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Tome premier. A - B.
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fibbè de Condat, & saint Lupicin , abbé de Lauconne ,assez près de leurs abbayes , en Franche-Comté > mais^ans le diocèse de Besançon sur le Doux. & qu’ils yétablirent leurpropre sœur pour abbesse, vers le milieudu cinquième siécle. 11 ajoute que saint Romain s’y fieenterrer. Piganiol ne convient pas de cette antiquité.On fait seulement, dit-il, L c. qu’elle étoit considéra-ble du tems de Charlemagne 8c de son fils Louis ledébonnaire , qui en ont parlé dans leurs capitulasses.Sainte Odille, premiere abbesse de Hombourg , avoirété élevée dans i’abbaye dè la Baume les Nones, danslaquelle on ne reçoit pour religieuses que des filles dequalité, qui font preuve exacte de leur noblesse. Cette«bbaye est peu riche.

Corneille, à l’occasion de la ville de ce nom , parled une glacière très-singuliere , 8c décrit la grotte d’ou1 on tire la glace : elle en est à environ trois lieues, au-près du village de Leugné. Voyez-en la description sousle titre de Leugné.

SAINTE BAUME, c’est-à-dire, la Sainte Caver-ne > grotte fur une montagne de France, en Provence ,entre Aix , Marseille & Toulon , & à deux lieues deSaint Maximal. On prétend que sainte Magdeléne y aAchevé ses jours dans les austérités de la plus rigoureusePénitence. C’est du moins la tradition nationale. Je ne

Prétends ni autoriser ni réfuter un sentiment que d’ha-jssles gens de part & d’autre ont défendu & attaqué avecheaucoup d’érudition, & je rapporterai simplement l’cx-£ r ait que Corneille a fait du récit de Jouvin de Roche-*°rt, Voyage de France , qui avoir visité ce lieu. Quoi-SUe le nom de Baume ne convienne qu’à la grotte,1 usage a voulu qn’on ait donné le nom de Sainte Bau-*Ne à tout le rocher qui est d une hauteur prodigieuse.1* est à deux lieues de Saint Maximin, & à six d’Aix &sie Toulon , entre ces deux villes. Ce rocher est si uni^ tellement escarpé, que de loin on le prendroit plu-l °r pour un bâtiment que pour un lieu naturel de ro-chers. Avant que d’y arriver on voir plusieurs croix fur*c chemin , où font représentées les pieuses actions de'illustre pénitente, jusqu’à ce qu’étant proche de la ca-verne où elle se retira, on trouve le chemin appropriépar des degréscontre le rocher, où, avec assez de peine,on parvient à quelques portes, qui donnent entrée furUne petite avancé contre ce même rocher, fur laquelleavance on a pratiqué avec beaucoup d’artifice un petitcouvent, où font pour l’ordinaire six ou sept religieuxde Saint Maximin , avec un concierge qui reçoit lespèlerins dans un petit logis, qu’on a aussi pratiqué ence lieu. Au-dessus s’éieve le rocher escarpé en façond’une haute muraille , ou la caverne paroît entre cesdeux édifices. Elle est taillée naturellement dans la ro-che vive, environ au milieu de la hauteur de la mon-tagne de vingt-cinq ou trente pas en carré, & hautede trois toises dans le milieu , se terminant presque enVoûte toutàl’entour. C’est une merveille que par toute la

grotte l’eau dégoûte de la voûte, excepté un seul endroitQùlaSaintecouchoit surun lit de la même roche,commet>n le voit encore avec sa figure qui la represente àsiemi couchée & pleurante. Dans la partie la plus éloi-gnée 8c la plus affreuse , est un petit rocher qui s’éieve,êe sur lequel on voit une statue de marbre de sainteMagdeléne prosternée , & dans Faction de la plus séverede pénitence. Elle est éclairée de quelque lampes qu’ony fait brûler fans cesse. Ce petit rocher est environné degrilles de fer. & sert d’appui à un autel, orné de quel-ques piliers de marbre, où tous les jours on dit plu-Cuurs messes. C’étoit en ce lieu qu’elle faifoic ses plusProfondes méditations. On descend pat quatre ou cinq^arches dans le lieu plus creux de ce rocher, qui est com-1116 la sale de ce premier étage , 8c dans le fond on voitlln sépulcre de Notre Seigneur, dont les personnagesfont très-bien représentés. Comme ce lieu est plus fpa-Cl 'eux, elle y saisoir sa demeure la plus ordinaire. II ys une fontaine, dont l’eau s’entretient claire & nette,fans tarrir jamais, quoiqu’elle ne soit que dans un toc,ne devroit souffrir naturellement que de la séche-resse, Le premier étage ne tire aucun jour que de sonc ntree, oud’un côté est le petit checur des religieux ,r}ui viennent y chanter Foffice. La sacristie est de l’aurre*ote. Ce couvent a été fondé depuis cinq ou six cens

