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Tome I. [A - D.]
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C H A

^int Benoît ; Saint Pere en Vallée de Chartres } Josaphat ,P r ésde Chartres ; Bonneval, prés de Châteaudun; Tiron auPiètre; Conlombz, prés deNogent-le-Roy , &Neauph!eleVieil, prés de Montfort FAmaury ; cinq de Filles du mêmeOrdre; Saint Avy, prés de Châteaudun ; Saint Remy des"n des; Saint Cir, & Saint Corentin en Arcisses ; deux en-core de Filles de FOrdre de Cîteaux -Branche de celuy deSaint Benoît ; Notre-Dame de FEau,prés de Chartres ; &RsCserets au Perche;cinq autres Abbayes de Chanoines Ré-guliers; Saint Jean en Vallée-les-Chartres ; Saint Cheron,'P r és de Chartres ; la Magdelainede Châteaudun ; Saint Vin-c ent des Bois, prés de Châteauneuf ; & Clairfontaine, qui a^ e puis peu été donnée aux Augustins Reformez ; & trois deIprdre de Prémontré ; Joyenval, prés de Saint Germain ;fjablecourt, dans le Pi n ferai s ; & Grand-Val ou Grand-Lhamp, dans le même Pinferais, c’est-à-dire, dans FArchi-uiaconé de Poiíïy.

Le Comte de D un ois surprit Chartres en 1431, par l’a-ureflc d”un Roulier qui tint le pont-levis embarassé avec fauharette, pour donner le temps á fes troupes d’avancer. LesPfotestans Faffiegerent inutilement en 1568. & depuis cetteVille tint le parti des Ligueurs. Henry IV. s'en étant rendupaître en 15511. s'y fit íàcrer dans le temps que Rheims per-ustoit à être rebelle. C’est la capitale du Pays Cbartrain,quia dix-neuf lieues de long, & vingt & une de large, & quivpnsiste en des plaines d une fort grande étendue & tres-sortises. César en parle d’une maniéré fort avantageuse, li, 5.de fes Commentaires, lors qu’il traite de Falliance qu’il fitTaxgetius, Chef des Carnutes, qui habitoient ce Pays.Robert II. ayeul de Hugues Capet, fut Comte de Chartres.®es successeurs ne font pas bien connus jufqu’à Thibaud,quiJ-Ut de Ledgarde de Vermandois Eudes I. pere de Eudes II.Le dernier éppusa Ermengarde d’Auvergne , & en eut en-autres enfans, Henry-Etienne, qui laislà. d’Alix, fille deGuillaume I. Roy d a Angleterre, Guillaume , Comte deChartres. Thibaud IV. petit-fils de Henry I. Comte deJ-yampagne ? vendit en 1224. le Comté de Chartres à SaintLouis pour la somme de quarante mille livres. Alix, Reinede Chypre, cousine de Thibaud, luy céda aussi fes droits,mois aprés cette vente, & Jeanne de Châtillon, fillep e Jean de Châtillon^ qui prétendit succéder au Comté de-dartres, aprés la mort de Jean,Comte de Soissons son cou-if 1 , époux de Mathieu d’Amboisc,fille d’Elifabeth de Blois,Lomtesse de Chartres par la mort de Thibaud VI. son ne-vendit au Roy Philippe le Hardy la .ville & Comtéde Chartres en 1286. François I. l’érigea en Duché Fan 1528.etl faveur de Renée de France, Duchesse de Ferrare, à la-’îdelle st Fengagea ; & ce Duché passa à Anne d'Est fa fille,Jdi épousa en secondes noces Jacques de Savoye, Duc deNemours,pere de Henry,aussi Duc de Nemours. Ce derniere remit au Roy Louis XIII. en 1623. suivantjía Transaction*}di en sot passée, & il a été depuis compris dans Fappanagev es Fils de France.*André du Chêne, Antiq. des villes de Fiance.|, 0 Uvin de Rochefort, Voyage d’Espagne & de Portugal. Audif-rec , Geogr. anc. & mod. Tome 2.

» La ville de Chartres a été la Patrie de M. Felibien & dem Nicosie , qui se sont acquis tous deux une grande répu-atl °n par leur fçavoir. André Felibien né en 1619. fut Se-jjetaire de FAmbaíïâde du Marquis de Fontenay-Mareu.il ày-°me, où Famítié qu’il contracta avec le Poussin, luy fit^tendre le goût qtFil a toujours conservé pour les beauxF' rtS - Le Roy, à qui fa capacité n’étoit pas moins connueson zele, le fit son Historiographe en 1666. & l’honoraç e L garde de fes Antiques en 1673. II fut Fun des huit quij^rtipoferent d’abord FAcadémie des Inscriptions & des> Rdáisics, & mourut le 11. de Juin 165,5. Nous avons deJjF entre autres Ouvrages , les Entretiens fur la Vie des^excellens Peintres,anciens & modernes;les Principes^ i Architecture, Peinture & Sculpture; & un Dictionnairequi dépendent de ces Arts.

Pierre Nicosie naquit Fan 1625. C’étoit un EcclésiastiqueFl f ^ pieté & son érudition rendirent tres-recommandable.

