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Tome III. [P - Z.]
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Valsée dans la Basse Autriche a porté le mëme nom ; maisLazius n’en demeure pas d’accord , & croit que c’est duLac raunzee dans la Balle Autriche que 1 Itinéraire d’An-tonin fait mention. Charles III. Roy de Naples, qu onavoit aussi déclaré Roy de Hongrie, ayant été blesse à latête à Bude fan 1386. par les pratiques d’Isabeau, veuve deLouis Roy de Hongrie, à cause qu’elle vouloir faire regnerSigismond son gendre, fut porté dans le Château de Vice-grad, où on f étrangla en feignant de vouloir mettre unappareil à fa blesseure.* Edouard Brown , Anglois, Voyagede Vienne a Lanffe. Hist. & Defcr. du Royaume de Hongrie, Itv. Z.: 688 .

VICEMILOW. Ville d’Alemagne dans la Bohême. Onl'appelle d présent N imburg. Elle est fituée sur l’Elbe.

VICENCE ou Vincence. V ille d’Italie dans f Etat de V e-nise , capitale d’un petit Pays dit le Vicentin , à dix-huitmilles dc Padoue, à trente de Verone & à quarante deBresse & de Feltri, en Latin Vincentia, Vicentia ou Vicetia. SonEvêché est suffragant d’Aquiiée. Cette ville est trcs-an-cienne , ayant été fondée 324. ans avant la naissance deJesus-Christ. On dit que les Euganéens en font les Fon-dateurs, que les Henetiens font habitée, & que les GauloisSenonois font augmentée. II est certain qu’elle a été fortestimée des Romains. 11 s luy donnerent le droit de Bour-geoisie Romaine, ensorte que les habitans de Vicence pou-voient occuper les premieres Charges de la République,comme plusieurs les ont occupées en effet, & entre autresîe Consul Cecinna, General de f armée de f Empereur Vi-tellius. Elle a eu aussi les noms de Cité & de République,& f est vue fous la protection de Brutus & de Cicéron, cequi fait connoître qu’elle a fleuri pendant que fEmpireRomain a été dans fa splendeur, mais elle perdit beaucoupde son lustre dans fa décadence & fut exposée à bien desmalheurs. Les Lombards en furent les maîtres, & ensuiteelle eut ses Ducs & ses Comtes. Les Empereurs eurent tou-jours de f estime pour les Vicentins, & quand Othon Royde Germanie eut défait les Troupes de Bercnger, il leurdonna le privilège d’élire eux-mêmes leur Podestat Sc dene suivre que leurs propres Loix. Elle ne jouit pas long-temps de ce doux repos, qui fut troublé par la jalousie defes habitans. Les guerres civiles & intestines la réduisirentà une déplorable extrémité, & f Empereur Frédéric Barbe-fousse à f esclavage; mais fêtant unie avec Padoue & Vé-rone, elle secoua le joug, se joignit à Milan, & aprés avoirconclu la Ligue fameule des villes de Lombardie, elle aidaà battre fEmpereur Frédéric, qui fut contraint de consen-tir à une Paix que f Empereur Henri son Successeur confir-ma. II y avoit alors une tres-belleUniveriitéàVicence, fré-quentée d’une infinité d’Etrangers. La guerre que Frédéric

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II. fit au Pape fut la cause de la ruine & de la désolation deCette Université & de la ville mëme. LesScaligers vinrentensuite & la rétablirent ; & aprés être tombée lous la puis-sance de differens autres Seigneurs, elle fe rendit enfin fan1304. à la République de Venise, qui fa toujours possédéedepuis. II est vray que fEmpereur Maximilien la prit en1509. mais elle fut rendue aux Vénitiens par la Paix de1516. Vicence a quatre milles de circuit, &ía forme ras-semble assez à la figure d’un scorpion, étant beaucoup pluslongue que large & ayant le milieu plus grand que les ex-trêmitez. On y compte cinquante-sept Eglises, dont qua-torze font Paroissiales, dix-sept desservies par d-s Reli-gieux & douze qui appartiennent à des Monastères de Fil-les. Cette ville est devenue tres-florissante, à cause de sasituation avantageuse dans un Pays qui produit toutes cho-ses en grande abondance. Elle est arrosée des rivières na-vigables de Bacchiglione & de Rerone, entre lesquelles estle mont Beric qui fait une partie des monts Euganéens, &des ruisseaux ef Astigelle & de Ceriola qui apportent degrandes commoditez à fes habitans, pour faire tourner lesmoulins à papier , apprêter la foye, battre le fer , faire1 huile cfolive , & pour conduire les barques en differensendroits de la ville qui a doubles murailles Les plus vieil-les ifen renferment que la moitié , par où les Euganéenscommencerent à la bâtir. Ils f aggrandirent depuis, corn-ue on le voir par la seconde muraille qui est défendue dequelqu^ tours quarrées avec leurs créneaux & d un largefossé rempli «seau en quelques endroits. Les plus remar-quables des sept Places que son compte dans Vicence, sonties des environs du Palais public & du Dôme.Les cham-7 es & les salles de ce Palais font si grandes, qu on ne peuts empêcher d’admirer f esprit de son Architecte, en ce

qtfelles ne sont soutenues d’aucun pilier, le dessous servantde Halle couverte & de demeure à quelques Marchands.

