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Tome II. [E - O.]
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NOUR A QUES. Sauvages de l’Amerique Septentrionale.

Us demeurent loixante lieues ou environ au deiìus de i’em-bouchûre de la fameuse riviere de Wiapoco,& cultivent beau-coup de coton dont ils font des Amacas ou lits pendans, qu’ilsvendentaux autres Sauvages qui ont moins d’indutìrie qu'eux.

Us jouissent d’un air beaucoup plus Lin que ceux qui habitentprés du rivage. On trouve dans leur Contrée de certaines pier-res qui approchent en couleurs des rubis appeliez Rubis-balais.*Laët, Indes Occid. liv. 17. cb. 7.

NOVUM-CASTRUM. Nom que les Auteurs Latinsdonnent à Neucastle , ville d’Angleterre dans le Comté deNorthumberland ; à Neucastle , bourg dans le Comté de Stan-ford ; à Neucastle, village dans le Comté de Carmarthen, &à deux bourgs de í’Irlande qui portent le nom de Neucastle,l'un dans le Comté de Dublin , & l’autre dans celuy de Wick-lo. Ils appellent encore Novum Caflrum , Neufchâtel, Place dePicardie fur l’Aisne ; Neufchâtel, ville du pays de Caux enNormandie, & Neufchâtel, Place des Pays-Las dans le Comtéde Chini. Novum Cajhum ad Mofam, Neufchâteau, ville deLorraine aux frontières de Champagne.

NOVUM-CLAUSTRUM, Nom Latin de Nienclosterou Nevencloster, ville d’Aíemagne dans la Baíse-Saxe.

NOVUM - MON ASTERIUM. Les Latins appellentainsi Newmunster, Bourg d’Aiemagne dans le Duché deHolstein.

NOVUS MERCATUS. Nom donné par les Latins àNeufmarché, village de Normandie; àNeufmarket, bourgd'Angleterre, & à Novibazar , ville de la Servie.

NÒVUS-VICUS. Nom que les Latins donnent à Neuvi ,bourg de France dans la Puisaye.

NOYA. Ancienne petite ville d’Efpagne dans la Galice ,en Latin N oela & Novium. Elle est située fur la petite rivierede Tambre, à trois lieues de la côte de l’Ocean au Levant,à cinq de la ville de Composte Ile & à neuf du Cap de Fine-terre.* Maty , Ditt. de Hall. 1701.

NOYEN. Gros Bourg de France dans le Maine. II estsitué fur la riviere de Sarte à trois lieues de Sablé, à cinqdu Mans , à six de la Flèche, & tire son nom de la quan-tité de Noyers que l’on voit aux environs. C’est une Terrequi appartient à la Maison d’Elbeuf. Mémoires manuscrits.

NOYERS. Petite ville de Champagne dans la Sou-veraineté de Raucourt, qui étoit autrefois unie à la Prin-cipauté de Sedan, & où Ton trouve feulement pour lieuxremarquables outre Noyers , Angecourt , Haraucourt ,Raucourt, Vadrincourt 8c Telone. Noyers est entre deuxmontagnes , & situé fur la riviere de Serain dont il estpresque tout environné. On Ja passe aprés avoir traverséun grand Fauxbourg où les Pcres de Saint François ont unConvent des plus beaux. La ville ne consiste presque qu’entrois principales rues qui aboutissent à la grande Place. oùest le marché & la halle couverte, & un peu plus avant lagrande Eglise dédiée à Notre-Dame qui est la feule Paroisse.Les Peres de l’Oratoire ont dans Noyers une fort belle mai-son & une Eglise tres-bien ornée., avec un petit College.11 y a un Convent de Religieuses Urfulines dans la mêmerue. Proche des murailles de la ville on voie les restes d’unvieux Château, fort par sa situation qui est fur l’extrémitérì’une colline. Noyers que les Latins appellent Nuietum 8cNuceria est à trois ou quatre lieues de Tonnerre , à cinq deStralon, à sept d’Auxerre & de Semeur en Auxois & àvingt de Langres. * Jouvin de Roche sort, Voyage de France.Audiffret, Geogr. anc. & mod. tome r.

Cette ville est renommée pour avoir servi de retraite auxPrinces de Condé 81 à l'A mirai de Coligni pendant les guer-res des Catholiques avec les Huguenots, suivant ce que d’A-vila rapporte.

NOYERS. Abbaye de l’Ordre de Saint Benoît dans laTouraine , en Latin Nuccïia & Beata Maria de Ntueriis. Elleest située fur le bord Septentrional de h riviere de Creuse ,à quatre lieues de la ville nommée Isle-Bouchard vers l’O-rient Septentrional. On a crû qu’il y avoir quelques minesd’or dans le terrein de cette Abbaye à cause qu’il est chargé& mêlé d’or tres-fin que l’on sépare par des opérations dechimie ; mais on a ouvert la terre inutilement pour les trou-ver , les fosses qu’on y a creusées ont été remplies auífi-tôtde l’eau de la riviere.

