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Tome I. [A - D.]
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0in de leur lier fort étroitement les pieds, de peur qu ils neCoiffent. On ne s’apperçoit point que leur santé en soit al-liée. Leurs souliers de satin brodez d or, d’argent & de^ye , sont d’une propreté étonnante, & quoy que petits,»j' es s'attachent. fort a les faire voir quand elles marchent.0" petit collet de satin blanc qui tient à leur veste,leur ser-& leur couvre entierement le cou, & leurs mains,comme1 a été déja remarqué, font cachées dans de longues & lar-§ es manches. Elles marchent mollement & lentement, lalete panchée, & l’on diroit à les voir, que ce font des De-v °tes de profession, uniquement occupées de Dieu. Cettejj!°destie n’empêche pas qu’elles n’ayent les entêtemens or-I Maires des femmes. Plus on les resserre,moins elles aiment5 solitude. Elles s’habillent magnifiquement, & passent plu-,e Urs heures du matin à se parer, dans la pensée qu’ellesP°Urront être vues le jour, quoy que pour l’ordínaire elles5 e paraissent qu’aux yeux de leurs domestiques. Leur coif-fe , qui consiste principalement en plusieurs boucles deoheveux mêlées de toutes parts de petits bouquets de fleurs^ °r & d’argent, a quelque chose d’assez singulier. EllesPortent comme les hommes une longue veste de satin ou debrocard rouge, bleu ou vert, selon leur goût particulier,&es plus âgées s’habillent de noir & de violet. Elles ont ou-tre cela une espece de surtout, dont les manches extréme-? ,en t larges traînent jusqu’à terre, quand on n’a pas foin dees relever. Les hommes se rasent toute la tête, excepté parArriéré, où ils laissent croître au milieu autant de cheveux^0 il en saut pour faire une longue queue tressée. Us n’ontP°int l’usagedu chapeau,&portent continuellement un bon-P^hque la civilité leur défend d’ôter.Ce bonnet estdifferent,e ‘°n les disserentes faisons de l’année. Celuy dont ils usent-Eté est large & rond par le bas,court & étroit par le haut,il se termine tout à sait en pointe; le dedans est doublé^ bn feeau satin, & le dessus couvert d’une natte tres-fine &res-estimée dans lé Pays.. On y ajoûte un gros flocon de°ye rouge qui tombe tout à l’entour, & qui se répand jus-sur les bords ; de sorte que cette soye flotte irrégulière-ment de tous cotez dans le temps qu’on marche. Quelque-„ 0j s au lieu de soye on porte une espece de crin d’un rouge,. 0rt vif, que la pluye n’efface point, & dont l’usage est par-olier pour les Cavaliers. Ce crin vient de la Province de° Uc hoiìen, 8 c croît aux jambes de certaines vaches. Sa couleurr atll relle est blanche ; maison luy donne une teinture qui lei en d plus cher que la plus belle soye. En Hiver on porte unonnetde peluche,bordé de peau de renard ou de zibeline.er este est d’un satin noir ou violet,couvert d’un gros flo-j.° n de soye rouge.Ces bonnets qui font fort propres,& quevend quelquefois huit ou dix écus,sont tellement courts,•jO les oreilles sont toujours découvertes, ce qui est fort, sonamode au Soleil & dans les voyages. Quand les Man-J’slns so trouvent en cérémonie, le haut du bonnet est ter-J^é par un diamant, ou par quelque autre pierre de prix

i. e ^mal taillée'; mais enchâssée dans un bouton d or fort’ e n travaillé. Les autres ont un gros bouton d’étoffe, de

i ri ^al, d'agate, ou de quelque autre matière. Leur habit esti° n g & assez commode pour les gens de Lettres ; mais em-; gisant pour les Cavaliers. II consiste en une veste qui va

j. Ssu’à terre, dont les pans se replient par devant 1 un sur

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^Hes-de nos aubes; mais elles s’étendent presque surho e J a main , & ne laissent par dessus de découvert que led e p C es doigts. La veste est serrée avec une large ceinturef a 10 y e >dont les deux bouts pendent jufqu’aux genoux. Lesà c l ares y attachent aux deux cotez un mouchoir,un étuy^ bteau & 3 fourchette, avec des curedents, une bourse ,t^jcj aUtr ÇS petits ornemens de toilette. On a le cou toute 0Uv en Eté y ce qui a fort mauvaise grâce; en Hiver on lebarj. re d’un collet de satin qui tient à la veste , ou d’unequ ai e de.zibeline ou de peau de renard , large de trois oua p ar r ^ doigts, qui s’attache par devant avec un bouton. On$ c dessus ia veste une espece de surtout à manches largesC lv m rtcs - Les gens de Lettres le portent fort long. Lesdep c 'Ets & les Tartares , qui Je veulent court, ne le fonthabité^ re ^ ue íus^u à la hauteur de la poche. Quant auxta s hb 6 dessous on se contente en été d’un calçon de taffe-ttiêrue^ ^ US<l,ne chemise fort ample & fort courte de ladejsQ etc ûé. En Hiver cette chemise est de toile, & par011 3- des hauts-de-chausse d’uil gros satin fourré de

