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Tome I. [A - D.]
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getît port, & dit quelle est aujourd’huy peu considéra-

CHOTIN ou Chotim. Ville de la Moldavie. C’est la pre-mière qu’on trouve lors qu’on va de Constantinople enPologne. Elle a un Château tres-fort, où les Vaivodes tien-nent toujours une bonne garnison d’Heiduques. * Davity ,Moldavie.

CHOVACOUET. Rivière de l’Amerique Septentrio-nale,dans la Nouvelle France. Elle se décharge dans la mer,à 43. degrez 40. scrupules de la Ligne,& il y a plusieurs Islesdans son embouchûre. L une de ces Isles appellée par lesFrançois ÏjJle de Eacchm , & par les Hollandois W'tingaërdentylandt , est séparée du Continent par un espace de deuxneuës. Cette riviere est fort plate & fort poissonneuse, pro-fonde en ion entrée de deux brasses feulement à marée hau-te, Lt de trois ou quatre au, dedans. Le Terroir est gras lelong de ses rivages muni de prairies, & revêtu de sapins,Ormeaux & autres arbres. Les Sauvages qui shabitent s’ap-Pellent Almonchiquois , & diffèrent fort des autres Sauvagesde la Nouvelle France, tant en langage qtsen mœurs. Ils ser asent les cheveux depuis le front jufqu’au sommet de lasete , & laissent croître ceux de derriere, qu’ils nouent &tortillent avec differens plumages. Ils se peignent le visagede noir & de rouge,& sont assez bien formez de leur corps.Us sèment en May & moissonnent en Septembre. Leurs bledsfont bleds d’Inde, qu’ils font en jardinages, semant trois ou^Uatre grains en un endroit-, aprés quoy ils assemblent quan-tité de terre tout à Fentour avec des écailles tsun poissonstu’ils nomment Signoc. Ils en fement encore autant à troispieds de là , & ainsi consécutivement. Parmi ce bled à eha-sloe touffe,ils plantent trois ou quatre fèves de Brésil, quitiennent de différentes couleurs, & le bled leur tient lieude rames pour monter. Ils palissadent leurs champs d’épinesv ives, & ont grand foin d’en ôter les méchantes herbes. IlsPlantent aussi des citrouilles, des courges & du tabac. II y agrande quantité de noix; mais plus petites que les nôtres,^vec une infinité de vignes. Au lieu de charmes, ils ont unmstrument de bois fort dur , fait en maniéré de befehe. Ilschangent pas aisément de lieu comme les autres Sauva-ges , & ont des demeures fixes. Leurs cabanes font couver-as d’écorce de chêne , & environnées en rond de grossesPoutres, qui les mettent en état de s’y défendre de leursennemis. Ils fe fervent de lances & de massues, & ont pourOutres armes, des arcs & des flèches. Quelques uns, au lieude fer mettent au bout de ces flèches, la queue d’un signoc,& d’autres y accommodent des os. Le signoc est une espeçed écrevisse fort commune en cette mer,couverte au dessusde deux fort dures écailles. Celle de devant est bossée à laManiéré d’un plat, & un peu épaisse & taillée en demi-lune,Autour du front ou elle se joint à l’autre. Le dehors est rele-vé par fossettes ou pointes obtuses,disposées par rangs. Cellede derriere, plus déliée que l’autre , est en forme de losan-ê e , dentelée des deux cotez, & picotée de petits trous. Lafipeuë surpasse en longueur le reste du corps, & depuis leJsiilieu jusqu’au bout, elle est dentelée de pointes rudes. Lesdeux yeux de ce pbisson font placez en la partie convexe duPremier test,presque au milieu. Ils sont assez apparens quand" est vivant ; mais plus retirez aprés fa mort, & couverts d’u-116 membrane comme de corne. II a plusieurs jambes, ainsique les cancres.Les huit premieres font plus courtes que lesOutres ; les deux suivantes font plus longues, & les deux der-nieres de nouveau plus courtes. Au lieu de nageoires, il est*°Urni de chaque côté d’un petit os obtus, dont on croitstu il sc scrt comme d’une rame pour nager. Auprès de laS^eule il a deux petites pâtes avec lesquelles il marche, &sous le test de dessous, on luy remarque de côté 8 c d’autrestuelques petites vessies qui s’enflent ainsi que les gorges desgrenouilles. Ces poissons fe plaisent aux lieux peu profonds,êt se prennent principalement à l’embouchûre des rivières.U y en a dont la queue est longue de plus d’un píed.*Cham-plain, Voyages , 1. fart. liv. 1. chap. 4. Laët,si. z. ch. 19.

CHOUËR. Petite riviere de France,qui vient des hautesMontagnes du Poitou. Elle passe fous le Pont-Payant, aprésstUoy elle tombe dans la Loire.

..CstOOG. Petite ville de Syrie , située à une journéer Ecielay. Elle est fur une colline, au pied de laquelle co u-te l a célébré riviere d’Oronte qu’on y passe fur un Pont , cec l. Ul la fait appeller aussi le Font d’O tonte. C’est le seul qu’il ysor cette riviere, qui est aussi rapide que le Rhône dansn lit tres-agréable, au bas des vallons qui règnent jusqu’à la^eusc ville d’Antioche, On ne remarque dans celle deTome L

Choug que quelques figures antiques assez mal faites, avecdes Inscriptions du temps des Chrétiens.

