Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
732
JPEG-Download
 

/

73i COR COR

Pola, Venaco & Rogne, bourg de huit cens cinquante feux,divise en deux par le Tavignan. On trouve ensuiteles cinqParoisses qu'on appelle Cinque Tien- Ce font Vallirustie,Orezze qui a mille feux & cinquante-huit villages peuplezd’hábitans qui vendent des toiles & des draps de laine, A m-pugnani avec vingt villages, Rostin & Casacconi avec dix-neuf villages.

II y a cinq Evêchez dans l’ifle de Corse. Le premier endignité est celuy de Sagone, qui n’a toutefois que fìx millelivres de rente. Les autres font Aleria qui en a vingt-huitmille ; Mariana qui en a quatorze mille auíîî-bien qu Adjaz-Lo, &Nebio qui n’en a que quatre. Toutes ces villes ont étéruinées, à fexception d’Adjazzo. L’Evêché d’Accia a étéuni à celuy de Mariana qui est suffragant de l’ArchcvêquedeGenes de même que Nebio. Les trois autres le font del’Archevêque de Pise. L’air de rifle n’est pas bon par tout.Elle est pleine de forêts, & a un terroir pierreux qui ne pro-duit rien qu’avec de grands foins. Les arbres y font tres-hauts, & donnent de tres bons fruits. Les vins y font déli-cats, & fort estimez à Rome. II y a abondance de châtaignesen plusieurs endroits, & les figues, les amandes, les cerises &l’huile y viennent fort bien dans les bons quartiers, fur toutà Balagne. II croît du froment & quelques legumes dans leslieux qui font découverts & arrosez des rivières. Les bonspâturages ne manquent point dans la Vallée de Nolo & ail-leurs , avec la chasse des cerfs, des sangliers & des chèvres,même des faisans au Pays de Nebio, où l’on trouve des mi-nes de fer , ainsi qu’à Nonza & par de là Saint Florent. LesAnciens témoignent que la résiné & la cire font de cette Ifle.Le miel en est amer à cause de la fleur du buis ;/mais la cireen est tres-bonne. II y a du corail en quantité entre la Corse& la Sardaine. On voit dans celle de Corse des chevauxforts & fougueux , de bons chiens, & de toute forte de bé-tail. Ses anciens habitans ont été de grands Corsaires fortbarbares en leurs mœurs. Ils avoient les femmes communesaussi-bien que les enfans. Lorfqu’ils étoient parvenus à uncertain âge, ils croyoient pouvoir reconnoître à qui ils ap-partenoient. Us fe nourriffoient de petits chiens domesti-ques & sauvages, ce qui les rendoit cruels, colères, hardis& robustes. Les Esclaves Corses étoient autrefois reconnusparmi les autres, à cause de leur grande stupidité & de leurhumeur sauvage. Ceux qui habitent aujourd’huy cette Isleont retenu beaucoup de cette rudesse. Ils n’ont ni la polites-se ni la civilité des Italiens. Us font querelleurs, cruels &vindicatifs, & on ne peut prendre aucune asseurance en eux,même aprés une réconciliation faite. L’ifle est fort peuplée,& peut fournir jufqu’à cent mille hommes capables de por-ter les armes. Les Phocéens en ont été maîtres jufqu’à cequ’ils furent chassez par les Tyrrheniens qui rendirent lesCorses tributaires. Les Romains les subjuguèrent ensuite,& les Saralins y étant venus, l’Empereur Charlemagne quiavoit chassé les Lombards, laissa l’Italie au pouvoir de lèsSuccesseurs. Pépin en ayant été établi Roy, mit Genes fousle Gouvernement des Comtes, dont l’un nommé Ademaralla au secours des Corses avec les forces de Genes. 11 vain-quit les Sarasins , & mit llfle fous la domination des Gé-nois , ce qui leur causa une longue guerre contre les Pilàns.Le Roy Henri II. y porta fesarmes, & l’auroit entierernentsubjuguée ; mais tout fut rendu par la Paix de l an 1559.CetteIfle est gouvernée parles ordres de fOflìce de SaintGeorge de Genes, & de deux ans en deux ans on y envoyeun Gouverneur qui a son Lieutenant , un Chancelier & unFiscal. L’ifle fait tous les ans élection de deux Députez pourdemeurer à Genes, l’un de la Bastie, & l’autre d’Adjazzo,avec six Syndics de là les Monts & douze deça les Monts,pour les affaires de toutes les Communautez de la Corse. On

eut dire en général que les Corses font courageux & tres-

ons soldats.

Alphonse d’Ornano, de l’une des meilleures Maisons del’ifle , a fait grand honneur à fa Nation. II étoit Coloneld’unRegiment de Corsesfòus Henri III. & en 1587. il fesignala contre les Suiííes, qui étoient déja entrez en Dauphi-ne. 11 leur prit douze drapeaux, & fut fait Maiëchai deFrance fous le Roy Henri IV. qu’il servit utilement. On le Ifit prisonnier de guerre en 1590. aprés qu’il eut conservé la jville de Vienne en Dauphine dans l’obéïssance du Roycontre le Parti de la Ligue , & il mourut en ióio.lailîànt de jMarguerite de Ponteves Hassan, fa femme, Jean-Baptiste jd’Ornano, qui fut aussi Maréchal de France. * Botero, Kelat.fart. 1 . Riflreto dette Hift.GeneV.

