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Tome I. [A - D.]
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A

lieuë de long. Au bout de l’une de ces grandes routes 3 ontrouve une grande derrii-lune,par laquelle on entre dans uneavant-cour, située entre l’Etang appellé Étang de Sylvie , &le grand Fort du Château par conséquent toute entou-rée d’eau. On voit deux Pavillons à droite & à gauche duPont-levis. Cette demi-lune aboutit à un fer à cheval parlequel on monte en front fur une grande terrasse, au milieude laquelle est une Statuë-Equestre de bronze, du dernierConnétable de Montmorency. Cette Statue fe trouve vis-à-vis de l’entrée du grand Château. C’est un édifice fort an-cien & tres-irregulier, aíîìs fur úne roche au, milieu de plu-sieurs grosses sources, qui/orment un grand fossé. Plufieursgrosses tours ne laissent pas de le rendre tres-agréable à lavûë. M. le Prince à fait travailler depuis fan 1688> à rendrele dedans de la cour plus régulier, & à donner une face tou-te nouvelle âu dehors. A côté gauche du fer à cheval, est ungrand logement détaché du Château, dont le rez-de-chaus-sée est à fleur d’eau du grand fossé. Ce second Château àvoitété autrefois bâti par M. de Montmorency, & on l'appelloitla Capitainerie. Feu M. le Prince en avoit fait accommoderles dedans un an avant qu’il mourût, & il y avoit ajoutébeaucoup de commoditez. Les ornemens du dehors font despilastresTordre Corinthien. Ils composent la porte d’entréede la cour & la façade du côté d’ùn petit parterre. Toutle retour est soutenu d’un grand balcon, en maniéré de faus-se-braye. Le logement d’en-bas dú petit Château est compo-sé de deux appartemens^ dont la salle est commune à f un &à f autre. Cette salle est embellie de tableaux , qui représen-tent les plus belles Maisons des environs de Paris. Toutes lespieces dés deux appartemens aufquels elle sert, sont ornéesd’autres tableaux j représentant diverses sables de f antiqui-té ; en forte que f une des chambres fait voir fhistoire deVenus -, une autre celle de Diane , une autre celle de Flore,une autre celle de Bacchus, & une autre celle de Morne.Toutes ces chambrés, qui font percées eri enfilade, règnentle long du balcon en fausse-braye , & aboutissent à un grandsalon en retour. Tout cet espace est rempli de diverses fa-bles curieuses, dont les unes font rares par leur travail, &les autres par leur Matière; de bustes avec leurs gaines^ &leurs fcabellons, & de meubles tres-íìriguliers. De ce loge-ment , lors qu’on a passé par un vestibule, qui est ouvert pardeux grandes arcades du côté de la cour & du petit parterre,on monte dans f appartement qui est au dessus, & qui fetrouve situé de plein-pied au rez-de-ôhaussée de la cour dugrand Château , auquel il est joint par un pont qui traversele grand fossé. Ce fossé est rempli d’hn tres grand riombrëdes plus belles & deá plus grosses carpes que son puisse voir.Cet appartement est composé d’un salon ì d’où son entrëdans une grande antichambre,aprés laquelle il y a une gran-de chambre, plusieurs gárderòbes,& un grand cabinet,dontla vus donne d’un côté fur le jardin,& de.l’àutre fur unegrande pelouse, dont la forêt est bordée. Aprés ce cabineton en trouve deux áutreS de moindre grandeur dans le re-tour. L’un donne ëntrée dans une galerie, qui est percéede six grandes croisées du côté de la forêt. Vis-à-vis dé Cescroisées, ii y a de grands miroirs de glace, dont les bordu-res font d’un travail tout particulier. Ces miroirs represen- '|tent la grande pelouse dont on a parlé, & une partie de lâforêt. Au dessous de ces glaces font des tables de différentesfortes de marbres, des plus beaux & des plus précieux. Cestables font montées fur des pieds d’une sculpture dorée,& ily en a de plusieurs maniérés. Òn voit au bout de cette gale-rie un Portrait de feu M. le Prince, fait par le vieux Juste ,du temps de lâ bataille de Ròcroy. Ce Prince est en pied.SeS armes qui sont à fes pieds occupent une partie du terrain& du lointain. On y voit d’un côté l’ordre de cette batail-le , & de 1 autre le ctìmbat. Ce tableau est dans une bordu-re auíîì magnifique que bien travaillée ; & M. le Prince d’au-jourd’huy en a fait mettre d’autres dans chaque trumeau en-tre les croisées & les glaces. Chácun de ces tableaux repre-fente par l’ordre des temps une campagne de feu M. lePrince son pere. La principale action de la campagne, soitfîege ou bataille, est peinte en grand , & occupe le milieudu tableau. Les autres actions de cette même campagne sontpeintes en petit tout à l’entour dans divers cartouches. Ceque les jardins offrent à la vue de ceux qui font dans les ap-partemens , èst d’unë grande beauté. En arrivant fur la ter-rasse , où est la figure du Connétable de Montmorency, obdécouvre un grand escalier, au bas duquel èst un grand ron-deau, & au milieu de ce rondeau, une gerbe de plufieursîuyaux. Au de-là du même rondeau on voit un parterre se-

