Band 
Tome premier. A - B.
Seite
150
JPEG-Download
 

150 ALE

act .s, 8c dans les auteurs du moyen siécle, Elecla 3Llectum 8c Alecta. II ne faut pas la confondre avecAletu.n , qui certainement est la ville de Saint Malo enBretagne- On croît qu 'Arles le Blanc 3 dont le présidentFaucher parle en ses antiquités Gauloises, où u dit queCharles le Chauve donna à Bernard, comte de Tou-lon le , Carcaíîonne, Rodez 8c Arles le Blanc, doit erreentendu d’Alet plutôt que d’Albi : quoique la dénomi-nation d’Albi donne fidée de quelque chose de blanc,qui est exprimé par le mot Albus dans la langue latine ;cependant l’état où étoit la ville d’Albi au tems quece don fut fait, ne s accorde pas au sentiment de ceuxqui veulent qu Arles le Blanc soit Albi , puisque durems de Charles le Chanvre , Ermengard étoit comted’Albi, comme le remarque Aimoin en son traité dela translation des reliques de Saint Vincent. * Corn. DictaGraverai , avocat 8c académicien de Nîmes, ditdans son abrégé historique des vingt-deux villes, chefsdes diocèses de la Province de Languedoc ; qu’en casque cet Arles le Blanc doive se rapporter à Alet, cequ’ii a peine à croire, puisque sur la fin du 9 siécle, quiest le tems où le roi Charles le Chauve vivoit, Alet n’e-toit proprement qu une abbaye, qui ne pouvoit être lamatière de ce don : il croit que Faucher en travaillantà ses antiquités, a consulté quelque ancien manuscrit,où au sujet de ce don , Alecla devoir être designée sousle mot corrompu d ’Arelecta ou d ’Areleclea , qu’il atraduit par Arles le Blanc, comme si Arelecla devoir,selon l’idée quai en a pû prendre , être Arelas-laclea.Ce qu’il y a de certain, c est qu Alet n étoit autrefoisqu’une abbaye de Tordre ' de Saint Benoît, qui devintévêché par la translation que le pape Jean XXII y fiten 1319, de l’évêché, que deux ans auparavant il avoirétabli à Limoux. L’éghfe cathédrale d’Alet est dédiéeà la Vierge. Un doyen, trois autres dignités & douzechanoines en composent le chapitre. Le diocèse renfer-me quatre-vingt paroisses , 8c confine avec ceux deNarboifne 8c de Mirepoix, 8c avec les comtés de Foix8c de Rouíììllon, ou autres terres d’Espagne. Limoux setrouve compris dans ce même diocèse. Cette ville 8c celled’Alet, situées dans le pays de Razez, limitrophe deCarcassonne, font voisines 8c si unies , que Tune 8cTautre envoyeur un consul aux états, & lorsqu’on yappelle leur voix, on dit, Alet & Limoux. Celui d Aleta toujours la préséance, comme chef de diocèse , &opine aux séances du matin , 8c celui de Limoux àcelles de l’après-diner, prenant l avis l’un de Tautre,excepté aux assemblées de la sénéchaussee, où Alet opinetoujours, prenant toutefois avis des députés de Limoux.Le consul d’Alet, qui va aux états , est choisi par nomi«nation de ses collègues, au lieu que c’est toujours lepremier consul de Limoux qui y va, ce qui apparem-ment ne se lait ainsi, que parce qu’il n y a point deprimauté, ni de rang entre les quatre conluls d Alet,qui se placent comme ils se trouvent. Quant au diocé-sain d’Alet 8c de Limoux, qui doit entrer aux états,il est pris alternativement de Tune & de Tautre de cesvilles. L évêché d’Alet, en ce qui est du temporel, 8cde la taiílabilité, si Ton peut parler ainsi, est composéde deux membres , savoir du diocèse d’Alet , & del’officialité de Limoux. Il dépend de Tarchevêché deNarbonne pour le spirituel, & tout cela se nommeDiocèse d’Alet & de Limoux.

La ville d’Aleteft située dans une vallée étroite,& au pieddune des montagnes qui Tenvironnent, fort une fontai-ne d’eau chaude, appellée le Tuberon , qu’on dit avoirplusieurs propriétés pour la guérison de diverses mala-dies, On prétend que les Romains ont tiré de l’or deces montagnes. Il y a plusieurs ouvertures dans cesrochers, 8c il paroît que.Ton y a fait de grands travaux ;mais soit que les mines ayent été épuisées, ou queTon n’ait pù les retrouver, tous ces trésors font aujour-d’hui si caches, qu’on a renoncé à les chercher. Unepreuve certaine qu’il y a encore de l ot dans les entraillesde ces montagnes, c’est que de petits ruisseaux qui enviennent, entraînent des paillettes d’or qúe les paysansramassent, & souvent en assez grand nombre, pour entirer cîequoi vivre. On y trouve auíîì quelques paillettesd’argent. En 1671. Colbert fit travailler à ces mines,mais Ton ne trouva qu^ quelques veines de cuivre,qui n’acquitterent pas les frais.

