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Tome I. [A - D.]
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7-- /C O N CON

Outre ces quatre Mosquées,il y en a plusieurs àútres cón- 'fiderables, aufquelles on donne ìe titre de Dgiatmlar, c’est à-dire, Basiliques ou Mosquées Royales. Celles là portent lenom des Empereurs qui les ont fait bâtir, & ne font . pointdédiées à Dieu sous d’autre invocation que foUs celle deleur Fondateur. Les autres vont jufqu’au nombre de cinqmille ou environ dans Constantinople, toutes bien entrete-nues , parce qu’elles font toutes bien reniées,& qu’il fc trou-ve tous les jours quelque Musulman, qui en mourant, oùmême durant fa vie , leur fait quelques legs pieux. II y ad’ailleurs prés de cent maisons considérables, tant en T imar-kanas ou Hôpitaux, qù l'on entretient quahtité de pauvresinfirmes de corps Si d’efprit, qu’en Takiakanas, qui font deslieux où on loge les pauvres, & où tous les jours on leurdonne du pain & du potage. Les Cans ou Caravanferas, quifont de grandes maisons bâties à peu prés comme lesCollegesdeParis,font encore des lieux sondés par des personnes fichespour loger les Etrangers, qui y demeurent autant qu’ilsveulent,en donnant feulement un ou deux âpres par jour.Ces Caravanferas font au nombre de plus de quatre cens,chacun avec fes fontaines 8c fes magasins, & quelqties-ùnsmême avec leurs Mosquées & leurs-Bains. On compte aussi,tant à Constantinople que dans fes fauxbûurgs, jusqu’à cinqmille neuf cens trente ,cinq fontaines, soit autour des Mos-quées, soit aux autres endroits de la ville ou ïes Sakas ou Por-teurs d eau en vont prendre dans un grand íàc de Cuir, quitient environ deux de nos seaux pour l'aíler porter dans lesmaisons. Les eaux de toutes ces fontaines viennent de Belle-grade, village éloigné de quatre ou cinq lieuës de Constan-tinople , où sont de fort beaux Aqueducs. s

Parmi les Marchez de diverses fortes de denrées,qui fontenclos avec des galeries I Tentour, le plus considérable estceluy des Orfèvres, des Jouailliers & des Marchands d*,draps d’or. 11 est soutenu de vingt-quatre colorants, & en-vironné d’une muraille de six pieds de large. Les boutiquesfont dans la profondeur du mur de quatre pieds de facechacune. Le. jour les Marchands étalent leurs richesses cha-,c un devant fa boutique, & ia nuit çe lieu fe ferme commeune petite ville, & a quatre Portes,Tune au devait t de Tau-tre. Constantinople a íìx vingt Cólleges pour instruire laJeunesse Turque, & un pareil nombre de Bains publics,dont il y en a cinquante de doubles tres-beaux au dedans.L’Arfenal pour la marine est une tres-belle chose* II est situesur le rivage de la mer du côté du Port,L il y à cent quatre-vingt arcades de pierre,dont chacune peut mettre à couvertune ou deux glandes galères. On employé quarante-six mille hommes à le servir, & toutes choses y font tenues en untres-grand ordre. Les munitions de poudre font gardéesséparément dans quelques-unes des tours des murailles de laville, & à l’une de ses extrêthitez , font de grands & vastesgreniers > qùi ferment avec des portes de fer, & où l'on metles provisions de bled. Ce sont là les principaux ouvragespublics. Ils font communément bas & d’un seul étage/IIy en a une grande pârtte de bois, ce qui est cause que lorsque le feu y prend, il.y fait de gtands ravages. Les Palaisdes personnes distinguées n’ont en dehors aucune beauté.Ils font grands & fermez tout à f entour de hautes murailles;mais par d-dans les appârtemens en sont tres-beaux. Us ontleurs plat-sonds couvert cfor & d’azur, & fur le plancheroù l’on marche,il y a de riches tapis» ce qu-i fait que de peurde les gâter, on laisse ordinairement fes souliers à la porte.Les murailles font revêtuë’s de carreaux sins comme de laporcelaine. Dans toutes les faces & les chambres, il y a desfaçons d’estrades élevées de terre d un demi-pied ou d’unpied , que l’on appelle Divans. C’est fur ces Divans que fereposent les Turcs, & qu’ils reçoivent leurs visites* Us fontcouverts de,tapis encore plus riches que ceux qu’on voltétendus dans-ìe reste de la chambre, avec quantité de cous-sins en broderie quLsont appuyez contre les murailles. Danstous cesPalaisl’appartement des sommes est séparé du reste dulogis, & aucun homme n’y entre que !e Maître de la maison*ou quelque Eunuque II y avoit autrefois six censEglifesdansConstantinople. Présentement les G-ecs y en ont quarante,les Arméniens quatre,& les Latins n’y en ont que deux. Lesjuifs qui s’y font établis en neuf diffcrens quartiers, ont juf-qu’à trente-huit Synagogues, parce qu’ils prennent à ferme!a plupart des revenus du G and Seigneur. Les rues de laville font sort hautes & basses, & il y en â beaucoup quifont tortues Zc étroites. Outre les coloríines qui sont versl’Hippodrôme , il y en a deux autres dans la ville, l’une sortaticienne, appellée la Colimme Historiale , parce qu’elle a tout à

lentoUr,de'puisle bas'juTqu’en haut,des sigures en bas-re!ícsoqu’on dit être l’Histoire d’une expédition d’Arcadius quila fit dresser» & mit fa Statué' dessus. On monte jusque dansle haut par un escalier fait en limaçon qui est en dedans.L’autre s’appelle Còlomne brûlée , parce qu’elle est toute noi-re, à cause du feu qui ayant pris à quelques maisons voisi-nes, fendommagea de tçlle forte , qu’on fut obligé de f en-tourer de gros liens de fer, pour la tenir en état & Tempe;cher de tomber. Elle est de huit pierres de porphire , quiavant cet incendie paroissoient n’en faire qu’une, les jointu-res en étant cachées & couvertes par des branches de lau-rier taillées dessus. Maintenant ces jointures fe sont voir fa-cilement.

