reine Blanche de Bour-bon fa femme, à MédinaSidonia, où il la tenoit prisonnière.11 fit brûleraussià Seville dans leur maison Dona Urraca &Dona Juana de Lara, ses cousines, & épousa Dona Juana deCastro, veuve de Dom Diegue Lopez de Haro; mais il laquitta bien tôt aprés pour retourner à Pastille. La guerres’étant échauffée tout de nouveau entre les deux Rois, aprés■l’in fraction de la Trêve , le Pape leur envoya le Cardinal deBoulogne pour la terminer ; mais le Roy de Castille ne serendit point à ses remontrances,& non seulement il déclaraCriminels de leze Majesté tous les Princes qui a voient prisle parti du Roy d’Aragon, mais il confisqua leurs biens. LeComte de 1 rastamare son frere, qu’Alphónse Roy de Cas-tille , leur pere commun , avoit eu de la mere de Gusman samaîtresse, étant attaché plus fortementauRoy d’Aragon,allale trouver à Saragosse,& y maria fa feeurjeanne à AI jhonsc,fils dePfiiìippe,Comte de Castro.CePrince se rendit ensuiteà Calátrava,& s’y fit couronner Roy de Castille & de Leom

TousIesPéupleS se laissèrent éblouir de ce nouveau titre,^toutes les villes d’Aragon & du Royaume de Valence^ 6Dom Pedre avoit conquises , J’ayant reconnu pour Maître,il en forma un Royaume, qu’ilappella Nouvelle cajiille .'Ma-homet, dit le Vermeil, ayant été fait Roy de Grenade enla place de Mahomet Lagna, qu’on déposséda,devint odieuxau Roy de Castille,qui pour le punir de ce qu’il s’étoit j ettedans le parti du Roy d’Aragon, offrit des troupes au Mauredépossédé pour le remettre fur le Trône de Grenade,à con-dition qu’ils partageroient toutes les conquêtes qu’ils pouf'roient faire fur leur commun ennemi. Ils commencerentpar 1 c siégé d’Àntiquera. Mahomet le Vermeil voulut se-courir la Place ; mais son armée fut défaite. Les Mauresépouventez crurent que le seul moyen de faire cesser laguerre, étoit de livrer leur Roy à Dom Pedre ; & ce Princeaverti de leur dessein j voulut piquer le Roy de Castilse d egénérosité, & l’alla trouver à Seville à la tête de quatre censchevaux & de deux cens hommes de pied , qui étoient leseules trou pes qui luy sussent demeurées fidelles.Dom Pedreluy fit un accueil fort obligeant ; mais ayant sçû qu’il 2V0>apporté avec luy tous ses trésors , montant à des sommesimmenses , tant en or qu’en pierreries , il le St arrêter avectrente sept Officiers de son armée qui l’avoient suivi, & * usdes accusations mal fondées, aprés quelques legeres forma-litez de Justice , il fit trancher la tête à tous ces Maures, &tua luy-même Mahomet à coups de lance. Cette dernieseaction de cruauté ayant-donné de l’horreur pour luy,Henri»Comte de T rastamare, appuyé d’un grand nombre d’enne-mis qu’eîle luy fit, le combattit l’an 1369. devant Montie 'Dom Pedre eut le déplaisir de voir toutes ses troupes tail-lées en pieces. Comme il entroit dans la tente de Bertran ,du Gueselin,àqui il avoit été contraint de sc rendre,Hesse 1son frere qui le suivoit, l’obligea de se tourner. A uffi tot u Sfondirent s un sur l’autre , & aprés s’étre porté quelq ueS .coups, ils sc saisirent au corps, & tombèrent en mêmeteiup 5fans lâcher prise. , ,

Dom Pedre ayant été tué dans cette maniéré de duel >Henri n'osant demander la Couronne par d>oit successif'/fit élire suivant l’usage ancien des Rois des Goths, maîssiÇles obstacles qu’y apportèrent divers Concurrens, lus r£prochant qu’il étoit bâtard du Roy Alphonse, & le me utrier de son Maître. II fut en guerre avec le Roy d’Ar a £ on ’& cette guerre finit en 1375. par le mariage de Dom J uason fils avec Leonore d’Aragon , qui eut en dot deux ce*\mille florins, que Dom Pedre Roy d’Aragon avoit p |Êt£S jHenri, lors qu’il avoit conquis la Castille. Henri mourutSan- Domingo de la Cilçada, l’an 1379. dans fa quarantse"^année. Quelques-uns disent qu’il mourut empoisonné, P ales menées du Roy de Grenade, qui craignit que ce Psi"n’ayant plus de guerre, ne songeât à l’attaquer. -

Dom Juan son fils luy succéda. Henri l’avoit eu de ’°mariage avec Jeanne de la Corda. Ferdinand Roy de *°,t u gai luy fit la guerre, & se ligua contre luy avec Em° n >Comte de Cambridge, fils du Roy d’Angleterre. Les de uRois étant fur le point de donner bataille auprès de Guelvsole Cardinal Dom Pedre de Lune les accommoda, & obhg®le Roy de Portugal à donner fa fille Béatrix à Ferdinau 1 ’second fils de Dom Juan ; mais Leonore d’Aragon,du même Dom Juan, étant morte en accouchant, ce ?r>" .épousa la Princesse de Portugal, promise à son fils. Le R°£de Portugal étant mort peu de temps aprés, le Roy de L atille qui venoit d’épouscr fa fille unique, sc mit promisment en marche avec une armée puissante, pour être en ed’obtenir cette Couronne au droit de fa femme. Son voy 3 »^parut de mauvais augure. Celuy qui portoit la Bannière 3 ^armes de Portugal la laissa tomber, ce qui n’empêcha p aS jRoy de Castille d’aller assiéger Lisbonne ; mais la peste 4se mit dans son armée, l’ayant obligé de se retirer, il 5 £retourna à Seville. Aprés la retraite des Castillans,quirepoussez vigoureusement toutes les sois qu’ils firent -courses dans le Portugal, les Etats qui s’assemblerent, 0 , sírent la Couronne à Dom Juan, Grand-Maître de l’Gj (d’Avis, fils naturel d’Alphonse, & frere de Ferdinand edernier Roy. 11 se défendit d’abord de prendre un a -titre que celuy de Défenseur du Peuple, jusqu’à ce q u ^eût des enfans du mariage du Roy de Castille avec l el "so.santé Béatrix ; mais ils voulurent avoir un Roy de leur ^don, & le firent sacrer en la maniéré ordinaire. LeR°Y^Castille joignit toûjours à ce titre la qualité de Roy rse itugal, & cela obligea ce nouveau Roy à luy faire la g UÊ £liIl luy prit San Salvaterra , Sc plusieurs autres Plact s