L3.6 BEZ
tans, en 1/95,. * Figaniolde la Force > Defc. de la Fran-•ce , t. 4. p» 84-
L’évêché de cetre ville est suffragant de l’archevêchéde Narbonnc. On croie que S. Aphrodise est le plusancien de ses évêques. Agristius , 1 ’un de ses successeurs,souscrivit au premier concile d’Aries en 314. Guillau-me , évêque de'cette ville , abolit en 1145,1a coutumepar laquelle les chrétiens de Beziers avoient droit &faculté de souffleter & de battre tous les Juifs qu’ilsrencontroient , depuis le samedi avant le dimanche desRameaux, jusqu’à la seconde fête de Pâque. Les Juifsdonnerent une somme considérable d’argent à l’églisede S. Nazairc , pour obtenir cette abolition. Le cha-pitre de la cathédrale , qui est dédiée à S. Nazaire, estcomposé de six dignités Sc de douze chanoines. Ce dio-cèse comprend cent six paroisses, & trois abbayes d’hom-nies ; savoir l’abbaye de S. Jacques , ordre de S. Au-gustin ; l’abbaye de Juncels ( Juncellum ) ordre de S*Benoît ; & l’abbaye de 8. Aphrodise de Beziers, du mê-me Ordre. Cette derniere a pris son nom de S. Aphro-dise , son fondateur. Elle porta d’abord le nom de S.Pierre , & fut pendant un tems la cathédrale de Beziers;mais parce qu’elle est dans un fauxbourg, le siège épis-copal fut transféré dans la ville , &c l’on établit danscette église un abbaye de Tordre de S. Benoît. Le papeaccorda à T abbé le privilège d’officier avec les orne-mens pontificaux, II a aussi toute juridiction tempo-relle fur le fauxbourg, & il la fait exercer par son juge.Àu reste , cette abbaye a été sécularisée depuis plu-sieurs siécles, & est une église collégiale.
Le terroir de ce diocèse est un des plus fertiles de laprovince, en partie dans les montagnes, & en partiedans la plaine. Il produit de rrcs-bons vins, du bledbeaucoup plus qu il 11’en faut pour la nourriture des ha-bitans, Sc beaucoup d'huile. La situation de Beziers esttrès-avanrageufe pour les manufactures ; mais le géniedes habitans n’est point tourné de ce côté-là ; Sc ellesn’y ont pas réussi jusqu’à présent : Sc dans un petit can-ton nommé Craissesac , composé de six petits bourgs,tous les habitans travaillent en clouterie. * Corn. Dict.fur des mémoires manuscrits.
La Séné chauffée de Beziers n’a aucun bailliage royal,excepté la sénéchaussee & le présidial. Le sénéchal a lesmême droits que celui de Carcassonne , & ses appointe-mens font compris dans ceux de cetre sénéchaussée. * Pi-ganjol de la Force , Desc. de la France , r. 4. p. 37.
En 1631, Louis XIII tint lai-même les états de laprovince à Beziers, états fameux parles réglemens qui yfurent publiés, connus fous le nom d’Edit de Beziers. Onle regarda si préjudiciable à la province , qu’on ne cessad’en demander la suppression , que Ton obtint enfin deLouis XlV , en 1649. * H'fl. du Languedoc.
Cette ville donna naissance , dans le dernier siécle , àPaul Riquet, entrepreneur du canal du Languedoc :& à Paul Fontanier Pelisson , de l’academie Françoise ,un des plus beaux esprits Sc des plus polis que la Franceait eus ; quelques-uns prétendent qu’il est né à Castres.* Voyez, le Supplément de Morcri, imprimé en Hollande ,en 1716.
La charmante situation de Beziers a donné lieu dedire que si Dieu vouloir choisir un séjour fur la terre ,'î.I. n’eri prendrait point d autre que Beziers, ce que Toná exprimé par ce vers latin.
Si Deus in terris , vellet halìtare Jìiterris.
Quelqu’un qui croyois avoir lien de fe plaindre des ha-bitans , ajouta , ut ìterùm critcifige>' etur ; voulant faireentendre, qu’il n’y viendroit que pour etre crucifié denouveau.
BEZIOTHA. Voyez, BásiothiA.
BEZIRA , ville d’Asie dans les Indes. Quinte-Curfe,/. 8. c. 10. dit : Ptolomée prit plusieurs petite villesd’emblée. Alexandre emporta les grandes, 3 c après avoirrejoint toutes ses forces , passa la rivière de Choafpe ,Sc laissa Coenus au siège d’une ville riche Sc peuplée,que ceux du pays appellent Bezira. II y a des exemplai-res de r Quinte-Curfe où Ton lit Bazira ,& c’est ainsique Vaugelas exprime ce nom. D’autres ont Beira fans
BEZ
-Z , comme le remarque Ortelius, qui ajoute qu’Arfiendit aussi Bazira.