La Campagne autour de Constantinople * assez ávant dansla terre , est embellie de Jardins & de Maisons de plaisance »& Ton y remarque encore quelques vcst'ges des grandes mu-railles que TEmpereur Anastafe fit construire , pour arrêterles courses dès barbares. Ces murailles s’étendoient depuisSelybrie jufqu’auPont-Euxin , & elles avoient plus de qua-rante milles de longueur. 11 y a aussi d’assez belles promena-des par la mer. Le trajet n’est que d’un bon mille pour allerà Scudaret, appellé lfcoiar par les Turcs. C’est un village ehAsie où Ton volt un beau Serrail du G. and Seigneur, avecde fort grands Jardins. II est fur le bord de la mer,vis-à-visdu Serrail de Constantinople. Pour y aller, on passe par de-vant la Tour de Leandre, à laquelle on ne fçáit pourquoyTon donne ce hom , puifqu’elle est éloignée de deux censmilles du lieu que les amours de Hero & de Leandre ontrendu fameux. Cette Tour est bâtie fur un rocher 'qui estdans la mer, & considérablement forte. U y a plusieurs ca-nons qui pourroient battre le Port de Constantinople,& lesdeux embouchures de la Propontide & du Bosphore deThrace. On y trouve un puits d’eau fort fraîche 8t bonneà boire. La promenade du Canal donne toujours beaucoupde plaisir -à ceux qui h font. Ce Canal qui est le Bosphorede Thrace , vient de la mer Noire jufqu’à Constantinople ,où entrant dans la Propontide, il mêle fes eaux avec cellesde la mer Blanche. Ses deux rivages ont de quoy charmerla vûë. Ce ne font que Maisons thàgnífiques, & Jardinsremplis de toutes sortes de bons fruits. Sur le bord qui est enAsie,il y a un so, t joli Château , où Sultan Ibrahim , pere deMahomet IV. demeura vingt ans caché pour éviter la mortque Sultan Murad fit endurer à fes autres freres.Ce Châteauest couvert d’arbres fort hauts qui Tempêchent d’être vû«ù six milles loin en cette mer, il y a deux Forteresses , Tuneen Europe & Tautre en Aile,qui fervent toutes deux de pri-son pour les personnes considérables. Elles Ont été bâtiespour arrêter leS courses des Cosaques, qui fans cela pour-roient venir piller fort souvent jusque dans Constantinople»où malgré ces Forteresses, ils ne laissent pas quelquefois dèdonner Ta larme. En trois ou quatre heures on arrive au boutdu Canal ou Bosphore de Thrace, où commence la merNoire. Au milieu de cette embòuchûre,qui est fort étroite»on voit une petite Isle toute de rocher , qùi n’a rien de re-marquable qu’une Colomn e de marbre blanc qu’on appellelaÇolômne de Pompée )parce qu’on prétend qùece fut Pompéequi Ty sit dresser , aprés avoir vaincu Mithridate. Tout au-près 8c autour de ce rocherfil y en a plusieurs autres petitsépars, ça & là dans l’eau, que plusieurs croyent ecire les IsieSC yanées ou Sjmpleg.ides. Vis-à-vis du même rocher du côtede l’Europe, est un village fur le bord de Teau;~ávec uneTour , au haut de laquelle ily a un Fanal» pour éclairer lêsvaisseaux de nuit, de peur qu’ils ne fe perdent dans çettemer» qui est extrêmement dangereuse. A l’extrêmité de 1 ®Propontide,on trouve un petit corps d Isles, que les Turcsappellent Papas Adafi ; les Grecs Papadomfia , ou Isles desMoines ; & les Européens Istes du Pape, & Isles des PrincesiElles fervent de promenade aux Européens qui demeurentà Constantinople , dont elles ne font éloignées que de trotsou quatre lieuës ; mais ce voisinage cause leur çuine. L e ®Turcs qui y vont pour fe divertir, s’enyVrcnt k plus so^vent,& maltraitent tellement les Cinêtiens Grecs dontelkífont habitées, que comme ils ravagent tous leurs jardins»leurs vignes & leurs vergers» ces Isles,aussi secondes qitebelles, sont presque toutes en friche. U n’y a que quelquesCaloyers, qui sont des Religieux de Saint Basile, qui culti-vent autour de leurs Convens quelques herbages, légumes »raisins & autres fruits pour Tusage de leurs maisons,& P 0 ^regaler les Francs»& autres personnes qui les visitent,avec kpoisson qu’ils pefchent fans s’éloigner de ces Isles. * Theve-not )Vo]agedu Levant } íbap. 1 6, 17* iI. & z u Coppinj