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Tout le monde sçait que ces eaux dr ces de leur source& remises incessamment fur le feu, ne bouillent pas pluspromptement que seau commune la plus froide. On sçaitencore que dans ces eaux, quoique très-chaudes, lesplantes ne s’y flétrissent point.
Pour découvrir le principe minéral des eaux de Bour-bon , je me fuis servi des mêmes estais, Sc j’ai presquefait les mêmes expériences que j’ai faites fur les eauxde Vichi ; voici la différence que j’y ai trouvée. Ayantmele de 1 eau des bains avec la dissolution de íel de nitrefiltré, il ne s y est fait ni lait virginal, ni caillé, ni pré-cipitation ; l’eau est demeurée claire. Ayant ajouté à cemélange quelques gouttes d’esprit de vitriol, il s’y estfait d'abotd un lait virginal qui s’est précipité en-suite en une espece de caillé blanc. La même chose estarrivée en failant cette expérience suc les eaux deVichi.
La dissolution de couperose qui avoir la couleurd’un verd naistant , mêlée avec í’eau des bains , l’ajaunie d'abotd, puis y a fait un caillé par floccons,lesquels l'e précipitant peu-à-peu ont pris une couleurrougeâtre. Le même changement est arrivé, mais bienplus promptement Sc plus sensiblement dans les eaux deVichi.
L’eau de Bourbon non plus que celle de Vichi, n’apoint changé la couleur de la solution de tournesol.Mêlée avec le vinaigre distillé, l’aigre de soufre, Scles autres acides, elle bouillonne Sc fermente, mais plusobscurément que l’eau de Vichi. Le papier bleu, rougipar l’espric de vitriol, reprend fa couleur dans l’eau deBourbon. La poudre de noix de galles, qui donne unecouleur de vin paillée à l’eau de Vichi, n’a point ou peuchangé l’eau de Bourbon. L’eau de Vichi verdit Jesyropviolât ; celle de Bourbon ne lui donne qu’une couleur degris-de-hn. Cette même eau mêlée avec l’infusion de rosesrouges, fans acide, ne l’a point changée; mais l’ayant mêléeavec la teinture de roses, rougie par l’esprit de vitriol,elle l’a rendue d’un beau violet amarante.
Par tous ces premiers estais, la raison fait d'abotdconcevoir que le minéral qui domine dans les eauxde Bourbon, est austi un sel alkali, qui ne paroît guè-re différent du sel alkali des eaux de Vichi. Pour s’enasiurer davantage, & démêler les autres principes deces eaux , j’en ai fait faite l’analysc de la maniéré sui-vante.
J’ai fait mettre douze livres d’eau des bains dans uneterrine pour la faire évaporer lentement fur le feu. Dèsquelle a commencé à chauffer, elle a donné une odeurde moût de vin cuit ; & à mesure quelle s’est évaporée,elle s’est rendue de plus en plus salée au goût. Il estresté aux bords de la terrine une résidence blanchâtreinsipide, Sc qui craquoit fous la dent. L’eau consumée& réduite â huit ou neuf onces, je l’ai fait filtrer il s’enest séparé Si attaché au papier gris une matière épaiíse,graste Sc comme mucilagineufe, qui après la filtrationfinie, peíoit une dragme & quinze grains pour le moins.La liqueur filtrée remise íur le feu s’est encore évaporée,& quand elle a commencé à faire une pellicule, je l aifait porter â la cave : il s’est formé quelques crystauxfort brillans.tròs-minces, & qui paroilloient taillés àfacettes. Ce que j’ai pû ramaster quand ils ont été dessé-chés, ne pefoit que cinq ou six grains : leur faveurétoit fort douceâtre, Sc d’un vrai goût lixiviel. En-fin 1 évaporation faite jusqu a siccite, il est reste aufond de la terrine trois gros Sc plus de deux scrupulesde résidence saline.
J’ai examiné ensuite toutes ces portions, dont lasomme monte à cinq dragmes on environ : fçavoir unedragme Sc quinze grains de matière mucilagineufe, adhé-rente au papier gris, cinq ou six grains de crystaux, troisdragmes Sc deux scrupules de résidence, & dix ou douzegrains de substance blanchâtre ratissée sur les parois de laterrine à mesure que l’eau décroifloit. Parl’examen de cesportions séparées, il m’a paru que cette substance blan-châtre adhérente, & qui craque sous la dent, n’est qu’unepure tert.e alkaline, car elle fermente un peu avec les aci-des. Que la matière mucilagineufe attachée au papier grisest encore cette même terre, mais mêlée de matière sul-fureuse & de quelque légere portion de fer. La sub-stance sulfureuse dans cette portion se manifeste d’unc
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maniéré sensible en engraissent le papier, ScyhilJktnuaeimpression d huile. D’ailleurs jettes íur les charbons ar-dens, elle y rougit d'abotd, noircit ensuite en jettancquelques petites étincelles.
