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Tome III. [P - Z.]
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pieds de face, d’où s’élevent deux bouillons de cinq piedsqui portent dix-huit lignes d’ajustage. Leurs nouvelleseaux confondues dans le déluge de ces divers masques,augmentent encore la premiere nappe de la cascade, quidans cet endroit seul est élevée de dix-sept pieds. Cettepremiere nappe est cintrée dans le milieu, & tombe furune seconde table de vingt-deux pieds de largeur. 11 encoule une autre nappe droite fur une troisième table,qu on a réduite à quinze pieds, pour donner plus de grâceà celles d’au-dessus, & faire une diminution plus sensibled avec la plus élevée. Toutes les tables font enfoncées en-tre les pilastres, qui commencent les rampes de la cascade,& ces rampes font soutenues d’un gazon par dehors , quidiminue à mesure qu’elle se retreffiifent vers les Dauphinsqifon voità la tête du canal. Pour mieux orner le fond decette belle cascade , où les eaux coulent en nappes dispo-sées par étages, plus saillans les uns que les autres fur unehauteur de prés de quinze pieds, on a encore attaché auxdeux pilastres qui donnent l’appuy à ces tables, de largesbassins taillez en coquilles. II semble que les eaux de lahaute cascade doivent être épuisées par la multitude & parla confusion des nappes qu’elles font couler dans la baise,& que tous les lieux d'alentour doivent être secs, stériles& arides. Cependant les nouvelles nappes qu’on volt naî-tre des pilastres dont les rampes font appuyées, les mas-ques placez au dessus de ces nappe’s & les bassins en chan-delier, qui servent de comble aux pilastres d’une curieusearchitecture, font connoître que ces eaux sont encore tres-abondantes. Chaque pilastre est bâti de pierres refenduespar bossages, entre lesquelles on a placé de grandes tablesde rocailles, qui diminuent à mesure que la rampe estmoins exhaussée. Ces tables font au milieu d’un corpsd’architecture bordé par le haut , & à fleur d’eau d’uneplinthe chargée de glaçons semblables à ceux des autrestables qifon a placées entre les consoles, qui donnent l’ap-puy aux nappes du fond. On a porté fur le haut de cha-que pilastre un bassin de quatre pieds de diamètre, élevéfur un pied d ouche qui en fait le couronnement. Unbouillon de cinq pieds fur dix-huit lignes d’ajustage s’enélève & fournit seau du masque, dont la décharge couvrela premiere coquille qu’on a jointe à la seconde nappe dufond. Cette coquille est posée sur un groupe de trois con-soles, ornées d’une autre plinthe aussi taillée en glaçons.Elle répand encore son eau par une nappe dans un bassinformé de trois coquilles rassemblées, faisant un tour dedix-sept pieds fur huit de saillie &cinq de chiite. L’eaus’cn précipite avec la derniere nappe de ce même fond ,dans le grand bassin où son agitation la pousse 8c semblefabîmer.

Les pilastres les plus proches de ces derniers font égale-ment chargez d’un bassin dont les eaux coulent dans unmasque , qu’on a attaché au dessous du chapiteau , pourrendre le mélange de ces lances plus agréable 8c moinsconfus. A six pieds de ces pilastres on en trouve un moinsélevé, où l’on a joint un grand massif d’une admirablestructure. II est garni dc trois consoles de face & de deuxde profll, ornées d’écailles de poisson & de feuilles d’eau,entre deux plinthes, & chargées aussi de glaçons. Ces con-soles supportent un autre groupe de trois coquilles, quiforment un grand bassin de vingt-deux pieds de tour furhuit & demi de saillie. II en tombe une nappe de cinqpieds de chute, que la séparation des coquilles fait coulercomme si elle étoit déchirée. Les eaux de cette nappe des-cendent de trois pieds plus haut, d’une autre coquille àoreille, également appuyée fur un second groupe de con-soles. Elles paraissent encore à travers la nappe, qui aonze pieds de tour, & qui vient du bassin en chandelier,dont le bouillon se termine en nappe seulement en cet en-droit. C’est de cette nappe que tombe l’eau dans les bas-sins qui font au dessous, au lieu de tirer la chiite du mas-que d’où viennent les autres lances dont on a déja parlé.A la distance de six pieds desdisserens piédestaux qui par-tagent ce fer à cheval, on apperçoit un pilastre semblableà celuy dont l’ornement n’est composé que d’un masque.L’eau du bassin qui le surmonte produit en ce lieu le mê-me effet que dans les autres bassins, 8c forme une lance,dont le jet n a pas moins d’agrémens que la hauteur dubouillon qui luy donne naissance Le piédestal qui fe trou-ve à six pieds de ce pilastre, est long de cinq pieds, furdeux pieds 8c neuf pouces de large. II porte un dragonMarin, 8c sépare en deux bassins inégaux le grand réservoir