Proche de-là est un Cara van sera magnifique,qu’un GrandVisir a fait bâtir par un motif de Religion , & dans le des-sein de sonder un lieu où l’on pratiquât à jamais en son noml’hospitalité, si estimée dans tout l’Orient. C’est un grandbâtiment à quatre faces égales, d’une belle architecture,avectous les ornemens de fart. Au milieu de la cour, pavée degrandes pierres quarrées, s’éleve une haute Mosquée,& furla droite est une fontained’eau vive, qui s’écoulant par lesquatre coins d’un bassin de pierre, fe distribue autour de laMosquée,& du corps de logis des Bains éloignéd'environvingt pas du Caravanscra. On y détourne les eaux de l’O-ronte,que l’on fait venir dans de grands bassins posez fur desfourneaux quiscrvént à les échauffer poqr la commodité desPurifications, à quoy les T ures font sujets par leur Loy. LeFondateur du Caravanscra l’a exempté de toutes fortes d’im-pôts, & veut que tous les Voyageurs y soient reçus & réga-lez pendant trois jours fans aucune différence de Religionni de Pays, & fins rien exiger deux pour toutes les chosesqu’on leur fournit. Le soir fur les quatre heures , qui est letemps où l’on mange, tous les Hôtes attendent chacun dansfa chambre que l’on vienne les servir. L’íntendant va luy-même auparavant faire le tour du logis, & ayant pris lenombre des Etrangers, il leur fait porter à tous à manger,tres-proprement, 8 c avec beaucoup de foin. II y a quantitéde Valets dans cette Maison, ce qui fait que tout le mondeest servi plus ponctuellement qu’on ne l’eít dans les maisonsdes particuliers. * Carré, Voyage d’Orient, Tome 1.

CHOUL. Riviere qui arrose le Duché de Luxembourg.Elle coule dans la forêt d’Ardenne, & se formant de plu-sieurs ruisseaux qui viennent du côté de Bouillon, elle ferend dans la Meuse vis à-vis d’Agimont.*df/.ír.

C H O U T Z A. Ville de la Prusse dans le Palatinat deCulm. Elle est située presque en vise' de la ville de ce nom,qui n’cn est éloignée que d’une lieuë, de l’autre côté de laVistule. Cette ville est bâtie de brique, & ornée d’une bel-le Eglise. Eilé étoit autrefois défenduë par des muraillesflanquées de tours dont on ne volt que des restes & des ma-Zures , le temps n’en ayant laissé qu’autant qu’il en fautpour conserver la mémoire des Chevaliers Teutons, anciensposselseursde la Prusse, où ils ont laissé de grandes marquesde leur magnificence. * Mémoires da Chevalier de Beaujea.

CHREMNITZ. Ville de Hongrie, située dans uneplace fort élevée. Elle est petite ; mais ses fauxbourgssont fort grands. On croit que l’Eglise de Saint Jean qui enest assez proche , est bâtie dans l’endroit le plus haut de laHongrie. Chremnitz est une ville fort ancienne, & fa mined’or est la plus riche des sept qu’on trouve dans le pays.Cette mine dans laquelle on a travaillé pendant neuf censcinquante ans, au rapport d’Edouard Brown , Angle»is,qui y a descendu,a neuf ou dix milles d’Angleterre de lon-gueur , & est profonde de plus de cent soixante & dix bras-ses. II y a fous terre un passage de plus de huit cens brasses,qu’on nomme E rbflall. Les travailleurs descendent dans lamine au bout d’un cable auquel on attache un morceau decuir fort large, qu’on divise ordinairement en deux outrois parties, afin qu’ils puissent changer de pied quand ilsveulent. On fait descendre de cette maniéré tous ceux quiveulent entrer dans la mine, par dedans des puits tout-à-fait perpendiculaires ? & pour cela on en a fait six. Le pre-mier est celui de Roaolphe , le second celuy de la Reine,le troisième celuy de Ferdinand, le quatrième celuy deMathias, le cinquième celuy de Windschact , & le dernierceluy de Leopold. On descend en tournant fort douce-ment autour d’une grande roue où est attaché le cable. II ya dans cette mine des veines qui coulent du côté du Sep-tentrion,& d’alitres versl’Orient. Lorsque l’on en tire l’or,il est quelquefois noir , quelquefois rouge & quelquefoisjaune. Celuy qui est bleu & qui a des taches noires est esti-mé le meilleur aussi-bien que celuy qu’on trouve prés desveines noires. Cet or n’est pas assez riche , avant qu’on Taitrafiné, pour pouvoir souffrir comme fait celuy des autresmines, une épreuve par laquelle on puisse connoître com-bien il y a de métal; mais ils en pèsent une grande quantité,8 c le lavent ensuite dans une petite riviere qui coule prés dela ville. Cette riviere sc divise en plusieurs petits ruisseaux,qui passent continuellement fur la mine., & qui en mêmetemps emportent toute la terre qui est fur les métaux , desorte que d’une claire riviere qu elle est au dessus de laville, aprés avoir passé par dessus tous ces métaux , elle en

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