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que de Saint Claude, dont le Corps s’est conserve entier& incorruptible depuis plus de mille ans, avec ses entrail-les. Ce Corps est palpable, & quoyque trois fois le jouron ouvre sa Châsse pour faire baiser ses pieds au Peuple, lemiracle est íi continuel, que ni l’humidité de Pair,ni cellede s haleine des Pèlerins, n’y ont point encore causé decorruption. Ce prodige est a^eré, non seulement par laTradition , mais encore par le rapport qu’en firent lesAbbcz de Saint Martin d’Autun ,de S. Bénigne de Dijon ,Sc de Baulme en Franche-Comté, que le Pape Nicolas V.envoya visiter cette Abbaye en 1447- M. le CardinaldT.strées qui en est présentement Abbé Commendataire ,en parle en ces termes, aprés y avoir été en 1690. pour sa-tisfaire à une Délégation Apostolique , Tarn celebns /Matinjìpta vix mgícffos vcbementer ajsecit loti antiquitas , dìgmtas , rdi-gioseliquUrum mult'tudo atque praftantia. Eminetenim inter alusvenerandmn Sanfti claudii corpus , quoi ab amis plus mille , intac-tum & int grutn h and fine miraculi affervatur. Adfur.t itidem duo-dechn Abbatum relíquta,qui eximía pittatis causa cœl tibus adscnp-ti suât. Adnatum quippe ,&pene coœvum Francorum Imper,0 fu~rense c<xmbium,cateris omnibus Occidentalis Fcclefia Menaficriisfacempratulit & Disciplina regularis Normafuit.
Cette Abbaye, si considérable par les saints Dépôts quel’on y revere depuis treize siécles , ne l’est pas moins parles Privilèges qu’clle a obtenus des Souverains Pontifes.Le droit de Souveraineté dont elle a joiii jusqu’à Philippele Bon,qui luy en retrancha une partie,marque le hautrangqu’elle tenoit. Les bienfaits de l’Empereur Gratien,& de plusieurs Rois de France & d’Efpagne, fans compterles fondations de quantité d’autres Princes, font autant detémoignages de la distinction qu’ils en ont faite. II y adans la ville de Saint Claude une Justice particulière, dontles Officiers font à la nomination de l’Abbé; nul de sesVassaux ne peut se pourvoir en premiere instance à unautre Tribunal. Cette Abbaye est Chef d’Ordre, Sc juf-ques-icy elle a formé feule une Congrégation avec touslés Membres. II yen a encore plusieurs, dont la plupartfont en Commende. On fait voir par des Actes de prés decinq cens ans , qu’elle est en possession d’avoir un Cha-pitre General ; St par un Privilège singulier que luy ac-corda Nicolas V. chaque Religieux de Saint Claude a lepouvoir d’y entrer, d’y délibérer, & d’y donner son suf-frage, ce qui se pratique encore aujourd’huy. Elle releveimmédiatement du Saint Siégé, & c’est un Grand Prieur àvie qui la gouverne depuis qu’elle est en Commende. Ony fuit une Réglé mitigée fous l’Ordre de Saint Benoît.II y a déja fort iong-temps que la vie commune en est ban-nie. Chaque Religieux a son revenu séparé, & vit en par-ticulier. Leur nombre est fixé à vingt-quatre. Ils n ontpour habit que celuy d’un Prêtre , avec une maniéré decordon d’Evêque,où pend devant eux une croix d’ordela longueur du doigt; l’effigie de S. Claude y est expri-mée d’un côté, ce qui produit un tres-bel effet, lors qu’ilsfont au Chœur. Le Roy par ses Lettres Patentes de fan1668. non feulement reconnoît l’ufage des preuves deNobleíle, que chaque Religieux de Saint Claude est obligéde faire, & qui font établies dans cette Abbaye d’un tempsimmémorial ; mais Sa Majesté ordonne encore qu’elles feferont jufqu’au triíàyeul inclusivement ; ensuite elle con-firme les Abbez dans le droit & dans la possession d’anno-blir les Vassiiux & Habitans de leurs Terres. L’an 1699.M. le Cardinal d’Etrces usa de ce droit en’faveur d’unBourgeois de la ville de Saint Claude, auquel il accordades Lettres de Nobleflê,en luy érigeant en Fief une portionde Terre. Par ces mêmes Lettres le Roy confirme lesmêmes Abbez dans le droit d’accorder à leurs Vassaux desLettres de légitimation, de grâce & de rémission, en cas decrime, à la charge d u Reíìort & Souveraineté envers SaMajesté, & son Parlement de Besançon,■'qualifiant le Cha-pitre de Saint Claude d’unc des plus illustres Compagniesde l’Europe.
