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Comte de Cumberland sous le régné d’Henry VIII. Il n’yen a plus présentement.* Audiffret, Géographie anc. & moi.Tome i.
CUMBRE. Isle de la mer d’Ecosse située dans le Dum-briton Fryth, assez prés de celle de Buthe. II y a la grande& la petite Cumbre, qui font peu éloignées sune de l’autre.Ê’une abonde en grains, & il y a dans l’autre quantité debêtes à cornes larges, faites en forme de main. On trouveensuite les Isles Heâanlencow , c'est-à-dire, Isles des Saints, &celle à’Rellantinow ou Isle des Ports. * Lesbeus , Description.Buchanan , liv. r.
CUMES. Ville ruinée d'Italie prés de Naples. Cette villeappellée Cumœ en Latin, fut bâtie fur un coteau proche de lamer par lesCumains de l'Ifle Eubée, qui étoient passez enItalie dans quelques vaisseaux avec les Chalcidiens, pour ychercher de nouvelles habitations.Aprés s'être arrêtez quel-que temps en l’Ifle Enarie, appellée présentement l’Ifle d’If-chia, ils passerent dans la Terre-ferme , où ils Rétablirent,selon Strabon > liv. 5 . Cumes étoit une ville bâtie par lesChalcidiens & par les Cumains, & qui furpassoit en antiqui-té toutes les autres de l'Italie & de la Sicile. On voit encoreun arc appellé Arco Feflce, qu’on croit qui fervoit de Porteà feutrée du Territoire de Cumes. Cet ouvrage est si bienfait, qu’il peut être comparé avec les plus beaux édifices deRome. II est au milieu d une colline partagée en deux par lanature & bâti de briques. Il y a des carreaux d’une gran-deur extraordinaire. Le mur a cinquante-cinq pieds d’épaif-seur. L’espace ou passage du milieu est de vingt, & fa hau-teur de soixante & dix. Le dessus de l’arc va de plein piedavec la colline. Aprés qu’on a passé cette Porte , on monte àmain gauche, & l’on trouve une grotte assez bien faite,quia une pente facile. On descend par là dans une Métairie , &plus on approche du lieu où la ville de Cumes étoit autre-fois , plus les restes de fes anciens édifices en font regreter laperte. Agathias dit qu’elle étoit si forte, qu’il étoit mal-aiféde la surprendre, à cause de fa situation fur une roche,d ntles chemins étoient fort escarpez, fur tout du côté de lamer Thyrrenne, qui par fes flots battoir les murailles de labasse ville. La haute étoit entourée de fortes murailles& de tours qui la rendoient imprenable. A deux cens pas ducoteau, il y a un ancien Temple appellé le Temple da Géantpar ceux du Pays. II est long de trente-lix pieds, & large detrente & demi. Au fond de ce Temple, en un endroit éle-vé, on voit comme les restes d’un Autel avec une niche audessus,&aux deux cotez deux autres semblables. Ces nichesfont presque quarrées. La voûte est partagée par des quar-tez , & on remarque qu’il y avoir des roses de bronze atta-chées.
A quarante pas de là à main gauche est un ancien bâti-ment fait à voûte, qui a cinquante pas de long & vingt-six &demi de large, avec une ouverture quarrée au dessus, paroù entroit la lumière. On croit que c’étoit un ancien Sépul-cre , puisque l’on y voit des niches 1 mettre des urnes. On yvoit auflì encore à présent de beaux ouvrages de stuc. Ausommet de la colline où Cumes étoit bâtie, font les ruinesdu Temple d’Apollon bâti par Dédale,du temps qu’il fuyoitla colere deMinos. Les Chrétiens bâtirent depuis une Cha-pelle fur les ruines de ce Temple. Elle est aussi ruinée, &l’on n’y voit plus que quelques mafures.Les Fastes Ecclésia-stiques font mention de Saint Abundìus Evêque de Cumes,qui fut martirifé durant la persécution de i’Empereur Va-lerien. Cette ville étoit encore si forte l an ;;o. que Totila& Teïas, Rois des Goths, y firent conduire leurs trésorspour les mettre en scureté. Quoy qu’on ne voye plus rienaujourd’huy de la magnificence de cette ancienne ville, il ya grande apparence que si l’on creufoit fous terre, on dé-couvrirait divers vestiges de son opulence, comme on fit en1606. lorsque Dom Alfonfe Pimentel, Viceroy de Naples,fit creuser aux environs. A peine eut-on foui de la profon-deur de huit pieds, que l’on trouva des statues entieres, &quelques-unes rompues. On vit des pavez & des muraillesde marbre blanc, des colomnes cannelées,avec des cornichesd’ordre Corinthien , & des frises fort délicatement travail-lées. Quelques-unes de ces statues étoient de maniéré Grec-que , & apparemment elles avoient été apportées par les an-ciens Cumains. Les autres étoient d’ouvriers Latins dutemps que les beaux Arts fleurissoíent le plus. On y trouvaaussi un Neptune qui avoit la barbe teinte de couleur d’azur;un Saturne qui tenoit un manche comme celuy d’une faulx;un Castor nud ,1e chapeau en tête, avec un peu de barbe aumenton ; la Déesse Vesta,tenant une lance ; un Apollon avec
