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Tome premier. A - B.
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BEN

tributs ; mais un tyran s’en érant rendu maître en 1504 ,a la faveur du roi de Fez , il abolit i’université , 8c fitvendre les livres dont il tira plus de quatre mille d-ucas,

Marmol , t. z. 1. 4. c. 82.

BENl-ZANTEN ou Benye-ginefen , petite mon-ta gne d’Afrique, dans la province d'Errif.au royaume

Fez. Sa longueur est de trois lieues 8c demie , & latargeur d’un peu plus d’une. Elle est séparée de celle deEeni-Hamet par un grand ruisseau qui prend sa sourcedes fontaines d’alentour, & il y a quantité de vignesdont l’on fait du vin 8c des raisins secs. Les habiransne recueillent point de bled ; mais ils ont de grands trou-peaux de chevres qui font leur principal soutien, ou-ts e que cette montagne est couverte de vergers : ce fontde pauvres gens , mais glorieux , qui font trois millebonimes de combat, tous à pied Sc qui ont toujoursguerre avec ceux des autres montagnes. * Marmol , t. 2.h 4- c, 93.

BENí-ZARVAL , montagne d’Afrique , dans la pro-vince d Errif, au royaume de Fez. Elle rapporte quan-tité de fruits, de vignes & d oliviers, de forte qu avecee quelle a de bled 8c de troupeaux , le peuple scroità son aise fans les impôts excessifs qu’il est contraintde payer aux seigneurs de Chechuan dont il releve.Les habitans, gens simples 8c toujours occupés à leurtravail sont deux mille combactans , parmi lesquels ily a des arquebusiers & quelques gens de cheval. Ontient dans cette montagne un marché de vivres toutesles semaines , où les autres Montagnards accourent.* Marmol , t. 2. 1. 4. C. 78.

BENI-ZENETE, montagne d’Afrique, qui fait uneFranche du grand Atlas, 8c qui prend le nom des peu-ples qui y demeurent. Ce sont des Béréberes d’entre lesZeneres. Sa longueur est de dix lieues fur cinq de lar-geur. Elle est à dix-huit lieues de Tremecen vers l’occi-dent , & touche d’un côté au désert de Gares, 8c deFaune à celui d’Angad. Cette montagne est haute > ru-de, escarpée 8c toute remplie de forêts de carrossiers.Les terres ne produisent point de bled. Ainsi les habi-tans fe nourrissent principalement decarrouges, 8c man-gent de la chair de leur troupeaux qui sont en grandnombre. 11s vivent dans des villages tout ouverts, &sont braves 8c honorables. Au plus haut, il y a un lieufort, par art 8c par nature > où demeure le comman-dant qui a plusieurs cavaliers 8c arquebusiers , & peutfaire plus de vingt mille combartans bien expérimentésdans les armes, à cause des guerres continuelles qu’ilsont avec les Turcs & avec les Arabes des déserts, dontils fe défendent par l’àpreré de leur montagne. .11 y ad’ordinaire de grandes factions 8c de grandes inimitiésentre ces barbares, fur 1c sujet du gouvernement, cequi les expose à de rudes démêlés, lorsqu’ils n’onr pointd’ennemis au dehors ; car lorsqu’ils en ont, ils fe joi-gnent tous pour leur résister. Les Turcs, qu’ils haïssentmortellement, n’ont jamais pu les assujettir. * Mar-r aol , t. 2.1. 5. c. 24.

BENI-ZEQUER, montagne d’Afrique, en la pro-vince de Habad, au royaume de Fez. Elle commencea celle d’Arhon, & a de longueur huit lieues d’occident01 orient, & trois de largeur. Les habitans qui pren-nent le nom de leur montagne , recueillent peu de fro-ment, & n’ont que de méchante orge; mais ils ontforce troupeaux & vivent assez à leur aise. Ils sontd’entre les Gomeres , & il y a parmi eux plusieurscorroyeurs & tisserans. Ils ont grande abondance demiel 8c vendent quantité de cire tous les samedis en unmarché qu’ils tiennent, & où se rendent les marchandsde Fez & d’autres villes, & particulièrement les Chré-tiens qui trafiquent en Barbarie. Ils font quinze millehommes de combat ; gens orgueilleux, barbares 8c quis ’entretuent souvent par jalousie. Quelques uns appel •lent cette montagne Béni - Fensecare , mais mal àpropos. * Marmol , t. 2. I. 4. c y 8.

BENlBERA. Voyez, Ascalon.

BENIM ou Bénin , ville, riviere 8c royaume d’Afri-c l Ue , dans la Guinée, * Corn. Dict.

