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Tome premier. A - B.
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Rapproche des Espagnols, & depuis on ne s’eft pas errt-prelie a lez rebâtir. Il y a encore présentement un petitïauxbourg de trente ou quarante maisons hors la porteà Babaíon. Elles servent d’écuries aux Arabes & auxMaures, qui apportent des provisions fur des chameaux.Le tombeau des hachas est nors de la porte appellée Ba-balouetce, bâti en rond 8t voûte en maniéré de chapelle.

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tàfer aussi bien que les cheveux, & Ue lâiíTent que le$moustaches & un toupet au-dessus de la tête , pat leqstelils s’imagment que Mahomet les prendra pour les por-ter dans le paradis. Leurs alimens font du ris, des cous-cous 8c de la chair cuite. Ils ont ausii quelques fruits*Les Maures vivent, les uns de leurs revenus, les autresde leur travail, de leur négoce 8c de leurs pirateries. Les

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Ceux des hachas Alan, Sala, Sondo , Soliman & Mufta- Janillanes vivent de la guerre, 8c les Arabes demeurent

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pha, s’y font remarquer parmi les autres. Les fépulchresdes Turcs moins considérables, font dans cette mêmepleine. Chacun a le sien à part, & tous presque font em-bellis par un chaperon de pierre. On y voit aullì desoratoires & des cellules pour des Marabous, que les fem-mes vont visiter par dévotion tous les vendredis. Ducôté de la mer, hors les murailles de la ville, est nn fortgrand bâtiment de pierre, appellé Moglie en italien , &MoU en françois , du latin Môles. U est fait en demicercle, 8c s’etend depuis la porte du Divan jusqu’à lapointe d’une pente ìíle , 8c depuis l'autre pointe de l’istejusqu a la ville. Leurrée du port est entre deux. Haire-din Batberoude fit bâtir ce môle, auquel il donna six ousept cent pas de large, & plus de cent de long, afin que les

fous des tentes le long des rivières, à cause de la com-modité de Veau, ils ne subsistent que de friponeries. LesGrenadins s adonnent à divers métiers, sur tout aux ou-vrages en foie. II y a environ dix-huit mille jardins au-tour d Alger. Ce font comme autant de métairies quSles Janissaires 8c les Maures, qui en font propriétaires,louent à des esclaves pour en labourer les terres, 8c yfaire paître les troupeaux. Ces jardins portent de toutessortes de fruits , 8c les vignes que les Maures de Grena-de y ont plantées , rapportent beaucoup,

Les Chrétiens libres qui fe rencontrent à Alger fonthabillés à la maniéré de leur pays, mais les esclaves por-tent un bonnet à la matelote & un habit gris. Les genádu commun, parmi les Maures, ont fur leur chemise

flots euss-Vif •> ' ” ’ r i* " —' - »w , «... ---

sent dem^ii lr°s nS 6 violence, 8c que les vaisseaux pus- des caleçons de toile ou de lame, 8c une robe de laine

fut élevé D “ ans iûn enceinte. Avant qu’il blanche avec un capuchon par derrière ou un habit qui

rade oueVellí» d 2 geravoit plutôt 1 apparence d une leur vient jusqu aux genoux. Il est ordinairement noir,

Sala oui C d t- k* n porc. Selon Mannol, ce fut le hacha & ils s en enveloppent comme d’un manteau. En été ils... qui le íit banr, y fajiíantservir les masures de la ont deux chemiíes larges. Leur turban est ceint dune

ville de Metafuz. Au-’dessous du môle , qui s etend de-puis la porte du même nom jusqu au château, u y a a uncôté nn quai de pierre, 8c de 1 autre un rivage de tablons8c de rochers. Ce môle a pour défeníe un chateau defigure pentagone, bâti fur la pointe de 1 iste, oc munide quelques canons. De 1 autre coté , a 1 entree du port,font pointés d’autres canons : on les tire la nuit pour 1-riger les vaisseaux qui veulent entrer. Le port que rormele môle , peut contenir un grand nombre de vListeaux 8cde galères, 8c les corsaires Sc les marchands y en ont tou-jours beaucoup. v *