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Coton ou de soye crue. Les Chinois sont toûjours bottez, &quand on leur rend visite, si par hazard ils fe trouvent fansbottes, ils font attendre les gens pour les aller prendre. Ellesn’ont ni talon ni genouillère. Quand on fait un long voya-ge à cheval, elles font d’un.cuiroien passé, ou d’une grossetoile noire de coton piquée. Dans la ville on les porte d’or-dinaire de satin , avec un gros bord de velours ou de pannefur legenoiiil. Le Peuple en public, & les gens de qualitédans leur domestique, ont au lieu de souliers des patins detoile noire, ou d’étoffe de soye tres-propres & tres-commo-des. Ces patins tiennent d’eux-mêmesau pied par un rebordqui couvre le talon , fans qu’il soit besoin de les attacher pardevant. On ne se sert à la Chine ni de gants ni de manchons.Par une coutume fort ancienne, les Docteurs & les autresgens de Lettres, laissent croître excessivement leurs ongles.Ainsi quelques-uns ne les ont guere moins longs que lesdoigts. Ils prétendent que c’est une distinction qui fait con-noître que par leur état ils sont éloignez des Arts Mécani-ques , & occupez uniquement des sciences. Ils ont aussifoirtde laisser croître leur barbe pour avoir un air de gravité ;mais la nature les a fort mal partagez là-deísus, & la longuebarbe leur fait porter envie aux Européens. Les habits donçfe servent les Chinois pendant leurs voyages, font d’un grostaffetas, encroûté d’une huile épaiíïè qui tient lieu de cire,

& qui étant une fois bien sèche, rend l’étoffe verte & tranfrparente. Ils en font des Sonnets, des vestes & des surtouts,qui résistent à la pluye durant quelque temps ; mais qui per-cent à la longue, à moins que l’habit ne soit préparé avecgrand foin. Dans le deiiil le bonnet, la veste, Je surtout,les bas & les bottes sont de toile blanche, & depuis les Prin-ces jufqu’aux plus vils artisans, nul n’ofe en porter d’uneautre couleur. Dans le grand deiiil le bonnet est d’une toilede chanvre rousse & fort claire, & la veste est ferrée par uneceinture de chanvre à demi-retors.

Les Chinois dans leurs maisons ne font pas fort magnïsi»ques.Comme les Palais des Mandarins appartiennent à l’Em-pereur, ils ne songent point à les embellir, parce que leursCharges n’étant proprement que des Commissions qui leurfont souvent ôtées pour la moindre faute, ils sont tous lesjours en danger d’en être privez. D’ailleurs il ne faut pass’étonner s’ils retranchent de leursappartemens les ornemenssuperflus, puisque les Etrangers n’y entrent presque jamais;la coutume du Pays ne permettant point de recevoir les vi-sites dans l’interieur de la maison ; mais seulement à l’entréedans un Divan , qu’on a soin de pratiquer pour les cérémo-nies. C’est un salon tout ouvert, qui n’a d’autre ornementqu’un simple ordre de colomnes de bois peint ou verni,dontonTe sert pour soûtenir les poutres & la charpente, qui sou-vent paraît toute nuë sous la tuile, fans qu’on se donne lapeine de la couvrir d’un lambris. Ils n’ont ni miroirs ni ta-pisseries , ni chaises garnies. Les dorures ne sont en usagequ’en certains appartemens de l’Empereur, ou de quelquePrince du Sang; & toute leur magnificence fe réduit à descabinets, des tables, des paravensae vernis,des vases de por-celaine, & quelques peintures,diverses pieces de satin blanc,sur lequel on a écrit en gros caractères des sentences de mo-rale , & qu’on pend en plusieurs endroits de la chambre. Leslits qui íont parmi nous un ornement fort considérable, nefe voyent jamais chez eux,& ce ferait une incivilité grossiè-re de conduire un Etranger dans la chambre où l’on couche,lors même qu’on luy fait voir fa maison. Ces lits ne laissentpas d’être beaux.Ils ont en Eté des rideaux de taffetas blanc ,semez de fleurs d’arbres, & d’oifèaux en broderie d’or & desoye. D autres en ont de gaze tres-sine, qui u’empêche pasl’air dépasser, & qui estassiez ferrée pour garantir des mou»obérons, qui sont insupportables durant la nuit. En Hiveron fe sert d’un gros satin broché de-dragons & d’autres figu-res. Lacourte-pointeestde même, ou à peu prés. Ils né feservent point de lits de plumes; mais leurs matelats bourrezde coton font fort épais, Le bois de lit est ordinairementd’une menuiserie ornée de figures. Ils ont des jardins, maisfort negligez. A l’exception des lieux destinez à la sépulturede leurs ancêtres qu’ils laissent en friche, ils croiraient man-quer au bon sens d’oecuper uniquement la terre en parter-res, à cultiver des fleurs,à dresser des allées, & à plantéedes bosquets d’arbres inutiles. On en volt pourtant en quel-ques endroits, qui feraient un grand ornement dans leursjardins, s’ils sçavoient les y bien placer. Ces arbres » au lieude fruits, sont presque toute l’année chargez de fleurs, d’unrouge vif & incarnat, les feuille? en sont petites comme cel-les de l’ormeau. Leur tronc est irreguliçr, & ils ont leur?