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Tome II. [E - O.]
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Quoy que l'Evangile ait été prêché en Livonie dés le XII.Siecle, la plûpart des Livonois ne font Chrétiens que de nom,& ne peuvent fe défaire encore entierement de leurs supersti-tions Païennes. Ils font profession de la Religion de Luther,& il n’y a presque point de village qui n’ait son Temple & sonMinistre. Cependant on peut dire qu’à la reserve du Baptême,ils n’ont aucun caractère du Christianisme. Ils ne vont que fortrarement au Prêche & à la Communion, & ils s’excufent decette froideur pour les Sacremens fur la dureté de leur servitu-de. On les punit pour la moindre faute , & si on ne les trai-toit pas avec une grande rigueur, on nepourroit les assujétirà leur devoir. Ils ne peuvent faire aucune acquisition, & afinde leur en ôter tous les moyens, on né leur permet de labou-rer qu’autant de terre qu’il faut pour les nourir & les faire sub-sister; mais cela n’empêche pas qu’ils n’aillent couper le boisen quelques endroits écartez des forêts, & d’y faire du bledqu’ils mettent dans des puits en terre, & qu’ils vendent encachette. Quand ils sont surpris en cette faute ou en quelqueautre, on les oblige à se dépouiller jusqu’aux hanches, & à secoucher par terre, s’ils n’aiment mieux fe faire attacher à unpoteau , où l’un de leurs camarades les bat à coups de houssi-ne juíqu’à ce que le sang ruisselle de tous cotez. On ne leurlaisse point d argent, & dés qu’on fçait qu’ils en ont, les Gen-tilshommes & leurs Officiers qui fe font payer de leurs gagespar les paysans, sc le font donner par violence. Ils croyent uneautre vie aprés celle-cy, mais on a beau les vouloir instruire,ils ne sçauroient renoncer à leurs superstitions, & le plus sou-vent ils font leurs dévotions fur des collines, ou auprès d’unarbre qu’ils choisissent pour cela. Ils font plusieurs incisions àcet arbre, les bandent avec quelque étoffe rouge, & y font leursprières qui ne tendent qu’à attirer fur eux des bénédictionstemporelles. Olearius rapporte qu’à deux lieues de Kunda >entre Narva & llevel, il y a une vieille Chapelle ruinée, oùles paysans vont tous les ans en pèlerinage le jour de la Visita-tion de la Vierge. Quelques-uns fe deshabillent,& s’étant misà genoux en cet état auprès d’une grosse pierre, qui est au mi-lieu de la Chapelle, ils fautent tout à l'entour, lui offrant desfruits & de la viande, & lui recommandant la conservationde leur santé & celle de leur bétail, pour cette année-là. Ils ontun si grand penchant pour le sortilège > que les peres & les me-res l’enseignent à leurs enfans. Ils les rebaptisent quand dansles six premieres semaines aprés leur naissance, ils les voyentmalades ou travaillez d’inquiétude. Comme ils croyent quecela vient de ce qu’on leur a donné un nom qui ne leur est paspropre, ils leur en font donner un autre; mais ils s’en cachent,parce que cela passe pour un crime que le Magistrat punit fortfeverement. Les cérémonies de leurs mariages sont particuliè-res. Quand un paysan épouse une fille d’un autre village quele sien, il va la quérir à cheval, la met derriere lui en croupe ,&s’en fait embrasier du bras droit. II tient à la main un bâtonfendu par le bout, où il met une piece de monnoye de cuivre,qu’il donne à celuy qui lui ouvre le guichet par où il doit pas-ser. II a devant lui un homme à cheval qui joue de la musette,èc deux de fes amis, l’cpée nuë à la main , dont ils donnentdeux coups d’estramaçon en croix dans la porte du logis oùle mariage se doit consommer. Ensuite ils poussent l’épée parla pointe dans une poutre fur la tête du Marié, afin de rompreles charmes que l’on dit être ordinaires en ce pays-là.La Ma-riée , dans la même intention jette des morceaux de drap oude serge rouge par le chemin,mais particulièrement aux carre-fours auprès des croix&sur les sépulcres des enfans morts fansBaptême, qu’ils ont accoutumé d’enterrer auprès des grandschemins. Elle a un voile furie visage pendant qu’elle est à ta-ble où elle demeure peu de temps. On en fait lever les Mariezdés le commencement du repas, & aprés qu’ils ont couché en-semble deux heures, on les oblige à venir sc remettre à table,jusqu’à cequ’aprés avoir bien bu & bien dansé, la biere, l’eaude vie & la lassitude les fassent tomber par terre où ils demeu-rent endormis les uns parmis les autres. * Olearius, Vojage deMoscovie.

Entre plusieurs étymologies qu’on donne à la Livonie. il yen a qui tirent ce nom de ce que scs habitans furent premiere-ment appeliez Lives ou Livones , de leurs anciens Rois. LesMarchands de Bremen qui la découvrirent, trouvant que c’c-toit un pays sain & fécond, prirent delà occasion de l’appelleren bas Alemand Het-Lieve-Land , c’est-à-dire, Pays charmant &aimable. Le Roy de Suede en possede présentement une par-tie , & le Duc de Curlande l’autre sous la protection de laCouronne de Pologne, qui en a une troisième partie appelléela Livonie Polonaise. Celle-cy est partagée en diverses Starostiesou Principauté?, où l’on tient un Palatin, un Châtelain & un

