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Tome II. [E - O.]
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JjJîf' & Une récolte abondante. Ces Macanas qui ne cherchent^on ^ ro ^ ter l’ignorance de ces Peuples, ne rendent aucun<j e j neiJr aux têtes des Morts dont ils se servent, se contentantPar!^ en f ermer dans de petites corbeilles qu’ils laissent traînern y , a saison , fans songer qu’elles y font, à moins que quel-y)j U . n ?e vienne les consulter. Ces Insulaires n’adorent .aucunePerst' 0 - 1 ^ ’ ^ nc ' a ^ ent sas pourtant d’avoir beaucoup de su-4 e ^lons fur ce qui regarde les Morts. Quand quelqu’unfî^ X e st prêt à expirer, on met une petite corbeille auprès de' lep ete P° Ur recueillir son esprit, & on le conjure, puisqu il sebç-?. rc de son corps, de vouloir bien se placer dans cette cor-s < c > pour y faire fa demeure à l’avenir, ou du moins pourj}, re poser quand il se donnera la peine de les venir voir.

outrez frottent leurs Morts d’huiles odoriférantes, & les pro-lib er jtpar les maisons de leurs parens, pour leur donner lachoisir une demeure qui leur convienne, & un lieuVc .Puissent se reposer agréablement quand ils voudront re-Cf Ir de l’autre monde pour rendre visite à leurs amis. Ilsl’immortalité de l’ame, & reconnoislenc même qu’il y0tt n . p Madis & un Enfer. Ils appellent l’Enfer Zararraquan ,‘on a uiaison duChayfi, nom qu’ils donnent au Démon quij) ^uienre ceux qui ont le malheur de tomber en son pouvoir.

qu’on leur a fait connoître le feu, ils disent que lefiou r- a une fournaise ardente, où il brûle les âmes commeeft S fai s°ns le fer, & où il les bat incessamment. Leur Paradisìw lieu délicieux qu'ils prétendent être sous la terre , &dan* j S ^ut consister toute la beauté dans des arbres de coco .êtr S p S Cannes de sucre, & dans les autres fruits qu’ils disente J a d’un goût merveilleux. Cen’eîl, selon eux, ni la ver-crime, qui conduit dans ces lieux-là. Tout dépend de

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lere dont on fort du monde. Si c’ell par une mort vio^" ce >on est renfermé dans le Zararraquan, & si c’est par unefi" Naturelle, on va joiiir dans Je Paradis des arbres & desstu'on y trouve en abondance. Ces peuples sont persua-d’êf ^ Uc ^ es Esprits reviennent aprés la mort, & se plaignentij, re Maltraiter par des Spectres qui les effrayent terrible-p nt * C’est ce qui les fait avoir recours à leurs Anitis, moinsIçy- 60 obtenir quelque grâce 3 que pour empêcher qu’ils nefusent du mal. La même raison leur fait garder un pro-peti ^encedans leurs pêches, & faire de longs jeûnes, 9 e]ç s , st Ue les ames de leurs Morts ne les tourmentent, ou neAPouvantent la nuit daus leurs songes, ausquels ils ajoû-ils ^aucoup de foy. Us versent des torrens de larmes quand^ferrent quelqu'un, & font des cris capables de penetrerU, °Uleur les plus endurcis. Us demeurent long-temps fansl Qn ^§ er . & s’épuifent tellement par leurs hurlemens 6e par la>'Cc^ UeU î' de leurs abstinences, qu’ils ne sont pas quelquefoisbi ç ° n Uoiflàbles. Leur deuil dure sept ou huit jours, & vai’aff X? Uvent plus loin. Us le proportionnent d’ordinaire àCn e< ^“‘ on qu’ils avoient pour le Défunt, ou aux grâces qu’ilslu ° nt reçues. Tout ce temps fe passe en pleurs & en chantsoífi ° res - Comme on éleve toûjours un tombeau fur le lieue Corps est enterré, ils le chargent de branches de Pal-p r - r .> de fleurs, de coquillages & de tout ce qu’ils ont de plusdouJ leUX ' ^ vont faire des repas autour de ce même lieu. Lahj e des meres qui ont perdu leurs enfans est inconceva-jw. ^ut leur foin est de l’entretenir, & pour cela, elles cou-dìe quelques cheveux de leur enfant mort, & les gardentPointent. Elles portent une corde autour de leur cou, & yf]U’ i? utant de nœuds qu’il y a de nuits qu’elles ont perdu cedes rr? pleurent. Que si la per^nne qui meurt est du nombre^Ur > ou si c’est quelque femme considérable, alors

ç e , a «u< 9 :ion va jusqu’à l’excez, & ils entrent dans une efpe-a rr fureur 6c de désespoir fans plus garder de mesures. Usbat^ nt !eur s arbres, brûlent leurs maisons, rompent leursc he a 5 X ' déchirent leurs voiles, jonchent les chemins de bran-Hç u S de Palmier , & élèvent des machines lugubres en l’hon-dab] ^ort. Si c’est quelqu’un qui fe soit rendu recomman-sionsf° U l b ar * cs armcs ou P ar ,a pêebe,qui sont deux proftss-°U d ì d^inguées parmi eux, ils couronnent son .tombeau,danu ances ou dc rames, pour faire connoître leur valeurs ’est p. guerre, ou leur habileté dans la pêche..Si quelqu’un1 ' a « remarquer par ces deux professions, on entrelasseles& les rames , & on luyen fait une efpece de trophée.4 r. ce s Insulaires sont dans la douleur, l’habitude qu’ils fede p. aite de chanter les Fables de leurs Poètes dans leurs jours>> à leur fournit des expressions vives & élevées. Voicy» j’£? U l^ês ce qu’ils disent dans ces sortes d’occaíîons. Helas,u tefl ^outperdu, il n'y a plus de vie pour moy, & ce qui m’en>-ih> E.r>e fera plus qu’ennuy 3 i qu’amertume. Le Soleil quiri ‘moit est éclipsé 3 la Lune qui m’cdairoit s’est obscur-

