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& trois nuits,& tomber ensuite dans une langueur qui l’obligeade s’en retourner en Alemagne. Cette langueur fut suivie danstout son corps d’une pourriture qui produisit une quantité in-croyable de vermine, dont il fut mangé. Il en mourut l’an 901.
Cette mort causa de grands déformes en Italie & en Ale-magne. Les Alemans vouloient un Empereur de leur Nation,& Berenger Duc de Frioul qui prit ce titre après avoir sou-nus toute l'italie, allégua pour le soutenir , qu’elle devoit"'etre le vray & légitimé Siégé de l’Empire Romain,& quel’A-somagne ne pouvoit être appellée que le patrimoine des soc-ceffeurs de Charlemágne ; mais ceux qui sovorisoient les pré-tentions de Louis,ms d’ArnouI, ayant remontré qu’il ctoitfils d’Empereur & du Sang de Charlemagne , par qui l’Em-pirc d Occident avoit commencé, la plupart des Princes Ale-ïiians le reconnurent pour leur Souverain, & pour Empereurde Rome. Ce Prince épousa Leutgarde , fille d’Othon, Ducde Saxe, & mena une armée puislante en Italie pour empê-cher Berenger de continuer à prendre la qualité d’Empereur.E se battit en plusieurs rencontres ; mais etant venu fe rafraî-chir dans Verone, il donna le temps à son ennemi d’en prati-quer les habitans qui lui ouvrirent une porte de leur ville. Be-renger qui avoit auífi trouvé moyen dc corrompre les princi-paux Capitaines de Louis , se saisit de sa personne, & lui fitcrever les yeux. Louis ne survécut que dix jours à cette perte,& mourut en 9x5. dans la douzième année de ion régné.
Louis étant mort fans enfans mâles -, les Princes Alemansjetterent les yeux fur Othon , Duc de Saxe j pour l’élever àl’Empire ; mais son grand âge ne lui permettant pas d'accepterune dignité qui l’eut chargé d’un poids excessif d’assaires, illeur conseilla de choisir Conrad, Duc de Franconie» IJs le re-connurent fans d’autres obstacles, que celui d’Arnoul Duc deBavière, qui prit les armes pour lui disputer la Couronneimpériale ; mais son entreprise n’eut point de succès. 11 perditla meilleure partie de ses troupes, & fut obligé de se retirersur ses terres. La mort d’Othon arrivée peu de temps aprés,ayant 1 aille Henri son fils successeur de fes Etats , ce Princeacquit tant de gloire , & fe fit tellement estimer de tous lesGrands de l’Empire par ses belles actions, que Conrad en con-çut une jalousie qui lui fit chercher à le détruire. Il envoyacontre lui des troupes nombreuses fous la conduite d’Eberardson frere,& comme il entreprenoit une guerre injuste,il ne la fitqu’à sa honte, Eberard qui fut défait, eut beaucoup de pei-ne à fe sauver, & Henri ayant résisté aux nouveaux efforts queConrad fit contre lui, l’obligea de fe repentir plus d’une foisd’avoir voulu l’attaquer. Conrad rentra en lui-méme , & con-sidérant qu’il avoit tort, il prit pour lui des sentimens toutcontraires, de forte que fe voyant attaqué d’une maladie qu’iljugea mortelle, il fit assembler les Grands de l’Etat, & leurrecommanda Henri,comme le plus digne de remplir fa place,de tous ceux qu’il connoisiòit. Ensuite il lui fit porter son épée,sa lance , & le Manteau Royal, par Eberard, à qui il com-manda , comme son Maître, de le reconnoître pour Souverain.Conrad mourut en 9^0. ayant régné à peu prés sept ans.
Henri fils d’Othon , Duc de Saxe, fut mis fur le TrôneImpérial aprés la mort de Conrad , & on le surnomma l’oi-seleur, parce qu’il ctoit à la chaste de l’oifeau qu’il ai moi t passionément, lorsqu’il reçut la nouvelle de son élévation à l’Em-pire. Aprés avoir remporté de grands avantages fur les Hon-grois > il tourna ses armes contre les Dalmates & les Esdavons,qui s’étoient jettez inconsidérément dans quelques terres deíon obéissance. II les défit, ravagea leurs frontières & en prit Je smeilleures places,ensuite il attaquaVencestas,Duc de Bohême,qui refufoit de le reconnoître pour Empereur,& tailla en pie-ces les troupes que ce Duc lui mit entête. II soumit la villede Prague avec fout le reste de la Bohême. Les Danois quiavoient pris le temps de ces guerres pour ravager la Frise &la Saxe où ils s’étoient emparez de quelques places, en furentpunis sitôt qu’il eut mis fin à la guerre de Bohême. II recou-vra tout ce qu’ils avoient usurpé sur ses Etats, & les repous-sa si rudement qu’ils n’oserent plus en venir troubler la tran-quillité. Son dessein étoit de remettre le Royaume d’Italiefous l’ancìenne domination des Empereurs d’Occidcnt ; maisune fâcheuse maladie qui lui survint ne lui permit pas de l’exe-cuter. U proposa aux Grands de 1 Empire son fils Othon, pourêtre son successeur, & mourut l’an 937. âgé de 60. ans, dontil en avoit passé 17. fur le trône.
