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rebâtie par les Thébains, & encore ensuite par Philippe, filsd’Amintas. Apres cela, les Messeniens s’unirentsouvent avecles Achéens, les Arcadiens, les Eléens & les Argiens, & fu-rent enfin enveloppez dans le malheur de la Grece, lorsque lesRomains subjuguèrent l’Achaie. La plus grande partie de cepays est au jourd’huy fous la domination du T ure. * Strabon,fiy.8. Ruseellì, Athen. liv. n. Pausanias, Mcjsa. liv. 4-
La ville de Messene, capitale de la Meffenie, se rendit célé-bré par les longues & sanglantes guerres qu’elle soutint contreLacedemone. La premiere commença vers la seconde annéede la fondation de Rome, sur ce que les Messeniens avoientenlevé quelques filles des Lacedemoniens, & tué le Roy Te-lecle qui les redemandoit. Cette guerre dura vingt ans, &la seconde contre les mêmes ennemis cn dura quatorze, ayantcommencé en la XXIII. Olympiade, l’an 69. de Rome, jus-qu’à la prise de la Forteresse des Messeniens fur le mont Ita.Ces peuples chassez enfin de chez eux, se transplantèrent enSicile, & s’y rendirent maîtres de Zancle ,qui du nom de sesnouveaux habitans s’appella Messine. Les Messeniens furentrétablis trois ans aprés par le fameux Epaminondas, qui lesrappella de tous cotez. Il les remit en possession de leurs ter-res , qu’un long exil leur faisoit regarder comme étrangères,& forma de ces gens rassemblez une République, qui depuisl’honora toûjours comme son second Fondateur. CependantSparte qui prétendoit commander dans le Péloponèse, atten-tent fans cesse fur Tindépendance des Messeniens , qui ne son-geoient qu’à la maintenir. Quelque temps auparavant, le Royde Perse , à leurs instantes prières, avoit ordonné aux Lacede-moniens de ne les plus inquiéter, mais celan’eut point d’effec.Athènes même, quoy qu’alliée de Lacedemone, s’étoit en-gagée par un Traité à ne point souffrir d’entreprise sur leurliberté 3 mais enfin las de se voir continuellement à la veillede tomber sous la domination de leurs anciens ennemis, ilseurent recours à Philippe de Macedoine, qui employa sestroupes & ses finances à leur rétablissement, Lorsqu’il pritleur défense & assura leur Etat, les Lacedemoniens les tenoientdans une si grande oppression, que pour lignifier un hommequi vivoit dans une extrême dépendance & clans une Injectionentiere , il étoit passé en proverbe de dire, plus esclave qu unMejfmìen. Messene n’est présentement qu’un petit bourg de laMorée, * Tourreil, Pbilippiques Pref. Hifi. & Remarques fur laseconde Pbtltppique.
MESSIN ou Pays Messin. Petite Province de France appel-lée par les Latins Metenfis Traíius, de la ville de Mets fa capi-tale. Elle est enclavée entre le Duché de Lorraine au Levant& au Midy , le Barrais au Couchant, & le Duché de Luxem-bourg du côté du Nord. On a coutume de la diviser en troisparties, sçavoir le Val de Metz, l'isle de Metz & le Saunois.Elle a dépendu de TEvêque de Metz jusques en Tan 1552. queles François en devinrent maîtres. Ce pays peut avoir quatrelieues dc long & autant de large. Ses villes les plus renomméesaprés celle qui porte le nom de Metz, font Nomeny, Mar-iai , Vie, Moyenvic & Gorze. Plusieurs Terres considérablesdépendent de ce petit pays en Fief, comme le Duché deDeux-Ponts, les Comtez de Sponheim, de Sarbruck, deBicsch, deLinange , de Sarvede & de'Falckenstein.