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cie; TEtoîlequi me conduisoìt a .disparu. Je vais demeurer «enseveli dans une profonde nuit, & abîmé dans une mer «de larmes. Je ne verray plus ce qui faisoit la joye de mon «cœur , & le bonheur de mes jours. Quoy, la gloire de nos «Guerriers, l’honneur de nôtre race, le Héros de nôtre Na- «tion n’est plus ì U nous a quittez ; Que deviendrons nous, «& comment pourrons-nous vivre ? Ces lamentations durent »tout le jour, & continuent pendant la plus grande partie de lanuit,chacun tâchant de trouver des expressions touchantes,dontils assaisonnent les louanges qu’ils donnent au Mort. Gette Na-tion , plongée pendant plusieurs Siécles dans des tenebresépaisses, s’y trouvoit encore en 1665. quand le Pere San Vi-tores, Jésuite, & ses Compagnons arrivereqt àces lstes, oùils furent reçus par les habitans avec de grandes démonstra-tions de joye. * Le P. le Gobien , Jésuite, Histoire des ijlesMarianes.

MARIB. Ville d’Asie dans l’Arabie Heureuse, en LatinMariaba & Mariant. Elle est située sur le bord d’un grand Lacdan s la Principauté de Fartach, au Nord de la ville de ce nom,dont elle est éloignée environ de trente lieues. * Maty, Diff. deHo!l. 1701.

M ARICE, Petite ville de !a Turquie dans la Bulgarie, an-ciennement Tranfmarifca & Tromanfca. Elle est située fur leDanube.

MARICO. Ville de l’isle deTidore,l’une des Moluques.Elle est sort peuplée, avec des remparts bien fermez &deuxboulevards ,»dont chacun est défendu par deux pieces d’artil-íerie. U y a dans cette Place quelques Portugais, Sc plusieursPapangos ou gens du pays en garnison. * Davity, Jjle deTidore.

MARICOLA. Les Latins donnent ce nom à l’Abbayede Maroilles , qui est dans le Hainaut , Province des Pays-Bas.

M ARIDUNUM. Ville ancienne des Demetes, dont Pto-lemée fait mention, & qu’Antonin appelle Muridunum. LesGéographes tiennent que c’est la ville de la Principauté de Gal-les en Angleterre, nommée aujourd'huy C aemarden.

M ARIEFRED. Place du Royaume deSuede dans la Pro-vince de Sudermanland, en Lftin Mari&freda. Vexion la metauprès du Château de Gripsbolm, fur le bord du Lac Meler.

M ARIEGALANTE. Isle de l’Amerique Septentrionale,l’une des Caraibes. Elle fut découverte par les Espagnols en1494. & ils luy donnerent ce nom,à cause de la beauté de sonpaysage. Cette Isse est située sous le quinzième degrc & qua-rante minutes de latitude Septentrionale, éloignée de cinq àsix lieues de fisse de la Dominique, & de trois de la grandeterre de la Guadeloupe. Elle est ovale, & peut avoir dix-huità vingt licuës de circonférence. Les François en prirent posses-sion en 1648. & aprés plusieurs combats, ils obligèrent lesSauvages de fe retirer, & de la leur abandonner toute entiere.Le ter rein de Mariegaiante est presque tout uni. La terre y esttres-bonne & produit de fort beaux arbres. Les cannes de sucre,l’indigo , le tabac & ie coton y viennent en perfection. Cequi y manque est seau, car quoy qu’elle ait quelques fontai*nés & des étangs, de l’un dqfquels il fort un ruisseau , il arri-ve quelquefois que la sécheresse est si grande ,que toutes ce seaux tarissent , & fans le secours des citernes , Je s habitanssouffriraient beaucoup. IIy a deux Paroisses, l’une à la Basse-terre proche le Fort, & l’autre à la Cabesterrc , toutes deuxdesservies par les Peres Carmes. U y a aussi ûn Juge Royal,qui est du ressort du Conseil Supérieur de la Guadeloupe.Cette Isle étoit autrefois fort peuplée, Sc on y a vû juíqu’àdouze cens hommes portant les armes 3 mais ce nombre étoitsi fort diminué en xdpz. quand elle fut attaquée par les An-glois, que le Gouverneur fut obligé de fe rendre. Les Angloisdémolirent le Fort, ravagèrent toute l’iste , & transportèrentà S.Domingue & dans â’autres pays éloignez ce qu’ils pu-rent attraper d'habitans. Le reste de la Colonie fe retira à laCabesterre, où la difficulté du mouillage & les grands boisqui sont entre eux & la Basse-terre, les mirent à,cou vert descourses des ennemis- Us en ont usé de même en cette derniereguerre, aprés que 1 cGouverneur General des Isles en eut re-tiré le Gouverneur & la Garnison. L’Isse de Mariegaiante pro-duit abondamment tout ce qui est nécessaire à la vie, & si orivouloit en prendre un peu de soin, il s’y ferait une tres- belleColonie. * Mémoires manuscrits du Pere Labat , Religieux Do-minicain.

M ARIEMONT. Ville dans le Duché de Lorraine. Elleest située fur un mont d où elle a pris le nom qu’elle porte.Cette montagne est vers le Midv du Lidere. * Atlas.

MARIEN. Province de l’Iste Espagnole, en Amerique,

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