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paré en deux parties par la croisée du grand canal. F V âcinq grandes pieces d’eau dans l’une & dans l’autre, & cha-cune de ces pieces a un gros jet d’eau. Ces deux parties sentsoutenues d’une grande allée d’ormes en terrasse, avec deîIfs & des Picea entre deux. Au de-là du grand canal estdemi-rond qui ferme la croisée,& dont il s’éleve insensible'ment jusques au haut de la côte une eípece de fer à cheval >qu’on appelle le Vertugadïn. 11 est composé d’un grand gl ae)ïde gason , d’une grande allée, fermée du côté du glacis p ardes pierres taillées en pyramide ronde ; & de l’autre par d eSormes, & une palissade entre deux. Cette allée est jointe p arfes deux bòuts aux deux grandes allées qui règnent tout 18long du grand canal. Le point de vue est terminé de ce cotfi'là pàr le commencement des allées du grand parterre j &,l’autre par une route particulière au travers de la foret >qu’on appelle la route du Connétable. Elle est plus large qu ctoutes les autres. Le Château est à la droite, & à la g au „ eest un petit Parc, qui quoy qu’assez grand, ne fçauroit etrenommé que petit , íi on le compare à l’autre, qui a plus decinq mille arpens. ,

Aprés qu’on a traversé le,petit parterre, & passé le grandfossé fur un pont de bois, ón trouve à la gauche un grandparterre, enfermé d’un côté du fossé & de l’orangerie,

, l’autre d’une galerie & d’un canal. Ce parterre ess entoui®d’orangers parfaitement beaux. On y voit cinq pieces d eaUavec leurs jets. Celle du milieu a pour pied un Hydre,dontchaque tête vomit une quantité surprenante d’eàu. On Xvoit aussi la Fontaine des Grenouilles. Elle est située dan sun triangle au dessus de la terrasse, du grand, fosse du C hat eau , entre cette terrasse, le grand canal du Dragon , & *petit bois de Chantilly, qui est à côté du parterre de sor assgerie. Le Dragon est une maniéré d’animal marin,qui pato^sortir de dessous la terrasse du fossé. II vomit l’eau de la d®'charge de ce fossé dans une coquille, d’où elle retombe e * 1un canal, qui est le long d’un des cotez de la piece où est 1 *Fontaine des Grenouilles. On descend dans le parterreun escalier de quatre ou cinq grandes marches , aux deu %cotez duquel sont des napes d eau perpétuelles, grandes»belles & bien fournies, qui tombent dans de grands bass nquarrez, avec des bouillons & des bruits d’eau. Dans cemême parterre sont quatre grands Picea, dont le mor-dre á plus de soixante pieds de haut. Du côté du canal,1 3 ‘'lée est garnie dë platanes, & on y en voit un qui a plus ®cent cinquante ans. Cet arbre est fort rare en France.feuilles font à peu prés comme celles de la vigne, & il* edépouille tous les ans de son écorce. De ce parterre on e°'tre dans une Ifle par un grand portique de treillage. A cot ede cette Ifle on en voit une autre plus petite.. Elles sont p as 'tagées par trois canaux. La grande est ornée de plufieu^allées, de grandes palissades , de deux grosses fontaines eIJ 'fermées dans des portiques, & de plusieurs ornemens d?treillage . dessein tres-beau, & d’une fort grande p 1 ' 0 "prêté. L’eSfrêmité de fille est revêtue de pierre .de tajll £tQn y voit Aouze jets d’eau qui sortent d’autant de baífins»ah dessous defquels est une cascade de toute la largeur de &pointe de fille, & des deux canaux. Qn trouve dans la p e>tite Ifle, des allées de grands Aunes, des palissades,un treist 3 'geen demi-rond, & une fontaine dans le milieu. Deux D* 3 'gons de bronze semblent y combattre. 11 y en a un renv£ s 'së qui pousse un grand.jet d’eau , & l’autre en dégorge el ’abondance sûr ce premier. Vis-i-vi$ de cette Fontaine,lá pointe de la même Ifle, il y a un appartement de tre>H^ge, composé de quatre pieces ; il est tres-bien entendu, “td’un travail délicat. Ces quatre pieces sc trouvent fur u fJterrain , qui a en face la vûë du canal , la prairie à droitesdes jardins à gauche. Le grand tParc est d’une beautéveilleuse. Òn y voit des coteaux, des plaines & des bo lS)disposez par lá nature même, d'espace en espace, pour st's'virde retraite à toute sorte de gibier , dont il est rempli» jpour offrir d’agréables lieux de rafraîchissement à ceuxy prennent le plaisir de la promenade. Ces bois sont coupy 5par des routes differentes qui fe croisent. D’un côté où 1terrain s’éleve en coteau, on y voit comme dans une efp e 'ce de valôn, les canaux & les prairies qui les bordent, I ecascades & les petits bois dont elles sont ornées, avec lesdont ón a parlé, ce qui fait une vûë toute charmante, j “f autre côté on découvre comme dans des enfòncemens, d emaisons rustiques, qui paraissent au travers des branches d £arbres 5 des villages, qu’il semble qu’on n’ait laissez là A 3 ^une maniéré de lointain , que pour faire des paysages pl u 'beaux que ceux que le pinceau peut former. Òn y troiA