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Tome premier. A - B.
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champêtre , & se délasler des occupations tumultueusesà ia ville. Autour des grandes villes de Provence, &des autres provinces voisines, il y a de très-bellesbastides;Ce mot au reste vient de bâtir, que quelques-uns écriventencore avec une s, bafiir , ce qui étoit autrefois un usagegénéral ; le mot bafiide a conservé l’S dans la prononcia-tion.

i* BASTIDE CLARENCE, dans la Basse Navarre»Elle a, dit sauteur cité, des restes de murailles & defossés, & l’on n’y volt rien de considérable. * Davity , t.2. p. 343 »

2. BASTIDE SAINT AMAND , ville de France.Elle est située dans le Languedoc, au diocèse de Castres,dc on i’a nommée ainsi à cause de son assiette, vis-à-visde la ville de Saint Arnaud de Val Toret, dont elle"'est séparée que par le ruisseau de Tore. * Jaillot,Atlas.

BASTIDE DE SERON, petite ville de France,dans le gouvernement de Foix. Elle est très-petite & si-tuée fur une éminence. * Piganiol de la Force , Desc. dela France, t. 4. p. 113.

BASTILICA , bourg de Tille de Corse > à l’orient dela ville d’Ajasso , entre celles de Corse & de Casa di&anto Pletrot Quelques auteurs croient que c’esl la mê-""e chose que ce que les anciens ont nommé Tara-Ei norum Vicus , quoique d autres le mettent à Vico ik°urg situé fur le Limone , près de son embouchure,& d’autres à Carabeni, village des environs»

BASTILLE ( la ), château de Paris, près de la portesaint Antoine. On dit qu’il fut bâti par le roi Charles V,tan 1369 , contre les courses des Anglois, & qu’Hu-gues Aubriot j prévôt des marchands, qui en avoirdonné le dessein , & qui y avoir posé la premiere pierrele ii Avril 1)69, y fut le premier enfermé pour crimede religion» 11 est composé de huit grosses tours avecdes appartemens qui les joignent. En 1634 il fut en-vironné de fossés 8 c de bastions. Cest le lieu où l’onenferme les prisonniers d’état» * Battdrand - éditionQ05.

BASTIMENTOS , isies de la cote de l’isthme de Da-r 'en, en Amérique, & qui paroissenc à un ou deuxmilles du porc de Seriva» Elles font à l’embouchure déla baie de Nombre de Dior , & à un demi-mille durivage. La plupart de* ces isies font assez hautes & cou-vertes de bois. Il y en a une dont une partie est unebaie sablonneuse ; on y trouve une source d une eauexcellente à boire» Elles font toutes entre elles & l’isthme1111 fort bon port » dont la profondeur est propre pourl’ancrage. On y entre avec le vent de mer, entre l’isle,du côté de l’orient 8 c la plus voisine , «Sc on en fortavec le vent de terre par le même endroit» Plus loinvers l’occident, avant qu’on arrive à Portobelo, oii voiedeux petites isies plates, fans bois & fans eau douce ,§c qui ne font presque pas séparées í’une de l’autre.Ee terrein en est sablonneux. Ces deux isles font en-vironnées de rochers vers la mer ; & l’isthme en estsi proche , qu’il n’y a entre deux qu’un canal étroit°d les vaisseaux ne peuvent entrer. Le rivage de l’isthmeaux environs, est composé de baies sablonneuses, après’-fo’on a passé une chaîne de rochers qui sors de la baiede No-mbre de Dior, vers les Baflimentos ; & au-delàJusqu’à Portobelo , la côte est généralement pleine der ochers, & le continent rempli de montagnes escar-pées : c’est un fort bon pays. La plus grande partieest couverte de bois,& l’autre a été défrichée parlesIndiens Espagnols tributaires de Portobelo, qui en ontfait des plantations. Ce font les premiers écabîissemensqui ayent été faits for cette côte , sous le gouvernementespagnol. * Corn. Dict»

A Bastion DE FRANCE , place d’Afnque, fur la"ote de Barbarie , au royaume d’Alger , au nord-est deBonne. Ce bastion n’a qu’un périr port, ou plutôt unesimple plage, capable seulement de recevoir les bar-ques ou chaloupes qui vont à la pêche du corail, enconsidération de laquelle les François fe sont principa-lement établis dans ce poste. * Savary, Dict» du Com-merce, t. 1. p . 1037.