Othon qui s’étoit acquis beaucoup d’estitfie parce qu’il avoittoutes les vertus de son pere, fut jugé digne de lui succéder.Halderic Archevêque de Mayence le couronna dans la villed’Aix en presence des Princes de l’Empire, & de quantitéd’Ambassadeurs. De fâcheuses brouilleries,quis’éleverent peU
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d’années aprés que íon régné eut commencé, lui suscitèrentbeaucoup d’ennemis dans le même temps. Eberard, frere del’Empereur Conrad qu’il avoit condamné à réparer une vio-lence injuste où il s’étoit emporté,forma un projet de vengeancedans lequel il fit entrer un frere bâtard de l’Empereur,nomméDauzmarus, qui prétendoit avoir sujet de s’en plaindre. Lesfils d’Arnoul Duc de Bavière fe liguèrent avec eux, & entraî-nèrent dans leur party Sigebert,Duc de Lorraine. Leurs me-sures ayant été prises, pour agir chacun de son côté, & fe sou-tenir les uns les autres, Eberard assiégea le jeune Henri,frered’Othon -, & so rendit maître de fa personne ; Dauzmarus allasaccager une ville de Saxe dont il s’empara ; & le Duc de Lor-raine fe mit en état d’entrer en Alemagne avec Une armée pourappuyer cette révolté. Othon voulant en rompre le cours, mar-cha contre ceux qui la causoient, & lorsqu’il eut emporté laplace que Dauzmarus avoit prise, & dans laquelle il sot tuéen la défendant, la crainte d’une même destinée porta Eberardà mettre Henri en liberté, afin de sel acquérir pour protecteur.II alla plus loin , & persuada si bien à Henri que la Couronnelui étoit duë parce qu’Othon étoit né avant que son pere eûÈété fait Empereur, qu’il lui fit prendre la résolution d’cm-ployer toutes sortes de moyens pour la mettre fur fa tête.Henrisuivit son conseil, & Sigebert lui prêta des forces pour faireréussir ses prétentions. Quoyque son armée fut redoutable 3Othon la défit fur les bords du Rhin, en sorte qu’il ne garen-tit fa vie qu’en fuyant. Tout couvert de blessures qu’il étoit,il fe sauva en hâte à Meríbourg, ville de Saxe, ou ayant étéassiégé par son frere qui le réduisit à capituler, il obtint la'liberté de fe retirer en Erance. Aprés cela il résolut d’aller enLorraine pour faire rentrer Sigebert dans le devoir, & pourpunir Eberard, Auteur de tous ces désordres, ce.qui l’obli-geoit de pastèr le Rhin. Brisac en étoit le plus commode pas-sage. II assiégea cette ville qui appartenoit à Eberard, Lcpen-dant ce temps Eberard & Sigebert passèrent ailleurs ce fleuvepour fe jetter fur les terres de l’Empire. Les ravages qu’ils yfirent obligèrent Othon à y donner ordre, il-envoya quelques-uns de fes Généraux contre eux avec une partie de fes troupes-.On trouva ces révoltez que l’on combattit. Eberard fut tué -,& Sigebert ayant pris la fuite, voulut repasser le Rhin, &s’y noya, Henry son frere lui ayant soit témoigner le regretsensible qu’il avoit d'avoir manqué contre lui, non feulementil lui pardonna fa faute, mais il lui rendit son amitié, en lefaisant Duc de Bavière. Ce ne fut pas le seul orage qui s’é-leva contre Othon. Aprés qu’il eut secouru le Pape Agapetcontre les violences de Berenger, Roy d’Italie,qui retenoisAdelayde, veuve de Lothaire , captive, parce qu’elle n’avoitpas voulu l’époufer, il alla attaquer Pavie où cette Princesseétoit prisonnière, s’en rendit le maître , & fe sentit si touchéde sa grande beauté, qu’il la fit Impératrice. Ce second ma-riage déplut à son fils Ludolphe , qui s’étant joint à son beau-frere Conrad, à qui son pere avoit ôté le Gouvernement déLombardie, pour le donner à Berenger fur rostre qu’il lui fitde dépendre de fa Couronne & de le servir, ofà prendre lezarmes contre son pere. Othon ne put négliger une révolté'sicriminelle, il leva dc fortes troupes, & sçachant que Ludol-phe étoit dans Mayence, il y alla l’aífieger , & ensuite dansRatiíbonne, où il fe sauva lorfqu’il vit Mayence, forcée de ferendre. II n’auroit pû éviter la punition qu’il méritait s’il n’eûteu enfin recours à la clemence d’Othon,qui lui pardonna ainsiqu’à Conrad, L’Alemagne cohimençoit^à jouir d’un aílèzgrand calme lorsque les Hongrois y firent des irruptions quiporterent Othon à leur opposer de puissantes forces. Ils furentdéfaits en deux batailles dans lesquelles ils perdirent plus dequarante mille hommes, ensorte que la campagne fe trouvatoute couverte de Morts. Les Ambastàdeurs de plusieurs villesd’Italie, qui vinrent le supplier de les affranchir de la tyranniede Berenger, l’engagerent à leur accorder so protection con-tré un Prince qui les opprimoit injustement. Ses propres af-faires l’oblígeant à ne pas sortir de l’Alemagne, il mit denombreuses troupes sous la conduite de son fils Ludolphe, quimourut de maìadip aprés avoir gagné deux batailles contreBerenger. Sa mort fut cause qu’Othon passa lui-méme en Ita-lie pour ne pas laiflèr imparfait ce que Ludolphe aVoit com-mencé. Mais avant que de partir il fit élire pour son,succes-seur à l’Empire un fils de son nom âgé de sept ans qu’il avoiteu d’Adelayde. Ses armes étoient trop à craindre pour ne passoire peur à Berenger. 11 prit la fuite, & s’enferma dans uneForteresse située fur le mont Léon, où Othon l’ayant. assiégé,il sot pris avec fa femme, &mené à Bamberg ville d’Alema-gne. Us y moururent tous deux quelque temps aprés. Othonétant dc retour s’appliquoit à donner de nouveaux foins à bien
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