Le royaume a pris son nom de fa ville capitale, & estborné ait nord-ouest par Ulcami, Laboc > Ifago &Odobo ; au nord par Gaboé , qui est à huit journées

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de chemin du grand Bénin ; au levant par Istana j,Forçado & Ouverte ; au midi par la mer. On ne faitencore précisément jusqu’où va son étendue du côté dunord, parce qu’st y a des lieux qui sont séparés par desbois impénétrables. Tout ce que l’on lait , c’csl qued’occident en orient, fa longueur est de cent cinquantelieues. Il y a aussi beaucoup de villes & une infinitéde villages , dont les noms sont ignorés. Les villagessont entre la ville de Benim, le royaume d’Ulcami, 8cle long de la riviere qui porte le nom du pays. Cetteriviere, que les Portugais appellent Rio de Benim, 8cles habitans Arbon, coule au levant de Rio Lagos, àvingt-cinq lieues de là ; son embouchure est fort large 3quoiqu’il y ait un banc de fable au-devant, les yachs 8cles chaloupes y peuvent entrer facilement ; mais quandon est remonté jusqu’entre Arbon & Goton, on s’apper-çoic que son lir est son étroit, 8c le rivage fort recour-bé. Au milieu de son embouchure , lors même quel’eau est plus haute , elle n’a que dix pieds de profon-deur. II en sort beaucoup de petits ruisseaux qui arro-sent ce pays, 8c un entre auues qui va le rendre dansle Rio-Lagos.

La riviere de Benim est la plus considérable de rostrescelles du royaume , & l’on y trouve, comme dans tou-tes les autres, des crocodiles, des hyppopotames, &c plu-sieurs sortes d’excellens poissons.On y en prend un quel-quefois qui est fort petit, & on fe sent frémir le brasaussi tôt qu’on l’a touché. Près de i’embouchure de cettemême riviere, est le village de Locbo , & en remontantvingt lieues , on trouve une bourgade appellée Arbonou Argon , quia cinq cens pas de long , sor cent de large.On ne voit que des buissons dans la campagne , & quel-ques sentiers si étroits, qu’à peine deux hommes peu-vent y passer de front. Proche de la source de Benim,qui est trente lieues plus haut, on découvre le villagede Goton ; il est un peu plus large qu’Arbon, & dela même longueur. A quatorze ou quinze lieues de cevillage, tirant vers le nord , est une Vil’e que les FFol-landois nomment Grand-Benim, parce qu’en tousces quartiers il n’y en a point de plus grande

Elle a huit lieues de circuit, en y comprenant le pa-lais de la reine qui en a trois Elle est fermée d un côtéd’une muraille de deux pieds de haut, faite d’une dou-ble palissade d’arbres , avec des fascines au milieu . en-trelacées en forme de croix , & garnies de rene grasse.De l’autre côté est un marais , bordé de buissons , qui,s’étendant d’un bout de la muraille jusqu’à l’aurre , sertde rempart naturel à cetre ville. II y a plusieurs portes ,hautes de huit ou neuf pieds , 8c larges de trois ; ellessont de bois tout d’une piéce , & tournent sor un pieu ,comme lés claies qui ferment les prés. Quant à la ville,elle est composée de 30 grandes rues fort di cites, 8c lar-ges de six-vingt pieds > outre une infinité de petites quitraversent. Les maisons sont en bon ordre , & rangéesprès l’une de Faune. Elles ont des toits, des auvents,des balustrades, & sont ombragées de feuilles de pal-miers & de bananas , parce qu’elles n’onr qu’un étagede hauteur. Celles des gentilshommes ont de grandesgaleries par dedans, 8c plusieurs chamssies, dont lesmurailles 8c le plancher sont de terre rouge. Ces peu-ples font paroi t re une grande propreté ; ils lavent 8cfrottent si bien leurs maisons , qu’elles sont polies &reluisantes comme une glace de miroir. Le palais duroi est au côté droit de la ville , au sortir de la portede Goton. C’est un assemblage de bâcimens qui occupeun grand espace , & qui est fermé de murailles. 11 y aplusieursappartemens pour les ministres du prince, &de belles galeries , dont la plupart font rrès-giandes.Elles sont soutenues par des piliers de bois, enchâssésdans du cuivre, où font gravées ses victoires. Le plusgrand nombre de ces maisons royales font couvertes dcbranches de palmier, disposées comme des planchescarrées. Chaque coin est embelli d'une petite tour enpyramide, sor la pointe de laquelle est perché un oi-seau du cuivre étendant les ailes. Le roi de Bénin en-tretient un grand nombre de femmes, quelquefois plusde mille. Quand il meurt, on enferme dans une ferai!celles avec qui il a eu commerce ; elles font gardées patdes eunuques-, chacune a fa chambre à pai r. Son succès-