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Tome premier. A - B.
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( à ) Su st. in Nerohe, c. 7. ( e ) Tacit. Annal. 1 . ir. ( s )Tacit. Hisi, l. 1. ( g ) Ibid.

Charlemagne ayant détruit le régné des Lombardsdélivra Bologne de leur domination Otton le grand enfir une ville libre, & elle se gouverna par des coníulsparticuliers, comme plusieurs autres villes d’ítalie; &elle fut si jalouse de cette liberté, quelle jetta par lesfenêtres, dans la place, Bozzon, gouverneur impérialqui vouloir dominer trop absolument.

Les habitans de Bologne se distinguèrent dans lescroisades, Sc on conserve encore dans les actes quifont foi de la part qu elle eut á la prise de Damiette.L’état d’indépendance qui lui étoit commun avec d’autresvilles d’Icalie, fut caule quelle eut souvent avec ellesdes démêlés pour le règlement de ses frontières. Cefut dans ce rems de liberté qu’elle se forma le gou-vernement, & cette forme de magistrature , qui en fitune espece de république. Quelques victoires lut astujet-íirent la Romagne. ]e n’entrerai point dans un plusgrand détail de son histoire qui a été amplement traitéepar divers auteurs. La latitude de la ville de Bologne,suivant les observations de M. Castìni, du pere Riccioli,de Montanari, Guilielmini, Manfredi, & autres, prisefur la grande méridienne tirée dans f'église de saint Pé-trone par M. Castìni, est de 44 e1 27' 20". La différencede son méridien d’avec celui de Paris, calculée lur leséclipses de lune, de soleil, Sc des satellites de Jupiter,observées par Manfredi à Bologne, & parles astrono-mes de l’académie royale des sciences à Paris, a été trou-vée de ztf de tems qui reviennent à à 1 orient. La'différence de ce même méridien, d’avec celui de Rome,calculée fur des observations correspondantes de Man-fredi à Bologne, Lc de Biachinià Rome, est de 4' í o"de tems., ou, ce qui est la même chose, d‘i deg. ; àl’occidenr.

Si nous en croyons un gentilhomme qui a voyagé enItalie, & publié une relation allez détaillée de ce qu’il ya vû de remarquable, Bologne a cinq milles de circuit,deux milles de longueur, un mille de largeur, & mêmeun peu plus. Elle n’a pour fortification que ses muraillesqui sont de brique ; elle est fur la voie Emiiienne &dans la Romagne ; son terrein est si fertile, qu on lui adonné le surnom de Graíse. Bolognala Grajfa, Elle estbien bâtie, bien peuplée, Sc sur-tout pleine de nobleffèqui ne peut trafiquer sans déroger. Le Pape y envoyéun légat, & elle députe vers le pape un ambassadeur,pour se maintenir dans ses droits & dans fa liberté, quiest pourtant bien diminuée ; & quoique son gouverne-ment en ait conservé encore les marques, il s’en fautbien qu’il en ait gardé la réalité. * Journal d'm voyagéde France & d'Italie , Paris 1667.

Si vous regardez Bologne d’un lieu élevé hors deîa ville, vous lui trouvez quelque ressemblance avecun navire qui a une proue & une poupe. La tour de GliAJmelli fait le mat , la tour de Cariscnde l’échelle, & lesautres tours les fardes 011 cordages.

Ses égides' font magnifiques, & ont presque routesquelque beauté pardeuiiere qui les distingue. Celle desaint Sauveur est grande & belle, non-seulement à causequ’elle est appuyée sur des colonnes cannelées, maisparce qu’elle est enrichie d’excelsentes peintures. A maingauche, dans une chapelle il y a une ascension bien fai-te , mais surpassée de beaucoup par un Sauveur repré-sente dans la tribune , ouvrage du Guide Boulon-

nois.

L’église de saint Pétrone, évêque de la ville, est con-sidérable dans fa hauteur, fa largeur & s a longueur ; ri-che en ses peintures, magnifique dans le dessein de sonportail, qui est imparfait, & este est soutenue de piliersdune prodigieuse grosseur & hauteur. Ce fut en ce lieuque Charles V fur couronné empereur par les mains dupape Clement VIL

L’églìse de saint François, possédée parles Cordeliers,est grande : le tabernacle de marbre, qui est fur le maî-tre-autel, est une chose à voir; il est à trois étages & en-richi de bas reliefs. Au premier les miracles de saintFrançois y sont représentés ; au second les apôtres, &au Troisième les saints de Tordre. Ce chef d’œuvre estde Lazare Cesario Boulonnois, comme il est marquédans son épitaphe, qui est â un pilier de Téglife. A cô-

té il y a une statue de marbre de saint François, & unSautre de faine Antoine de Padoue. Dans une place, qu*est à côté de Tégltfe, il y a une statue de saint Françoisélevée fur une haute colonne.

