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à hauteur d’appui. Là on jouit d’une très-belle vue , qni■s’étend fut le Rhin, fur la petite Bâle & fur ies catn-•pagnes voisines. Cette place est ofnée d’un beau tilleul,dont les branches repliées & élargies horizontalement,font un couvert agréable de 500 pieds de circuit : on yvoit du côté du Rhin ìa statue de l’empereur Henri leiSaint, qui est de pierre. Lcglife de saint Jean est remar-quable par la statue de l’empereur Rodolphe de Habs-bourg qu’on y volt en pierre, armé , tenant d’une mainle sceptre impérial, & de l’autre les lettres en mémoiredcl’heureufe délivrance de la ville, qui étant assiégée parce prince l’an 1273, qu’il n’érort que simple comte deHabsbourg , lui ouvrit de bonne grâce ses portes,lorsqu’on eut reçu la nouvelle de son élection à sem-estre , & fut ainsi la premiere ville impériale qui lui ren-dit hommage. L’églife de saint Pierre est à l’une des ex-trémités dc la ville. Ce qui la rend plus remarquable ,est une place magnifique qu’rl y a fur le derriere , 8cqui s'étend jusque vers les murailles de la ville ; onì’appelle la place de saint Pierre ; elle est carrée , lon-gue de 2.89 pieds, & large de 150 , ornée de deuxbelles fontaines , &c de cent quarante-quatre, tant or-meaux que tilleuls, qui font un ombrage charmant,où l’on fe promene à plaisir , 8c jouissant d’un frais dé-licieux au milieu de la plus grande chaleur. On y voyoitautrefois un vieux chêne d’une grosseur ëc d’une hau-teur prodigieuse , qui étoit une merveille de la nature.D’un tronc haut de sept pieds s’élevoient dix grossesbranches, dont chacune auroit fait un bel arbre à part,8c elles fe fubdivifoient en plusieurs rameaux qui fai-soient un branchage to'ufu d'une étendue admirable. II«toit soutenu de trois rangs de piliers de bois. L’an 1474,î’empereur Frédéric d’Autriche , étant venu à Baie avecson fils Maximilien, voulut dîner fous ce chêne avectoute fa cour. A la fin il a succombé sous le poids desannées. L’un des côtés de cette place est bordé par l’ar-senal, qui est grand, bien construit, & bien fourni demunitions de guerre & d’artillerie. On y montre entreautres choses la cuirasse du duc Charles de Bourgogne,ses trompettes, ses timbales, & son équipage de cheval.
Dans la même rue est le couvent & le temple desDominicains , qui sert aux assemblées de l’églife fran-coife. Là on volt contre une muraille du cimetière cettefameuse peinture de Holbein, qui représente la dansedes morts , dont le dessein est si beau , que les peintresîe vont étudier. Comme le tems l’avoit presgti’à demieffacée,on l’a fait raccommoder 8c remettre en couleuril y a environ 80 ans ; mais les peintres qui y fuientemployés n’approchcrent point de la délicatesse 8c de labeauté de l’ouvrage de Holbein ; c’est pourquoi l’on re-grettoit encore les ombres dc ces morts. L’hôtel de villen’est pas bien loin de la cathédrale ; il est orné de di-verses belles peintures, la plupart de Holbein ; entreautres, 011 voit dans la grande sale du conseil un grandtableau de la main de ce peintre, qui représente en huitcompartimens toutes les parties de la passion de notreSeigneur, 8c q U e divers princes ont souhaité ardem-ment pour sa beauté. Maximilien , électeur de Bavière,en offrit à la ville jusqu’à 30 mille gouldes. On y voitaussi la statue de Munatius Plancus , général romain,qni fonda la colonie des Rauraques , qui est'maintenantAugfl , environ cinquante ans avant la naissance de J.C. Cette statue faite l’an 13-28 , est accompagnée d’uneInscription latine , composée par Bcatus Rktnanus.
L. Munatio PlAnco civi Romano. Viro Consu-lARi et Pr^torio Oratorique ac M. Ciceronis
DlSCIPUEO Qtïl POST DEVICTOS RhjeTOS AEDE Sa-TURNIDE MaNUBIIS BXTRUCTA Non MODO LuGDU-ncm et Rauricam Coloniam. deduxit , Quze Au-GUSTA FUIT APPELLATA AB OCTAVIO AuGUSTO TUMBERUM POTlENTE S.P. Q. BASIEIENSIS TAMETSI Ale-MANNORUM TRANSDUCTI CoLONÏ SUBACTIS Et DE-PULSIS RaURICIS , AMORE TAMEN VIRTUTIS , Qth£ETlAM IN HOSTE VENERATIONEM MERF.TUR > VETUS-tissimo tractus HUJUS ILLUSTRATORI , CUI.PATEMPORUM prorsus abolitam MEMORIAM POSTEI-MINIO RENOVARUNt
Anno MDXXVIII.
