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, CïNALOA. Province de l’AmeriqueSeptentrionale'dans« Nouvelle Galice, à quarante-deux lieues de Culvacan , àCe nt cinquante de Guadalajara vers le Nord , & à cent deChiametla, selon Herrera. Elle fut premierement découver-te par NunodeGusman , qui étant parti de Culvacan avec*°n armée Tan 1531. aprés avoir fait environ cinquante lieues,ar riva à la riviere de Petatlan. II trouva là fort peu d’habi-r ans. Les femmes y étoient nues, à f exception de ce que laPudeur oblige à cacher.Les hommes s’envelopoient de peauxde cerf cousues ensemble &rejettées fous le bras. Ils étoientbien composez , de couleur brune , & honoroient le Soleil ;ftteis fans luy sacrifier. Ces Peuples étoient antropophages,& commençoient leurs combats avec les flèches. Quand ilsen manquoient, ils fe servoient de leurs massues faites d’undur bois de Gaiac en forme d’épées. Gusman & ses gens s’é-Ia nt avancez vingt lieues, trouvèrent la riviere de Tamo-c hala, & aprés avoir marché encore trente lieues, ils entre-pôt dans la Province de Cinaloa, où ils virent plus de vingt-Cl uq bourgades fort peuplées. Les pluyes qui furent conti-nuelles les ayant contraints de s’y> arrêter quarante-deuxJ°Urs, ils y furent nourris de venaison & d’oiseaux par lesSauvages, qui s’étant ennuyez d’avoir de semblables hôtes,^enfuirent dans les montagnes & dans les forêts voisines. Les•Espagnols ayant traversé la riviere, marchèrent trente lieuesVers le Sud par des terres desertes & fort seches, à causebelles font plates & exposées à toute fardent du Soleil.^Nmme ils n’y trouvoient ni fontaines ni ruisseaux, ils é-înient contraints d’étancher leur soif de seau de pluye qui«oit en certaines fosses. Us passerent fur des radeaux une au-tr e riviere , moins fournie a habitans que Cinaloa, & ayantP r is des guides, & marché sept jours par des lieux inhabitez,ds arrivèrent enfin à la riviere d’Yaquimi, fans avoir eu d'au-îre soulagement contre la soif dans ces lieux deferts, qu'unec ertaine liqueur qui sortoit des troncs d’une espece de char-dons qu’ils coupoient fort semblables aux Tunas. Au-delàde cette riviere, ils trouvèrent une bourgade abandonnée defts habitans , & un chemin qui menoit en bas. Ils le suivi-r ent, & rencontrèrent là un fort grand nombre de Sauvagesar mez qu’ils mirent en fuite aprés un leger combat. 11 y a le .*png des bords de cette riviere plusieurs bourgades dont leshabitans font forts, & de mêmes mœurs que ceux de Cina-pa. Au dessus du rivage s’étendentde hautes montagnes qui* avancent en ce lieu quelques milles dans la mer en formede Cap. Entre ce Cap & la Pointe de la Province de Xalisco,j a côte de la mer fe courbe en coude sespace de deux censheuës. Les Espagnols manquant de vivres par tout,& voyantstUe ces montagnes les empêchoient de passer outre, &que^êrne la côte de la mer étoit couverte de bocages fort épais,Prirent le parti de retourner vers la Province de Culvacan.*ps Sauvages qui habitent entre les rivières de Petatlan &d Yaquimi font presque tous d’une même forte. Ils ont peude fruits, nulles patates ou autres racines semblables ; mais^Ulement une sorte de melons, du mays, des fèves de Tur-Zuie, & une espece de grain menu dont ils font leur pain.*is s’exercent au travail & à la chasse, & sont fort vaillans, nePolissant aucuns cris dans leurs combats comme les autresSauvages. Quelques-unes de leurs femmes fe font des mar-ies au visage avec un fer chaud à la maniéré des Negres, &■ks hommes s'y en incisent. La terre en cette Contrée estPlate & seche pour la plus grande partie. Les rivières y abon-dent en poisson , & les montagnes y sont à trente-quatreheeës de la mer. On volt des bœufs, des vaches & de grandsCer fs le long des bords de la riviere d’Yaquimi. LesEspa-Itiols ayant mené autrefois une Colonie en cette Province, ybâtirent la ville de S. fuan de cinaloa ; mais ils eurent de laPjhtie à la conserver, quoyque vers l’an 1554. Francifco de^harra y eût conduit de nouveaux habitans,& envoyé beau-c oup âe provisions de la Province de Culvacan.
T Voicyceque le Pere Martin Perez Jésuite dit de ce Pays.Jr? Province de Cinaloa est à trois cens lieues de la ville delexique vers le Nord. Les hautes & rudes montagnes ap-Mlées Tepecsuan la couvrent du côté droit. A gauche elle estav ée du Golfe de Californie. La Province de ce nom , &^?fie de Cibola la bornent vers l’OLiest, & le Nouveau Me-?*que vers le Nord. Elle est traversée de rivières, sur lesj^rds desquelles demeurent par bourgades les Naturels du, a ys, à cause de la commodité de la pesche. L’air y estP a ir & fort sain, la terre grasse & fertile , rapportant desp U >ts de toute espece. 11 y a grande abondance de mays, des^ Ve sde Turquie, & autres legumes, & force coton, dont les0lïl me s & les femmes fe vêtent presque à la façon des Mexft me ì.
