Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
661
JPEG-Download
 

\

C I R

.f Voisinage des petits Tartares ; au Levant la mer Caspienne7 ^ les bouches du Wolga, & au Couchant le Palus Meotidele Détroit de Cassa. Olearius rapporte que la ville dei er KÌest leur capitale, & que depuis qué le Grand Duc deMoscovie avoit étendu ses conquêtes jusque-là, il avoit misprnison dans toutes les villes, ne laissant aux Circasses poureilr demeure que les villages qui font tous bâtis en rond? Vec une grande place au milieu. La Circaffie est un bon*; a ys & fort bien diversifié. II y a des plaines, des forêts,® es oôtaux & des montagnes, d’où sortent quantité de four-Ces d’eau. II y en a de lì grosses qtf elles suffisent pour sept0tl huit villages des environs. Comme la terre est fort bon-ne > les fruits y viennent fans peine Sc en abondance, & il n’ya point d’autres jardins que les champs qui font couverts deCe risiers, de pommiers, de noyers ,& d’autres arbres de cet-te nature. On voit toutes fortes de fleurs en ce Pays-là, &ily croît une forte de fraise qui a la queue fort courte , y ena yant d’ordinaire quatre ou cinq en un bouquet. Les moín-jhes sont grosses comme nos petites noix, & leur couleur tirele jaune pâle. La plus grande richesse des habitans est enbe tail, & sur tout en quantité de fort beaux chevaux, Ils°nt auffi grand nombre de chèvres & de moutons, dont labine est auffi bonne que celle d’Efpagne , & les Moscovitesvannent f enlever pour en faire de grands feutres. Ils ne se-^ Nt ni bled ni avoine ; mais feulement de forge pour leschevaux, Sc du millet dont ils font du pain. Quant aux va-ches & aux boeufs, il n’y a rien que de médiocre. Us ont de. venaison plus qu’ils n’en peuvent manger, & ne fe ferventpi de chiens ni d’oifeaux pour la chasse. Quand ils y vont,hs^'assemblent d’ordirìaire au nombre de sept ou huit duPpctNe village, sc ont de si bons chevaux qu’ils fatiguent lahcte à la course , & la forcent de fe rendre. Chacun tienthne corde toute prête, & attachée à l’arçon de la selle. Cettec °rde a un nœud coulant, & ils la jettent si adroitement auc °lde la bête quand elle commence à fe lasser, qu’ily en afeu qui leur échappent. Us n’ont pas plutôt tué un cerfils luy coupent les jambes & luy cassent les os, afin d’enhianger la moelle ^persuadez qu’il n’y a rien de plus fouve-ía 'n pour fortifier le corps. Ils font extrêmement portez àVpler , & quand ils veulent dérober quelque bétail pour em-ï^cher que les chiens qui le gardent n’éveillent les Bergerse n aboyant , ils leur jettent des cornes de bœuf pleines de! r 'pes cuites coupées en petits morceaux. Le chien à qui onlette la còrne, s’écarte pour manger les tripes qu’on y a four-es de force, & la peine qu’il a à les en tirer est cause qu’ilh aboyé point ; de forte que pendant que les Bergers qui onthavaillé le jour font ensevelis dans le sommeil, ils enleventhti troupeau tout ce qu’ils veulent. Cette inclination invin-vffile au vol oblige les Etrangers à être toujours fur leurs gar-hes avec eux, pat ce qu’on fçait qu’ils ne peuvent avoir l’oc-c asion de faire un larcin fans en profiter.

, Les vaisseaux de Constantinople & de Cassa qui vont enynngrelie, jettent l’ancre en passant en plusieurs lieux de cesc htes, & demeurent un jour ou deux en chacun. Les Turcs®Ppellent ces Peuples cherkes , & negocient avec eux les ar-*hes à la main. Si quelques-uns de ces Cherkes veulent venir.^vaisseau , on leur donne des ôtages, & ils en donnent dehterne quand quelques gens du vaisseau ont envie d’aller àVerre , ee qui arrive assez rarement , ces Peuples étant perfi-Ses A de tres-méchante foj. Us donnent trois hommes enotage pour un. On fait des échangés des marchandises qu’onjhf porte, & on prend d’eux des personnes de tout sexe &hv tout âge, du miel, de Iá cire, du cuir, des peaux de Clu-- animal semblable à un renard , mais beaucoup plus§ r and, du Zardana, peau qui ressemble â la martre , & d’au-^ es animaux qui font dans les montagnes de Circaffie.Hstànd on a quelque échange à faire, la barque du vaisseaua tout proche du rivage. Ceux qui font dedáns sent bienjhttìez , & ne laissent approcher qu’un nombre de Cherkes.vtïiblable au leur, S’ils en voyent Venir un plus grand nom-•, re , ils fe retirent au large. Lorfqu’ils fe font approchez,ss montrent les denrées qu’ils ont dessein d’échanger, &°0t leurs conventions. Ils font tout à fait Sauvages, & ont, 5 ^ autrefois Chrétiens. Présentement ils n’ont aucune Re-"Aon, ou du moins le peu qu’ils en Ont consisté en certainesgémonies, & ils s’en acquiterit de temps en temps avec tou-e ^ folemnite dont ils font capables, & il faut alors que touse P x du village y assistent, jeunes & vieilx, fans que l’âge enPj^'sse dispenier persoiine. Qupy qu’ils fe fassent circoncire,e n v>ut ni Bible ni Àlcoran, ni Prêtres, ni Eglises. Us font' ^'Vhêmes leurs sacrifices, & particulièrement le jour de