Le véritable port du Bastion où arrivent les vaisseauxde la Compagnie, esl la Calle , à sept milles plus hautVers le levant, où la Compagnie a aussi quelque réduit

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fortifié, avec quelques soldats pour la fureté des mar-chandises , entretenant pareillement une espèce de gar-nison au cap dé Rose pour le même sujet, * Savary ,Dict» du Commerce , r» 1. p. 1037.

Le principal établissement est le Baflion même ; c’estoù réside le gouverneur, de qui les capitaines de la Calle8 c du cap de Rose prennent leurs ordres ; c’est aussi làoù font établis les magasins où les corailleurs vien-nent décharger leur corail, & où se trouvent l’égíise8 c les ecclésiastiques destines pour l’administration desfacremens aux François, qui ont été autrefoisjusqu’àplus de huit cens, mais dont le nombre est beaucoupdiminué»

Les soldats des garnisons, les commis «Se se s fréga-taires , c’est-à-dire ceux qui chargent les bleds ou autresmarchandises à bord des frégates, sont françois, éta-blis au Bastion & entretenus aux dépens de la Compa-gnie» Les frégataires font nourris & ont neuf flancs degages pat mois» Pour les corailleurs, ce sont des pêcheursqui ne travaillent que dans le tems de la pêche , Sc sousles conditions dont 011 parlera dans la fuite.

Cette pêche sc fait depuis le commencement d’a-vril jusqu’à la fin de juillet. Quand la saison est pro-che , les corailleurs viennent au Bastion faire leur mar-ché, recevoir les avances qu’on a coutume de leurfaite , & prendre possession du satteau 011 barque quela compagnie leur fournit avec tous ses apparaux, dontnéanmoins ils doivent rendre compte,quand la pêche estfinie»

Les avances que l’on fait aux corailleurs font environde deux cens piastres, à condition que ni les maîtres debarque ni leurs compagnons ou matelots ne pourrontvendré le corail de leur pêche qu’aux commis du maga-sin, à peine de punition corporelle, & feulement auprix fixé pat la compagnie, qui est de cinquante-huit solsla livre»

On emploie ordinairement vingt-cinq satteaux, 8 cchaque satteau ne pêche guères moins de vingt à vingt-cinq quintaux de corail par saison ; & l’on compteannée commune fur deux cens quintaux du produit dela pêche»

Les patrons des satteaux & leurs gens payent tour cequ’ils prennent au magasin fur le pied convenu aveceux , qui est d'une piastre pour le cent de pain, deuxpiastres ponr le millerolle de vin , & un aspre de la livrede viande : ils achetent même le fil propre à faireleurs engins à pêcher fur le pied de vingt-cinq livres lequintal»

Le corail a beaucoup perdu de son prix en France ;mais on en fait toujours cas dans plusieurs autres pays del’Europe , comme en Italie & en Portugal, particuliè-rement dans les échelles du Levant «Se aux Indes orien-tales»

Celui de la pêche du Bastion de France , fe met en-caisse du poids de cent trente livres, poids de Marseille,où il fe vend ordinairement à raison de trois censpiastres la caisse, s’il est beau, & au-dessous, s’il estmoindre»

La compagnie, outre le Bastion s la Calle 8 c le capde Rose, a encore dans fa concession les ports deBonne 8 c de Casse, dont, aussi bien que des trois autres,elle faic le commerce, à l’excluston de tous négociansfrançois»

Les grains , les légumes, les cuirs, les soifs , la cire »quelques laines forges, 8 c les chevaux, qu’on nommeen France Barbes , à cause de la Barbarie d’où on lestire , font les marchandises dom on peut trafiquer avecles Maures de là concession de la compagnie.

Ceux du Bastion peuvent fournir douze mille mesures-de froment, quatre mille d’orge, deux mille de fèves,trois mille cuirs , & un peu de cire»

Les chevaux qu’on y achete payent au checq ou gou-verneur maure dix piastres de droits de sortie & deuxà l’alcair : on donne aussi environ une piastre au truche-ment»

A la Calle on peut traiter trente ou quarante millemesures de bled, six mille d’orge, trois mille de fèves &six mille cuirs. Ce que fournit le cap de Rose est moinsconsidérable; trois ou quatre mille mesures de bled,mille mesures d’orge , feulement trois à quatre cens de