BEZONA , ville d’Afrique , selon le géographe deNubie. Voici ce qu’il en dit : De la ville deNogia àCar-ima, petite ville située au bord de la mer, il y a huiCjournées de chemin. De Carnua à Bezona , ville grande& peuplée ,11 y a six jours de marche. Les habitans decette ville Sc du pays voisin * mangent des grenouil-les , des ferpens , &c autres animaux que la nature hu^maine a horreur de manger. Ce pays confine à celuides Zengites, c’est-à-dire au Zanguebar. Carnua & Be-zona font peuplées d’infideles.
BEZOUART , gros bourg des Indes* fur la routede Mafulipatanà Gandicot. II est habité par des idolâ-tres , & est remarquable par une grande pagode qu’on yvoie au milieu d’une cour plus longue que large, & en-tourée de murailles qui font enrichies dedans & dehorsde plusieurs figures. Une galerie soutenue de soixante& six piliers , comme une maniéré de cloître , régnéen dedans tout autour de cette muraille. On entre dansla cour par un grand portail , au-dessus duquel fontdeux grandes niches , Tune fur Tautre. La premiere estsoutenue de douze piliers , Sc la seconde de huit. La pa-gode n’est point fermée de murailles. Il y a cinquante-deux colonnes de vingt pieds de haur ou environ , quisoutiennent un plancher tout plat de grandes pierres detaille. Elles font ornées de plusieurs figures de relief,qui représentent des démons affreux , Sc quantité d’a-nimaux. Quelques-unes de ces figures de démons ontquatre cornes , d’autres plusieurs jambes Sc plusieursqueues , d’autres tirent la langue , Sc Ton en voir d’au-tres en postures encore plus ridicules, il y a de pareil-les figures raillées dans les pierres du plancher , & dansTentre-deux des colonnes, des statues des dieux de cesidolâtres, élevées chacune fur un piédestal. A u bas desmêmes colonnes paraissent de vieux caractères indiens,que leurs prêtres ont bien de la peine à déchiffrer.* Corn. Dict. Tavernier , Voyages des Indes , 1 . 1. c. 18.
A peu de distance de Bezouart, on trouve une autrepagode bâtie fur une hauteur. On y monte par un es-calier de cent quatre-vingt treize marches, chacune d’unpied de haut. Elle est carrée , avec un dôme au-dessus ,& il y a des figures de relief autour de la muraille, ainsiqu’à celle qu’on vient de décrire. Au milieu est uneidole assise à la mode du pays , les jambes croisées, 8 cdans cette posture elle est à peu près haute de quatrepieds. Sa tête est couverte d’une triple couronne, d’oùsortent quatre cordes, & elle a un visage d’hommetourné vers Torienr. Les pèlerins qui vont à cette pago-de joignent les mains en y entrant , & les portent con-tre leur front , après quoi ils vont vers Tidole en lesbranlant, & en répétant plusieurs fois le nom de Ram ,qui veut dire Dieu. Quand ils en font proche ils sonnentjusqu’à trois fois une cloche suspendue à Tidole même ,après avoir barbouillé la face & le corps de cette figureen plusieurs endroits avec quelques peintures, quelques-uns en apportent des fioles d’huile dont ils oignent Tidole& lui font une offrande de sucre & d’autres choses bonnesà manger,à quoi les plus riches joignent de Targenr. Soixan-te prêtres font employés à servir cette pagode,& vivent deces offrandes avec leurs femmes & leurs enfans ; mais afinque les pèlerins croient que leur Dieu lesprsnd, les prê-tres les laissent deux jours devant la statue, & le troi-sième ils s’en accommodent vers le soir. Quand un pè-lerin vient à cette pagode pour être guéri de quelqueincommodité , il apporte selon ses moyens en or, enargent , ou en cuivre, la figure de la partie affligée ,Sc en fait présent à son dieu. II fe met ensuite à chanter,ce que pratiquent aussi tous les autres qui font des offran-des. Devant la porte de la pagode, il y a un toit platsoutenu de seize piliers , & vis-à-vis on cn voir un autresoutenu de quatre. C’est fous ce dernier qu’on fait lacuisine pour les prêtres. Du côté du midi , on a taillédans la montagne une grande plate-forme, où l’on està I’ombre sous quantité de beaux arbres, Sc Ton y trou-ve un fort beau puits. La grande fête de ce lien-là est anmois d’octobre. On y vient de fort loin en pèlerinage >& les pauvres y font nourris des aumônes que les prê-tres reçoivent des riches.