Il y a sept forts , tant dedans que dehors la place ; lepremier est à 1 orient, situé fur le sommet dune montagne , qui commande à toute la ville. Q har les-Quint enjetta les fondemens en 1540, d où il s appelle le chateaude 1 Empereur. On l a achevé depuis, 8c 1 on y entretientune garnison de cent hommes. Le second , est le nou-veau château. < 3 n 1 appelle auflì la citadelle heptago-ne , par rapport à la figune. 11 est à cent trente pas de laville , 8c du château de 1 Empereur. Le troisième est1 ancien fore, nomme ALcaíIàve , bâti fur une hauteurdans ['enceinte de la ville. Le circuit est fort grand , Scfortifié de deux tours, où demeurent des Jamílau-es quiy font la garde , & annoncent par certain signal le nom-bre des vaisseaux quils aperçoivent en mer* Du cou*qui est entre l est 8c le sud, les murailles de ce fort onpâme de celles d Alger , & il en est fepat e par un murde Vautre côté. Le quatrième est le fort dê Babalouette,bâti Van 1596, fur la pointe dune roche, proche de lamer. Le cinquième fort n est qu un petit boulevard présde la porte du Môle, 8c de la grande Casserie , ou fontpointées cinq pièces de campagne, qui empechent quel’on n’entre dans le port. Le sixième est le chateau duMôle, construit dans Ville où le Môle aboutit. Il est enforme de tour pentagone, 8c il y a aullì cinq canons poin-tes. Le septième est une petite tour ou batterie à 1 en -trée du port, où quelques Maures sont la garde. Oncompte ioixante-six canons de fonte fur le Môle : mais.la pl.ipart ne font pas chargés. On ne les tient D quecomme un trophée, 8c une marque de la victoire queles Algériens rempovtetent en 1617 for les habitans eTunis. Plusieurs boulevards défendent la ville ; celui deBabafon , qui est du côté de la mer vers Vorient ; eemides Renégats, qui est un peu plus avant vers le midi jles deux d’Alcaíiave, 1 un for la pointe orientale de cetteforteresse, Vautre fur ['occidentale -, 8c le boulevard deBabalouette, vers la pointe occidentale de la ville , quiregarde fur la mer. Avec tous ces sorts 8c ces boulevards,Alger est fort exposé au canon de tous côtés, à 1 excep-fl on de celui de la mer, à cause d’un grand nombre decoteaux & de collines.

L !r s Labìtans naturels ont le teint à peu-près blanc :î ss'Nt bien faits 8c robustes. Le viceroi 8c les grandslamenc ctoitre leur barbe. Ceuíc du commun fe la f° nt

toile claire. Les personnes distinguées parmi les Turcs,font un peu mieux habillées, & portent des robes de foieou d’aucre étoffe à fleurs larges, de beaux turbans, 8t desbottes à la turque. Les habits des femmes ne différentpas beaucoup de ceux dés hommes. Elles portent auflìdes robes 8c des ceintures* Leurs chemises descendentjusqu aux talons, 8c leurs cheveux font bouclés. Ellesont descoliers, des bracelets, des bagues, des pendansd oreilles de pierres précieuses, 8c une espèce de capefur la tete. Quand elles vont par la ville , elles s’y met-tent un linge quelles agraffent fur letìr estomac ; de sortequ il est nupoilible de les reconnoître que par le moyende 1 esclave qui les accompagne. Quoique la loi de Ma-homet permette de prendre autant de femmes qu’on enpeut nourrir , les Algériens fe contentent de deux outrois- Ils íe marient lans avoir vû leur maîtresse, for leseul rapport-qu’on leur en fait. Lorsque les conventionsdu mariage font faites, l’amant envoie quelques metsrares à fa maítreíle. Le jour des noces ils fe voient dansun repas qui est suivi de danses. Celle qui doit le marierest aíìile à terre au milieu dune troupe de femmes, pa-rée de beaux habits enrichis de pierreries, ayant lesmains, les bras, 8c souvent le visage fardés 8c colorés.Le loir l époux amene chez lui 1 épouse couverte d’unvoile, au ion des tambours 8c des flûtes. Ils s enfermenttous deux dans une chambre , 8c les femmes qui Vontaccompagnée demeurent dehors, en attendant qu’onleur donne les marques ordinaires qui prouvent la vir-ginité de la nouvelle mariée, qu elles portent en triom-phe par toute la ville. On fait servir les malades par despersonnes de leur sexe , 8c lorsqu’ils font à ['extrémité ,on les tourne du côté du levant, 8c on invoque continuel-lement Mahomet, jusqu’á ce qu’ils ayent expiré. Alorson lave le corps avec de l’eau chaude 8c du savon. On lerevêtit d’une chemise, .de caleçons blancs, d’un habit defoie 8c d’un turban. Il est mis en cet état dans la biere,& porté dans la fosse hors de la ville. Quand le mortest une personne riche, on grave ses titres, ses qualités8c des sentences de l alcoran fur la pierre du tombeau.On ne porte point le deuil, feulement les femmes femettent pendant quelques jours un voile fur le visage.Les hommes ne fe font raser d’un mois, 8c 011 est troisjours fans allumer du feu dans les maisons. Pendant cetems, les parens du mort vont visiter son tombeau, 8cdistribuent des figues 8c du pain aux pauvres, Ils por-tent auíli fur le fépulchre de petites pierres à feu qu’osttrouve fur le rivage, 8c prononcent ces paroles en le*jettant, Ce>em Alla , lumière de Dieu \ ce qu’ìls accom-pagnent de pleurs 8c de lamentations,

L enterrement des grands ne diffère de celui des au-tres que dans la pompe. O 11 met le torps dans la biere,enveloppé de bandes, de portraits Sc d’autres ornemens.Des porteurs vêtus magnifiquement la chargent for leursépaules. Un marabou va devant, Sc les domestiques du