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Tome I. [A - D.]
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suc,aprés qu’on l'a fait tremper quelques jours dans seau. IIest fort sain,& d’une saveur agréable telle que celle du miel.Le caninga qui croît dans les montagnes de cette même Isle,est un grand arbre dont le tronc est gros & noirâtre auprèsdes racines. On en ôte f écorce comme à Ja canelle; mais elleest plus-épaisse, quoy qu’elle ait la même propriété. Elle estchaude & sèche presque au quatrième degré, d’un goûtacre, & semblable aux doux de girofle. II y a un nombreinfini d’oiscaux, perroquets, palombes, tourterelles & per-drix, qu’on ne trouve pas communément dans les autresIsles de l’Âmerique. On y est voit un particulier que lesEspagnols nomment Flamenco. II ressemble à une grue. Lesjeunes ont leurs plumes blanches; mais étant grands, ils fontpeints de différentes couleurs. Ils ne volent pas fort haut,St vont par bandes proche du rivage chercher dequoy vi-vre parmi les flots-de la mer. Ils s’apprivoifent, mais ilsfonttellement accoutumez à seau salée , que quand on les veutnourrir ,-on est obligé de mêler dulel dans seau qu’on leurdonne. Les Bambtayas font d’autres oiseaux que son peutdire effleurer la terre plutôt que voler, de sorte que les In-diens les chassent comme les bêtes sauvages. Le goût en estallez agréable , & approche de celuy des faisans. -L’Ifle deCuba est remplie de bœufs, vaches, pourceaux & autre bé-tail, pour la bonté & sabondance des pâturages. La mer quil’enyironne est fort poissonneuse, & du côté du Sud où fontbeaucoup de petites Isles que les Espagnols appellent fardindela Reina , il sc trouve quantité de tortues de mer, si gran-des pour sordinaire , qu’elles se traînent en portant cinqhommes fur leurs écailles. On n’y voit pas moins d ’lguanas.C’est un animal amphibie de la forme d’un lézard, qui a lagueule assez grande, avec plusieurs dents en sune & en sau-tre mâchoire, petites & fort aiguës, les yeuxg-rands ,& àdemi clos, deux narines presque au haut de la mâchoirehaute, deux trous derrière la tête, semblables aux oreillesdes poissons,Tous la gorge une peau qui leur pend jusqu’à la ,poitrine , quatre jambes, les deux de devant plusmeniës&plus courtes que les autres, ayant chacune cinq doigts,quel-ques-uns desquels ont deux , & les autres trois ou quatre.jointures & qui font tous munis d’ongles noirs fort aigus.Cet animal supporte long temps la faim, & pond quaranteou cinquante œufs ronds, gros comme une noix, d’uneécaille fort déliée, & d auffi bon goût que fa chair , que lesEspagnols auffi bien que Jes Sauvages estiment beaucoup.Les Iguanas pondent leurs-œufs en terre, proche des riviè-res & des lacs.

L Isle de Cuba est renommée pour être riche en métaux.•Elle a des Fleuves quiportent de for. Les habitans font enpetit nombre par la cruauté des Espagnols, qui ont exterminé tous les Naturels. Ils ne diffcroientdes autres Insulaires,ni en habitude de corps, ni en mœurs, ni en coutumes. Oncroît qu’ils étoient venus du Continent de la Floride. lisn’avoient aucun Temple, &ne faífoient point de Sacrifice.Leurs Devins qu’ils nommoìent Reliques, leur servoient dePrêtres, & il leur étoit demeuré quelque idée confuse delaCréation dù monde & du Déluge. Ils asoient mids, tanthommes que femmes,& avoient cette coutume en leurs maxìages, que l’Epoux ne couchoit point la premiere fois aveccelle qu’il époufoit, mais le Seigneur du lieu ou le Prêtre.Xes hommes pouvoient quitter leurs femmes pour la moin-dre occasion ; mais les femmes ne pouvoient abandonnerleurs maris quelques raisons qu’elles pussent apporter. Lins-chot dit dans la description qu’il fait de cette Isle, qu’elleproduit de grands vers, & des ferpens que l’on mange fansdanger,parcequ’ils n’ontrien de venimeux. Ces ferpens,dit-il, se nourrissent de certaines petites bêtes , nommées■Guabiniquinaz.es , & quelquefois il s’en trouve sept ou huitdans leur estomac , quoy qu’elles íòient auffi grandes quedes lièvres. Elles ont la tête comme une belette, la queuesemblable à celle des renards,le poil auffi long que les daims,de couleur un peu rousse , & la chair d’une fort bonne sa-veur. Saint Jacques est la plus considérable des villes deslsle, les autres font Havana , Baracoa, Bajamo , Porto del Prin-cipe , S. Spwtus & la Trinidad.

