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Tome premier. A - B.
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des armes en décìdoienc. On trouve des médailles deBostres. La ville eíl très-célébré dans les anciens. Il y adivers évêques de Bojires , qui ont signé dans les conci-les. telle est quelquefois attribuée au pays de Galaad,quelquefois à la Trachonite , quelquefois à l’Auranite,& le plus louvent à l'Arabie ou à l’Idumée. Quelquesgéographes admettent plusieurs villes de Bofor ou Bozjra :maiS'D. C.almet ne volt point de nécessité de les multi-plier. * Joseph, Ain./, io, c. ii. Hteron. i njerem.

/. 2 Ç , v. 31.

BO.'sPARA, place forte de Thrace, selon Procopc,au troisième livre des édifices.

P. BOSPHORE : les Grecs nommoient ainsi les brasde mer qu’un bœuf peut palier à la nage. Ainsi ce motrie lignifie proprement qu’un détroit. On ne voit guèreque deux détroits ausquels ils ayent donné ce nom. Lepremier est celui de Constantinople, entre cette ville ëcChalcédoine; il sépare i’Asie d’avec 1 Europe. Ils sup-posent que la fille d’Inachus transformée en gémste lepassa à ta nage. Comme je ne vois point de fable pa-reille attachée au Bosphore Cimmeiien, entre la merNoire 6c les Palus Méotides, te crois qu’011 ne lui donnaCe Hom que par analogie,à cause de sa rellèmblance avecle premier. Voyez, les articles suivans.

x. BOSPHORE. Le prophète Abdias, v, 20, par-lant du retour de la captivité des Juifs, dit : L’arméedes enfans d Israël > qui avoit été transportée^ hors de sonpays. pojfedtra toutes les terres des Cananéens , jusqu'àSarepta. & les villes du midi obéiront à ceux qui avoientété amenés de Jérusalem jusqtiau Bosphore. On connoîttrois Bosphore;, où ies Hébreux pouvoienc avoir étéamenés. i°. Le Bosphore Cimmerien, à l’extrémité dupont tenxin, entre cette mer 8c les marais Méotides. z°.Le Bosphore de Thrace, qui est celui de Constantinople,ou le bras de mer encre Chalcédoine 6í Constantinople,z". Le Bosphore , ou le bras qui sépare l'Espagnede l’Afrique. On nomme ces détroits Bosphores , ouplutôt Bospores en grec; parce qu’un bœuf les peutpalier à la nage, & parce què la fille d’Inachus trans-formée en genilíè, palía à la nage le détroit de Thra-ce, entre Constantinople dc Chalcédoine. Ce détroitn’a que quatre stades, ou 500 pas de largeur. * D,Calwet, Dict- '

Les interprètes font partagés fur le détroit dont parleAbdias. I.e Juif que faine Jerôme coníultoit dansses difficultés fur l’hébreu , lui dit que te Bosphoremarqué dans le prophète, étoit le Bosphore Cimmerien ,où fempereur Adrien avoit relégué plusieurs Juifs prisdans la guerre qu il fit dans la Palestine : circonstancetoutefois, dont on ne trouve rien dans f histoire. O'ati-tres croyent avec plus de raison, que les captifs marquésdans Abdias avoient été relégués pat Nabuchodonolorvers les Palus Méotides , qui pallent pour un des plusaffreux pays du monde , & où les persécuteurs des cnié-ùens ont louvent relégué les confdleurs de notre reli-8'on. Enfin , plusieurs autres entendent l’hébreu del’Espigne , ils traduisent ainsi Abdias, Les captifs deJérusalem qui font à Sepharad, c’est-à-dire, dans (Es-pagne , poffederont les villes du midi. Les historiens pro-fanes , comme Megalfhenes 6c btrabon , avancent queNabuchodonosor poutla ses conquêtes jusques dans l’A-frique 6c dans 1 Iberie , au delà des colonnes, ce quenous entendons des colonnes d’Hercule. Orcefut,dit-on, dans cette expédition contre (Espagne, qu’ii trans-porta, plusieurs Juifs dans ce pays. Ainsi oh concilie laversion qui lit le Bosphore , avec l c sentiment des Juifs& des auteurs qui les ont suivis, en interprétant Sepba-rad de l’Espagne.

Mais on peut douter que Sepharad signifie XEspagne :quelques uns l’entendent de la Ffdnct , & i es anc j ensinterprètes grecs ont conservé ce terme hébreu sans letraduire. Du tems de saint Jerôme, les Hébreux l’expli.quoient du Bosphore. Les Septante ont lu Ephrata, au lieude Sepharad. croirois que Sepharad signifie quelquepays au-delà de l’Euphrate, comme le pays de Sapiresou S aspires , vers la Medie, ou la ville de Hippara dans

la Mésopotamie.

BOM'HORË de THRACE , ou Canal de Cons-tantinople. Quoiqu au mot Canal j’aye rassembléce qu’il y a de plus remarquable fur ce sujet, je ne

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laisièrai pas d’ajouter ici la description qu en ialtChardin.