Avec 1e couteau aimanté j’ai enlevé quelques particu-les de fer de la terre noire qui est restée, après lavoircalcinée. Les trois gros Sc deux scrupules de résidencesaline contenoient un sel lixiviel,mêlé de quelque portionde terre ; Sc ce lel par tous les estais n’a pas paru diffé-rent du sel des eaux de Vichi, tiré austi par évapo-ration. 11 a fermenté violemment avec les acides detoutes especes. Par cette analyse on trouveroit pres-que les mêmes principes dans les eaux de Bourbon quedans celles de Vichi, mais dans des proportions diffé-rentes.
bai guette prétend qu’après avoir examiné avec unegrande attention la résidence saline des eaux dc Bour-bon , Sc aptes avoir démêlé les dtfferens sets qui i a com-posent, il a trouvé, sans pouvoir en douter, presqueportion égale de sel marin Sc de sel alkali-, que ces deuxsels lui ont paru fort distincts Sc par leur figure & par lesépreuves qu'il en a faires. Qu’ayant mis quatorze livresdes eaux de Bourbon évaporer, il en avoir eû, après unesuffisante évaporation par la crystallifation à froid, descrystaux pentagones, hexagones, longs de la figure & dugoût du sel íucrain, ou sel Calcarius, décrit dansLister, faisant le maroquin entre les dents, dune légerestipticité, douceâtre, Sc qui se boursouflaient au feucomme l’alun, íans avoir d’acidicé apparente non plusque de laveur alkaline. Qu’ayanr enfuire faic évaporerla liqueur davantage, il avoir eu des crystaux de selalkali distinct, Sc du sel salin ou marin grumelé, qui setrouvoient tels fans équivoque.
Je n’ai pu vérifier cette expérience dans toutes cescirconstances marquées ; Si dans les trois dragmes SCdeux scrupules de résidence saline qui m’est restée, je n’yai pu démêler par les estais, & reconnoître qu’un sel alkali,comme je viens de le dire, donc le mélange avectoutes fortes d’acides excite de violentes fermentations.
M. Geoflroy allure qu’après beaucoup de recherches, &après l’examen le plus exact du lel contenu dans la rési-dence de ces eaux, il avoir reconnu un peu de íel marinmêlé avec le sel alkali minéral de ces eaux : mais qu’ilsoit presque en patrie égale avec l’alkali minéral, il y abeaucoup lieu d’en douter, quoi qu’en dise Saignette;Sc les médecins des lieux, qui ont souvent fait L’analyfede leurs eaux, 1e nient positivement.
Un auteur moderne,qui depuis quelques annees, fousle nom dc Paschal, a donné un traité des eaux de Bour-bon , rejette la plupart des analyses de ces eaux faitespar Ic secours du feu. Il prétend que si 1 on fait évaporésces eaux au soleil, le sel tiré par cette évaporationlente & douce est fort difsérenc de celui tiré par semoyen du feu -, qu’il touche les acides fans les exciter àaucune fermentation sensible, qu’il ne précipité aucunsdistolution faire par unemenstrue acide, & en unmottqu’il n’est point alkali. Il avance que le sel stes eaux deBourbon a le caractère d un sel Androgin, & qu’il estcomposé d’un acide volatil, Sc d’nn alkali fixe, doncl’alliage, qui n’est pas à l’épreuve du feu, à cause qu’ilest trop acre Sc trop pénétrant, résiste à la chaleurdu soleil qui évapore ces eaux dune maniéré lente Scdouce, Sc fait, ou que ce sel demeure dans ion entier,ou qu’une partie de son volatil s’y conserve , & que ccqu’il y a de fixe en demeurant empreint, il n’est capabled’aucuns de ces effets qui conviennent aux sels lixivieuxque le feu a rendus ouverts, vuides & perméablesaux acides. II ajoute qu’il y a dans les eaux deBourbon un autre principe actif intimement répan-du, un soufre vif, mobile , anime, qui n’est sensibleque par fa chaleur, qtu par la subtilité & fa dissi-pation prompte, échappe a toutes les recherchesanalytiques de la chymie, qui pour la plûpart sont très-infideles, & qui par conséquent ne peuvent nous don-ner que de fausses ou de très-imparfaites connoiflâncesdes principes des mixtes. Cest donc, selon lui, un selnitreux purifié, rempli de parties volatiles, qui est le selnaturel des eaux de Bourbon, Sc non ce sel alkali fixequi nous reste après l’évaporation, Sc qui n est tel quepar faction du feu. Cet auteur soutient son hypothèse