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âns par ûn évêque de Mende > qui le fit bâtir avec unpetit cloître de quelques cellules , le tout si bien mé-nagé dans le rocher, qu’il semble se soutenir de foi-mê-me , & on diroit qu’il ni auroit aucun bâtiment. Il fautdescendre quelques degrés pour prendre le chemin dusaint Pilon , qui en langue provençale veut dire Pilier.Ce chemina été accommodé pour en rendre la montéeun peu moins rude, jusqu’à ce qu’on soit arrivé au plushaut de la montagne où est ce pilier, qu’on y a mispour marquer l’endroit où l’on tient que la sainte pé-nitente fur enlevée par les anges. II tient à unepctiíéchapelle bâtie au bord du précipice, en forme de dôme»où il ay un tableau qui represente cet enlèvement. Dece lieu on ne voit d’un côté que des montagnes & desrochers, & de l’autre la mer du côté de la dotât, qu!n’en est éloignée que de deux lieues. Au bas du rocheraprès la Sainte Baume, est une plaine environnée d.emontagnes. 11 y a au pied du même rocher une forêtde sapins , mêlés avec d’autres arbres, partie plantésdans la plaine, partie fur le penchant de la montagne,ce qui fait comme un cercle autour de cette fameusesolitude.

BAVOTA, ville d’Italie , au territoire de Salentins,selon Ptolomée , l. j.c. i. Ses interprètes lisent Bau-bota ou même Bausta. On cross que c’est présente*ment Parabita , village du royaume de Naples, dansla terre d’Otrante , à six milles de Gallipoii, vers le le-vant. * Baudrand , éd. 1682.

BAUSKE , ce nom, comme le remarque Zeyler,Livon, Topog. p. 10. est diversement écrit sur les car-tes & dans les relations des voyageurs ; Baulske ,Bausche , Bausenborgh 8 c Bautschburg. Uneentre autres assure que ce n’est qu’une petite ville ou-verte , appartenant au duc de Curlande qui y a unemaison, & qui réside à Mittau, à sept milles de là»Mais, continue fauteur cité ei devant, il se peut fairequeBauske ait été fortifié depuis ce rems - là ; cardeson rems, c’est-à-dire , vers le milieu du dix-feptiémesiécle, on l’a regardé comme une des plus importan-tes places de la Semigalle. Le roi de Suéde GustaveAdolphe la prit en i6zy, après quoi il livra le septjanvier 1626, la bataille où les Polonois furent défaitsà plate couture , & perdirent tout leur bagage & touteleur artillerie. Elle est aux fronrier.es de la Samogitie,au-dessus de la jonction des rivières de Mussa 8c deSussa , qui vont à Mittau se perdre, avec un grandnombre d’autres ruisseaux.

BAUT.ZEN , Butijfma , ville d’Allemagne , dansla Haute Luface, dont elle est la principale ville, 8cqui à cause d’eile a eu quelquefois le nom de MarckiaBudijsmenfis. Dresserus ,dans la description qu’il en afaite, dit qu’on tient que ce nom lui fut donné par unduc de Bohême , vers l’an 800, & qu’auparavant lepays s’appelloit Nifin ou Nijfana , 8c qu’cnfin avant l’ande l’ere vulgaire 1466 , on ne trouve dans les écritsaucun vestige de la division de la Luface , en haute 8Cen basse, La citadelle qui étoit vis-à-vis de Bautzen, au-delà de la Sprée , 8c que l’on nommoit Brotschen-berg , doit être fort ancienne ; & quoiqu’elle ne sub-siste plus, on en trouve encore d’anciens murs dans laterre ; 8c la montagne où elle étoit en conserve tou-jours le nom. La Sprée fur laquelle la ville de Baut-zen est située, a fa source environ deux milles au-dessusdans le village de Spreuberg. L’an 1000 , Boleslas Cha-bri > premier roi de Pologne , prit Bautzen. L’empe-*reur Henri II la reprit avec bien de la peine , & ia ren-dit contribuable à Fempire. Dans la fuite Henri IV,trouvant que les Wendes l’avoient enlevée à Fempire,& fe voyant aidé des Saxons & de Wratisias alors duc »& ensuite roi de Bohême, obligea les Vendes à céderà la Bohême cette ville avec la Luface ,&de son côtele roi de Bohême donna Bautzen & les environs à fafille Judith , femme de Wipert, comte de Groitz ,àtitre de dot , vers Fan 1080. Judith mourut à Bautzenl’an 1091, 8c fut enterrée à Pegau enMisnic, dans l’église.de Saint Jacques qu’elle avoir fondée. Wipert II, leur fils,étant mort fans enfans, Bautzen & son territoire fu*rent affligés de mille malheurs , &passerent à la Bohê-me, après avoir été ravagés & presque ruinés. L églisdcollégiale paroît avoir été fondée par ceux de Mîsnic %