NOYON. Ville de France en Picardie dans le Gouver-nement de l’Ifle de France. Elle est tres-ancienne, & fansparler de ce que quelques-uns veulent qu’elle ait été fondéepeu de temps aprés le Déluge, & que pour rendre la mé-moire de Noé recommandable en ces quartiers-là 5 ses for.-

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dateurs la nommèrent de son nom , on ne peut douter quede toute ancienneté elle n’ait tenu quelque rang parrny lesmeilleures villes de son temps, puiíqu’elle soutint le íiegede César il y a prés de dix-sept cens ans, & qu’elle luy don-na bien des affaires comme il le marque luy-même au secondlivre de ses Commentaires. La Capitale du Veimandois ,dite Augufta Vmmandorum ayant été ruinée par les Vandalesvers l’an 510. l’Evêché fut transféré à Noyon. Saint Eloyen fut Evêque fous le régné de Dagobert, & on l’encenadans l’Eglilè de Saint Loup que Clovis a voit sondée tnJ’honneur de 1 Evêque de Troye, compagnon de Saint Ger-main d'Auxerre. Au Concile de Troye en Champagne quifut tenu l’an 879. &où se trouva le Pape avec le Roy Louisle Begue, l’écenduë de cet Evêché fut fort aggrandìe. Ce sucalors que le Pape donna aux Flamans leur premier Evêque,c’est-à-dire , selon les termes de EHistoire, que les Flamans& les Tournaisiens furent soumis à l'Evêque de Noyon.Sous Hugues Capctcec Evêque fut fait l’un des Pairs Ec-clésiastiques qui portent le titre de Comtes. Baudouin V.fit bâtir le Monastère de Saint Barthélémy fur le mont desMonumens hors la ville, & il y mit des Chanoines de l’Or-dre de S. Augustin. Renaud LVII. fonda l’Hópital de S.Jean, auquel Jean de S. E'oy & Addefa femme attachèrentde grands revenus.Vers Tan 1178. le Roy Philippe, Filsde S. Louis jetta lapremiere pierre du Monastère des Char-treux au lieu appelle Mont Saint Louis ou Mont Regnaud.Cette ville a souffert de grandes pertes depuis qu’elle estsous la domination de nos Rois. Les Normans la pillèrenttoute l’an 859. & ne pardonnèrent pas même à son Evêque.Le feu la consuma presque entiere en 1131. avec une grandepartie de l’Eglise Cathédrale & du Palais Episcopal. Ellesouffrit le même malheur en 1152. &en 1218. & surprise en1591. par le Roy Henry le Grand sur ceux de la Ligue. LeDuc de Maienne la reprit deux ans aprés avec le secours desEspagnols , 8c Henry IV. y mit de nouveau le siège au moisde Septembre 1594. & elle luy fut rendue le i8.d’Octobre.L’Evêque en est Seigneur temporel & Pair de France. Cetteville fut choisie en 1516. pour y faire le Traité de paix entreFrançois I. 8c Charles a Autriche depuis Empereur. Elleest fur la riviere de Vorfe à vingt-deux lieues de Paris, àvingt de Rheìms, à quinze d’Amiens , à huit de Soiíîbns& à un quart de lieue de l’Oife, qui est une grande commo-dité pour la ville de Noyon située en un beau & bon pays.César la nomme Noviodmum Belgartm ou Smffìonum , & Pto-lemée Noviomagus Vadicaffìum. Aujourd’huy les AuteursLatins la nomment N oviomus 8c Noviomum. La Cathédraledédiée à Notre-Dame est médiocre & un peu obscure. II ya dans le Chapitre un Doyen, un Archidiacre , un Tréso-rier, un Pénitencier st cinquante-six Chanoines. Son Dio-cèse qui contient dix-scpt Abbayes, s’étcnd fur quatre censquatre Paroisses qui sont partagées en douze Doyennez Ru-raux, La Paroisse de Saint Martin est la plus grande de toutNoyon. 11 y a aussi les Abbayes de S. Eloy 8c de S. Martin,avec diverses Maisons Religieuses. La ville a aussi diversSièges dejustice&quatre Fauxbourgs.* André Du Chêne,Antiquités & recherches des Villes de France. Audiffret, Geogr.anc & moi. tome 2.

Noyon a été la Patrie de Jean Calvin né le 10.de Juillet1509. Gérard Cauvin son Pere, fils d’un Batelier & Ton-nelier de Pont l’Evêque prés de Noyon , l’envoya à Paris& il y sit fes Htrmanitez au College de la Marche, &. soncours de Philosophie à celuy de Montaigu. II fut pourvudés l’âge d’onze ans de la Chapelle de Notre-Dame de laGesine dans l’Eglife de Noyon , & lors qu’iî en eut dix huit,il obtint la Cure de Matteville qu’il permuta deux ans aprésavec celle de Pont-l’Evêque. 11 avoic un fort beau genie,une tres-grande pénétration d’efprit, beaucoup d’érudition,& le nom de Cauvin ne luy plaisant pas il prit celuy deCalvin. II alla à Bourges entendre le célébré JurisconsulteAlcìat, & ce fut laque la grande communication qu’il eutavec Melchior Wolmard Alemand Professeur en LangueGrecque qui étoit Luthérien , le fit tomber dans les erreursqui infectèrent une partie de l’Alemagne, de l’Angleterre& de la France. Appuyé de la faveur de Marguerite Reinede Navarre & Sœur de François I. il fe mit à dogmatisersecrettcment dans les maisons des particuliers & fe retiraenfin à Geneve où il aposlasia. II y dressa un Formulaire defa Confession de Foy , de la Discipline Ecclésiastique &du Catéchisme à 1 usage de ceux de sà Secte & y mourutaccablé de maux le 27. de May 1564. Monsieur le Prési-dent de Thoiunarque la mort de Calvin au 20. de May &