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Tome premier. A - B.
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s’y sont autrefois passées. Ce fut dans cette provincequ’Alfonse I da ce nom, roi de Portugal, gagna en113 9, la célébra bataille d’Ounque, contre cinq rois ougénéraux maures. A l'égard des troupes qui sont dansl’Alentejo, il y a deux Ueutenans généraux , un généralde cavalerie, huit compagnies de cavalerie, chacune decinquante maîtres , & cinq régimens d’infanterie de 500hommes,chacun en dix compagnies. Les officiers del’ar-tillerie consistent en un lieutenant général, trois capitai-nes , sept aides, quatre connétables & cent cinquante•canon iers, que l’on distribue dans les villes d’Evora ,d’Elvas,de Campo-Mayor,d’ 0 . 1 ivença, de Villa-Viciosa,cì’EstremoSjode Moura, de Castello-do-Vide, de Mou-raon, de Serpa & d’Aronches, qui sont les principalesde cette province. * Com. Diòt. 8 c le Quìen de la Neuv .Hist- Gen. de Portugal..

A LEON & Aleos, selon Plin. 1 . 5 c. 29 riviere d’Asiedans l’Ionie. Elle arrosoit la ville Erithr ^que l’on croit êtreaujourd’hui le village de Gesmé dans la presqu’iile, quiest au couchant de Smyrne. Les anciens attribuoienr àses eaux la vertu de faire venir du poil au corps.

ALEP, Aleppo , Halab , selon Corn. Dict. la plus■grande ville de la Syrie, sous la domination duTurc.Quelques uns veulent que ce soit l’ancienne Hierapolis ,qui étoit le siège d’un archevêché, sous le patriarchat<f Antioche. D’autrcs disent que c’est Berrcea , & les chré-tiens du pays sont de cette opinion. Elle est située danslin assez bon terroir à 22 lieues d’Alexandrette & de lamer de Syrie. Les auteurs latins la nomment Alcpum &Clialybon 3 8 c les Arabes Aleb. Les Sarrasins la prirentí’an 15 de l’hégire de Mahomet, qui est environ l’an637 du christianisme , sous le régné dTleraciius empe-reur de Constantinople. Nallìr Eddin, p. 93 , qui lanomme Halab , la mer à 72 d. 10' de longitude & à 3 5.d. 50' de latitude dans le 4 e . climat: mais par des obser-vations plus recenses, elle est de 35 degres plus orien-tale que l’observatoire de Paris, & à 3 6 degrés de lati-tude septentrionale. * Observât, du pere Feuillée 3 p.697.

Cette ville , selon Tavernier 3 voyage de Perse, t. 1. 1 .

2. c. 2. est bâtie sur quatre collines. Le château est surla plus haute, qui fait le milieu d’Alep & qui est soute-nue par des voûtes en quelques endroits,pour empêcherque la terre ne s’éboule. Ce château peut avoir cinq ousix cens pas de tour, & ses murailles & ses tours, quoi-que de pierres de taille, sont d’assez peu de défense. Onn’y peut entrer que par une porte, qui est du côté du midi,sans pont-levis ; 8 c l’on s’y rend fur quelques arcades quitraversent le fossé , profond d’environ six ou sept toises,ïl n’y en a gueres que la moitié où l’eau se puissearrêter j encore est-ce une eau croupie, qui ne coulepoint ; le reste du fossé est sec. On tient d’ordinaireune forte garnison dans cette place où il vient de Teaupar un canal, des fontaines de la ville. U n’y a dans leterritoire d’Álep , pour toute riviere qu’un petit ruis-seau que les Arabes appellent Coïc , qui arrosse tousles jardins, où il croît des fruits en abondance, & par-ticulièrement des pistaches plus grosses 8 c d’un goûtplus relevé que celles qui viennent proche de Casbin.

Au défaut d’une riviere, il y a dans Alep beaucoup defontaines 8 c de réservoirs d’eaux qu’on fait venir dedeux lieues loin. La ville a plus de trois milles de cir-cuit , dont plus de la moitié est fans fossé, & ce qu ily en a n’a pas plus de trois toises de profondeur. Lesmurailles sont assez bonnes 8 c toutes de pierres de taille,avec plusieurs tours carrées, distantes les unes des autresde soixante & dix ou quatre-vingt pas, entre lesquellesil y en a d’aùttes plus petites ; mais ces murailles nesont pas égales par-tout, & il y a des endroits où leurhauteur n’excede pas quatre toises. Les rues sont tou-tes pavées, à l’exception de celles des Bazars, qui sontctes rues où les marchands & les artisans tiennent leursboutiques ; les principaux, & qui font le plus grandnombre, font les ouvriers en soye & ceux qui font lescamelots de poil de chèvre. On entre dans la villepar dix portes, qui n’ont ni sosies ni pontlevis. Il y asous lune de ces portes un lieu que les Turcs ont engrande vénération. Ils y tiennent des lampes allumées,te disent que le prophète Elisée a demeuré quelquetems en cet endroit. Les édifices , tant publics queparticuliers , ne font beaux que par dedans. Leurs

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murailles sont revêtues de marbre de différentes cou-leurs, 8 c les lambris enrichis de feuillages & d’écritureen or. Les fauxbourgs d’Alep sont grands & peuplés ,

8 c presque tous les chrétiens y ont leurs maisons &cleurs églises.

