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destin. II n’en excepte que Tanagre Sc Thespì'es. Cepassage de Strabon rectifie l’idée que feroit naîtrefans lui ce que dit Etienne le géographe, que la Béotiea été anciennement nommée Aonie , Mesapie , Ogy-gie & C-admeïde. On voit assez que le nom d’Aonievient des Aones dont parle Strabon : mais quoiqueEtienne cite Thucydide, je ne trouve point dans cetauteur qu’il ait parlé de Mefapie. Le nom de Cadme'ïJevient naturellement de Cadmus. Pour celui d’Ogygie ,je doute que nous en ayons une autre autorité que celled'Etienne, II est vrai que Varron, de Re Ruft. I. z.c. i. dit que la plus ancienne ville que l’on eut bâtiedans la Grece, étoit Thebes en Béotie , & que le roiOgyges en fut le fondateur ; c est apparemment fur quoiest fondé le nom à'Ggygie. Mais Thebes fut ajoutée àla ville de Cadmée , qui étoit par conséquent plus an-cienne. Varron , /. 3 .c. 12. parlant du lièvre que quel-ques-uns prétendent avoir été nommé Lepus , à causede la legereté de ses pieds ( quod levipes effet) ajoutequ’il croit plutôt qu’il vient de quelque ancien motgrec , Sc apporte en preuve que les zEoles-Béotiens lenommoient aussi Lepus. Ces rÉoLEs-BfeoTiENS font fa-ciles à trouver, lorsqu’on fait ce que dit Strabon, queles Béotiens aidèrent à Penthile à conduire une colo-nie /Eolique, en y envoyant quantité de leurs gens ,de forte que cette colonie fut surnommée Béotienne ,Bwtkwiuì. Justin, /. y. c. ì. dit que la Béotie étoit le nomdu pays, & Pclasges,celui de la nation : Foptili , Pelasgi ;Regio , Bœotia dìcebatur ; Sc ce qui est surprenant, c’estqu’il le dit de la Macédoine, comme si la Béotie avoitété le nom de ce pays ait commencement de la monar-chie ; ce qui est bien contraire à ce que dit Strabon,plus croyable fur cette matière que Justin. Solin , c. y.ed, Salmas dit : Les Béotiens font les mêmes que l’ona appellé Leleges. C’est par leur pays que coule lefleuve Céphife pour fe rendre à la mer. Cetabrévia-teur de Pline est un triste exemple du peu de fondqu’il y a à faire fur les abrégés. Pline, /.4.c. 7. dittout au contraire que c’est chez les Locres Epicnemi-diens, appellés autrefois Leleges, que coule le Céphife.II est certain que les Leleges, peuple vagabond , ont étéquelque rems dans la Béotie, puis dans la Locride. Voyez.J.£Leges ; mais il n’est pas moins vrai que Solin parled’un maniéré peu correcte de la Béotie, de l’aveu mê-me de Saumaife , son commentateur , qui n’a pu s’em-pccherde le relever. Le nom de Béotie a plusieurs éty-mologies différentes, rapportées par Etienne. Quelques-uns disent que Bœotus avoit pour pere Iton, fils d’Am-phiction, qui étoit le plus jeune fils de Deucalion &de Pyrrha. Le passage d’Etienne a des preuves manifestesde quelque omission considérable, car il met ces mots,selon lui , par maniéré de citation, quoiqu’il n’y aitencore aucun auteur nommé jusque-là dans cet arti-cle. Mais, ajoute-t-il, Nicocrate dit qu’il étoit fils deNeptune & d’Arne : fur quoi il cite des versd’Eupho-lion , poëte Grec, dont le sens est que Bœotus naquitd’Arne, avec laquelle Neptune avoit eu commerce, Scqti'il eut ce nom, parce que des bergers rapportèrent
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qù’on l’avoit trouvé exposé sur le fumier des bœufsde son pere. Euripide a un vers qui dit qu’il fut ainhnommé, parce qu’onle rrouva je t ré auprès d’un bœuf.Castor parle bien du bœuf, mais é’est à l’occásion dcCadmus, à qui il servit de guide Ovide, Metafnorpl. 3. v. 10. & seq. dit dans le même sens :
BoS tiíi , Phœbas ait y salis occurret in arvis ,Nullum paffa jitgum , curvique immunis aratri :Hac duce carpe vias , & qua requieverit herbu -,Mœnìa sac condas , Bœotiaque illa vocato.
C’est-à-dire, vous trouverez, dit Apollon , une va-che dans un lieu solitaire. Elle n’a point encore portete joug , ni tiré la charue ; suivez-la, & à l’endroit ouvous la verrez se reposer, bâtissez-y une ville , que vousappellerez Béotie. Hygin, Fab. 178. raconte la chose au-trement. Cadmus courant le pays arriva à Delphes, oùl’oracle lui répondit qu’il devoir acheter des Pâtres, unbœuf, qui eûr au côté une tache de la figure de la lune »ensuite le chasser devant soi, & remarquer l’endroit oùle bœuf se coucheroit. L’oracle ajouta que sa destinesétoit d’y élever une ville Sc d’y regner , &c. La Béo-tie , continue fauteur cité, a été nommée ainsi , àcausddu bœuf que Cadmus avoit eu pour guide. Etienne ,dont les passages d’Ovide Sc d’Hygin mont fait inter-rompre les remarques, ajoute encore celle-ci, savoirque quelques-uns expliquoient cette étymologie tirée dumot bœuf par la pesanteur d’esprit attribuée ailx Béo-tiens. En effet, ilséroienr fort décriés dececôté-!à , &passoient pour les plus grossiers de totìte la Grece. Lsciel d’Athènes est pur, dit Cicéron, de fat o , d’où vientque les habirans de l’Attique font plus subtils , & ontplus d’esprit que les autres Grecs. Le ciel de Thebes estgrossier -, c’elt pourquoi tes Thébains sont épais & forts.Horace n’en parte pas mieux ; car pour marquer le peude discernement qu’Alexandre avoit pour tes ouvragesde bel esprit, il dit, /. 2. Epist. 1. v. 243. que si ostlui en avoit demandé son sentiment, on l’auroit prispour un Béotien:
Bœotftm in crajjo j tir ares acre natum.
Cette grossièreté des Béotiens, dit Dacier, avoit don-né lieu aux proverbes Auris Bœotia , oreille de Béotie,Sc fus Bœotia , pourceau de Béotie. Pindare , qui étoitBéotien,né àThebes,ne dissimule point cedécri.Il exhortele maître de la musique à faire chanter si bien 1e chœur,qu’on puisse connoître qu’il a évité l’ancien reprochequ’on faisoit aux Béotiens, en tes appellant pourceauxde Béotie > à cause de leur ignorance & de leur stupi-dité. C’est pourtant une chose remarquable, que non-obstant ce reproche , la Béotie n’a pas laissé de produirede grands hommes dans les armes, dans la politique ,dans l’histoire, & même dans la poésie, comme je le di-rai plus bas. C’est dans ce pays-là que se trouvent deslieux où la mythologie place 1 e séjour des Muses.