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Tome II. [E - O.]
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sur lequel il dit la Messe à son arrivée à Naples, ce qui faitappeller cette Eglise saint Pierre in Ara. II y est marqué qu’ildonna les Ordres à S. Aphrem, prémier Evêque de Naples, &qu'il baptisa sainte Candide,qui en fut la première Chrétienne.Les Cordeliers desservent l’Église de sainte Marie la neuve, quiest l’unedes plus magnifiques de la ville. Son pavé est de mar-bre, & le dôme qui la couvre est enrichi de peintures & dedorures. Rien n’est mieux orné que fa Chapelle de saint Jac-ques d’Aragon. Entre plusieurs tombeaux qu’on y remarque,font ceux du Comte de Sommerive, des Seigneurs de Lautrec& de Dom Pedro de Navarre, qui moururent au dernier siégéde Naples. Cette grande Eglise n’est pas loin de la place de laCellerie où font deux belles fontaines. L’Eglisede la Sapien-ce , où sont des Religieuses de l'Ordre de saint Dominique ,est bien bâtie , belle dans ses dorures, & riche par les pein-tures que l’on apperçoit dans fa voûte, & tout autour des mu-railles. II y a un tres-beau tableau fur le mai re-Autel, où Nô-tre Seigneur est représenté disputant dans le Temple avec lesDocteurs, un autre à main droite contre la muraille du Choeur,où est dépeinte l’Adoration des trois Rois, & encore un autrevis à-vis où l’on voit les Noces de Cana en Galilée. Le PapePaul IV. est représenté fur le Portail avec ces paroles à sespieds ? aidas IV. c arasa, Maria C, aras a Pratrr. A côté est fasœur , Fondatrice de ce Couvent avec ses autres paroles,Maria Carafa , Pauli IV. Pontifias maxïmi Çmr. L’Eglisc deNotre-Dame de Constantinople est vaste, grande & tres-ma-gnifique , mais elle cede encore en beauté à celle de NôtreDame de la Santé,gouvernée pardesDominicains.Celle-ci estbâtie en croix, & appuyée de deux rangs de piliers de chaquecôté. Ses dorures & ses peintures sont fort remarquables, maisla Chapelle qui est derriere le grand Autel, & dans laquelle ondescend par quelques marches, pénétré de dévotion ceuxqui la visitent. Elle est toute pavée de marbre & peinte à l’en-tour. 11 y a quatorze autels, & sous chaque autel une lampeallumée qui marque qu’il y a des Corps de saints Martirs. Unquadre de peinture represente leur martire fur chacun de cesautels. Le Couvent est d’une grande étendue , avec de grandsdortoirs &de vastes réfectoires. Aprésqu’ona bien monté,l’on trouve un grand Cloître en terrassé, & d’autres terrassesencore par dessus, d’où l’on découvre toute la ville. L’Egliscde saint Martin du Couvent des Peres Chartreux, peut êtreappellée l’abregé de tout ce qu’il y a de plus rare en marbre,en dorure & en peinture dans toute l’Italie. C’est un Monastèretres somptueux situé fur une éminence. Le Cloître en estquarté, bâti & pavé de marbre blanc ,avec une balustrade &des colomnes du même marbre tout à l’entour pour le soute-nir. On passe de-là dans une galerie ouverte qui donne unedes plus belles vues de toute l’Europe. On découvre à droitela mer dans une grande étendue , l’Ifle de Captée qui yavance trente milles, celles d'Ifchia & de Prochyte, & vis-àvis le Pausilippe &le Golfe de Surrente. A gauche l’on voitla vaste campagne Holane, & le Mont-Vesuve, si fameux dansles Histoires. L Eglise est une merveille dans son architecture,& on ne se lasse point d’y admirer les exquises peintures deLantfranc,des Carazzi.du Guide, & d’autres Peintres célébrés.Elie est bâtie de marbre, fort dorée , & pavée de carreauxrouges & blancs , ainsi que la Sacristie dont la beauté répondparfaitement à la magnificence de l’Eglise. Sa voûte est dorée& enrichie de peintures. Sur le bois, dont elle est incrustéetout à l’entour, & qui est du plus poli, sont reprefentez en bas-reliefs les douze Apôtres , ouvrage qui passe pour un chessd’ceuvre. On remarque fur la porte le Prétoriat de Pilate &l’escalier que Nôtre-Seigneur monta pour paroître devant luy.De ce lieu on entre dans une autre Sacristie, où parmi quan-tité de choses rares renfermées en différentes armoires, on faitvóir un soleil environné de rayons d'argent mêlé avec du co-rail, des pieces d’ambre délicatement travaillées, des chande-liers d’argent massif d’un grand prix, une croix aussi d’argentd’une grande pesanteur , travaillée en bas-reliefs, des bustesd’argent de S. Bruno , qui tient une croix où il y a de ses Re-liques & de celles d’autres Saints, & une épine de la Cou-ronne de NôtreSeigneur, enchâssée dans un cristal enrichi d’or& d’argent, autre chefd’ceuvre. Le Monastère est aussi trés-beau non seulement par sa situation, mais encore par ce qu’il ade commode, ©n peut comparer le logement du Prieur auxbeaux Palais d’Italie, tant pour quatre ou cinq chambres deplein pied, pavées de marbre le plus poli, ornées de peintu-res agréables, & éclairées d’un beau jour, que pour la char-mante vûe que l’on a de ce lieu-là. Le Château Saint Elme enest fort proche. II est fur un rocher si élevé au dessus de laville, qu’il commande aux environs encore plus qu a Naples, j

