K ARISQÚES. Peuples de Germanie , faisant partie autrë-fois de la Nation des Hermions. Ils demeuroient dans l’endroit de la forêt Hercinie , qui contient présentement unepartie du liant Palatinat» Dion les nomme Nan fies & ProleméeOvariftes. Ces peuples ayant été chassez des lieux qu’iîsoccupoient par les Àrmalausiens, vinrent s’ctab'ir dans la Vin-delicie.Leurs demeures les plus remarquables furent Mesnogra-da & c antiabis. La plupart des Géographes tiennent que cettepremiere Place est présentement Egra, ville de Bohême. PourC antiabis, les uns veulent que ce soit Elchstet, capitale de l’E-vêehé de ce nom, & les autres Amberg, ville du Haut Palati-nat, * Audiffret, Geógr. tome 5.
N ARNI. Petite ville d’Italie avec titre d’Evêché suffragantimmédiatement du Pape, en Latin Narma & Narna. Elle estdans la terre des Sabins, Province de l’Etat Ecclésiastique, àdeux lieues de Terni, fur le penchant d’une haute montagne,dont le pied est arrosé de la riviere de Nera, que quelques-unsappellent Negre, quoy que les eaux en parodient toutes blan-ches. Avant que d'arriver à la ville, on voit proche du C hateau un grand aqueduc qui porte les eaux du plus haut de lamontagne. Elles viennent de quatre milles delà dans troisplaces publiques de Narni, ornées de grands bassins & deleurs fontaines, dont les eaux jaillissent d’une maniéré fortagréable. La place qui est au devant de l’Eglife Cathédralede saint juvenal, dépositaire des Reliques de ce Saint, est laplus belle , étant dans le poste le plus avantageux pour la pro-menade des habitans. Son grand Autel est embelli de quatrecolomnes de marbre tres-bien travaillées, & l’efcalier par le-quel on descend à la Chapelle de saint Juvenal, est aussi demarbre tout-à-fait magnifique. Les rues font 6 mal bâties,fi étroites & vont si fort en penchant, que pour sortir de laVille de l’autre côté qu’on est entré, il faut presque toujoursdescendre , ce qu’on fait encore hors de Narni pendant un de-mi mille de chemin ; mais on trouve cela bien récompensépar les belles allées d’oliviers & d’autres arbres fruitiers dontles vignes font soutenues, en forte que du même champ, onrecueille du fruit, du bled & du raisin. On tient que Narni aeu l'avantage de voir naître l’Empereur Nerva & un Pape ap- |pelle Jean, ce qui paroît par ce Vers Latin
Imperio gênai Nervam , mitrœquefoannem.
Proche de Narni font les ruines du pont que l’Empereur Au-guste fit bâtir pour joindre la montagne de Spolette à celle quiest de l’autre côté de la Nera. Ce pont est un ouvrage d’unestructure admirable. Il n’avoit que quatre arches, dont il n’enreste plus qu’une entiere. La largeur de la plus grande est decent cinquante pieds, & fa hauteur est extraordinaire. Ce quiétonne le plus, c’est que les grands quartiers de marbre dontcet édifice est construit, font joints à sec, & qu’il n’y a ni ci-ment , ni crampons de fer pour les lier l’un avec l’autre . ¥ jou-vin de Rochefort, Voyage d’Italie & de Malte. Délites de 1 ‘Ita-lie , tome z.
NARO. Bourg du Royaume de Sicile dans la vallée deMazara, en Latin N aras. II est situé dans les montagnes de Ma-donia à dix lieues de Gergenti vers le Nord. Ce Bourg étoitautrefois une ville Episcopale. II y a une riviere qui prend fasource dans son voisinage, ce qui la fait appeller aussi N aro. Onla nomme autrement il Fiume dt fan Biagio , en Latin Flaviussaneli Blafii, autrefois Agrigentinus & Agragas. Cette rivierequi prend son cours au Midy, va fe jette r dans la mer d’Afri-que, trois milles au dessous de la ville de Gergenti.
NAROUA. Lac de la Nouvelle France. Il est dans fa partieMéridionale, à douze lieues ou environ de Montréal & dc lagrande riviere de S. Laurent du côté du Sud.
NARSINGAPATAN. Ville de la Prefqu'Isle de l'Indedeçà le Gange.Elle est fur le Golfe de Bengale dans le Royau-me de Golconde environ à cinquante lieuës de la ville de cenom vers l’Orient. Les Latins nomment cette ville Narfmgapa-tanum & N arfingapolis. * Maty, Dìct. de Holl. 1701.
NARSINGUE. Ville de la Preíqu’Ifle de l'Inde deçà leGange, en Latin Narfinga. Elle est dans le Coromandel, envi-ron à douze lieuës du Golfe de Bengale & à pareille distancede la ville de Paleacate. Celle de Narsingue est grande, bienpeuplée & étoit autrefois capitale d’un Royaume qui portoitson nom ; mais présentement elle dépend de celuy de Bifnagar.
* Maty, Ditt. de Holl. 1701.
NARTHACIUM. Ville & Montagne dans la Phtiotide,Contrée de la Thessalie, dont Plutarque fait mention dans lavie d’Agesilaíis. Ptolemée, fiv.Z. ch. 13. parle de la ville, &Xenophon en l’Oraison d’Agesilaiis parle de la Montagnequ’il appelle aussi Nartheeium. * Le Pere Lubin, Tables Geo-graphiques.
