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Tome II. [E - O.]
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rembarquement, & pour Je débarquement de leurs marchan-dises. Le bas du logis leur sert de cuiíine ainsi cjue de maga-sin, & ils ne font leur demeure qu’au premier etage, & dansdes lieux aller élevez pour' recevoir le vent de toutes partscontre la trop grande ardeur du Soleil. Les gens de basse con-dition n’ont pour tout couvert que celui qu’ils se font dequelques branches de dattiers. Ce font les seuls arbres quileur fournissent du fruit & du bois à bâtir. Les rues font étroi-tes > irreguíieres & salles. Les chaleurs excessives & le chan-gement continuel des vents qui règnent à Gamron, & quiont accoutumé de faire chsque jour tout le tour de la bouslo-íe, y rendent l’air fort mal-fiin. Le matin on y a le vent d’Estqui est fort froid ; fur le Midi, le vend du Sud qui amenedes chaleurs insupportables; fur le Soir,le vent d'Oiiest qu’en-voye l’Arabie avec de grandes chaleurs, & à Minuit, lèventdu Nord qui est allez froid, & qui fort des montagnes dupays. II y pleut tres-rarement. Ainsi son a remarqué*que levent s’étant levé en Decembre i6;z. avec une groílèpiuye,après une sécheresse continuelle de trois ans, les habitans enfirent des réjouissances publiques. Cette sécheresse est causeque dans tout le voisinage on ne voit pas un brin d’herbe,h ce n'est dans quelques jardins, où l’on a soin tous les joursd’arroser deux ou trois fois les herbes potagères & les légu-mes qu’on y fait venir. »

L’Isse de Kismich qui n’est éloignée de Gamron que detrois lieues, & qui cn a quinze de long fur trois de large,fournit la ville de toutes fortes de fruits. Les habitans ne vi-vent presque d’autre chose, ou du poiíîon qu’ils prennent dansla mer voisine , & qu’ils trouvent plus sain que la viande, quin’étant pas bien nourrie dans les grandes chaleurs, y est mau-vaise , & presque insipide, 11 s’y trouve des chevres en si gran-de quantité, qu’on ne les vend que huit sols. II y a aussi desbéliers à quatre cornes, mais il n’ya point du tout dc gibier.L’on n’y boit que de l’eau, & d’une certaine eau de vie quel’on fait de dattes ou de ris. Ceux qui habitent Gamron sontla plupart Perses , Arabes ou Indiens ; mais il n’y en a pointqui ne parle Portugais, à cause du commerce qu’ils ont euavec cette nation , qui a long temps possédé la ville d’Ormus.Les Chrétiens & les luiss sont tres-bien reçus à Gamron ,aussi-bien que les Mahométans & les Païens, mais on en adéfendu l’accés aux Portugais & aux Sujets du Roy d’Espa-gne depuis la réduction aOrmus. Les personnes de condi-tion & les Marchands s’habillent à la Persane, mais les autresvont nuds, & ne couvrent que ce que la pudeur ne permetpas que l’on montre. Les femmes sc chargent les bras & lesjambes d'anneaux, de bandes d’argent, de cuivre ou dc ferselon leur condition, & elles attachent à leurs cheveux uneaiguille ou plaque d’argent doré ou de cuivre , qui leur des-cend par le milieu du front jusqu’au bout du nez. Elles pas-sent par la narine droite une bague d’or, qui a au milieu uneturquoise, un grenat ou un bouton d’or,. & se fervent auxoreilles de pendans si lourds, qu’elles en scroient arrachées,s ils n’étoient attachez à leur tête. Comme les chaleurs dimi-nuent en ce pays-là au mois d’Octobre, c’est depuis ce temps-là juíqu’au commencement de May qu’on fait à Gamron leplus grand commerce. On y voît arriver alors de toutes sortesde Nations, des Perses, des Arabes, des Indiens, des Ban-jans, des Arméniens, des Turcs, des Tartares, des Hollan-dois & des Anglois. Ces derniers y arrivent par mer, & lesautres par terre, avec les Caravanes qui partent à certain jourd’Alep, de Bagdat, d’Ispahan, de Schiras, de Lahor, deHerat & de Bassara. Les Hollandois y apportent de l’argentcomptant & des marchandises qu’ils prennent en Europe ouqu’ils vont quérir aux Indes. Ils fournissent preíque toute laPerse de muscade, de doux de girofle & d’autres épiceries ,employant aussi de l’argent monnoyé en leur commerce , furtout des reaux d’Eípagne & des Richedales, que les Persespréfèrent a toute autre monnoye, parce qu’ils les convertissent«n leurs efpeces avec beaucoup de profit. Les Anglois y ven-dent ou troquent leurs draps, de l’etain , de l’acier, de l’indi-go, des étofes de soye, & des toiles de coton des Indes, qu’onestime plus que celles qui sc font en Perse, parce qu’elles sontplus fines & plus serrées. II s’en fait aussi beaucoup à Gam-ron. Les Tilserans ,au lieu de les faire-au métier chés eux,attachent la chaîne à quelque arbre hors de la ville, & ayantfait un creux dans la terre . ils y mettent les pieds, & y passentainsi la trame, de forte qu en se retirant le soir, ils empor-tent facilement leur metier qui ne consiste qu en quelques ca-nes attachées à la chaîne. On fait encore là un fort grand tra-fic de perles qu’on pêche auprès de Tisse dc Baharem , qui.n’en est éloignée que de six lieues» On enferme la tête du

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Peseheur dans une maniéré d’étuy de cuir boiiilly qui n 3d’ouverture que par un tuyau qui va jusques au dessusde l’eau. On le fait descendre jusqu’au fond en Cet état. Hamasse ce qu’il trouve d’écailles, & aprés en avoir rempli 1°sac qu’il a au cou , il se fait retirer de l’eau par ses camarades,qui ont une barque pour le recevoir. * Mandeflo , Voyage <U' 5Indes , li. i.