Chardin, dans ses voyages, t. 1, p. 9 5, dit que' leBosphore de Thrace est allurément un des beaux en-droits du monde. C est un canal de 15 milles de lon-gueur 6c d’environ deux de largeur, en des endroitsplus, 6c en d’atures moins. Ses rivages (ont des monta-gnes couvertes de nuisons de plaisance, de boiSj dejardins, de parcs, d’agréable vues, & de beaux désertsavec mille íources d eau par-tout. L’aspect de Constan-tinople , quand on ie voit de detlùs ce canal, à deux Millesd’éloignement, est incomparable, & c’est à mes ye lixcomme à ceux de tout ie monde, la plus charmante pet 5 'peóhvequi le puille rencontrer. La promenade du Bospho-re est aussi la plus agréable, & la plus divertissante qu’oslpuille faire tur l’eau. Le nombre des barques qui s’y pro-mené durant les beaux jour est fort grand. Le résidentde Gènes m’a dit plusieurs fois, qu’un jour il prit plaifoá compter les bateaux qui pallèrent devant son logis, de-puis midi jusqu’au soleil couché, & qu’il en avoit compteprès dc 1300. Il y a quatre châteaux fur le Bosphorebien munis de canons, vis-à vis l’un de l’autre; deux àhuit milles de la mer Noire ; deux tout proche de l’em-bouchure. Ces derniers ont été bâtis il n’y a que 40 ans,pour empêcher l’entrée du canal, aux Cosaques, auxMoscovites, & aux Polonois, qui auparavant venoientavec des barques faire des courses jusqu’à la vue deConstantinople. On s’en sert comme de prison, & desdeux autres aussi, pour des gens pris à la guerre, & pourdes personnes de marque dont on veut tirer quelque jourdu service. Le fanal, ou la lanterne qui montre l’entréedu canal, en est dehors à quelques deux milles. C’estpour servir de phare aux vaillèaux la nuit, & leur fairecònnoître la route qu’il faut tenir. Ils la reconnoiílent dejour à une colonne de marbre blanc, qui est du même côtéque le fanal, sur une haute roche qui fait une isle ; car cerocher, qu’on tient être une de ces isles dotantes, dont lespoètes ont conté tant de fables, fous le nom des If esCyanées; ce rocher , dis-je, est isolé, c’est-à-dire, envi-ronné de la mer de tous côtés. On (appelle la coîomnede Pompée, 6c on prétend qu’elle fut élevée pour mo-nument des victoires de ce grand consul Romain sucMithridate, qui étoit roi de certe partie de la mer Noire.La structure en doit être d’une solidité merveilleuse,puisque les tempêtes & les bourasques qui la battent:continuellement depuis tant de siécles ne font pas ébran-lée , 6c c’est ce qu elle a de plus remarquable ; car bail-leurs la colonne n’est pas fort haute, & Ie piédestal 11eparole pas avoir autant de diamètre que fart Ie requiert.Voyez. Cyanees. Dc vieux capitaines Turcs ont allureà fauteur qu’st y a 1500 bâtimens fur la mer Noire, 6cque tous les ans il en périt cent. Lc lieu où les naufrageslont le plus à craindre fur cette mer, c’est f entrée daBosphore : cette entrée est étroite : il y soude souventdes vents opposés, 6c il en fort presque toujours un quirepoulíe les vaideaux, & qui même lorsqu’ií est violentles fau échouer à la côte, laquelle est toute de rochersescarpés. U s’y est brisé tant de galères 6c tant de vais-seaux , qu’on n’en sçauroit dire le nombre. Il y a peu detems que dix sept galères y périrent en un même jour ,6c 1 annee derniere crente-six laïques y périrent aulli enun meme jour, qui étoit celui de saint Dimite, comme lesGrecs le nomment. Je marque le jour, parce qu’il esttenu des Grecs 6c des Turcs, pour funeste fur ia mer.Aussi est-ce l’ordre constant de la marine turqueíïè, dene se mettre en mer que le jourde S. Géorge, qui est àla fin d avril, & d’êcre rentré dans Ie port Ie jour de S.Dimitre, qui arrive au commencement d’octobre ; leçonprise des Grecs, qui ayant eu de tout tems une vénéra-tion particulière & extrême pour ces deux saints,avoient marqué les faisons de la navigation par leurfête. Les Portugais à leur imitation marquent celles desIndes orientales par les fêtes de Noël & de la passion -, lapremiere à partir de Goa pour Lisbonne, l’autre à partiede Lisbonne pour Goa. Une choie qui marque bien no-tablement le nombre des naufrages , qui se font à f em-bouchure de la mer Noire , c’est que les villages qui enfont proches, font tous édifiés des débris : les habitansn’y employant d autres charpente. Et ce qui fait horreurà rapporter, c’est ce qu’on allure que ces barbares allu-