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en fer à cheval. Une rampe de quatre pieds de haut,íant vis-à-vis le canal un demi-cercle de vingt 8c une tonsde tour, forme tout ce partage. Cinq nappes d’ineg 3 *proportion , divisées par quatre bas pilastres, font P a J. 'l’eau fur cette rampe pour en tomber avec plus de rapid*^par dix-huit pieds de saillie dans un second bassin. L* P r °digieuse quantité des differentes eaux qui s’y précipite 1 ”les lances des grenouilles élevées fur ces bas pilastrescelles des dragons marins qui s’y rendent de dessusdeux piédestaux, tout y excite un murmure si bruyanttoutes parts, que la chûte du plus rapide torrent causer 0à peine un aussi grand bruit. Le second bassin se déchasgdans un troisième par une autre nappe de huit toises d ^tendue, qu’on a élevé de trois pieds fur une rampe égd®ment garnie de tables de rocailles. Deux doubles pilais ^amortisd’autant de Dauphins ornez de leurs lances, co^posent les encoignures, où aboutissent les basses rampes 0fera cheval, & soutiennent la nouvelle nappe qui le fero 1 ®'Elle commence feutrée du canal, où les eaux femh*®s’engouffrer avec plus de violence, en blanchissant fur u”derniere nappe qui les réunit, & dont la forme est uq narré à oreilles d’une largeur semblable à la précédent®'Cette nappe coule aussi par dessus une derniere rampetrois pieds d’élevation, & tombe enfin dans le canal, i° n |de deux cens pieds & large de cinquante-quatre. ToUtles eaux paraissent alors suspendre leur mouvementrester presque ensevelies dans cette espece d’abîme, 0mille chutes di/erses les ont précipitées du haut degrande cascade , comme íì elles ne dévoient jamais et 'ranimées dans les deux boulingrains qu’on a disposez p°°la décharge de ce canal. Un demi ovale de vingt toise 5long sur quinze de large, 8c garni dans ses extrêmitez 0deux nouveaux jets de quinze pieds de haut fur do°^lignes de sortie, termine & fini t ce canal, qui est envir 0 ^né d’une rampe unie de cinq pieds de hauteur, où 1’°° .jpareillement taillé une plinthe ornée de glaçons, 8c ®rs’étend entre deux hautes palissades de charmes 8c de b*' 1 ’embellies de quelques statues modernes jusqu’à l’allée 0portiques. Cette allée conduit à la grille du Pont de S 3ltlCíoud & fur la Place d’Orleans. Ce qui reste de la me* 1 ^allée jusqu’au bord de la Seine, est tapissé d’un gazon l* r ê,8c épais, 8c bordé dc' plusieurs bancs, pour admirer dcplus commodément le rare artifice, par lequel tant 0belles eaux font élevées. Ce canal est encore garni 0douze gros bouillons de quatre pieds & demi de haute 11fur douze lignes de sortie.

Au milieu des deux boulingrains de trente-cinq toi*de largeur, fur cinquante de longueur, on découvrebassin rond de cinquante-quatre pieds de diamètre ^cent soixante & deux de tour, d’où naît un rocher en Pqramide de sept pieds de hauteur. Son élévation esttant plus belle qu’elle est admirablement variée par f* 0 ^galite des nappes qui Je couvrent. La plus haute de tr°pieds de chûte , & qui se trouve plus basse d’un pied sshcelle qui luy est inferieure , appuyé fur un diamètre 0sept autres pieds, posé sur un moins élevé qui en a tre* 3L’art y a formé huit pans égaux, alternativement orneznappes, de gueules-bayes & de rocailles. Ces diverélévations, ces coupures si differentes, ces bassins d’un ol jjmétré inégal, ces rochers si bien imitez, & ces napp® s

abondantes, font enfin couronnées dans l’extrêmité ®K

pyramide, par un large bouillon de six pieds de faillie-

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quatre pouces d’ajustage. C’est ce qui termine c-es cal 1, (des, jusqu’à présent le plus riche comme le plus fç 3 ^effet de l’Hydraulique. On les peut regarder commechef-d’œuvre qui ne sçauroit être assez admiré, soit p 3 ®distribution des deux cens vingt-deux toises d’eau cU°*qui font le nombre de cinq mille huit cens quatre-vi 0 ^quatorze muids d’eau qu’elles dépensent par heure , cpassant par huit soupapes, dont quatre font de douze p°- cces de diamètre ,deux de dix & deux autres de huit, ^parla diversité des objets qu’elles produisent depuis * e vcommencement jusqu’à ces rochers qui les finissent. j',est tiré d’une Description tres-exacte>qui a été faite d ebelle Maison de Saint Cloud par les ordres & fous le 5mieres de feu Monsieur , par M. Harcouet de Longevuqui avoit l’honneurde travailler auprès dc ce Princequalité de son Conseiller & Historiographe. ^

Le Bourg de Saint Cloud est aussi ancien que le K.oy sme. U portoit autrefois le nom de N.‘gent, 8c on n’a cn .gé çç nqm que pour honorer la mémoire de C1odo°