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Evêque, qui ont séance dans le Sénat de Pologne, ? u f íC jqejsieurs Srarostes. Ce grand pays a été presque tout ruine?guerres entre les Suédois & lesPolonois. Les plus andHistoires de Suede & de Danemarck rapportent qu’il a ctrefois des habitans belliqueux comme ils le sont enco ^jourd’huy. Berico, Roy des Suédois & des Goths, n® ' e ,pas de les soumettre à fa domination 83 6 . ans aprés leCe Prince étant mort, auffi-bien que Captus son secçelorsque Augis n’etoit que Roy des Goths, les Livont®.^cherent de secouer leur joug, par une bataille qu'ib ^ nad eSrent, & qui fut sanglante. II y fut tué, ce qui n’einpêcha? ^Goths de remporter la victoire, & de tenir ce peupk e ^ en ;soûmis. Amalus fils d’Augis lui ayant succédé, les LlVst ^lui donnerenttant de peine, que ne pouvant les réduite ^devoir faus emprunter du secours, il fut contraint d ins ss{] a ríceluy de Gottila, Roy de Suede. Ces deux Princes uleurs forces, les remirent sous un joug plus pesant que *mier. .

L'an 3000. de la Création du Monde, Frotho , 1Danemarck conquit la Livonie, & l’annexa à sa C° u j £ je-Cet heureux succez lui enfla si bien le coeur , qu’avec nS re-cours de ce peuple nouvellement subjugué , il attaqua j 3son Régnier, Roy de Suede, dont il avoit épouse I 3 j eCette Princesse nommée Suanhuite , gouvernant 3 ^Royaume en l’abscnce de son mary, battit Frotho s°n n Jitdans un combat naval, & l’ayant fait prisonnier,fa liberté. Ce bienfait ne le toucha pas assez pour l’ en yde faire de nouveau la guerre à la Suede. II y perdit la ví ^une bataille. Aprés la mort de Régnier, son fils Halwat \ £[jSnommé Hotebrod , voulant venger les maux que les L 1V r t j*avoient faits à la Suede sous les ordres de Frotho, ^ eU jj e il 5guerre, & les remit à l’obéïllancede la Suede, à laq ue jlssedemeurèrent soumis jusques au Régné du Roy Hottes-^révoltèrent sous ce Prince, qui s’étant servi de la voy^mes pour les réduire, fut tué dans l’entreprise. Roderic ^ ^nommé Slmgabond, fils d’Hotter, continua la g uerr f. 0 bcifdompta ; mais ils ne demeurèrent pas long-temps dans J p a -sancc. Roderic s’étant engagé dans une guerre contre ] anemarck, les Livoniens prirent ce temps pour se rir f r j,jcn-servitude. Cependant Attile, fils de Roderic, les re®, 11 ^^tôt sous (à puissance des Suédois. Ensuite ce peuple pr 1 / ^ ,0bon gré le parti de raccompagner dans les guerres 9 . uí ^li-Danemarck. Aprés la mort cl'Attise, ils recouvrerez ^ e .berté, & sc délivrèrent pour un long-temps du joug “dois. Ils osèrent même faire la guerre à Grimmcr , , A

Roy de Suede, qu’ils firent prisonnier dans un co® ^qu’ils pendirent ensuite à un arbre. C’est ce queChristian Kelch dans son Histoire de la Livonie , dédieeles XI. Roy de Suede, l’an 1695. '

Quelques années aprés la naissance du Sauveur du JV .jj a ntavant laquelle tous ces évenemens éteient arrivez, *!- V 0 nie>Geterick, Roy des Goths, conquit la Prusse & la ^ ^feSqu’il donna à son fils Philimer. Cclui-cy avec le secours ^nouveaux Sujets, & de quelques troupes auxiliairespere lui envoya de Gothie, envahit la Russie, aujour j £l -íMoscovie; mais ce Prince ayant été rappelle pourjl uC pssut'Geterick son pere, Hcrnito, Prince de Rvffie chassa Jilpatents de son pays. Frotho III. ou scion d’autres i te r,nom, Roy de Danemarck, envoya dans la Livonie ^ tafameux Capitaine, qui avec Je secours des Vandales vles Livoniens, les soumit aux Danois, sous l’obéín 30 ^ e(i tquels ils passèrent quelques années, dans la fuite 1 >

remis sous la domination de la Suede. L’an 420. J aï .

Roy de Qanemarck , subjugua cette Nation par le S 3 tli eZ*bataille, dans laquelle le Roy de Livonie & ses fils fmf ç £ Jjf-Trente ans aprés ou environ , Inguard , Roy de Sue j laposoit à remettre les Livoniens sous son pouvoir, ss , [esréputation qu’il s’étoit acquise par ses grandes ss u , 3 * 0 r à eporta à se donner volontairement à lui. Cependant 1 3 ,^A>ardla liberté les engagea à se révolter ; & dans le temps q u F ul jtravailloit à les ramener à leur devoir, ils Je défssen .1 *

stratagème, &lctuerent dans une Isle de la merBaNouvelle Relation de la Livonie. rI , e ss si"

LIVORNO. Ville d’Italie dans le Montferrat. ^ u 0 O ndc>tuée au Nord du Pô dans une des meilleures plaines du ^, eprés de la source de la petite riviere de Gardina ’ £n t d 11lieues de Trindu côté de l'Occident, & à une seukbourg deBianzai. *Davity,EUf de Mantoue. Maty.b 'LIVOURNE. Ville du Pisan, dans les Etats duGJ» gr3 ndde Toscane, avec un bon Port de mer qui la renducommerce, f ’ojez Ligourne.