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BAlBASTRO , ville d’Espagne , dans l’Aragon > fur3 a rivière de Vero , à son embouchure dans la Cin-ca & aux confins de la Ribagorça > à mi-chemin , entreHuesca au couchant, & Lerida au levant d’hyver , & à■quatorze lieues de Saragosse au levant. On l’appelloitautrefois Bergidum Sc Belgida . Vayrac dans son Etatd’Espagne, 1.1. p. J 69. dit que Balbastro est un siège-épiscopal, qui fut établi premierement à Roda, ensuiteîl fut transféré à Urgel, puis à Lerida , enfin à Balba-stro. Roda ayant été reprise sur les Mores en 1040 , Er-vivalde > évêque d’Urgel , fe plaignit au roi Ramirel,de ce qu’on avoir séparé cette église & celle de Riba-gorça de Ja sienne ; si bien que ce prince ordonna qu’el-Jes fufiênt restituées à l’évêque d’Urgel. Mais après famort Sanche son fils en rétablit le siège à Roda. Le roiSanche-Ramire ayant repris Balbastro fur les Mores enlo6y, donna l’églife de cette ville à Salomon, évêque deRoda, lequel prit le titre d’évêquc de Roda & de Bal-bastro , mais il ne le porta pas long-tems : car D. Pe-dro , roi d’Aragon , ayant repris une seconde fois la ville■de Balbastro , fit ériger son église en cathédrale en 1090.Ponce en fut fait premier évêque. Cependant l’évêqued’Huesca s’opposa vigoureusement à cette érection ,prétendant qu’ellelui éroit préjudiciable. Ses successeursen firent de même , tellement que ce procès dura jus-qu’en 1575» que Philippe II fit ériger Balbastro en évê-ché , ou , pour mieux dire , fit confirmer l'érection quien fut faite en 1090. Philippe d’Urrias en fut fait pre-mier évêque» Le chapitre est composé de sept digni-taires , de douze chanoines, de douze prébendiers &de divers autres bénéficiers. Le diocèse s’étend fur centsoixante-dix paroisses , fur huit couvens , fur quatorzebermitages ,& fur dix-neuf hôpitaux.
BALBECK , ancienne ville de la Turquie , en Asie.Ce nom est quelquefois écrit par un double A- Baalbec,Elle est située dans la Syrie du Liban, au bout d’unelongue plaine qui est presque toute environnée de hau-tes montagnes. Voyez, la Roque , Voyage de Syrie & duMont Liban, éd. Paris,p. 119 &suiv.&p. 97. & fuiv,éd. d’jdmfi. 17*3. La plaine a soti étendue du côté deDamas, Sc elle est encore séparée du territoire de cettederniere ville,par d’autres montagnes qui font une fuitedu Liban ou de l’Antiliban. La situation de Balbeck, se-lon nos géographes, est à 60 d. 4 3 min. de longitude,& à 3 3 d. y o min. de latitude septentrionale. Nassir Ed-din, astronome Persan, donne à certe ville 70 d. 43 min.de longitude ct 3 3 d. 40 min. de latitude. Les tables quiportent le nom d’UIug-Beg, prince Tartare, s’accor-dent avec lui pour la longitude de Balbeck, mais elles nelui donnent que 33 d. iy min. de lat. Enfin Balbeckn’est éloignée que de 1 y ou 16 lieues françoifes deDamas, qui est presque à son orient. Les villes mariti-mes Gebail Sc Baruth en sont à dix-huit ou vingtlieues de distance du côté du couchant. Elle volt fi as-siez près les plus hautes montagnes du Liban vers lenord, Sc une partie de l’Antiliban lui est opposée du côtédu midi. Cette ville est fermée de belles murailles depierres taillées , dont le circuit est d’environ une lieue ,& contient les plus beaux restes d’antiquité qui soientpeut-être aujourd’hui dans l’Orient, fans en exceptermême les ruines qui sont en Egypte. Quoique la ville ensoit presque toute remplie , on s’attache principale-ment à la visite d’un grand palais, communément ap-pellé le château de Balbeck, Sc à celle d’un temple en-core plus entier Sc plus magnifique que le palais. Cechâteau situé à l’extrémité occidentale de la ville, re-présente à son extérieur un plan imparfaitement carré,par la disposition de quatre grands murs qui renfer-ment de tous côtés. Ces murs sont tous entourés d’unlarge fossé , revêtu de grandes pierres. II étoit autre-fois très-profond & rempli d’eau vive. La premierechose qui frape ct qui surprend l’admiration , avantmême que d’entrer dans cette vaste enceinte , c’est laqualité des pierres dont les hautes murailles qui laforment fe trouvent construites. Ces pierres sont ex-cessives en toutes leurs dimensions ; on en a mesuréplusieurs qui ont plus de soixante-deux pieds de lon-gueur -ct jusqu a seize pieds de hauteur ou de lar-geur. Celles qui méritent plus d’artention font em-ployées au mur dederriere . ou du fond, où l’on ne
