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Tome premier. A - B.
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BAL

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sont si longues , que huit ou dix personnes ensembley peuvent monter de front. Ces bâtimens destinés ,, on toute apparence , aux ministres de la religion .Noient aussi élevés fur des voûtes qui forment d’au-*5 es appartemens souterreins, d’une excessive hauteur,yn y descend par un escalier particulier, & ils y fontéclairés par des fenêtres qui font à rez-de-chaussée. Lors-‘in’on vient à rentrer dans la ville , en sortant de l’en-ceintedu château & du temple de Balbeck, on ne trouvePar-tour que ruines & que fragmens d’antiquité. Vous'pyez à chaque pas des colonnes brisées ou renver-ses , des chapiteaux mutilés, des piédestaux rompus,à demi enterrés , fans parler des voûtes, & d’unequantité de belles citernes de structure antique, quifont fort fréquentes dans cette ville.

Parmi tous ces édifices ruinés, on distingue encoretm petit temple presque tout de marbre , qui est asseze ntier. 11 est de figure ronde à l’extérieur , ayant unbeau porche soutenu de colonnes corinthiennes à sone ntrée. Le dedans du temple représente un octogonePar la disposition de huit arcs que supportent huit grossesc °lonnes corinthiennes toutes d’une feule piéce. Ellesfont espacées à l’entour du temple, avec des piede-ftaux qui ont aussi la figure d’arc , ou de demi-cer-cte : les entte-colonnemens sont ornés de niches , oùt on voir encore les piédestaux des statues. Le petittemple est tout découvert, & fait en coquille dans cetpii reste de voûte au-dessus des arcades. Cet espace este ncore enrichi de quantité d’ornemens de sculpture,tfont les principaux sont des aigles extrêmement mal-traitées. Les prêtres Grecs qui font en possession de cetédifice , ont couvert de plâtre presque tout son inté-rieur , & défiguré pat ce moyen toute la beauté de l’ar-c hitecture & de la sculpture. Leur imagination déré-glée , aussi bien que leur goût a répandu une ridicule tra-dition dans le pays à l’égard de ce bâtiment rond & fanscouverture , qu’ils prétendent être la tour où Ste Bar-be fut enfermée , & dont ils ont fait une église de sonOom sor cette bisarre opinion. Cependant il est sûr que* e s Romains n’ont peut-être rien fait d’un meilleur goût,^ qui sc soit aussi heureusement conservé que ce mo-nument. Monconys La comparé au temple de Janus quiest à Rome. De deux petites rivières qui passent parcette ville, il y en a une qui traverse tout le milieu dusemple par-dessous, à la faveur des voûtes fur lesquel-les il est élevé. Elle recommence à paroître au-delà duporche , & à couler scion la pente du terrein. L’autreruisseau , dont la source n’est qu’à un quart de lieue dela ville , remplissoit autrefois les fossés dont le châteaude Balbeck est entouré ; mais ces eaux ont été détour-nées pour d’autres usages. La construction des mursd’enceinte de la ville , toute faite de ces belles & ex-traordinaires pierres , dont on a déjà parlé , avec degrosses tours carrées de distance en distance > mérité bienRue les curieux qui visitent Balbeck, prennent la peineEcu faire le tour par le dehors. Outre le plaisir dev °ir un ouvrage de cette espece qui n’a pas beaucouppareils dans le monde , ils trouveront encore auneti le plus éminent de tout ce circuit une colonne co-fossale d’une beauté singulière, Sc presque semblable à*? fameuse colonne de Pompée , qui est près d’Alexan-dre d’Egypte > ayant sor son chapiteau le piédestal d’unestatue qui y étoit autrefois élevée. La derniere chose’âssi est à remarquer, c’est la grande carrière d’où l’on astré ses pierres prodigieuses qui composent ces beauxbâtimens. Elle est peu éloignée des murs de la ville ;5* n y voir de très-longs Sc larges espaces taillés dans® toc, comme par degrés , Sc en maniéré d amphi-seéatre, ce qui fait aisément juger de la dimension deCes pierres , & du pénible travail qu’il a fallu employerPour les détacher & pour les transporter. II y en a en-£° re une toute taillée dans la carrière , qui paroît pluslessive en grosseur Sc en longueur, que toutes les au-tres >& on croit bonnement qu’on l’a abandonnée pour fatr °P grande pesanteur ; mais en y prenant garde de près,voir qu’elsc est encore attachée au roc par le des-°us. Tels sont les édifices de Balbeck,dont lagran-cur Sc la perfection doivent faire juger que cette villeete des plus considérables de la Syrie , Sc que quel-jj Puissant prince , après avoir pris plaisir à l’embel-r > y a tenu fa cour.