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qUains. Les hommes nouent leurs cheveux qu’ils fe plaisent ànourrir ainsi que les femmes. Ils ont eu beaucoup de peine àfe soumettre aux Espagnols qu’ils surpassent de beaucoup engrandeur de corps. Ils sont robustes & aiment la guerre. Usfe fervent de flèches envenimées, & ont des massues & desboucliers de bois rouge. * Laët, Descr. des Indes Occtd. liv. 6.chap. 6.
CINAN. Grande ville de la Chine , dans la Province deXantung dont elle est la capitale , en Latin Cinanam. Ellecommande à vingt-neuf Citez , dont les plus considérablesfont Changkien > Changxan, Ceuping , Taigan , Té & Vu-ting,&l’ony voit plusieurs beaux Palais, & des Templesfort superbes. Le plus magnifique esteeluy de Tungo, où ,selon ce que disent les Chinois, plus de soixante & douze deleurs Souverains ont vécu dans la retraite. Les Bonz.es qui ensont les Prêtres y possedent de grands revenus. Aux envi-rons de cette ville, il y a dans des montagnes un grand nom-bre de Tombeaux de Rois & de grands Seigneurs de la Chi-ne. * Maty, Dift. de Holl. 1701.
CINCA ou Gìnga. Riviere d’Efpagne , dont une partie afa source au Mont ou Col de Bielle, & reçoit l’Arc prés dela ville d’Insa, capitale du petit Pays de Sobrarbre. L’autrepartie ou branche de cette riviere vient des montagnes duVal de Gistau, & arrosant la Sobrarbre, reçoit la riviere deSegre, prés du lieu de Scar, d’où elle va se jetter dans l’Ebreauprès de Mequinenca. * Davity, Aragon.
CINCHEU. Grande ville de la Chine, dans la Provincede Qnangsi. Elle est capitale d’une Contrée qui porte sonnom, & a trois autres villes sous fa dépendance. Celle-cy estriche, & les bâtimens en sont fort beaux. La Contrée pro-duit de la canelle fort abondamment , & beaucoup meilleureque celle de l’Ifle de Ceilan. On y trouve auffi certains ar-bres dont le bois est extraordinairement dur, ce qui est causeque les Chinois les appellent Arbres de fer. Lès habitans fontdes draps de l’hetbe nommée Tu. Ces draps surpassent en bon-té ceux de soye, auffi sont-ils bien plus chers. * Thevenot *Tome 3.
CINGLAN. Desert de la Grande Tartarie qu’on ne sçau-roit traverser qu’en cinq journées. II est du côté des terresde Lagaray, rempli de plaines marécageuses & inhabitables,& renommé par la grande quantité d’oiscaux qu’on y trou-ve semblables à des cigognes. * Voyez. Lagarax.
CINGOLI. Ville d’Italíe dans la Marche d’Ancòne, enLatin cingulum. Elle a quantité d’Eglises Collégiales, Abba-tiales & Monachales, & les Capucins y ont un Monastèrehors la ville, avec le Noviciat de la Province. II y a des Ma-nufactures de draps qui font subsister plusieurs Familles. Lecorps de Saint Exuperance Evêque repose en son Eglise quiétoit autrefois Cathédrale , & qui dépend présentementd’Osimo. A Sainte Sperandia , qui est un Monastère de Bé-nédictines, on conserve le corps entier & non corrompu decette Sainte, quoy qu’elle soit morte il y a deja plus de troiscens ans. La ville de Cingoli souffrit beaucoup au cinquièmesiécle du temps de la guerre des Gots. C’est une ancienneColonie Romaine fondée ou réparée par Titus Labienus,Lieutenant de Jules César dans l’expedition des Gaules , ceque prouve Horace Avicenne par deux Médaillés antiques,& par d’autres monumens dans son Livre intitulé Memoriedélia Cttta di Cingoli. Labienus la peupla des Vétérans qui a-voient passé le temps de leur Milice dans les Gaules, qui démore hic cingulum militare depofuerunt. L’air y est si pur, quePaul III. étant Légat de la Marche d’Ancone y relidoit d'or-dinaire. * E. D. R. Nouveau Voyage d’italie , Tome I.
CINGULUM ORBIS. Nom ancien des montagnes de laMoscovie Septentrionale , appellées présentement cameni-poias.
CINING ou cinningfiu. Ville de la Chine fous la dépen-dance d’Yengcheu , seconde capitale de la Province de Xan-tum. Elle est environnée de tous cotez de marécages, &située au milieu du Canal lun , de sorte que les vaisseaux quiveulent monter ou descendre sont obligez de passer par là ,& d’y payer le droit de peage. Cette ville ne surpasse passeulement en grandeur, en peuple, en commerce & en ma-gnificence les vingt-six autres qui dépendent d’Yengcheu;mais auffi fa capitale même. Elle a produit un Roy de laFamille deTaiminga, &son territoire a donné naissance aufameux Confucius que ses rares connoissances firent fi fortreverer , qu’on luy dédia quinze Temples tres-fomptueux»Son íauxbourgdu côté du Canal Royal est rempli de super-bes bâtimens, & de quantité de Marchands qui j debitenttoutes sortes de denrées* On y voit deux fortes écluses quî
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