C I R 66T

Saint EÍse. Quand le Seigneur de quelque village meurt ouune amre personne considérable, les parens & les amis s’af-femblent à la campagne pour sacrifier un bouc. Us croyentqu’iLest propre au sacrifice , lorsqu’aprés en avoir coupécertaine partie , ils la jettent contre la muraille. Si elle n’ytient pas , il faut qu’ils en tuent un autre, & si elle y tient, ilsécorchent le bouc, & en étendent la peau au bout d’une lon-gue perche, devant laquelle ils font leur sacrifice Ils fontbouillir & rôtir ensuite la chair Sc la mangent. Le festinachevé les hommes fe levent & vont faire leur adoration à lapeau, & aprés les prières les femmes fe retirent. Les hommesdemeurent & s’enyvrent d’eau-de-vie. Qn laisse cette peaufur la perche, jufqu’à ce que la mort d’un autre Seigneur enfasse mettre une nouvelle en la place. Us appellent leur bois-son B osa. Elle est faite avec du millet, & enyvre comme levin. U n’y a aucunes vignes dans tout le Pays.

Les femmes s’habillent comme les hommes , & les fillescomme les garçons, fans la moindre disse rence. Cet habit estune robe de couleur, de toile de coton , & un caleçon fortlarge. Ils portent outre cela une petite camisole piquée quileur vient jusqu a la moitié des cuisses, & par dessus une ma-niéré de casaque d’un gros drap, qui descend jufqu’aux ge-noux, & est ceinte d’une corde. Les manches de la casaquefont fendues dessus Sc dessous, Sc quelquefois ils fe les atta-chent derriere le dos. Les hommes ne portent point de bar-be qu’ils n’approchent de soixante ans. Leur chevelure nevient que jufqu’au bas de l’oreille, & ils fe font raser fur lemilieu de la tête de la largeur de deux doigts, depuis le frontjusque fur le col. Un petit bonnet comme une calote , dumême drap que la casaque , sert de coëffure à tous les deuxsexes. Les Circaffiennes font fort bien faites, & ont le viíàgebeau, le teint blanc & uni, & les joues fort colorées. Leurscheveux qui font noirs leur pendent en deux tresses des deuxcotez du visage qu’elles découvrent toujours. Il y a quel-que changement à la coëffure des filles quand elles font ma-riées. Elles s’attachent derriere la têie une grosse pelote defeutre qu’elles couvrent d’un voile bianc qui est fait avec depetits plis & tres-proprement. Les veuves ont derriere ia tê-te une vessie de bœuf enflée couverte d’une toile de coton,d’un crêpe, ou dequelqueautre étoffe de plusieurs couleurs,de forte qu’àles voir de loin, il semble qu’elles ay en t deuxtêtes. Leurs bas s’attachent au dessus du genoisil, & ne vontqu’à la cheville du pied. Leurs souliers sont de maroquindessus & dessous,& n’ont qu’une couture fur le cou du pied,étant legers& taillez en maniéré d’efcarpins. Ils ne font pasfort déiicats pour leurs lits. Us prennent plusieurs peaux demouton qu’ils cousent ensemble, Sc les empliílant de feuillesde millet, ils en font uneefpece de matelas. Les carreaux oúcoussins font faits de même ; mais ils en remplissent aussi quel-ques-uns de laine. Les Abus, autre Peuple fort sauvage, con-finent avec les Cherkes, & ont le même penchant pour le lar-cin & le brigandage. On negoeìe auffi avec eux, & ils n’òntà donner en échange que des hommes & des femmes, desfourrures, des peaux de dain & de tigre, du lin filé, du buis,de la cire & du miel. Ces Peuples occupent cent milles decôtes de mer, entre la Mingrelie Sc la Circaffie.* Tavernier,Voyages de Perse , liv. z. ch. n.

ClRCELLO ou Monte circello. Cap d’Itaíie dans la Cam-pagne de Rome , en Latin C irc&m Mons Sc circacium Promon-tonum. C’est une fort haute montagne environnée de la merde Toscane vers le Midy, Sc des Palus Pontines du côté dliNord, ce qui l’a fait prendre pour une Isle. On croit que ceCap a pris son nom de l’ancienne ville de Ctrcœum. * MatyDtâ. delìoll. 170 i.

CIRCESIUM. Nom ancien de la ville d’Alchabar , qui estdans leDiarbeck.-c’est auffi celuy de la ville de Kirkjfia enAsie.

CIRCESTER ou cirencefier. Petite ville d’Angleterre,dans le Comté de (Slocester, en Latin Cineflna. Elle est si-tuée fur la riviere de Churne,aux confins du Comté de Viril t,

& a droit d’envoyer des Députez au Parlement. C’est l’an-cienne cormìum. * Máty, Dict. de Hall. 1701.

ClRCIDIUS. Riviere de l’Isle de Corse qu’on appelleprésentement Ptanelío. . . ■ v

CIRENE ou Cyrene. Ville d’Afrique, l’une des cinq dontune petite Contrée, qui fait partie de la Cyrenaïque, a reçule nom de Pentapolis. Postel la prend pour Carvan ou Cai-raoán ; mais on ne croit pas qu’il ait raison, parce que cettederniere ville est plus nâoderne, plus à l’Oûest Sc plusavantdans la Terre-ferme. otà, qu Olivier appelle Lore»e, estrenommée pour avoir été le lieu de la naissance deCallìmz-chus, dììratosthehe, de Cafneade 8c d’Aristipe.

O ooo íij