GAMUNDE, Ville Impériale d’AIemagne dans la S au-be. Elle est située dans la Vallée de Rem, appellée Renesthalh& n’a point dc riviere navigable. Les Alemans nomment cetteville Gmvnd ou Gmynd , & autrefois on Tappelloit Tincrgar-ten, c’est-à-dire , Parc de bêtes sauvages, ensorte que le ruis-seau qui passe par cette place, s’appelle encore Tberaicb. L eSCatholiques y sont en bien plus grand nombre, & plus puisfans que les Lurheriens qui ont demandé l’Eglisc de sain 1George pour l’exercice de leur Religion. Celle qui passepour la principale, est dédiée à Notre-Dame & à la sainte-Croix. Les autres sont TEglisc de saint Jean, celle de saintVie, de saint Michel, de saint Nicolas, & de saint Sebald*On y voit aussi les Con vents des Dominicains, des frétésMineurs & des Augustins, outre un autre de Religieusesqui prennent soin des Malades. 11 y en a encore un hors de seville où sont plus de cent Religieuses de l’Ordre de saintAugustin, mais conduites maintenant par des Dominicains.Cette ville íommença d’être connue vers Tan 10510. qu’on seceignit de murailles. Ce fut TEmpereur Frédéric Barberous-se , qui la mit au rang des Citez Impériales, avec les Privi-lèges des autres. Cette République est maîtresse de douzevillages, entre lesquels on compte celui de Bargen, avec unChâteau, Les habitans de ce lieu tirent un fort grand profit desPatenôtres de cristal, d’ambre jaune , & dos, qu’ils portenten France, en Italie, & ailleurs, & même en Turquie d’oùils rapportent en échange des épiceries, des perles, des vinsd’Italie, & des soyes que les femmes de ce lieu filent ensuite»*Crusius, Ami. Suevic. p. 7. f. 7.

GANA, Ville de T Arabie Heureuse, située au milieu dece pays, fur le haut d’une montagne. Elle est à soixante lieuesde Xaël, & à pareille distance de Mocha du côté du Nord.

GANACHE ou la Garnacbe. Petite ville de France dans sePoitou , en Latin Ganacbia & G an api a. Elle est située fur sesconfins de la Bretagne, à deux lieues de Machecou, &à troisde l.rmer de Gascogne. * Matv, Dict. d’Holl, 1701.

GAND. Ville clés Pays-Bas, Capitale du Comté de Flan-dre , en Latin Gandavum & Gandavium, Elle surpasse en cir-cuit les plus grosses villes de TEurope, & est dans une situa-tion tres-commode pour le commerce » par le moyen de plu-sieurs canaux qui s’y rendent de tous les côtez de la Flandre,,du Brabant, de la Zelande, & de la mer dont elle est éloi-gnée de quatre lieues. Cette ville compte dans son enceintevingt-íix petites Isles que font ces canaux, & les rivières csel’Eícaut, du Lis, de la Lieve & de la Moete, Elle a trois oUquatre cens ponts, fur l’un desquels est la figure de bronzed’un jeune Homme,qui étant forcé de couper la tête à son perc,vit la poignée de Tépée lui demeurer à la main, la lame ayantfauté en T air dans le temps qu’il alloit porter le coup. CetteHistoire est peinte dans la Maison de ville, grand bâtimentdont une des faces est d’une ancienne architecture, & Tautred’une nouvelle , composée de trois grandes files de colomne*les unes fur les autres des trois ordres d’architecture. II y en 3vingt qui forment dix-neuf fenêtres au second étage, autantau troisième, mais il y en a ving-deux au premier, à causeque quatre forment le portail. Le dedans n’a rien de considéra-ble que deux grandes salles, la basse & la haute, qui ont qua-rante-deux pas de long fur dix-huit de large. La Tour cseT Horloge, appellée Belfordnen est pas bien éloignée. On ymonte par plus de trois cens degrez. Cette Tour passe poufune des plus remarquables du pays, fur tout par Ja quantitéde cloches , qui avant que l’heure sonne, font une harmonietres-agréable. On a fondu celle que Ton appelloit Rolandpour en faire plusieurs de moyenne'groílèur. Elles sont dansle même clocher, au haut duquel est un grand dragon aisede cuivre doré, que le Comte Baudouin apporta de Constan-tinople, & qu’il fit placer en ce lieu-là pour marque de seconquête. L’Eglisc Abbatiale de íaint Bavon, dédiée aupara-vant à saint Jean-Baptiste , fut érigée en Episcopale, par sePapePaul IV. Tan 1559. à la priere de Philippe II.Roy d’Bsepagne. L’on y compte environ trente Chapelles ornées de Ta-res tableaux, & embellies de marbre de toutes façons. $0°Jubé est tout de jaspe. Tous les Apôtres sont representez enbosse d’une belle pierre aux piliers de cette Eglise. Le Cha-pitre est composé de vingt-huic Chanoines, & TEvêché est