La férocité naturelle aux Corses ne peut être mieux prou-

vée què par Ce que fit Sampietro Bastelica qui fut ìèúr Co-lonel General. II étoit Corse luy même. Sa valeur & lesgrandes actions qu’il avoit faites luy firent obtenir pourfemme Vannina, Dame d’Ornano, fille unique & heritierede François d’Ornano, de l’une des plus illustres & des plusanciennes Maisons de l’ifle. L’amitié particulière que lesPeuples de Corse avoient pour' luy Payant rendu suspectaux Génois, Jean Marie Spinola leur Gouverneur dans cetteIfle le fit arrêter, & on l’auroit fait mourir si Henri II. pourle récompenser des services qu’il avoit rendus à la Francedu temps de François I. ne l’eût tiré de ce mauvais pas. Ledésir ardent qu’il eut de fe venger d’eux» luy fit conseiller àHenri II. d’entreprendre la conquête de l’ifle de Corse, LesGénois furent chassez des principaux lieux qu’ils occu-poient ; mais la Paix de Cateau Cambresis conclue' en 1559.l’ayant empêché de continuer la guerre, il passa à Constan-tinople , pour demander du secours contre ces mêmes Gé-nois qu’il vouloit pousser à bout, parce qu’ils retenoiènttous fes biens & qu’ils avoient mis fa tête à prix 11 fçut du-rant Ce voyage que fa femme Vannina , qu’il avoit laissée àMarseille, avoit dessein de passer à Genes, persuadée qu’el-le obtiendroit de la République la grâce de son mari, il luyenvoya aussi-fót un de fes domestiques pour l’en empêcher»regardant cette soumission comme une bassesse. Elle avoitfait le voyage dont il fut au désespoir. II revint en Fi ance»& l’ayant trouvée à Aix » il la mena à Marseille, où il luydit froidement qu’il falloit qu’elle se prépaidt à mourir»Vannina qui le connoissoit ferme dans fes résolutions fe dis-posa à la mort avec courage , & luy demanda pour grâceqUe puifqu’aucun autre homme que lui nel’avoit jamais tou-chée,ce fut par fa main qu’elle mourût.On dit que Sampietromit un genoiiil en terre , & qu’aprés l’avoir nommée fa Maî-tresse & luy avoir demandé pardon, il prit son mouchoir 8 èl’étrangla. Cet homme feroce fut assassiné le 6 . de janvier1565. par un des siens nommé Vitelli, que les Génois avoientsuborné. C’étoit le pere d’Alphonse d’Ornano Maréchal déFrance. * Paul Jove. Philipini. Monluc.

CORSEURE. Petit Port de mer en Danemarck, éloignéde deux lieues de Saint Slagel. II n’y entre que des vaisseauxde quarante tonneaux au plus, & ils y font à couvert de tousvents. On trouve dans ce petit Port des vaisseaux de passagépour traverser de Zeland en l lfle de Funen. * Voyages de M.des Htiyes en Danemank^lóó^..

CORSGNANO ou Corfinidno. Petite ville du Sien n oisdans la Toscane, en Latin c orfiniamm. C’est celle qu’on ap-pelle présentement Pienz,a. * Voyez, Pienza.

La petite ville de Corsignano a donné la naissance au PapéPie II. appelle auparavant, Enea Silvio Banhelemeo Píccolommu11 fut élevé avec de grands foins, &s’attacha fort à la con-noissançe des belles Lettres. Aprés avoir rempli avec gloirédifferens emplois que son mérité luy fit obtenir, il fut rete-nu à Rome par le Pape Calíxte III, qui le fit Cardinal en1456. Ce Pape étant mort, le Cardinal Enée Piccolominifut mis en fa place sous le nom de Pie II. en 1450. Il attaquaaVec vigueur les ennemis du Saint Siégé, unit diverses terresà l’Eglife, & n’eut aucune entreprise plus à cœur que d’en-gager les Princes Chrétiens à faire la guerre aux Turcs. IIleva des troupes qu’il vouloit conduire luy-même contreeux ; & étant venu à Ancône pour s’embarquer,ily mourutle 14. d’Août 1464 âgé de 58. ans.

CORSTOP1TUM ou Cuna.^ Ville ancienne des Otta-dins, que les Géographes disent être le bourg du Comté déNorthumberland en Angleterre que l’on appelle aujour-d’huy Corbridge.

CORTE. Ville de l’ifle de Corse, en Latin Cttrìa. Elleest située au milieu de l’ifle , vers les sources des rivières déGolo, de Limone & de Tavignana , fur un rocher escarpé »& défendue par une Citadelle. Cette ville est petite; maisassez bonne. Quelques Géographes la prennent pour 1 an-cienne C eneftum. * Maty, Oà de Holl. 1701.

CORTEGANA. Ancien bourg d’Efpagne dans l’Anda-louíìe, en Latin Corticata. Il est situé prés de la riviere d’O-dier , & de l’Estremadure, à cinq lieues de Xeres de Badâ-joX vers leMidy, Ce bourg est ornéd’un Château.* Maty }Diâ. de HolL 1701.

CORTELAZZI. Nom qu’on donne à deux petites Ifles,qui ne sont éloignées de la Sardaigne que d'un demi mille»Elles font situées vis-à-vis du Cap de Carbonera. * Davity,bar daigne.

CORTEMiGLIA. Bourg ou village du Piémont. 11 estsitué fur la riviere de Bormida dans le Territoire d’Alba ,