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Tome premier. A - B.
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BEN

Entre les bêtes farouches de Benguele , íl y en à«ne espèce fort particulière, qu’on nomme Abada.^ e ft un animal de la grosseur d’un poulain de deuxai sijila une corne fur le front, Sc une autre fur lanuque : celle du front est unie, longue de deux , troisquatre pieds . épaisse vers la racine, comme laIambe d’tm homme , mais pointue par le bout, & re-courbée en devant : celle de la nuque est plus plate &plus courte ; le couleur en est noire , & d'un brunenfoncé, Lc cependant la limure en est blanche. Satete n’est pas si longue que celle d’un cheval, elle estplus pl a te Sc plus courte;son poil est aussi plus épais^ plus rude; fa queue ressemble à celle d’un bœuf,qooiqu’elle ne soit pas de la même longueur: il a ductin comme un cheval ; ses pieds font fendus commeccux du cerf, mais beaucoup plus gros. Tandis que1 abada est encore fort jeune , fa corne du front est^oite,■ mais à mesure qu’elle croît, elle fe recourbecomme les défenses d’un éléphant. On dit que quandcette bête veut boire , elle plonge fa corne du frontdans Peau, comme pour chasser le venin qu’il pour-r°ìt y avoir. Quoiqu’elle soit fort legere à la course ,dle ne peut pas néanmoins éviter toujours les dards& les flèches des Nègres qui la poursuivent pour avoirEt corne-, parce qu’elle passe pour un excellent antide-re ; mais il y en a qui font plus d’effet les unes quel e s autres, selon l’âge de ces animaux lorsqu’on lestL!e - Pour en faire l’épreuve, les Portugais mettent leEec de Ja corne fur le plancher , & suspendent dire-dlenrent au-dessus une épée qui touche la corne par* a pointe , Sc dont la garde est attachée à un fil. Quandla corne est bonne, elle est dure, & l’épée ne pou-v anc pas entrer, ne fait que tourner autour de soncentre ; mais lorsqu’elle n’est pas bonne, l’épée s’y en-fonce. On fait un cataplasme des os de cet animal ré-duits en poudre, Sc mêlés avec de l’eau , on l’appli-qtie fur les parties où Pon lent une douleur intérieure.* ÏÏ-ippcr, Afrique, p. 375-

BENGUELE VIELLA on Le vieux Benguele. Ondonne ce nom au pays qui est depuis le Cabo SaintEras, jusqu’à la baie des Poulets. C’est proprement ungolfe qui peut avoir deux lieues de long, une demi lieuede large , dix ou douze brasses de profondeur fur unfond limoneux. A côté, vers le midi, fur une mon-tagne , est situé un grand village, où l’on rrouve desvaches aussi grosses que celles de France, des mou-tons , des poulets Sc des dents d eléphans à acheter ;Sc c’est à ce seul endroit, ce semble, que de Piste re*strainr le nom de Bcnguela le vieux. Les mousquetsy font fort recherchés ; mais il n’y a point d’eau fraî-che ; & il faut que les habitans aillent chercher desvivres plus avant dans la terre ferme. * Dapper , Afri-que,p. 374.

La baie de BENGUELA , fur la core occidentalede PAftique , au royaume de même nom , & entre* es rivières de Caron-Belle Sc de Gnbororo ou SaintErançois. Cette baie est un fond propre à jettes Pan-Cl 'e -, elle s’étend en largeur d’un angle à Pautre Pespacet,e deux lieues , Sc depuis le centre jusqu’au point leplus reculé de son enfoncement elle a une lieue &demie. Du côté du nord est le village de Benguele ,°ù Pon a bâti un fort : au devant de ce village il y a unbanc de fable qui empêche les vaisseaux d'aborder cevillage , & qui les oblige à jetter l’ancre à une grandelieue de la côte , où ils ne trouvent plus que cinqbrasses d’eau. Le château de Benguele est fermé dePalissades, Sc désossés entourés de maisons, Sc om-bragés de bannanes, d orangers, de limoniers de gre-nadiers N de bacoves , avec un puits d’eau fraîche furE derrière. 11 y a sept villages aux environs de celui debenguele, qui en relèvent ; savoir , Molondc, Pcrin-Sa > à une lieue & demie du château , & à un quart

lieue Pu n de Pautre, - Mani Kinlbmba , ( une grandehabitation qui peut mettre trois mille hommes sorP ic d , ) Mani - Nomma, Mani - Kinsomba , 1 iJcene,Mani-Kilonde , anxquels on peut ajouter les Mondorn-hes Sc Mondondes, peuples vassaux de Bcnguela. Les7 ottugais s’y croient habitués ; mais craignant de fe voirinvestis par les originaires du pays, ils sc sauvèrent â

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Massingan : les Negres les y poursuivirent, Sc en firentpérir un grand nombre. * Dapper , Astique , pag.375-

II ne saur pas confondre Benguela le vieux avec Ben-guela , autrement Saint Philippe} le premier est par les10 deg. 40 min. de latit. sud , & le second par les 12 d.2 6 m. de latit. sud.