ALE

ALET A, ville d’Illyrie , dans la Dalmatie , selonPtolomée, l. 1 , in fine. C’est aujourd’hui Mòsth, ausentiment de Niger.

ALLIE , ville de Sicile, selon Ptolomée, 1 . 3 , c. 4.Elle ne se trouve point dans le grec.

ALETH, selon Longuerue , Desc. de la France , x part.pag. 90, ancienne ville de France dans la Bretagne. Elleétoit située fur la mer, environ à une lieue de SaintMalo, près du port de Solidor. On en voit encore lesruines qu’on nomme dans le pays Quidaleth ou Gtticha -leth , comme qui dirait bourg d’Aleth , Vicus Aletenfis:elle avoir dé j a été fondée comme une ville & uneforteresse dès le tems des Romains, 8 c c’étoit la résidencedu commandant des soldats nommés Milites Marten -fies comme le prouve la notice de l’empire faire fousHonorius 8 c Valentinien III. Sub dijpositione DucisArmoricani, Prfiecius Milìtum Martenfium , Aleto. Onne voit pas néanmoins qu’Aleth ait eu d’évêque avantSaint Malo, qui vivoit fous les enfans de Clovis. Nousavons vù dé j a que Rennes , cité armorique, avoir sonterritoire sur la mer, ce qu’elle n’auroit pù avoir, siles évêchés d’Aleth 8 c de Dol n’avoient point été dé-membrés de celui de Rennes. Le géographe Sanson adonc eu raison de dire que ces deux diocèses faisoientautrefois partie du territoire de Rennes. Les évêquesd’Aleth avoient fous leur Jurisdictáon Tévêché de Dol,avant le tems de Numenoius 3 car Salacon qui futchassé par ce prince des Bretons, étoit évêque d’Aleth,comme il est démontré par la rélation donnée au publicpar le P. Sirmond : & cependant Tépitre synodale duconcile de Solfions, tenu Tan 866, le nomme évêquede Dol, parce que Dol étoit de son évêché, 8c quemalgré lui Numenoius y avoir établi un nouveau siège,non-seulement épiscopal, mais métropolitain.

ALETIUM, ancienne ville de la grande Grece, aupays des Salentini , selon Ptolomée 8c Pline, qui laplacent dans les terres. C’est aujourd’hui Lecce. Voyezce mot.

ALEXANDRE A, montagne d’Asie dans la Mysie,selon Strabon, 1 . 13. Ce fut fur cette montagne que,selon la mythologie desPayens, les trois Déesses Junon,Pallas & Venus, disputèrent le prix de la beauté, enprésence de Pâtis quelles choisirent pour juge de leursattraits 3 ce qui a fait dire agréablement à Sarrazin :

D’efprit coquet les Déesses étoient,

D aller ainsi, fans connoître un jeune homme,Lui découvrir tout ce qu’elles portoient,

Et lui montrer le cu pour une pomme.

Son nom d’Alexandrea lui vient de celui d’Alexandreque portoit Pâris. Et comme elle fait partie du montIda, qui s’étend jusques là, les poètes mettent fur lemont Ida la scene du fameux jugement de Pâtis. Laville d’Antandre étoit au pied du mont Alexandrea.

ALEX ANDRETTE,. selon Corn. Dict;. ville de Syrie,qu on appelloit autrefois la petite Alexandrie, poutla distinguer de l’Alexandrie d’Egypte.Les Turcs la nom-ment aujourd’hui Scanderona , & celle d’Egypte Scan-deria. Elle est située fur le golfe de l’Ajazze, au milieude quelques marais, assez près du bord de la mer, a11 lieues de la fameuse ville d’Alep. Ce n’est qu’unamas confus de mauvaises maisons , habitées par desGrecs , qui reçoivent les matelots & autres petites'gens-Les marchands vont loger ordinairement chez les vice'consuls de leur nation, 8 c il y paroît peu de restes deson ancien état. Proche de là on voit une tour asse zgrande, mais peu forte , & où font encore les armesde Godefroy de Bouillon. Il y a un gouverneur , 8 c qucyques soldats. Davity dit que les marchands de Venn eont fait comme une nouvelle ville proche le rivage >à deux milles ou environ de la vieille Alexandrette-Ses maisons , à Texception de quelques-unes que Ton 3bâties de pierres, font toutes de bois, 8 c même il y e í|a plusieurs faites de branches d’arbres entrelacées 3 hferait facile aux corsaires de s’en emparer, & l’on eétonné qu’ils ne l’ayent pas tenté. Un petit ruissç 3d’eau noire traverse la ville, & se rend presque aU j. 1 "tôt dans la mer. Il faut que ceux qui y viennent