On appelle Mont Saint Claude , la partie du Mont fur a,quiest entre la Franche-Comté, le Pays de Gex, Sc une partiede celuy de Vaud, * Jouvin de Rochefort, Voyage d"Italie& de Malthe. Mémoires drfjfez,sur les lieux en ijo 6 ,
SAINT CLOU D. Bourg de France à deux petiteslieues de Paris , fur le bord deda Seine , en Latin FanumSantti >" ladoaldi. Ce fleuve semble n’y descendre par les dif-ferens contours qu il forme au milieu d une fertile cam-pagne, que pour luy servir de canal, Sc rendre en mêmetemps ses coteaux St fes jardins plus délicieux & plus agréa-
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blés. Le bourg est bâti fur un coteau élevé en demi-ct 01 ^fant, dont le pied fe trouve mouillé par la Seine. Dtraverse fur un pont de pierre où finit le chemin de Iduquelon entre dans une demidune de quatre vingt |fes de diamètre qui forme la Place d’Orleans. Cette a , sdonne entrée par une haute grille à trois portes égales 'les jardins bas d’un côté, & de l’autre dans les avantçodu Château par une avenue de deux mille pieds de 10 8fur soixante & quinze de large. Cette avenue est offl ,- {gée par de grands ormes,&garnie vers feutrée d une .palissade de charmille, qui fe perd à mesure que s elev.terrein. Le Château autrefois Maison de plaisance desieurs de Gondi, dont le dernier possesseur a été M c .Jean François de Gondi, premier Archevêque del 3 „fut acquis en ce lieu-là par le Roy le 8- d’Octobre \ 5 {(pour feu Monsieur , Duc d’Orleans, son frere un>HC’est un des plus beaux Palais de France. La situatiles vûës, les eaux, les bois, l’architecture , le marbre,sculptures, les peintures & les dorures, tout semble y 1 jmer un chef-d’œuvre , d’autant plus digne du Prince 4 ^l’habitoit, qu’il est l’ouvrage de fes foins. Le batiri^qu’on trouve dans une derniere cour, élevée en hauterafle plus longue que large, est composé d’un grand c Ij,de logis de centquarante-quatre pieds de façade, fp r ^Xante & douze d’élevation. On y a joint deux encoig°^ (res saillantes d’un entrepilastre , soutenues de deux §p spavillons, & d’un entablement d’ordre Corinthien-ces pavillons commencent deux ailes moins exhau> ^qui s’étendentpar une agréable fymmetrie jufqu'aux stiers de la cour. Elles fournissent par les balcons deavant-côtezdes vûës fur la plaine & fur Paris, qui P r jjytent de toutes parts des paysages que l’on ne peut 3 jbien décrire. L’orangerie , le labirinthe, les bos quet H (composent les jardins hauts &-les jardins bas, où fc £1 f,cette cascade fi admirable, qu’on la peut nommer le c j*d’ceuvre ds f hydraulique, font la beauté d’un ^prés de quatre lieuës de circuit. La verdure çk-s coJX; flla vaste étendue des sombres allées, la fraîcheur défie 1des eaux , l’agrément continuel des plus beaux foint 3tout y inspire une satisfaction digne de la richesse d eS .^partemens du Château qui ont été peints par le criMignard. ^ j ( f,
La merveilleuse cascade dont on a commencé de P iT ^est partagée en deux parties differentes. Ce que To« 0 1 jíme la haute cascade, a cent huit pieds de face fur auta 1pente, jufqu’à l’alléc du Tillet, qui y forme un latZpos, & la sépare de la basse cascade. Celle qui estélevée, a trois rampes, accompagnées de quatre dw^iespaces d’une égale proportion. Deux de ces espacé i { ìentre les rampes, & fervent à monter vers deux at ^fournies de leurs renforcemens. Les deux autres e*P $qui commencent à deux statues des Vents, s’éieve 11 £ jhaute terrasse, plantée de deux rangsd’épiciats, ap P L flcontre la palissade , dont toute la cascade est entoure^ jmilieu de ce bel ouvrage est orné d’une autre f a , qji'neuf gradins, disposez par autant d’étages , depuislustrade prés de laquelle ils çommcncent.Cette balui^Jjfe trouve à hauteur d’appui,®ne fur toute la fo.eshaute cascade, pour y former un grand balcon l a j| ^étendu, où l’on descend du petit canal, qui fert-là “íervoir. On découvre en cet endroit tous les jarcssiA jjSc jusque dans la plaine. La vûë y pénétre par <ae i )0 idcime des arbres, qui dans les deux cotez font t> ier L fiélevez que le balcon qui surmonte cet admirable E ^ jOn a pose fur le milieu de cette balustrade deuxdemi-couchées. L’une reprefente le Dieu de la Se 11 * j f sl’autre sert de symbole au Fleuve de la Loire* * ei a ii'extrêmitez de la même balustrade, font élevées qu atI _tres statuës, qui reprefentent Hercule avec desFauft efigures du Dieu de la Seine & de celuy de la Loi* e e fl- appuyées chacune fur une grande Urne, d’où comwfT^y,à couler les belles eaux, dont l’élevation , le rabaiíst $les faillies, les chûtes, les fuites, les contours & st scausent une attention qui ne donne pas moins de P^íque de surprise. Leur premier ester forme dans cetteune grosse gerbe à vingt jets de six pieds de haut,tre-vingt lignes de sortie. L’amas des lances qui la csent, fait à l’on retour une premiere nappe,qui tom c ^un bassin , où l’on a placé sept bouillons de quatrepieds d’élevation , fur douze &dix-huit lignes d aja (í }La confusion, des eaux qui, sortent de cette gerbî &