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une belle chevelure, ayant à fes pieds un cigne ; un Escula-pe ; un Hercule avec fa massue, & couronné de peuplier ;un Colosse d’Auguste, d’une bonne main ; une tres-belleVenus nuë,& d’autres Statues avec leurs Inscriptions.Cette ville, fi ancienne & si noble, fut détruite par la peste& par d’autresaccidcns qui obligèrent ceux qui l’habitoientà chercher d’autres demeures. Du côté qui regarde la mer,on voit un grand nombre de cellules enterrées, bâties depierres quarrées , & des Aqueducs considérables. En des-cendant de Cumes du côté d’Orient,on trouve le commen-cement d’une Grotte, que plusieurs croyent être celle de laSybille Cumée. Agathias dit que cette Grotte étoit couver-te tout à l’entour & fort longue ; qu’elle avoit beaucoup defoûpiraux faits par la nature , & que f espace qu’elle occu-poit paroissoit un gouffre. Saint Justin Martyr écrit qu’étantvenu à Cumes, il y vit cette Grotte qui paroissoit commeune grande Basilique creusée dans une roche vive, & que lesgens du Pays luy dirent qu’ils fçavoient par tradition, quec’étoit là que la Sybille Italienne rendoit fes réponses. IIajoûte qu’au milieu de la Grotte on luy fit voir trois Bainsou Lavoirs taillez dans la pierre , où fe lavoir la Sybille,aprés quoy elle fe mettoit une tunique de lin,Le entroit dansle lieu le plus secret de la Grotte,où il y avoit un petit Tem-ple ; que là elle s’asséioit fur un fiege élevé, d’où elle annon-çoit les choses futures. Le même Saint Justin afsûre qu’il yavoit vû un petit Tombeau de bronze mis dans un lieu éle-vé, où l’on confervoit les cendres de cette Sybille. En re-tournant vers Y Arco T elice,on trouve une grande Grotte,queceux du Pays appellent di Pietro di pace. On la fit pour allerde Cumes au Lac d’Averne fans monter ni descendre lamontagne. Aujourd’huy, comme elle est toute ruinée, &qu’on n’y peut pénétrer que trente pas, elle sert d’écurie &décavé au Fermier de la Métairie dans laquelle elle est située.Dans le même Territoire de Cumes il y avoit un village oùSylla fe retira aprés s’étre démis de fa Dictature. II y paíïàtranquillement le reste de fes jours, qu’il ne termina qu’àl’âge de soixante ans. II est surprenant que la ville de Cumesayant été autrefois si considérable, que si on vouloit ramas-ser ce que les plus fameux Auteurs en ont dit, on en pour-roit former une longue Histoire,on en voye à peine aujour-d’huy quelque masure , qui puisse servir à dire ; icjfut Ca-me:. Cette ville étoit située entre deux Lacs, qu’on appellede Licola & de Coluccio. On y va l’Hiver à la chasse,qui esttres-délicieusc. * Pompeo Sarnelli, Guida de Forestien per Poz-zoli.
Voicy ce qui est rapporté de la Grotte de la Sybille,dansun Journal d’un Voyage d’Italie & de Malthe. CetteGrotte est à quarante ou cinquante pas du Lac d’Averne, &l’on n’y peut rien voir qu’avec un flambeau. On entre d’a-bord fous terre dans une belle allée tirée à droite ligne,taillée & voûtée dans le roc, longue de plus dc cent pas, &large de douze pieds, mais un peu plus haute. En y avan-çant on trouve a main droite une porte qui étoit autrefoisfort haute, & qui est présentement si basse, qu’on estcontraint de ramper pour entrer dans une petite allée étroi-te & fort incommode, où aprés avoir marché trente pas ouenviron, on fe trouve dans une chambre voûtée dans le roc,qu’on dit être celle de la Sybille. Sa longueur est de qua-torze ou quinze pieds ; fa largeur & fa hauteur font de huit ;son plat-fond étoit peint de tìn azur avec de l’or, & fes pa-rois étoient enrichies de corail, de nacres de perles, & à laMosaïque ; mais toutes ces raretez ayant été corrompues parl’humidité du lieu, on n’y voit plus pour tous restes qu’unpeu d’azur & de Mosaïque fur la muraille. II y a là un lieucreusé dans le roc & rempli d’eau, que l’on dit être lesBains de cette même Sybille. On y remarque aussi une portemurée ; c’est par-là qu’elle sortoit pour aller à Cumes. Enpassant par une porte qui est à gauche, on arrive à une alléeétroite, qui conduit dans une chambre large de six pieds,& longue de vingt-cinq. On passe de là dans un chemin fortpressé qui mene à une autre allée par où l’on va dans uneautre chambre haute de vingt pieds, longue de quarante,&large de six. Tournant encore de-là à main droite,on entredans une troisième chambre longue de neuf pieds, & haute& large de six. Plusieurs prennent cette Grotte pour celleque Cocceius fit faire depuis le Lac d’Averne jufqu’à Cu-mes ; & d’autres disent que c’étoit un chemin pour aller duLac d’Averne au Lac de Lucrin & à la ville de Baies. Quel-ques-uns veulent encore que la Grotte qui donnoit le passa-ge de Cumes au Lac Lucrin , appellée Grotta di Pietro di pace ,étoit celle où la Sybille Çumane fe retiroit pour méditer fe;