Aú dehors de cet hôtel de ville, l’on voit peint 1fresque le jugement dernier , où l’on a représenté lesdiables, qui, après l'arrêt prononcé , pouíient dans lesenfers les damnés > entre lesquels on remarque des ec-clésiastiques; Pitlura efl Lutberianijjima : cette peintureest très-lur'hérienne, difoit un savant du tems de Lu-ther , nommé George Wicelius. Cependant elle a etcfaite long-tems avant la réfotmation , savoir l’an 151°»auquel cet hôtel fut achevé de bâtir. Après l’hôtel deville, ce qu’il y a de plus remarquable est l’universite.Elle fut fondée par le pape Pie II, l’an 1439, 8 c depuisce rems, principalement depuis Je retour des sciences, el-le a toujours été florissante 8 c remplie de favans hommesen toutes fortes de sciences 8 c de facultés. Là fe sontTendus célèbres les Zwingers, lesPlaters , les Buxtorssi»,les Wetsleins, les Warenfels, les Harders , les Fefch,les Bartiers , les Bernouliis, & une infinité d’autresqu’il íèroit trop long de nommer. Les collèges publicsne font pas ce qu’il y a de plus beau à voir. II y en*un qui porte le nom d’Erasme , & de la Sapience , ouun certain nombre de pauvres étudians sonr entretenus.Mais il y a beaucoup à voir dans la bibliothèque publi-que , qui est fort belle, 8 c remplie paiticulierêment degrand nombre de manuscrits, dont plusieurs font softcurieux. On y montre , par exemple , un abrégé degrammaire latine, qui est un gros volume in-folio : un'livre des quatre évangélistes en grec , qui a mille ansd’antiquité : les actes du concile de Bâle . en dix tomesin-folio , les canons de 1 église grecque , plusieurs let-tres dc Jean Hufs , &c. L’an 1661 , l’on enrichit cettebibliothèque de celle d’Erasme & d’Amerbasch , que somagistrat acheta des héritiers de ce dernier pour le prisede neuf mille écus. II s’y trouva entre autres vingt ta-bleaux excellens de la main de Holbein ; comme 1 *figure de Jefus-Christ mort, dont on a voulu donnesmille ducats : une cène , une Lucrèce , une Venusavec Cupidon : Holbein lui-même &fa femme, Eras-me , Amerbasch son ami - 8 cc.
On dit que la sale de la bibliothèque fur le lieu ous’affembloit le fameux concile de Bâle , qui fut convo-qué l’an 1431 , & dura dix-sept ans. Comme dans cetems l’on n’avoit point encore l'usage de l’imprimerie »les prélats qui allerent au concile y apportèrent ut*grand nombre de livres manuscrits . grecs & latins,8 C les y laissèrent, étant mort la plupart de la peste 5& c’est, dit-on, ce qui a tant enrichi de manuscritsla bibliothèque. On a la coutume à Bâle de faire sonnetles horloges une heure trop tôt, & l’on dit qu’elle *commencé du tems du concile. Les protesta 11s difcfìtque comme les peres du concile alloienr tard à Rassem-blée, on ne trouva point de meilleur expédient pontles obliger de sc hâter , que d’avancer les horloges d’uneheure. D’autres l’attrïbuent plus vraisemblablement à tincertain tems qu’on avoir fait une conspiration contre 1*ville, & où les conjurés dévoient y entrer à une cer-taine heure de la nuit. Un bourguemaître en étantaverti > s’avifa , pour rompre leurs mesures, de faireavancer les horloges d’une.heure; tellement que quartéles conjurés eurent entendu l'horloge , 11s crurent lentcoup manqué, pour être venus rrop raid, & fe reti-rèrent.
O11 passe de la grande ville dans la petite fur un gtanâ8 c beau pont de bois , long de deux cens cinquante pas,qui sert de promenoir aux habitans, & où l’on a unetrès-agréable vue fur le Rhin. On voit à l’une des ex-trémités de la petite Bâle la belle église paroissiale àesaint Théodore ; près de là, vers les bords du Rhin, est-la Chartreuse. 11 y a dans l’églife de ce couvent quantitédc tombeaux des prélats qui moururent là durant 1* te-nue du concile. La ville de Bâle est fort peuplée; m3rêelle le pourroit être davantage : il y a vers i’extreniiteméridionale un grand espace de terrein , qui est occu-pé par des jardins; elle est aussi fortifiée à la moderne,avec des bastions & d’aurres ouvrages. On voit aux mu-railles des fossés intérieurs de la ville des pierres avecdes caractères hébreux : elles onr été tirées des tom-beaux des Juifs, & conrenoienr leurs épiraphes. Il 3 eCSun tems que les Juifs avoient une habitation à Bâle : « *avoient leur synagogue au marché aux bœufs, & ,eU ^ciraeticre à la place de saint Pierre , & particuliete-r ruent