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venir au Pontificat employa dans le Conclave âpres lamort d’Innoccnt VIII. arrivée en 1491. les grands biensqu’il avoir pu amasser, afin de fie faire des Créatures. IIprit le nom d Alexandre lors qu’il eut été élu. II fit d’a-bord des Ordonnances tres-saintes pour Fadministrattonde la Justice & pour le soulagement des Peuples, mais il nese déguisa pas long-temps, & ternit par les crimes les plusnoirs féciat des bonnes qualitez qu’on luy avoit remar-quées avant son exaltation. II s’abandonna atout ce quel’avarice & l’ambition luy suggérèrent, vendant IcsBene-fices, usurpant les biens qui l’accommodoient & faisantmourir fans aucun scrupule ceux qui avoient le malheurde luy déplaire ou qui n’approuvoient pas fa conduite. Desi grands désordres attirèrent enfin fur luy la vengeance duSeigneur. II avoit invité une grande Compagnie à souperdans une maison de campagne du Cardinal Adrien de Cor-netto, qu’il avoit dessein d’empoisonner avec quelquesautres Cardinaux. Le Duc de Valenfinois son fils avoitdonné à un de ses gens une bouteille de vin , mêlé de poi-son , avec ordre de n’en faire boire qtf à ceux qu il luymarqueroìt. Celuy-ci favoit laissée à un autre. C étoit aucommencement du mois d’Août, il faifoit tres-chaud , &le Pape arrivant tout en feu, demanda à boire. On luydonna de ce vin empoisonné , & le Duc de Valentinois enbut aussi. Us fe sentirent presque auíli-tôt 1 un & 1 autreviolemment tourmentez. On courut au remede, & le Ducde Valentinois s’étant fait envelopper dans le ventre d unemule, fut assez heureux pour vaincre la force du poison ;mais Alexandre qui étoit dans fa soixante & douzième an-née n’en put échapper. U mourut le 18. d Aout 1503*
eut lePapePie III. pour Successeur.
Louis Jean Vives étoit de la même ville de Valence, ocl’undss plus fçavans hommes du XVI.fiécle. Apres avoirfait fa Philosophie à Paris, il alla à Louvain où il enseignalong-temps les belles Lettres avec une approbation gene-mle. Il passû de là en Angleterre, retourna en Espagne, temaria à Burgos, & étant revenu en Flandre, il mourut aÏIruges versTan i;;6. Nous avons de luy divers Traitez,recueillis en deux volumes in folio.
U y a trois autres Citez dans ce Royaume outre Valen-ce , fçavoir Orihuela, Segorve & Xativa. Les autres villesPrincipales font Alicante, Albaidia, Alzira, Bemfato , Bel-geida, Benicario, Biar, Borriana, Carcassens, ContaynaLsonia, Elche, Gandia, Leria, Morvedre ,Montefa,Oliva,Saint Mathieu ,Villareal, Villar , Xelua, Xena & x ' xona '
Les principales rivières du Royaume de Valence sont leGuadalaviar, le Xucar, le Morvedre, la Segura & le Millas.L y en a encore plusieurs autres grandes ou petites, yu-qu’au nombre de trente-cinq. L’air de ce Pays esttempéré , & plus agréable qu en aucun lieu de 1 Etpagne,de forte qu’en toute saison, & même dans le mois de Jan-vier, les habitans ont les mains pleines de fleurs. Qss3 ntterroir on ne voit au dedans de ce Royaume que monta-gnes & rochers ; mais les vallées font fertiles & les plainesa gréab!es. La plupart des bleds fe tirent de la Sicile, P arc ^tsoe le Pays en manque ; mais en recompenie on y ìecueitant de sucre, devins & de fruits de toutes fortes, tanifie ris & d’huile , & une si grande quantité de íoye, quec e que le Royaume de Valence fournit aux autres rov inces , surpasse de beaucoup ce qu’il cn reçoit, aes a -tans font d’un esprit doux ôt traitable , magmnques achoses publiques,délicieux en leur particulier, Religieux& dévots. Lc jour de la Fête de S. Mathieu, âpres le 1er-vice de l’Eglife^, ils ont coutume de fe transporter sous egibet ,d’où ils enlèvent les corps pendus ou tombez, & ra-massent leurs ossemens , qu'íls font porter avec les ceremotries ordinaires auCimetiere commun des habitans.^ __
Le Pays qui a formé le Royaume de Valence a et ®
ciennement en partie le séjour des Celtiberes qui oc . Psent Segobriga ou Segorve, de même que Belgi a >^iedetains de Ptolemée qui habitèrent Morvedre ogunte & Liria, Se des Contestains du même Ptolemee, qfiemeurerent dans la ville de Valence. On tient q ue .compter cette ville, il y avoit en ce Lays-la vingt-ueu^?file soixante Sc douze maisons de nouveaux ChrJaurès qui faifoient semblant de l’être, du rempsqMonfques étoient encore en Espagne , & encre ^
5, mille hommes propres à prendre les "tiens,
t»? & tr °is mille huit cens trente-deux vieux«e sorte q Uc depuis leur départ ce Royaume paroitcoup moins peuplé qu’auparavant. II y a cinq Comp g