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Le Roy Robert premier, fils de Charles II, qui le bâtit il y Aplus de trois cens ans, en fit une Forteresse importante. L’Em-pereur Charles-Quint y ajoûta quelques bâtimens & le forti-fia de bastions, ensorte qu’il avoit accoûtumé de l’appeller labride de Naples. On n’a pû le pratiquer fur le roc en Tctatoù il est fans une dépense extraordinaire. On y voit des lieuxde bonne défense, des caves soûterraioes, des chemins & desdegrez qui y donnent un accez facile, même aux chevaux qui yportent les provisions nécessaires. On tient que la ville de Na*pies a environ six milles de tour. Elle est fermée de dix portes,qui sont la porte des Carmes, la porte No!ane,la porte Ca-poiiane, la porte du Pont-netf, la porte de saint Janvier, j*porte de Constantinople, la porte Alba, où sont les grandsmagasins à bled, la porte de Medine, la porte du S. Esprit»& la porte Romaine, autrement Porta de C hiai a avec un fau*'bourg qui est le long du rivage de la mer, où les Compagnie*des Flamans & des Bourguignons, qui viennent en garde auPalais du Viceroy, ont leurs quartiers dans deux grands Palai*fort anciens. Les autres fauxbourgs sont ceux de sainte Mari*de Lorette, de saint Antoine de Vienne, de sainte Marie deSVierges , de sainte Marie del’Etoile , de Jésus Maria, &sainte Marie du Mont. II y a à Naples deux Académies d*beaux Esprits, l’une sous le titre à’ArcLnti , pour faire volsleur ardeur aux belles Lettres, & l’autre sous ccluy á'Otiofi q ulont été établis pour modérer la chaleur des autres. Les Napo-litains ont bonne mine 8c sont assez bien proportionnez dan sleur taille,mais peu sincères Lt avec moins d’ouverture d’efpr ltdans la politique que les Romains. Les Dames Napolitaine*ont aussi une riche taille, & le teint assez beau qu’elles gâtentpar le fard. Leurs habits ont quelque chose de plus galant q° eceux des Dames Romaines. Elles ont des jupes froncées, ®des manches tailladées ,& font relever celles de leurs Chemi-ses au dessus du poignet, avec un grand scapulaire. Quant*leur cocffure, elles font venir par devant deux moustachesnouées avec des cordons, & laissent aller en arriéré une Par-tie de leurs cheveux qu’elles cordonnent. Elles paroissesavoir de la gravité en leurs discours & en leur démarche, &quand elles sc montrent dans les rues, elles vont toûjours pl u "sieurs ensemble.

La ville de Naples a la gloire d’avoir été la Patrie des Pap cîBoniface V. Urbain VI. Boniface IX. Jean XXIII. Paul D*& Innocent XII.Boniface V.y fut éleu le 24. de Decembre »*l’an 617, & ordonna qu’on ne feroit point de violence à ceuXqui prendraient les Eglises pour azile. II mourut le ving 1 'cinq d’Octobre 625. & Honoré I. fut mis en fa place.

Urbain Vl.nommé Barthelemi Prignani avant son Election,fut fait Pape le 8. d’Avril 1378. aprés que le peuple en troup*aux environs du Conclave eut crié tout haut avec insolence »Volemo un Paf a Romano overo Itahano, & qu’il eut mis beaucoupde bois sous la salle de l’Assemblée, menaçant les CardinaU*d’y mettre le feu s’ils ne luy accordoient ce qu’il demandoit*Les Romains agiílòient ainsi dans la crainte que s’ils élisose^un Pape François, il ne transférât encore Je 8 Siégé àgnon, comme avoit fait C lement V. Les Cardinaux protestè-rent de la violence qui leur étoit faite, & comme l’Electi° 0ne leur parut pas legiífme, parce que la force y avoit eu P ar f»ils sc retirerent à Agnani. ensuite à Fundi, peu satisfaitsd e J?conduite de Prignani, qui devint altier & Severe, quand d jvit en possession de sa haute Dignité , ce qui les obligeafaire une nouvelle élection en la personne du Cardinal R°'bert de Geneve , qui prit le nom de Clement VII. Ce s de»Papes élus presque en même temps, mirent un grand troubdans l’Eglise. Clement se retira à Avignon après avoir eteNaples, où la Reine J eanne luy avoit fait une réception tr*favorable. L’indignation qu’en eut Urbain , 1 e porta à ex^mmunier cette Princesse, contre laquelle il sollicita Loiiis R<vde Hongrie, afin d’allumer la guerre dans ses Etats. J*a" .avoit donné par Testament le Royaume de Naples à L°

Duc d’Anjou qui reçut la Couronne à Avignon par ses. 1113 *de Clement VII. le 30. de May 1382. Urbain VI. avoit P*curé le même honneur à Charles le Petit, avec qui s’étant ■fuite brouillé , il l’excommunia , &fur lavis qu’il eut quePrince marchoit contre luy avec des.troupes, il prit la fui tc teles Galères deGenes. II fit mourir cinq Cardinaux, & c •extrême sévérité éloigna de son parti la plûpart de ceux st j aavoient quelque penchant à le suivre. Il institua la Fête d »Visitation de la Vierge, réduisit le Jubilé de cinquante antrente-trois & mourut le 15. d’Octobre 1389. .,

Boniface IX. qui luy succéda, étoit d’une Famille Nct f çmais réduite dans une grande miscre. II s’appelloit 1Thomacelli & fut élu le second de Novembre de w w