MESSINE. Ville de Sicile, appellée par les Latins Mejfana.Elle est à douze milles de Regio & du Cap dc Fare.à soixantede Sarragosse , & à cent cinquante de Païenne. C’est la plusgrosse & la plus fameuse de toute cette Isss pour la bonté deson Port, l'un des plus fréquentez de TEurope, à cause qu ’ilest sur la route des vaisseaux qui vont ou qui viennent de tou-tes les parties du Levant, & qui en passant par le F ara ou Ca-nal de Messine, trouvent dans ce Porc tous les rafraîchiííèmensdont ils ont besoin. S’ils ne paíïòient point par ce Détroit, ilsseraient contraints de faire le tour de toute la Sicile, en appro-chant de fort prés les côtes de Barbarie, au hazard d’y ren-contrer des vaisseaux Corsaires. Outré Tavantage que la villede Messine tire de ce Canal, elle est dans une situation tres-agreable, en partie fur des collines & en partie dans la plaine,ce qui represente un amphithéâtre dont le milieu est son Port,bordé d’un grand quay revêtu de grosses pierres de taille , &long de deux mille pas communs, avec de grands édifices demême parure qui font autant de Palais. Ce n’étoit autrefoisqu’une muraille qui distinguait la ville d’avec ce quay, donttoutes lés portes paraissent encore, fans parler de la longueurdel’Islhme, qui continuant par de-là la ville, forme Tautrecôté du Port, qui est en façon d’un bras plié, & où il ne restequ’une petite entrée pour deux ou trois galères de front. Elleest â la fin de J’Isthme, qui est défendu par le fort Château deCastel- Amare, II n’y a rien dc plus agréable que la promena-
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de du quay de ce Port, couvert d’une multitude de vaiff ea j| xde toutes les Nations du monde. Sa forme est un peu ova »puisque fur huit cens pas ou environ qu’il a de long, 11 e ^cinq cens de large. Son embouchure est entre le ChateauCastel-Amare > & un petit Fort qui est fur le bord dussU>On y voit aussi la place des Marchands, fermée d’une ° a lj. en .de de marbre blanc, avec des sieges aussi de marbre tout atour. C’est là que Ton peut apprendre s’il y a quelque vaJ i / j e ,prêt à partir pour quelque endroit que ce soit fur la mer fditerranée. La fontaine qui en est tout proche, est ekupour la quantité de figures dont son bassin est orné, & f ur cpour les deux plus grandes qui representent sous la forwe ^deux Déesses, les écueils de Scilla & de Charybdis_> .ss uDieu Neptune qui paraît son trident en main au mili eL1 . £bassin de certe fontaine, tient enchaînées, comme pourqu’ils sont incapables de nuire aux vaisseaux qui passent luCanal. Les rues de Messine sont disposées de deux sortes-unes sont en même ligne que le quay, toutes remplies ce &sons de riches Marchands, de marchez publics & de g ran yplaces. Les autres vont de la colline en descendant sur léssavec autant de portes qui les en séparent. II y a deux c - eremarquables dans la place de saint J ean, sçavoir une r° n P fSau milieu d’un grand bassin de marbre, enrichi defigures qui jettent de Teau en telle abondance, qu’elle en r ^pîitau dessous un abbreuvoir fait en forme de petit Canal ,l’Eglife de saint Jean, considérable pour sa façade, P° urcolomnesde marbre qui la soutiennent, & pour quelqu eS ^ Sgures aussi de marbre & bas reliefs, qui representent au de ^de cette façade les principales actions du Saint. L'£g' r lle ^ r ,TAnnonciade, qui se dillingue par son bâtiment, paf
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nemens, par ses peintures & par son marbre, est dans la gj^jjj,de rue appellée Strada de Lucelator. L’entrée a quelque ed’extraordinaire, & que l’on estime fort pour Tarchitec {On y voit le tombeau avec le buste de marbre du EafCarafe qui Ta Elit bâtir. Le tabernacle du grand Autel,balustres qui ferment les Chapelles font aussi de marbre.Eglise est desservie par des Theatins, dont la Maison el ^des grands Palais de Messine & des mieux ornez, P° ur ^fontaines & pour ses jardins. Le Viceroy de Sicile en ^fort magnifique , que fit bâtir Charles-Quint au bord ^mer, & presque à un bout de la ville. Plusieurs grands P^ or $Ions en font le dessein, proche de la belle place quiles anciennes murailles de la ville , & dans laquelle est ‘gure de Philippe IV. Roy d’Espagne en bronze, sor un ntl eval de même matière, élevé sur un piédestal de marbre,^ ^lequel sont representées en bas relief dans quatre ta biles victoires qtfa remportées cc Monarque, & la ville de . r $sine en plan. On voit aux environs de cette place les ^ôc les grands magasins à bled de la ville, comme la M al .le Coilege du Séminaire, où commence la belle rue de ^Nova , toute remplie de grands Palais, entre lesquels ceT Archevêque se fait remarquer & forme plus avant un g ^carrefour où il y a quatre fontaines du marbre le plus exss ^Sicile, pour finir à la place qui regarde la Metropost tal , ç q{ìsainte Marie. On ne peut la voir fans qu’0.7 appcrç_olve_ . nentrée la haute tour qui en est détachée , & cette t D s r rs S( Jeen Langue Françoise, qui occupe toute la façade au dela grande porte,
Grand meuy a Me[fme. (r ae se
Les François la firent graver, parce que la ville de M5 1 ^ |jrendit à eux la premiere , îoríqu’ils firent la conquête ^Sicile. Cette Métropolitaine qui est admirable pourdadeur, Test encore davantage pour la magnificence deChapelles qui sont aux cotez du maître Autel. Cellede TEvangíle est consacrée â la Vierge qui tient le peu I, ur , eentre ses bras, & qui est parée d’ornemsns fort riches** ■ ce ,couronne de grand prix. On y voit le tombeau d’un& quelques autres d’Archevêques de Messine. Il y a d eSgences octroyées par le Pape à tous ceux qui assistent aque Ton chante tous les soirs en musique devant ce , 0lirpelle. Celle du côté de TEpître est enrichie de hantesnés de marbre, entremêlées de figures travaillées p ar .habiles Sculpteurs. Au milieu de la grande place qui e {tvant cette Eglise, est un théâtre où la victoire de Lep p sllJ jreprésentée en bronze. On y voit aussi une statue j c sJean d’Autriche , faite du même métal. En sortant im-partes on monte au Couvent des Capucins qui_ ont u f enV j-forme d’où Ton découvre toute la ville de Messine & jjfre'rons, &• même la ville de Regio, capitale de la Cala pi u srieure , qui est au de-là du canal. Si Ton veut voir en
loin, en montant au dessus de ce Convent, jusqu au