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de Chevaux Iegers pour garder la côte, Se un Régiment daGouverneur. L’Empereur fit faire tout le long de cettecôte environ vingt-fept Tours aux lieux ncceíiaires. Ontient deux Soldats Se un homme de cheval en chacune decesTours,& désqu’ils découvrent quelques voiles de Cor-saires, les Soldats font des feux Se donnent d'autres signaux,par lesquels toute la côte est avertie en fort peu de temps.Si les Corsaires veulent prendre t eççe , le Cavalier courtdonner avis aux Chevaux Iegers, qui font prêts par trou-pes, chacune de vingt. Les Maures ayant occupé long-temps ce Royaume, Jacques Royd’Aragon, vint enfin àbout d’en chasser le Roy Zahel ou Zaen fan irz8-apréîavoir pris Valence, avec toutes les Villes & tous les Châ-teaux qui font au-deça du Xucar,& alors il y eut cinquantemille Maures, qui furent contraints de sortir de la ville deValence, aprés quoy il fut ordonné à tous les autres de feretirer hors du Royaume, de forte qu’il en partit soixantemille hommes en armes, quife répandirent par les Royau-mes de Murcie & de Grenade, & par la Manche d’Aragon.Toutefois il en demeura beaucoup fous lapparence d’a-voir embrassé le Christianisme, comme on le vit fan 1610.lors que les Morifques sortirent d’Efpagne. S.i Majestétient en ce Pays un Viceroy qui fait fa demeure à Valence..II doit être changé tous les trois ans. Ce Royaume dépendde la Couronne d'Aragon , de même que la Catalogne,Jacques Roy d'Aragon, qui mourut en 1317. ayant ordon-né que jamais on ne pourroit désunir les Principautez d’A-ragon , de Valence & de Catalogne. Audi ces Royaumesont ils de grands Privilèges. Us sont gouvernez presque enforme de République, reconnoissant seulement le Roypour Chef. * Davity, Valence.
On appelle Golfe de Valence , la partie de la mer Méditer-ranée qui est le long des côtes du Royaume de ce nom enEspagne , entre f embouchure de PEbre & le Cap qu’onnomme laPuntadtí Emperador. Les Latins f appellent SinusValent mus ou Sucrencnfis.
VALENCE. Ville de France dans le Dauphiné, capitaledu Valentinois, à sept lieues de Die, à neuf de Viviers Scà onze deVicnne, entre ces deux dernieres villes. Quel-ques-uns tiennent qu’elle a été bâtie par Romus, 61 s d’Ál-lobrox,Roy des Gaules. Elle est appellée par les LatinsValencia Sagdamorum , & a été autrefois une Colonie desRomains. César y fit élever deux fils qu’il avoit eus d’uneDame Gauloise, & aprés qu’Auguste f eut érigée en Colo-nie du Droit Militaire, on la nomma fulia augusta Valencia.LcsGots qui s’en rendirent les maîtres aprés les Romains,en furent chassez par les Bourguignons. Amilien ou Emi-lien en a été le premier Evêque. 11 vivoit du temps de Mar-celin, Archevêque d’Ambrun. En 1182 FEmpereur Fré-déric II. donna les droits de Régalé dans la ville à un autreEvêque nommé Eudes de Retortour, & en 1275. FEvêchéde Die luy fut uni fous Amedée de Rouflìllon. Le RoyLouis XI. y fonda une fameuse Université en 1452. princi-palement pour le Droit & la Faculté de Medecine. La rési-dence que Cujas y a faite assez long-temps avec FrançoisRavalde, autre Jurisconsulte d’un fort grand renom, farendue fameuse. L’Evêque est Seigneur du Temporel &du Spirituel, non feulement de la ville, mais de plusieursautres lieux du Pays. U prend le titre de Comte, & estsuffragant de f Archevêché de Vienne. 11 y a outre celadans Valence Senéchauffée & Présidial du Ressort du Par-lement de Grenoble. On divise ordinairement Valence enville & en bourg. Us font tous les deux aux bords du Rhô-ne. Le bourg qui est dans un bas est arrosé de ruisseaux &d’un grand nombre de sources, qui rendent les jardinages
S iui font le long de ce fleuve toujours verdoyans. 11 estermé de doubles murailles fortes & de hauts rempartsavec la ville , dont le séparent un petit ruisseau qui passedans les fossez & une muraille qui paroît tres-ancienne.On monte quelque peu du bourg pour y entrer, quoy quetoute la ville soit fur une petite plate-forme. Ses rues sontfort étroites, & vont presque toutes en serpentant. Ontrouve d'abord l’Abbaye de Saint Rus, Chef d’Ordre qisifuit la Réglé de Saint Augustin. Plus avant est le Marchéappelle la Pierre, à cause que tout le bled qu’on y vend estmesuré dans des mesures creusées dans des pierres. Cemême lieu fait une belle terrasse qui donne f aspect duRhône, au dessus duquel elle est un peu élevée. On voitde là toutes les grandes prairies dont il est bordé, & plu-sieurs jardins qui font au pied de cette terrasse, arrosez dediverses sources, dont les eaux sortent de dessous en abon-
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