Cette Isle étoit divisée en plusieurs Provinces qui obcïf-soient chacune à un Cacique particulier, quand les Espa-gnols y arrivèrent. Celle qui étoir la plus proche d’Flitpa-niola, & qui occupoit le bout de I Est, s'appelloit Maizy LeCap a gardé ce nom. La région est montagneuse & touteremplie d’épaisses forê:s. Celle qui en est la plus prochevers l’Oûest étoit Bajamo , Province plate & fort agréable,d’une terre tres-serule & d’un air fort saiu, Du côté du

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Sud de slsle, la-Province de c uejba étoit située à trente HeueSde Bayamò. Prés de celle-cy à vingt lieues au plus, étoitC amagueya, tres ample Province , & extrêmement peupléeavant la venue des Espagnols. On dit qu’on y trouve quan-tité de meules de moulin. Macucam est située vis-à-vis de laJamaïque. Xava, Port renommé , dont la Baye a pris lenom, se trouve du même côté. Enfin vers le bout del’Qiiest, appellé Haniguanica par les Espagnols, est Vhima ,Province rude,&q>leine de grandes montagnes. Cette Isleest arrosée de plusieurs rivières,dont ^principale est le fleu-ve Gante. 11 vient des montagnes qui la divisent, & courantpar la plaine & par un terroir fertile, bordé de chaque côtéd’un agréablerivagestl se rend dans la mer par un large canalducôté du Sud. Ce fleuve produit quantité de crocodiles,fort dangereux pour ceux qui ne font pas fur leurs gardes.Les autres rivières son t Tanne,Arimao, Riode Portos, MarienScRio efcondTdo.

Au côté du Sud depuis le Port de S. Jacques vers le côtéque la côte maritime de fille de Cuba court à fOiiest jus-qu’au Cap Santa c rue ., il y a plusieurs havres, dont le prin-cipal est Guama Sevilla , au pied des montagnes, appeiléesSierras de Cobre. C’est une Place tres-própre aux Pyratés. En-suite est Porto Portillo , petite Biye de trois brasses ou environde profondeur, tant en son embouchure qu’au dedans. Onvoit fort proche de là unè haute montagne, appellée vulgai-rement El granTorquino. De cette montagne jusqu’au Capde Sainte Croix,on compte trente lieues. Après ce Cap, iacôte sc courbant vers le Nord, fait une Baye fort commodepour plusieurs .porcs & ancrages. Elle court ensuite droitvers l’Oùest, & tout du long font quantité d’Ifles, entrecou-pées de plusieurs canaux. Elles s’étehdent jusqu’au Port dela Trinité, & on les appeile fardin de ia Reyna. Dixlieuësplus avant à l’Oiiest, on rencontre Xava qui est un Portadmirable. II reçoit la mer par une étroite embouchure, &il fe fait au dedans une spacieuse Baye, qui s’étend presquedix lieues en longueur, & qùi étant couverte tout autour dehautes montagnes, n’a rien à craindre des vents. Les naviresn’ont aucun besoin d’y mouiller l’ancre, tant la Place cil as-feurée. Quand on a passé ce Port, qui n’auroit point sonpareil, si pour y aller on n’avoit point de grands dangers àcourir, on trouve deux petites Ifles nommées las dos Germá-nos, jusqu’au Cap Gamano. Le détroit est dangereux à cause' des basses Ifles, & d’un fort grand nombre de rochers. Iïfinit dés fille de Pìnos vers le Sud , & le Cap de I’Oiiest decette Iíle, ouvre une autre Baye, la côte fe courbant douce-ment , & remontant de nouveau au droit du Cap de Corrien-tes, qui est moyennement élevé, & remarquable par un fa-ble blanc & par un bocage vert, fur la hauteur de vingt de-grez & de quarante s crupules. On va de là au Cip renom-mé de Saint Antoine, le dernier de slsle de Cuba versl’Oiiest. C est un Cap fort bas & presque égal à la mer,quetous ceux qui vont en la Nouvelle Espagne ou qui en re-viennent ont accoutumé de reconnoître. Au derrière il ya un assez bon anchrage, & au deflus un étang d’eau douce*dont on fe fournit dans le besoin. De ce Cap la côte sc cour-be lentement vers le Nord fans aucun havre. Apres cettecôte, le rivage s’étend vers l’Est par une allez longue fuite»11 est entrecoupé de plusieurs Caps, Havres & Bayes, &dans quelques-unes il y a des havres ou anchrages asseurez Tcomme ceux de Cabanas &de Marien, le premier à neuflieues, & l’autre à six de Havana vers l’Oiiest. A trentelíei ës,ou comme ont remarqué les Hollandois,à vingt toutau plus de Havana vers l’Est, sc présenté un autre Port spa-cieux qu’on nomme de Matanz.as. On compte dix ou douzelieuësdu Port de L^r<rco«r jusqu’au Cap Maizy, qui est le der-nier de cette Isle vers l’Est. Apres que l’on a passé ce Cap, lacôte retourne vers sOiiest,y fait quelques Bayes, & revientau Port S. Jacques. En faisant voile du Cap de Santa cru \ 9on rencontre les Isles Caymanes au nombre ds trois. * Laët,Defcript. des Indes Occid. liv. l. chap. 9.10.11.13. & 14.

CUBAGUA. Isle située entre celle de la Marguerife &la terre ferme de fAmerique Méridionale. Son circuit n’estque de trois lieues. La terre y est fort stérile, & presque partout nitreufe ou salée. On n’y trouve ni fontaines ni aucu-ne eau douce, & elle est couverte de peu d’arbres,si ce n’estde guayaç. II y a pourtant force buissons épineux , qui larendent presque impénétrable. Les Sauvages qui habitoientCubagua quand les Espagnols y abo derent, yivoient le plussouvent d’huîtres perle-meres, & alloient 'quérir leur eau aCumana , qui n’en est éloignée que de sept lieues. Le côtédu Sud de cette Isle, est, lelon Oviedo, à quatre ou cinq

lieues