«encore une sphère êc un compas. N’auroit-on pas voulumarquer par ces médailles que f Astronomie Ôc la Géo-métrie croient cultivées dans cette iíle ?
On fabriquoit ôc on teignoit à Amorgos une étofferouge, qui porroit le nom de lisse. Les tuniques d’A-anorgos croient recherchées : on les appelloit, dit Suidasíuymolog. Magn. ò’ Jul. Pollux. /. 7, c. 1 6 , Âmorgìs ,comme le lin dont elles étoient tilíues. Hesychius ,Pausanias cité par Eustathe , Ad Dion. Perieg. v. 52 6,ôcsauteur du grand dictionnaire grec , conviennent aulïìgne cette étoffe porteit le nom d’Amorgos. li y a beau-coup d apparence qn’on y employoit pour le mettre enronge une espèce de Lichen très-commune fur les ro-chers de l’ifle & fur ceux de Nicouria. Cette plante s’y-vend encore dix écus le quintal pour La transporter àAlexandrie & en Angleterre, où l’on s’en sert à teindreen rouge, comme nous nous servons de la patelle d’Au-vergne. Le Lichen croît par bouquets grisâtres, longs d’en-viron deux ou trois pouces , divisés en petits brins pres-que aufli menus que du crin & partagés en deux outrois cornichons, déliés à leur naissance, arrondis Scloides, mais épais de près d’une ligne dans la fuite ,courbés en faucille & déterminés quelquefois par deuxpointes : ces cornichons font garnis dans leur longueur«d’un rang de bassins plus blancs que le reste de demi-1 igné de diamettre, relevés de petites verrues, semblablesaux balíìns du polybe de mer. Toute la plante est solide,blanche ôc d’un goût salé : elle n’est pas rare dans lesautres ifles de s Archipel, mais son usage pour la tein-ture n’est connu qu à Amorgos. '
Strabon allure que cette iíle étoit le lieu de la nais-sance du poëte Simonides, st fameux par ses Iambes.Etienne le Géographe nous apprend que les anciennesvilles d’Amorgos s’appelloient Arcejìne , Minoa ,PEgiale ; les ruines qui se voyent autour du port ducouchant, sont les restes’ de quelqu unes de ces villes ;mais on ne sautoir déterminer précisément de laquellesans le secours des inscriptions ; &c nous n’observâmes,dit sauteur cité, que des bouts de colomnes dans unechapelle , du quartier qu’ils appellent la ville baffe,jcktxvíái;. Le meilleur port de l’ifle est celui du midi :c’est apparemment là que Clytus ( a ) capitaine Lydien,généras de la flotte de Polysperchon, ( b ) prit le tridentà la main & se fit appeller Neptune , pour avoir couléà fond trois ou quatre galères de farinée d’Antiochus.* ( a ) Plutarch. de Fortuna Alex. Orat. 1 , ( b ) Diod. Sic.Bibl. Hist. 1 . 18. t '
Heraclide convient qu’Amorgos étoit une iíle très—Fertile en vins, huiles, ôc autres sortes de denrées ; c’estpour cela que Tibère ordonna que Vibius Serenus yieroit envoyé en exil : cet empereur , selon Tacite,Ann. L 4, c. 30, étoit d’avis que lorsqu’on donnoit lavie à quelqu’un, il falloir aufli lui en accorder les com-modités.
L iste d’Amorgos est bien cultivée aujourd’hui, elleproduit assez d’huile pour ses habirans, & plus de vinsSc de grains qu’ils n’en sautoient consommer : cettefertilité y attire quelques tartanes de Provence. L’iflen’a que 36 milles de tour, & setend du nord au sud,mais elle est horriblement escarpée du côté du sud-est : le bourg est à trois milles du port de l’ouest, bâti enamphithéâtre au bord d’un rocher, où est le vieux châ-teau des ducs de l’Archipel, qui ont possédé Amorgospendant long-tems. Les habirans de cette iíle ne con-noissent pas legiise Latine, il n’y avoir pas même decadi ni de waiwode dans le tems que nous y passâmes :on alloit plaider à Naxie ou à Stampalie : Naxie est àtrente milles d’Amorgos,& Stampalie à cinquante.