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Le sieuf de la Guilletiere dans fa Lacedemone ancienne êènouvelle, liv. 4. rapporte qu’on trouve dans la montagne déNarthacium,quatre belles fontaines,dont les eaux s’asseniblent. dans la plaine de Pharfalc, & forment grand nombre de petitsruisseaux qui fe vont jetter dans le Penée. II ajoute que ce futfur cette montagne qu’Agesiiaíis ctant revenu d’Asie, élevaun Trophée aprés la victoire qu’il remporta fur les Pharsaliens,& que l’Ephore Diphridas vint trouver ce Prince dans leCamp de Narthacium, un peu avant la bataille de Coronée. IIdit encore qu’à côté du Narthecion, il y a des forêts peupléesde bêtes fauves & de bêtes noires , où le Grand Seigneur ve-noit souvent à la chasse.
NARVA. Ville de la Livonie, petite, Mais forte & accom-pagnée d’un fort bon Château. On tient qu’elle fut bâtie parVolmar II. Roy de Danemarcken rriz.Jean Basilotiits,GrandDuc de Moscovie, la prit en 1558. & Pontus de la Garde ,General de l’armée de Suede, la reprit furies Moscovites le 6.de Septembre 1581. Les Suédois en font demeurez en posses-sion depuis ce temps là. Elle a j ili fort long-temps des pri-vilèges des autres villes Anfeatiques; mais les guerres entre laSuede & la Moscovie y avoient tellement ruiné le commerce,qu’il n’a pû fe rétablir qu’à mesure que celuy de Revel a di-minué. La guerre qui survint entre les Anglois & les Hollan-dois luy fut favorable, puisque le commerce d’Arcbangel enfut interrompu, ce qui obligea les vaisseaux qui avoient ac*coûtumé d’aller en Moscovie , de se servir du havre de Narva.Plus de soixante y abordèrent en 1654. & y chargèrent {ourplus de cinq cens mille écus de marchandises. On commen-ça aprés cela de nettoyer & d’aggrandir la ville, d’y faire desrues neuves & regulieres pour la commodité des MarchandsEtrangers, & de raccommoder le havre pour faciliter l'aborddes navires. La Reine Christine de Suede retira cette ville dela Jurifdiction generale du Gouverneur de la Province, & luy'donna un Vicomte particulier pour juger les affaires Séculières& Ecclésiastiques en dernier reflort. On l’a appeliée Narva ,à cause d’une riviere de ce même nom, qui fort du Lac déPeipis & entre dans le Golfe de Finlande, deux lieuës au des-sous de la ville. Cette riviere est presque aussi large que 1 Elbe,mais beaucoup plus rapide, & les eaux en font fort brunes. El-le a un fault à une demi Jieuë au dessus de Narva, où les eauxtombent dans le précipice avec un bruit effroyable & une ftgrande violence, que les flots venant à fe briser contre les ro-chers, fe réduisent en de tres-petites goûtes, fur lesquelles leSoleil donnant le matin , fait voir une maniéré d’arc en-cielaussi agréable que celuy qu’il a accoutumé de former dans lesnues. Ce faUlt oblige à décharger en cet endroit-là toutes lesmarchandises que l’on envoyé de Plescou & de Detpt à Narva,pour être chargées fur le Golfe de Finlande. La riviere de Nar-va a cela de particulier, selon ce que rapporte l’Auteur desVoyages historiques de í’Europe, que son eau ne peut souffriraucune bête venimeuse, en sorte que les serpens qui s attachentaux barques, les abandonnent en siflant, quand ils approchentde son cmbouchûre, comme si on les pourfuivoit pour leurôter la vie. Le Châ r eau est au deçà de la riviere, & au delà,celuy d’Ivanogorod qui a été bâti par les Moscovites fur un rocescarpé, dont la riviere de Narva fait une péninsule, de sorteque l’on jugeoit la Place imprenable, avant que le Roy Gusta-ve-Adosse l’eùt prise en 1617. Au pied de ce Château est unBourg qu’on appelle la Narva Russienne, pour la distinguer dela Narva Teutonique ou Alemande, qui est la ville dont onvient de faire la Description. Ce Bourg est habité par desMoscovites naturels, mais sujets à la Couronne de Suede.Olea-rius rapporte qu’étant à Narva en 1634. il eut la curiosité d’al-ler le 24. de May, veille de la Pentecôte, à la Narva Russien-ne, & d’y considérer les cérémonies de leurs anniversaires,c’est-à-dire , les devoirs qu’ils rendent aux Morts. Tout Je ci-metière, dit-il, étoit plein de femmes Moscovites, qui avoientétendu fur les sépulcres des mouchoirs, dont les coins étoientbordez de soyes de diverses couleurs, fur lesquels elles avoientposé des plats remplis de poisson rôti & frit, de flans, de gâ-teaux & d’œufs peints. Les unesfe tenoient debout, & les au-tres étoient à genoux, faiíànt plusieurs demandes à leurs pa-rens, versant des larmes fur leurs tombes, & témoignant leuraffliction par des cris épouvantables. Le Prêtre suivi de deuxde fes Clercs, fe promenois çà & là par le cimetière, tenant enfa main un encensoir, où il j étroit de temps en temps quelquesgrains de cire pour encenser les sépulcres. Les femmes luynommaient les parens & amis qu’elles Vouloient recomman-der à fes prières , le tiraillant pat le surplis pour avoir la préfé-rence. Le Prêtre s’acquktoit de cette dévotion fort légèrement,
& y appoftoit si peu d’attention, qu’il n’étoit que trop bleu