La Tour de son horloge est surprenante pour sa hauteur,

& encore plus par îesornemens qui paroi sien t en dehors& pour fa grosse cloche , qui se fait entendre dans tous lesquartiers de la ville. Au pied de cette Tour est le grandPalais du Podestat, devant lequel 011 voit la haute colomnede marbre qui porte le Lion de Saint Marc en bronze doré.Prés de cette colomne est f Eglise de Saint Vincent,où sontquelques tableaux & étendards qu’on porte processionnel-lement par les rues dans les Fêtes solemnelles. JLeMont dePieté est un grand bâtiment de la même Place. Dans leMarché aux herbes qui est spacieux, 011 voit un grand Por-tique & une Tour baffe tres-bien bâtie, qui méritent qu’ons’y arrête. La Place où est le Dôme est considérable , legrand Palais de FEvêché étant d’un côté ,& cette EgliseCathédrale de sature. Son Maîre-Autel est soutenu deplusieurs colomnes avec leurs corniches d’un marbre tres-rare. Au milieu du Chœur sont deux Sépulcres tres-an-ciens i & une grande coupole s’éleve a t? dessus couverte deplomb. L’Eglise est environnée de plusieurs Chapelles sortornées, & fa voûte est remarquable pour fa hauteur Sc poursi largeur. II y a tçus les ans à Vicence une Foire fa-meuse, qui dure depuis le 15. <f Octobre jusqu’à la fin dumême mois. Elle se tient dans une grande Place qu'on ap-pelle Campo Marzo. Cette Place est hors la ville & entouréede sossez. L'on y entre par une porte qui est un Arc deTriomphe, que le fameux Architecte Palladio a élevé furle modelé des Anciens. Toute la Noblesse va s’y prome-ner en carrosse les soirs en Eté. Le même Palladio y avoitélevé un admirable Théâtre capable de tenir trois milleperfofmes assises. On n’en voit plus que quelques ruines.

11 y a un Portique à son entrée qui est assez beau. Le Pontde Notre-Dame des Anges est f un des plus beaux des huitqui sont dans la ville. Entre le grand nombre <f Eglises, deConvens,& autres Maisons Religieuses qui sont à Vicence,on peut voir celles des Jésuites ,des Carmes, de S. Jérôme,de Sainte Marie des Anges, de Sainte Marie d’Aracseíi ,deSaint Pierre , de Saint François , de S. Thomas & de SainteLucc,qui est dans le fauxbourg du même nom où sont deuxgrands Colleges. Le Con vent des Dominicains est célébrépour les doctes Personnages qui en font sortis. Jérôme Ca-pugnan, grand Philosophe & qui a mis au jour plusieursVolumes de Théologie & d’FÍistoire dltaSie , y a fait se$études. 11 y a à Vicence une Académie de Gens de Lettresappeliez Gli-Olimpici. En sortant de la ville par la porte ap-pelléc du Mont , on trouve d’abord un grand Portique toutde marbre enrichi de colomnes & de figures, qui donneentrée à un grand escalier de plus de cinquante degrez demarbre, où étant arrivé on découvre à gauche quelquesMaisons de plaisance à travers les collines agréables, quisont plusieurs petits vallons où tout croît en abondance,fur tout la vigne qui porte du vin le plus estimé de toutf Etat. Entre ces lieux de plaisance, la maison du Marquisde Caprara est remarquable. C’estun édifice tres-propre Scbien entendu. Le bâtiment est quarré. Le centre est unsaison , accompagné de quatre appartemens aux quatrecoins. Ils sont extrêmement réguliers & ornez de bellespeintures, qui jointes à la situation de la maison fur unepetite hauteur,ne contribuent pas peu à la rendre agréable»Le Jardin du Comte de Valmanara est aussi à voir. On ytrouve un canal, des cabinets & des parterres faits à plai-sir. U y a fur tout une tres-belle allée de citronniers & demaronniers. De là on arrive au magnifique Couvent deNotre-Dame du Mont Beric. Les richesses de son Eglise,la quantité de lampes d’argent, de tableaux , de chande-liers , de bas reliefs & de colomnes de marbre, dont sonAutel est orné, font que dans fa petitesse elle passe pour unedes plus belles d’Italie. II y a encore une chose dignede remarqge prés de Vicence fur le chemin de Padoue.C’est une grotte appellée ll Cubalo. Elle est taillée dans leroc, & n a pas moins de sept mille pas de longueur. Ontient que si quelqu’un y entroit fans lumière, st scroit in-failliblement perdu pour toujours. On y voit aussi dessources d’eau vive, qui pétrifient, à ce qu’on dit, tout cequ’on y jette ; cependant elles ne laissent pas d’avoir dupoisson. Outre cda il y a de certains antres, d’où il foreun vent si violent & si froid, que dansles plus grandes cha-leurs de f Eté on croiroit être en Hiver, si on y ctoit ex-posé. * Jouvin de Rochefort, Voyage d‘Italie & ds Maltbe «Lassels, Anglois, Voyage d’Italie, Déliées d'Italie,