Les meilleurs endroits d’Amorgos appartiennent aumonastère de la Vierge, nommé n avxyU où l’on va defort loin faire dire des messes. A trois milles du bourg.,fur le bord de la mer, on a bâti une grande maison,qui de loin ressemble à une armoire appliquée vers lebas d’un rocher effroyable, taillé naturellement à plomb,ôc qui paroît plus haut que celui de la sainte Baume enProvence : cette armoire renferme cent caloyers , logés
commodément ; mais on n’y entre qu’à bonnes ensei-gnes , ôc par une petite ouverture prariquée à un descoins du bâtiment, & qui se ferme par une porte cou-verte de tôle. En dedans c est un corps de garde garni de
massues de bois , faites fur le modèle de celle d’Her-cule , & dont «n coup seroit capable d’assommer unbœuf ; la précaution paroît fort mutile, car avec uncoup de pied on renverseroit facilement un homme duhaut de l’échelle par laquelle on monte à cette porte ;1 echelle a douze marches de bois , fans compter quel-ques degrés de pierre fur lesquels elle est appuyée : on passeensuite par un escalier fort étroit, mais ni les cellulesni la chapelle ne font taillées dans le roc , comme onl’a publié. Les religieux assurent que leur maison estl’ouvrage de l’empereur Comnene , qui savoir biententée. Anne Comnene, sa'fille, remarque que la mersde ce prince savoir fait élever jusqu à son mariage parmides religieux : ceux d’Amorgos publient que cette fon-dation fut faite à soccasion d’une image miraculeuse dela Vierge, peinte sur du bois, qu’ils gardent dans leurchapelle comme une prétieuse relique ; ils prétendentque cette image,profanée dans l’ifle de Chypre, & casséeen deux pièces , fut transportée miraculeusement sur lamer jusqu’au pied de la roche d’Amorgos ; que ces deuxpièces s’y raífemblerent, quelle a opéré & qu elle opéréencore plusieurs miracles. L’image semble toute en-fumée , ôc d’un dessein fort imparfait. Le couvent desCaloyers a plus l’air d’une retraite de brigands , qued’un lieu de sainteté. Dans un autre quartier de Tisse,est la chapelle nommée S. Georges baljcmi , à quatremilles du village, à gauche du port de 1 ouest , tout au-près d’un verger d’arbres fruitiers en terrasse, à la têted’un potager arrosé par une petite fontaine parmi desvignes bien cultivées- Quoique la chapelle n’ait quequinze pas de long fur cíix de large, elle ne laisse pasd’être divisée en trois nefs par de bonnes murailles, com-me si c’étoit une grande église ; mais les nefs des côtésfont si étroites, qu’il n’y sautoir passer qu’une personnede front. On entre dans la chapelle par le coin de la nefqui est à gauche. Au bas d’un cabinet pratiqué dans cettenef, on voir la célèbre urne qu’on appelle l’oracle del’Archipel : elle est enterrée à fleur de terre. C’est urivaisseau de marbre prelque ovale , haut d’environ deuxpeids , large de seize pouces , dont l’ouverture, qui estronde ôc de huit pouces de diamètre , se ferme avec unepièce de bois. Le cabinet où elle est , ne s’ouvre qu’aprèsqu’on a donné de l’argent pour faire dire des messes,ce qui arrive souvent, parce qu’on ne cesse d’aller con-sulter l’urne. Si seau est plus basse qu a l’ordinaire c’estun mauvais présage3 si elle est haute, c’en est un bon.Tournefort ctoit que le fond de cette urne est d’argile,comme le soutient le P. Richard, descript. de saint Erini»ôc que le miracle s’opere par le moyen d’une source voi-sine. Les habitans de cette ifle font affables , & les fem-mes y font assez jolies ; leur coëffure est une écharpe detoile jaune , dont elles se couvrent le dessus de la têteôc le bas du visage , la tortillant ensuite en maniéré deturban, donc l’un des bouts pend fur le dos. L’ifle man-que de bois 3 on n’y brûle que du lentisque & du cèdreà feuilles de cyprès, que le feu dévore en un instant,les Grecs se servent de ce cèdre pour pêcher au trident :ils le dépècent en petits morceaux , qu’ils rangent fur ungril à la poupe d’une calque , ôc le brûlent la nuit pourattirer Les poissons à la faveur de la clarté 3 on a le plaisir'de les percer dans seau à coup de tridens, que l’on dardecomme les javelots. On apporte ce bois à Amorgos deCaloyero, Cheiro , Skinosa , ôc autres écueils voisins ,lat. 36, 30.
AMORIA, ville ancienne.de l’Arménie , selon Pro-cope, JEdis. L 3 , cité par Ortelius. Ce pourroit bienêtre la même chose qu’AMERiA,que Strabon, 1 .1 xp. 5 37,dit avoir été un village tout semblable à une petite ville.Sc qu’il place aussi en Arménie.
AMORIUM, ancienne ville de la grande Phrygie,selonPtolomée. Suidas dit qu’on la nommoit aufli Amoros.Meziriac, dans la vie d’Esope , dit que quelques-uns lefont naître en un bourg de la Phrygie , qui s’appelloîrAmorium ; ôc en ester Planude le dit né dans ce lieu. E aFontaine a suivi ce sentiment, ôc nomme ce lieu unbourg 3 ce qui doit s’entendre d’une antiquité fort re-culée : car certe place fut dans la fuite une des plus belle 5villes de l’orient, le siège d’un évêque , qui fut enfuir®honoré du titre de Métropolitain. Ablavius évêqu®d’Amorium, souscrivit au concile d’Ephése , ôc Myst®-