On trouve dans cette ville quatre sortes de ChrétiensLevantins, des Grecs, des Arméniens, des Jacobites ouSuriens, & des Maronites. Les Grecs font environ quinzeou seize mille. Ils ont un archevêque, 8 c leur église estdédiée à Saint George. Les Arméniens, dont l’éghfe estdédiée à la Vierge, font à peu près douze mille, 8 cont un evêque, qu ils appellent Vertabet. L’église desJacobites est auffi dédiée à la Vierge, 8 c gouvernée parun évêque : ils sont environ dix mille; & les Maronitesne pasteur pas douze cens. Ceux-là dépendent du pape,

8 c leur église est sous le titre de Saint Elie. Les catholi-ques Romains ont trois églises desservies par les capucins,les jésuites 8 c les carmes déchaussés.

Quant aux mosquées, il y en a environ six-vingt,tant dedans que dehors la ville. On en voir six ou' septasiez belles , avec de beaux dômes 8 c trois couver-tes de plomb. La principale &c la plus grande de rou-tes, éroir une église de Chrétiens ^ qu’on appelloit Alhha 3c’est-à-dire, Ouïe. On croit que c’est Sainte Helene quil a bâtie. Il y en a une dans un fauxbourg, qui a été auffiautrefois une église de chrétiens, où l’on volt, à côtéde la porte, dans le mur, une pierre assez remarqua-ble ; elle a trois pieds en carré. On y distingue très-clairement la figure d’un calice & d’une hostie dessus,laquelle est couverte par un croissant dont les deuxpointes descendent íur les bords de l’ouverture du cali-ce. Plusieurs consuls ont voulu Tacheter, & quelques-uns en ont offert jusqu’à deux mille écus ; mais lesbachas d’Alep n’ont jamais voulu la vendre. On comptedans la ville & dans les fauxbourgs environ deux censcinquante mille personnes, quarante carvanseras & cin-quante bains publics. Il y a deux ou trois collèges , maispeu d’écoliers, quoiqu’on ait gagé des gens de lettrespour enseigner la grammaire, une espèce de philoso-phie , & les choses qui concernent la réligion, qui sontles siences où ils Rappliquent le plus. La ville est gou-vernée par un hacha, qui commande toute la provin-ce , depuis Alexandrette jusqu à l’Euphrate. Sa garde estpour Tordinaìre de trois cens hommes. Il y a auffi unaga ou capitaine de cavalerie, rant dedans que dehorsla ville, qui commande environ quatre cens maîtres,8 c un autre aga qui a sous lui sept cens janissaires. Cedernier est maître des portes de la ville , dont on luiapporte les clefs tous les soirs, &il ne releve point dubacha.

Le château est auffi fous un autre commandant, quiest envoyé immédiatement de Constantinople, 8 c quia fous lui deux cens mousquetaires , & tout le canonen son pouvoir. Il y en a vingt cinq ou trente, huitgrosses pieces : les autres font fort petites. Il y a encore unaga ou capitaine de la ville , qui commande trois censarquebusiers, fans parler d’un sous-bachi, qui est com-me un chevalier du guet , qui fait la ronde la nuitavec ses officiers, par la ville 8 c par les fauxbourgs. C’estlui qui fait exécuter la sentence du bacha, quand il acondamné quelqu’un à mort. Quant au civil & à lapolice , il y a un cadi ou président sans assesseurs ; iljuge seul de toutes les causes civiles 8 c criminelles, 8 cfait 8 c dissout tous les contrats de mariage. C’est luiqui crée tous les maîtres jurés de chaque métier, 8 Ctous les actes d’achats & de ventes se passent en sa pré-sence. La recette des droits du grand seigneur est faitepar un tefeerdar ou trésorier général, qui a sous lui d esreceveurs particuliers en divers départemens. La reli-gion regarde le moufti, qui est le chef & l’interprétede la loi, tant en ce qui concerne les cérémonies, queles causes civiles qui pourroient y survenir. Il y a encoreentre les gens de la loi un chiefce ou docteur , ordon-né pour instruire les nouveaux convertis au mahosmétisme, 8 c leur en apprendre les maximes 8 c les cou-tumes.

Le trafic est grand à Alep d’étoffes de soye & de came-lots de poil de chèvre ; mais principalement de noix degale & de valanede, qui est la coque du gland, san squoiles corroyeurs ne peuvent bien préparer leurs cuirs-Il s’y fait auffi grand négoce de savon 8 c de plusieurs