5 lié d’amitié. avec le célébré M. Arnaud , Docteur de^ soonne, & fes Essais de Morale, où Fon trouve une gran-it solidité, soutenue d’unè extrême délicatesse, font entre^fins de tout le monde. II mourut à Paris le 16. de No-

d e p^ARTREUSE la grande Chartreuse. Célébré Monastèreûe <ss^^e, situé dans le Dauphìné, à trois ou quatre lieuesrí enoble à côté du Nord, en Latin Magna Carthesia. II"ef d’Ordre, Sc a été appellé ainsi, parcs que S. Bruno. ÏCJBg L

son Fondateur , en fe retirant du monde choisit là retraitedans une affreuse montagne, en un lieu nommé chartreuse*.Ce fut vers Fan 1086. que ce saint homme natif de Colo-gne , & Chanoine de Rheims,vint dâns ce Désert avec six de-ses amis poiïr y vivre en solitude. Ils y bâtirent d'abordquelques cabanes pour pouvoir se mettre à Fabri des inju-res du temps,qui sont presque insupportables aux hommesen ce lieu-là , fur tout lè grand froid, à cause des neiges „qui pendant la plus grande partie de Fahnée couvrent lesmontagnes qui environnent ce saint Hermitage. C’est unepràirie un peu montueufe, quia plus dùine aemi-iieuë delong, & qui nsest large que de deux ou trois cens pas, enfaçon d’une vallée qu’entourent des montagnes pleines desapins, qui servent comme de muraille à cette pràirie,à Feu-trée de laquelle est situé le Couvent. Si-tôt qu’on en sortpour aller visiter le lieu où Saint Bruno a fait pénitence, ondécouvre une espece de vallée fort raboteuse environnée derochers & de montagnes inaccessibles, au haut de laquellesc forme un petit torrent de plusieurs sources qui sortentdes rochers voisins. Ce torrent s’écoule le long de Fenelos „& sert beaucoup au Couvent, tant pour faire tourner desmoulins pour battre à la forge, qu’à faire aller des meules àaiguiser des outils pour scier des ais, & pour d autres com-moditez de quelques Religieux en particulier,qui travaillentles uns à la Menuiserie & au Tour, & d autres à là Sculptu-re , à la Peinture, à la Gravure , & même à FArchitecture sle tout pour orner & embellir leur Convent. On monte àmesure quson avance dans cet enclos, où Fon trouve plu-sieurs de ces moulins que le petit torrent fait aller, & plusavant des bois de sapins , où il n’y a que le chemin de tracéjusqu’à ce que Fon arrive à la Chapelle de Notre-Dame,que Fon a bâtie au lieu où l’on tient qu’elle apparut à SaintBruno, pour luy dire que ses prières luy étoient agréables.Cette Chapelle, qui est à la fin de la vallée, est grande &remplie de belles peintures. II y est si bien reprefenté, à ge-noux devant une croix, qssà. dix pas de luy on le croiraitun homme vivant. On fait voir aux Voyageurs un petitrocher , fur lequel les Peres assurent que í Ange luy appa-roiísoit lors qu’il luy apportoit à manger à luy & à ses sixCompagnons, dont on montre les premiereS cellules qu’iístaillèrent dans le roc, lors qu’ils arrivèrent en cet Hermita-ge, où ils furent tellement incommodez des neiges & dugrand froid, qu’ils résolurent de se retirer plus bas dans lavallée ; mais ayant ôté tous les ornemens de leur Chapellepour les emporter , on prétend qu’étant fur le point de l’a-bandonner, Saint Pierre leur apparut, tenant en fa main lepetit Livre de FOffice de la Vierge qtFil leur présenta, enleur disant qu elle seroit leur secours dans leurs souffrances,s’ils le recitoient tous les jours, ce qtFils firent, .& ils onttoujours continué de le faire jufqssa présent, quoy que leConVent soit à demi-lieuë plus bas dans la vallée. Le plan-cher de FEglise de cc Convent est parqueté dsone tres-bellemenuiserie, & toutes les murailles sont boisées, ce quson 4fait pour détourner Fhumidité de ce lieu où les Religieuxfont en prières prés de seize heures dans un jour & une nuit-Le Cloître a trois cens pas de longueur. Aprés que Fon 4fait voir Fappartement du Prieur, à côté duquel est fa Cha-pelle tres-bien ornée, on montre celuy du Roy, & des per-sonnes qualifiées, qui viennent de temps em temps visitercet Hermitage. L'Êvêque de Grenoble y a aussi son appar-tement , qui est des plus propres & des mieux meublez. SáChapelle, où les Novices font profession , est tres-belle,tantpour son marbre, fes bas-reliefs tres-estimez , & ses’ petitescolomnes, que pour ses tableaux, ses peintures, & son petitTabernacle d’ambre, qui est un présent d’un Polonois. Ondescend de-là dans une grande salle, ornée de plusieurs ta-bleaux ,où les principales Chartreuses de FEurope font re-présentées. Comrtie cette Maison iFa aucune symmetrie dansfon dessein, & que l’assiette en est mal unie , & le bâtimentfait à différentes reprises,il faut toujours descendre ou mon-ter pour aller d’un lieu à un autre. Aprés le Convent, il y al’âutre partie de Fenelos de montagnes quifáit la Chartreu-se, & Fon y marche entre dé grands bois,en côtoyant 1gtorrent.. Cet enclos est par tout fort raboteux , 8 c par toutrempli de ces grands bois jusques à la porte,que 1 on ne peutregarder fans étonnement. II semble que la nature, qui a en-vironné ce lieu de hautes montagnes, ait pris plaisir a la faireentre deux rochers escarpez , comme des murailles qui sejoignent presque par le haut en façon de voûte, où il n y a,de la place que pour faire passer un mulet charge, & pour setorrent qui y entre. Ces rochers sont d’une telle hauteur

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