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dans les diocèses de Lizieux, de Séez , d Avranches,de Coutance Sc de Bayeux. 11 est situe fur la Seine, âcinq lieues de Rouen, proche de Mauny, à deux deBourgtheroulde Sc du Bourgachard. On trouve à laBouille de grand bateaux couverts, qui en partent tousles jours trois fois pour Rouen, Si qui en reviennent lemême jour. On y trouve auffi des chevaux de traite,pour le Pont-audenqer, qui n’en est éloigné que de septlieues Sc pour plusieurs autres routes, f'église paroissialede ce bourg est fous l’invocation de la Magdelaine : lejeudi on y tient marché, & le samedi une groílè bou-cherie.
BOUILLE, bourg de France, en Anjou, dans leCraonnois, à deux grandes lieues de Craon, fur lapetite riviere de l’Araisc. On y fait beaucoup detoiles.
BOUILLON, petite ville de France, au duché demême nom, au Pays-Bas, enclavé dans le duché deLuxembourg Sc dans le comté de Chiny, fur la rivierede Sémoy, Sc dans la forêt des Ardennes, fur une col-line , près des frontières de Champagne. II a le titre deduché, Sc a long tems appartenu aux évêques de Liège,comme on verra dans 1 article qui fuit. Il n est qu aquatre lieues au levant de Charleville & de Mézieres, enallant vers Arlon, Sc à vingt milles d’Allemagne, aumidi de Liège. Il a été fortifié par les François qui legardent. * Baudrand , ed. 1705.
Le DUCHÉ de BOUILLON, petit pays des Pays-Bas, enclavé dans la province de Luxembourg, dont ilest environné presque de toutes parts, ne tenant que du
côté du midi à la principauté de Sedan. , ,
Ce duché est une ancienne seigneurie tíemembree ducomté d’Ardenne, Sc de laquelle Godefroy, fils d'Eus-tache, comte de Boulogne, étoit propriétaire, l’ayanteue de fa mers Ide. Comme il avoit été investi du duchéde la basse Lorraine, & qu’il étoit duc, on l’appeiladepuis le duc Godefrov de Bouillon , & de-lâ le nom deduché passa à cette terre. * Longuerue , Desc. de la Fran-
ce , i.part.p. 1 $ 4 - .
Ce lieu s’appelle en latin Bullio , Sc Gerbert, qui futdepuis le pape Silvestre II, l’appeile Bublto , dans unede fes lettres. La croisade ayant été publiée l’an 1095 ,au concile de Clermont, un grand nombre de seigneursse croisèrent, & l'un des principaux fut Godefroy , ducde la baffe Lorraine , qui vendit à Otbert ou Albert,évêque de Liège, le château de Bouillon , castrum Bul-lionis , Sc fes dépendances, pour trois cents marcs d’ar-gent Sc un marc d'or, comme l'assure Laurent deLiège en la chronique, achevée l’an 1144. Gilles, moined’Orval, qui vivoit dans le siécle suivant, assure quecette acquisition suc faite pour treize cènes marcs ; desorte qu’il y a apparence que le mot mille a été omispar le copiste du manuscrit de l'histoire de Laurent.Albtric de Trois - Fontaines, contemporain de Gillesd’Orval, met quinze cents marcs, Lc dit qu Ide, rneredu duc Godefroy, laquelle vívoit encore alors, avoitconsenti à cette vente. Alberon, évêque de Liège, ac-quit l’an 11x7, de Renaud , archevêque de Rheims,tout le fief que l'église de Rheims avoit à Bouillon. Maisquelques années après le château de Bouillon fut surprisde nuit, l’an 1 r z 5, par Renaud , duc de Bar, quiavoit corrompu ceux qui gardoient la place. Alexandrede Louvain , frere de Geoíroy duc de Brabant, étoitalors évêque de Liège, comme le raconte le chanoineNicolas, en son triomphe de saint Lambert. Cer au-teur contemporain a été suivi par Gilles, moine d’Or-val , Sc par Alberic de Trois-Fontaines.
Hugues, fils du comte Renaud, s’établit à Bouillon,croyant qu’il lui demeureroit ; mais ii fut contraint derendre la place Pan 1141, à l'évêque Alberon de Guel-dres Sc â son église de Liège, dont les prélats ontjoui de Bouillon paisiblement durant plus de troiscents ans, jusqu a la fin du-*quinziéme siécle. Ce futpour lors que l’évêque & l’églsse de Liège furent trou-blés dans la possession de Bouillon, parce que Guillaumede la Marck ayant tué Louis de Bourbon, évêque deLiège , il entra dans' cette ville le plus fort, Sc con-traignit le chapitre a donner les provisions de châ-telain de Bouillon à son seere Robert, qui prêta fer-ment à l’églife l’an 148z.