L église de saint Barbatien est jolie : le tabernacle està jour, soutenu de petites colonnes, le tout d’un bois sibien marbré, que les plus fins le prendroient pour dilmarbre véritable.

Autour de Téglife du bon Jésus, gouvernée par d £Sprêtres séculiers, on voit des peintures qui représententles miracles que Dieu a opérés en faveur de ceux qu*ont invoqué le saint nom de Jésus.

L’église de S. Paul, une des plus belles de la ville, estdesservie par les peresThéatins. La structure en est déli-cate Sc ingénieuse, les peintures en sont exquises, & lesdorures magnifiques ; comme elles ne (ont point épar-gnées dans les chapelles, elles leur donnent un grandéclat. An-deííûs du maîrre-autel il y a tin tabernacle demarbre des plus beaux qui se puiffent voir, & dont Tin—vention est merveilleuse. Il y a quatre grolses colonnes»entre lesquelles est représenté un tyran tenant le sabre àsa main, Sc saint Paul en posture de recevoir le martyre,fl est à jour, & tout de marbre, attise bien que le pavede la tribune & les balustres qui Tenferment. Cet ou-vrage fut fait aux dépens du cardinal Spade dans le temSqu’il étoit légat ; il set ausiì réparer une partie de Té-

8hse-,

L’eglise de saint Dominique, gouvernée par les pereSDominicains, surpasse de beaucoup la précédente. Entreplusieurs belles chapelles, celles du Rosaire & de saintDominique sont considérables par leur grandeur, & ri-ches dans leurs peintures. Derrière Tautel où il faut mon-ter, est le corps de ce saint dans un tombeau de mar-bre , enrichi de bas reliefs, & dans un tabernacle est sonchef, orné de plusieurs ligures d’or 8 c d’argent. Il ne sepeut rien voir de plus riche. Le chœur de cette égliseest travaillé avec un merveilleux artifice. Là est représen-tée i’histoire de l’ancien & du nouveau testament fur iebois de petites pièces rapportées ensemble si adroite-ment , qu'il ne se peut rien de mieux. Mais ce qui estremarquable en cette église, c’est le reliquaire où Tonconserve de très-précieuses reliques. Si l’église est raredans tout ce qui la compose, le couvent n’elt pas moinsmagnifique : les cloîtres en font beaux, les chambres desreligieux commodes, les dortoirs sont autant de bellesgaleries, la bibliothèque est vaste & remplie de bonslivres; les caves font remarquables pour leurs voû-tes Le pour leur étendue. Dans le lieu où étoit lacellule de saint Dominique, on a pratiqué une bellechapelle ; & cè saint y est représenté dans un cadrecomme prenant son repos. L’on montre aussi dansun lieu séparé dans le cloître, une lampe d'argent tra-vaillée avec beaucoup de délicateste. Je ne parle point destombeaux des hommes illustres de leur ordre que |Tonvoit de tous côtés. Je dirai seulement qu’en sortant deleglise j’apperçus deux colonnes : fur une est la Vierge,& fur Tau t te saint Dominique.

Dans Téglife de saint Procule, abbaye de Tordre desaint Benoît, Ton honore les corps des saints Procules,dont Tun fut archevêque de Boulogne, & Taurre fut mar-tyrisé. On voit dans ce monastère la cellule où Gratiencomposa les décretales, & en sortant de Téglife on liesur la muraille ces deux vers latins.

Siptocttl k Proculo Proculi catnpana fuijfet ;

Tune procul k Proculo Proculus ipfe foret.

Ces vers furent faits à T occasion d’un jeune hommenommé Procule, qui se retiroit à Tétude toutes les foisqu’il enrendoit la cloche de ce couvent, ce qu’il réitérasi souvent, qu’il en mourut.

La place qui est devant Téglife dç saint Pétrone ne re-çoit pas un petit éclat des palais dont elle est environ-née. Dans celle qui est touc proche, outre les maisonsmagnifiques, on y admire une fontaine, au haut de la-quelle il y a une grande statue de bronze, qui repré-sente Neptune avec son trident. Aux quatre coins à fespieds font quatre tritons, qui tiennent chacun un dau-phin qui jettent de l’eau. Entre ces tritons il y a quatretêtes de lions qui donnent de l’eau par les yeux, par la

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