Les tables hollandoiscs mettent Bengale ah paysd’Angofa , a 12 d. 20 m. Gelì la même place que Ben-guela ou S. Philippe.

BEN-HENNON, oti

BEN-HINNON , ou Ceh-Hièinon, ou Geh-Be-ne-Hennon, c’est-à-dire, vallée des enfans d'tien-non, (a ) vallée de la Palestine ; elle étoic à l’orient Scau midi de Jérusalem. ( b ) O11 dit que c’étoit la voi-rie de Jérusalem, Sc la figure de 1 enfer, d’où vientque l’on a donné le nom de Gehenna à Penser. Notremot de Gêne , & cette façon de parler, être à la Gé~ne^ viennent de cette source. Cette vallée s’appeiloicaussi Tophet. Voyez, ce mot. * (■>) Jofué , c. 15. v. 8.Sc Reg. 1. 4. c. 25. vì io-. (b) Ettsebe , in voceTAIENNOTM.

BENI. Voyez, Bénin.

BENI ABDALA , selon Marmol, i. z. L c. 45.ville d’Afrique, dans la province d’Alger. Elle a été ap-pellée ainsi d’un peuple qui s’y est habitué , & se nom-rnoit autrefois SiLsr.on y voit plus de cinq cens mai-sons , ou bâties de terre grasse . ou divisées par quar-tiers , Sc toutes ne valent rien. Cette ville est auprèscPune riviere qu’on appelle Huet lcer.

BENI-ACMET, ou Beni-Hamet, (a) montagned’Afrique, dans la province d’Errif, an royaume deFez. Elle est rude Sc inégale , chargée de vignes, d’oli-viers & de figuiers, avec de grands bois d’arbres frui-tiers , Sc ne produit point de bled. Sa largeur est dedeux lieues , Sc fa longueur est de six , dorient enoccident. Les habitans sont grands buveurs, Sc sontcuire le vin qu’ils recueillent , afin de 1e conserver ,de sorte qu’il peut se garder quinze ou vingt ans. Ou-tre qu’ils en ont pour toute Tannée , ainsi que du rai-sin, ils en vendent à leurs voisins, qui fe rendent tou-tes les semaines à un marché de vivres qui se tient danscette montagne , où les marchands de Fez viennentacheter du raisiné , des cabars de raisins, des figuesSc de l’huile. Ils sont quatre mille combattans tousgeus de pied si pleins d’orgueil, quoique pauvres, qu’ilsfont toujours en querelle avec leurs voisins, II y amême souvent parmi eux des démêlés, à cause dediverses sections qui s’y sont entretenues de tour teins.Les rois de Fez ( b ) d’un côté & les seigneurs de Vekzd un autre , les tourmentent fort, ce qui les rend mi-sérables, fans qu’ils le puissent affranchir du joug àcause de leur foibleffe. L’eau des fontaines est amere&' trouble, Sc la terre couleur de chaux. * ( ■) Marmol ,t. 2. I. 4.c. 92. (b) Les rois de Fez ne subsistent plus,Sc leurs états sont annexés à ceux de Maroc.

BENI-AR AX ou Béni Rasid , selon Marmol, t. z,l. js. c. £4. contrées d'Afrique , ou étar particulier,qui est un des endroits élevés, qui dépendent du royau-me d’Alger. Sa longueur est de dix-scpt lieues, furneuf de largeur. Tout le côté du midi est une plai-ne, & celui du nord n’est que collines qui abondenten bleds, en miel 6e en pâturages. On y trouve en quel-ques endroits de jujubes, des figues Sc plusieurs autres,sortes de fruits. II y a auíiî quantité de gros Sc menubétail. Les habitans font Bérébcres, de la tribu de Ma-garoas, & de la lignée de Béni • Arachida: ils sont di-stingues en deux ; ceux des montagnes demeurent endes lieux fermés & en des villages, Sc travaillent auxchamps Sc aux vignes : les autres errent pat les cam-pagnes comme les Arabes, Sc étant plus riches , iísont quantité de chevaux & de chameaux. II y a quatrevilles principales , savoir Beni-Arax qui porte le nomdc I état, Cala a , Mohascar Sc Bat a.

La ville de Beni-Arax , capitale du pays, a plus dedeux mille maisons, Sc cest la plus ancienne. Il y de-meure beauçoup de noblesse & de personnes de con-dition > quoiqu’elle ne soit pas fermée de murailles,Ptolomée qui rappelle Villebourg, la meta 12 deg,Tome I. Part. 11 . Y