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Comme les habitans de Balbeck font fort ignorans,ils débitent quantité de fables à ceux qui en visitentles ruines. Les Mahométans ne sc lassent point de direque tous ces édifices sont un pur ouvrage des génies ,ou des démons, n’étant pas possible, selon eux , quedes hommes ayent entrepris une pareille fabrique. LesJuifs sont fortement persuadés que la ville fut bâtiepar Salomon , qui fit aussi construite le magnifique pa-lais dont on vient de voir les ruines décrites, pour lafille du roi d’Egypte qu’il avoit épousée. Ils ajoutentque ce palais n’est autre choie que la maison du Li-ban , ou la tour du Liban , qui regardoit Damas. Quel-ques auteurs modernes ont donné dans ce sentiment, Scentre autres le P. Eugene Roger, Recolles, qui nousdit , dans fa Terre Sainte , que Balbeck est une forte-resse imprenable, que Salomon appelle la Tour deLiban , &c. quoiqu il n’y ait rien à Balbeck qui puissepasser pour une forteresse. Le P. Quaresmius , Corde-lier Italien , qui a composé deux gros volumes declair-cissemens sor la Terre Sainte Sc qui a passé fort légè-rement sor la description de Balbeck s’est donné lapeine de composer une longue dissertation pour com-battre l’opinion des Juifs , qui est assez réfutée d’elle-rnême , si l’on regarde feulement les édifices dont ilest question. Les Grecs de Balbeck croient que cetteville est Nicomedie, où Ste Barbe fut martyrisée. 11 ssc fondent sor ce qu’on y voir la tour de Ste Barbe.Mais s’il y a des actes qui placent le martyre de cettesainte à Nicomedie, qui subsiste encore dans la Bithy-nie ; il y en a d’autres qui le placent à Heliopolis, quiestBalbeck. Ainsi on n’en sauroit conclure que Balbeckait été jamais nommée Nicomedie. Pierre Belon , voya-geur français, qui fut à Balbeck en 1548 , a un senti-ment particulier. II prétend que cette visse est Cejarèede Philippe où S. Paul, dit-il , fait mention d avoir été:& de plus il assure que c’est à, Balbeck que passent lesfontaines ou les sources du Jourdain. Cette opinionest d’autant plus absurde , qu’elle suppose que le Jour-dain coule au-dessus de Damas, vers l’orient ; & quepour entrer , comme il fait, dans la mer de Galilée , ilpasse à travers toutes les montagnes qui forment le Li-ban ou l’Antiiiban.

L’auceur dont j’emprunte cet article accuse Ortelíus,p. 164. d’avoir inféré cette opinion dans son trésor géo-graphique sor l’autorité de ce voyageur. 11 i’eu accuseavec peu d’exactitude. Orrelius dit bien, au mot Casa-rea , que Thevec la prend pour Balbeck. Sc Belìne ; néan-moins c’est fans en appuyer le sentiment. Mais au motHeliopolis , il dit que la ville de cc nom , dans laCelesyrie, est nommée Balbeck par Poslel , Mat-bech par Niger , Sc Beallebeca par Leunclavius.

D’autres ont cru que Balbeck est l’ancienne Palmy-re, appellée par les Hébreux Tadmor. Mais ce sen-timent est réfuté par les distances itinéraires. Abulfedacompte cinquante-neuf milles de Tadmor à Damas , aulieu que Balbeck n’en est qu’à une petite journée dechemin. D’ailleurs le territoire de Palmyre étoit ar-rosé par l’Euphrate , ce qui ne convient point à celuide Balbeck Le plus grand nombre des savans ne doutepoint que Balbeck ne soit l’ancienne Heliopolis. II ya même apparence que Balbeck est l’ancien nom , Scqu’Heliopolis n’est qu’une version du nom primitif.Voyez, Heliopolis. Nassir-Eddin donne à Balbeck 70d. 4j min. de longitude , Sc 3 3 d. 40 min. de latitude.Ulug-Beg s’accorde avec lui pour la longitude : mais il11e lui donne que 3 3 d. 15 min. de latitude.* D'Herbelot >Bibl. Orient.

BALBERICH , ville de LArabie Heureuse. Ceuxdu pays l’appellent Bedra Henen. II y avoit autrefoisune académie pour l’aslronomie & la médecine. Lemot de Bedra est assez fréquent en l’histoire d’El-macin , qui parle de cette ville comme de la capitalede quelque pays.

Corneille ne dit point d’où il a pris ce nom Sc cet ar-ticle.

BALBIA : quelques-uns lisent ainsi ce nom dans Pli-ne , /. 14. c. 6. au lieu de Babia. Voyez, ce mot.

BALBlN-éE Cœmeterium , ou le cimetière de Balbi-ne. Platine en fait mention dans la vie du Pape S. Marc I»Sc il dit qu’il y fut enterré. Le même auteur dit aussi que