BAL
trotV e que trois seules pierres d’environ soixante pied Schacune ; elles forment ensemble unè longueur de pWde cent quatre-vingt pieds de terre dans la muraille ;ce qui est une espèce de prodige qu’on ne trouveranulle autre part. La face extérieure de tout ce palais e>tournée vers Eorient : elle est extrêmement longue, *cause de deux grandes tours carrées qui raccompa-gnent de chaque côté , ct qui ne font qu’ime memeligne , d’environ quarante toises de longueur, avec tou-te la façade du bâtiment. La principale porte est ou-verte fur le milieu de cette face , & celles des tours 1®font aussi du même côté , ce qui forme trois grandesentrées de front, qui conduisent dans les bâtimens inté-rieurs ; & pour la décoration , outre quantité d’orne-mens ruinés , que l’on Ce dispense de décrire, on voit en-core un bel ordre d’architecture dorique , avec des co-lonnes engagées dans le vif du bâtiment,ce qui donne unegrande idée de rout le reste. Sur le piédestal de l’une d eces colonnes , on lit encore assez facilement ce peu d*mots d’une inscription que le tems a fort endommagée:ils font e» très-beaux caractères romains :
M. V. M. D 11 S HELIOPOL. PROSUL.
---EXVOTO.
Tout ce premier corps de bâtiment est double & d’waCprofondeur extraordinaire , ayant du côté qui regardeî’inrérieur du château , deux autres tours pareilles aUXprécédentes, & les mêmes ornemens qui sont fur le de-hors : à quoi il faut ajourer que les combles sont en ter-rasses & en galerie découverte, avec Jes murs crenele*La profondeur qu’on vient de remarquer rend la grandeentrée du milieu extrêmement obscure. C’est un lo»êpassage, ou plutôt un vestibule fous des voûtes fort éle-vées', que l’on prendroit pour un chemin souterreimLes murs de ce vestibule font ornés de. bustes de rois011 d’empereurs, que l’on ne sautoir bien reconnoîttefaute de clarté ; mais on est en quelque façon dédom-magé de cette obscurité, par le bel objet qui se pré-sente après avoir traversé ce long vestibule. Cet objetest un grand bâtiment hexagone, opposé à route la faceque l'on vient de décrire , & élevé autour d’une vast ecour , faisant comme la premiere partie de ce palais- Hest d’une apparence tour à fait somptueuse, ct encor«embelli d’une partie des ornemens qui convenoienràun si beau dessein. Le fond de ce bâtiment est tout ou-vert , & représente une maniéré de théâtre' ou de pla tC 'forme, où l’on monte par un fort beau degré de mar-bre. Cette ouverture donne entrée à une seconde couícarrée, encore plus spacieuse que la précédente , au-tour de laquelle on trouve d’autres édifices beaucoupplus magnifiques que Iesprécédens. Ces édifices,soiir éle-vés fur un double rang de colonnes, qui sonnent d euXsuperbes galeries en portique aux côtés de cette gran-de place. La longueur des galeries est d’environ fi-xante-six toises , & leur largeur de htiir. On ne peur rienajouter à la beauté & à la noblesse de toute certe structu-re,c^ui se fait enebre admirer malgré l’état de ruine & "Sdécadence où elle se trouve aujourd’hui. Au fond dcgrande cour dont on vient de parler. on voir les rut"nes d’un troisième bâtiment, qui étoit fans doute le pl uSsuperbe de tous,faisant comme le principal corps dc c«palais, & directement opposé à la premiere face , aya^la même largeur ,&beaucoup plus de profondeur. Ldernier corps de bâtiment étoit élevé fur des colonnes,dont la grosseutct la hauteur surpassent si fort les dimen-sions ordinaires, que Pierre Belon, en 1348, les a c0ll jjparées à celles de l’hyppodrofne de Constantinople-teste encore neuf de ces colonnes, avec une bonne P 3 ^de Eenrablement, qui sont autant de chef-d’trnyres ^l ai t, ct qui montrent avec tout ce qui vient d’etre temarqué > que ce palais devoir autrefois passer pu n r ndes merveilles dc l’Asie. Pour comble d’admiration »chacune de ces neuf colonnes n’est que d’une !eupièce. II y a beaucoup d’apparence qu’elles sont rcfi cdu nombre de vingt-scpt, qui étolenr encore au men 1lieu vers l’annéc 1 yso , que Thever, Cosm. ufliW'j' '6. c. 14. avoir remarquées comme la plus grande mveille de Balbeck, & qu’il assure avoir été depuis tra -