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Guillaume de la Marck recommença peu après laguerre contre l’évêque Jean de Horn, laquelle finit parle traité de paix conclu à Tongres, l’an 1484, par le-quel l’évêque pronnt de donner trente mille livres àGuillaume ; òc pour fa sûreté, l’évêque lui engagea lerevenu du marquisat de Franchimont Sc le duché deBouillon. Robert, frere de Guillaume, devoit demeurergouverneur du château,& Guillaume neprenoit d’autrequalité que de Manbourg , ou Défenseur de léglise da■pays de Liège, & du duché de Bouillon.
La guerre ayant recommencé encore entre lesLiégeois Sc ceux de la maison de la Marck, TévêqucJean de Horn fit un nouveau traité l’an 149Z, par l’en-tremife de l’empereur Maximilien Sc de Charles VIII ,roi de France, par lequel ce prélat s’engagea de payerà la maison de la Marck, la tomme de cinquante millelivres par portions égales. Enluíte Robert de la Marck,seigneur de Fleuranges, maréchal de France, ayant ac-quis toutes les actions de fes parens, jouit du duché deBouillon, comme engagiste du domaine Sc châtelain*Il tranchoir néanmoins du souverain, Si il osa faire laguerre à Charles-Quint, qui le chassa l’an x 5 z 1, dutduché de Bouillon, où il rétablit levêque de Liège,qui en fut non-feulement duc & souverain, mais soi-gneur utile.
L’empereur étant à Gand l’an 15 z8, confisqua toutesles actions des seigneurs de la Marck fur l’évêché deLiège, Sc les donna aux trois Etats de cet évêché.L’année suivante 1 ;zp , par le traité de Cambrai, o»convint que íì Roberc de la Marck, fes enfans, Ollquelques autres vouloient faire quelque entreprise ssirk château & duché de Bouillon, conquis par l’empe-reur, Sc délaissés à 1 église de Liège, à laquelle il ap-partenoit d’ancienneté, le roi très - chrétien ne pour-roit donner assistance contre cette église, à celui quîferoit cette entreprise. Néanmoins la maison de la Marckdemandoit toujours de grofles sommes aux trois Etats dupays de Liège , qui s’en défendoienr.
Les princes de Sedan ne prirent jamais le titre d©duc de Bouillon jusqu’à l’an 1 ^48, que le maréchal de,la Marck donnant un pouvoir pour régler les limitesde Sedan Sc de Bouillon, y prit le titre de duc de BouiUIon : ce que les Liégeois ne voulurent point souffrir :car ils rompirent le traité, Sc se pourvurent devant l’em-pereur Charles-Quint, qui condamna Pentreprife du ma-réchal, par un décret au zp décembre 1548.
La guerre ayant recommencé sous Henri II, entrePempereur Sc le roi, le connétable de Montmorenclattaqua le château de Bouillon, qui se rendit l’an 15 ^z.Le maréchal de la Marck en prit polïefiìon ail nom duroi, &non au sien. Aussi sept ans après, Henri Urendit cette place â l’évêque de Liège, en exécutiondu traité de Cateau-Cambresis. Ces prélats continuèrentdepuis â jouir paisiblement du duché Sc du château deBouillon, ne soutirant pas que les princes de Sedan pris-sent le titre de ducs de Bottillon » quand les évêques ouleurs officiers traicoient avec eux.
Il y avoit eu une réserve au traite de Cateau-Cambre-íîs pour Ics prétentions de la maison de la Marck, quidévoient être jugées par arbitres ; & il y en eut une sem-blable au traité de V ervins, ce qui n’eut point d’exécu-tion ", car les trois Etats de Liège soutcnoienc que lessommes demandées par ceux de la maison de la Marck ,n’étoient pas dues légitimement. L es vicomtes de Tu-renne, subrogés aux droits Sc prétentions de la maisonde la Marck , firent plusieurs demandes aux Liégeois.
Enfin, Fréderic-Maurice de la Tour, etanc gouver-neur de Mastricht pour les Etats Généraux, & dans unposte à fe faire craindre des Liégeois, ils se résolurent àle satisfaire ; Sc après qu il suc convenu qu’il ne pren-droit pas le titre de duc de Bouillon dans 1 acte, il fie unetransaction l’an 1641 - avec les trois Etats du pays deLiège, qui s’obligerent a payer en plusieurs payemensau vicomte deTurenne, prince de Sedan, la sommede cent cinquante mille florins, monnaie de Brabant,moyennant quoi, le prince Fréderic-Maurice renonçaitoutes ses prétentions sor Bouillon Sc sor le pays deLiège. La somme sot entierement payée l’an 1658, Scl’année suivante il ne sot fait aucune mention de Bouillonau traité des Pyrénées.
Tome I, Part. ji I»