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Tome premier. A - B.
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KHin Bmùgum. C’est une des plus grandes villes du-royaume. Quelques períonnes ont cru qu ’ Avaricum ,dont César fait mention dans le septième livre de les■commentaires, n’cíl pas la ville de Bourges, mais celle■àeViemon. Joseph Scaliger, à qui les injures ne cou-roient pas beaucoup, traite ceux qui (ont de ce senti-ment, de fous Sc d’iníensés. Sans adopter ici les expres-sions, je remarquerai leulement que tout ce que Césardit à’Avaricum, roeparoît ne pouvoir convenir qu a laville de Bourges, qui est la plus ancienne, la plus grande& la plus forte du Berri. Elle est située entre deux pe-tites rivières, l’Evre Sc l’Auron, fur une colline quidescend en pente douce jusqu’au bord de ces deux ri-vières , qui forment presque son enceinte ; je dis presque,parce quil y a une avenue , qui est celle de la porte deBourbounoux, laquelle n’est arrosée par aucune de cesdeux rivières, ni par aucune autre. Cette ville est fortspacieuse, Sc à voir le terrein quelle occupe ,on la pren-droitpour une ville du premier rang ; mais il y en a unegrande partie, que l'on appelle le Pre' fichaux , qui estfans maison. Le reste n’est pas fort peuplé , l'on n’y volt.presque que des ecclésiastiques, des gentils hommes oudes écoliers ; Sc l’on n’y compte en tout que quatorzemille huit cents personnes. Il n’y a d’autre commerceque celui qui est nécestaire pour la íubsistance des ha-•bitans. C’est au privilège de nobleste accordée par leroi Louis XI, aux maires & échevins de Bourges , qu’ilfaut attribuer le grand nombre de gentils-homrnes quifont dans cette ville, Si l’indolence que les habirans onttémoignée depuis long temps pour le commerce. On dis-tingue encore aujourd’hui l’ancienne ville de la nouvelle.* Piganiolde la Force , Description de la France , t. 6 ,

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L’ancienne est plus élevée que la nouvelle , & on enpeut voir les murs presque tout entiers, qui commen-cent près du lieu où étoit la grosie tour, continuent lelong de la rue Bourbounoux, Sc la porte Gordaine jus-qu a la porte neuve 5 de là dans la rue des Arenes jus-qu a la porte d’Orron , puis à la porte saint Paul, &c.

La nouvelle ville est presqu’auslì grande que l’an-cienne , & renferme les parodiés de saint Ursin, de saintJean des Champs, de saint Bonnet, de saint Ambroise,de saint Médard, de sainte Croix , de saint Fulgent,Sec. Cette ville, ainsi que je l’ai dit, étant environnéed’eau, excepté depuis la porte Bourbounoux jusqu’àcelle de saint Paul, étoit défendue de ce côté-là par’lagrosie tour, dont les murailles étoient d’une épais-seur extraordinaire , construites de pierres très - du-res, Sc taillées en pointes de diamans. Cette tour a étédétruite, & quoi qu’en dise Corneille dans son diction-naire géographique , il n’en reste plus rien aujour-d’hui.

La ville de Bourges est divisée en quatre quartiers ;■dc Bourbounoux , d’Orron , de Saint Sulpice Sc de SaintBrivé. A chaque quartier commande un échevin. Lesquatre échevins, avec le maire, qui est leur chef, les.avocats & procureurs de la ville, & les 3 z conseillers,.ont le gouvernement de la ville, des affaires commu-ées , de justice 8c police, de l’administration des deniers& revenus communs. On compte dans Bourges lèizeparoisiès Sc cinq chapu teSj fans parler des deux qui ontété unis au séminaire. L’église patriarchale porte le nomde saint Etienne; c est un très-bel ouvrage gothique. Elleest située dans l’endroit le pl us élevé de la ville. Là furun vaste perron on trouve cinq grandes portes. Auxdeux côtés de ce frontispice font deux belles Sc hautesJours, l’une ancienne, appellee la Tour sourde , Sc l’autrenouvelle, qui fut bâtie en la place d’une ancienne , quitomba en 150Í.

Cette derniere tour, qui est l’une des plus belles &des mieux bâties qui le voyent,& qui a cent quatre-vingt

dix-huit pieds de hauteur, fut commencee lan[1507,Sc achevée l’an 1538, fous la conduite de GuillaumePellevoisin, un des plus fameux architectes de ce temps-là. L’on a construit un pillier d’une grosleur prodigieuse,& une arcade voûtée , qui pasiè pour un chef-d’œuvred’architecture, afin d’appuyer la tour sourde , & pourempêcher qu elle n ait le fore de celle qui tomba en. 1506. L’eglise de saint Etienne a dans œuvre cinquante-naire toises Sc demie de longueur, vingt-uae toises

BOU , ,

cinq pieds & demi de largeur, fans y comprendre IeSchapelles. La nef a six toises, deux pieds, deux poucesde largeur ; les deux premieres ailes quinze pieds SCdemi, Sc les deux autres treize pieds Sc demi. P arque je viens de dire, l’on comprend qu’outre la P e ’il y a deux ailes de chaque côté. La voûte de la neest plus élevée que celle de deux premieres ailes,ces deux premieres font plus hautes que les deux der-nieres. Ces voûtes (ont soutenues par des pilliers d’ordrcorinthien, qui font d’une hauteur Sc d’une légerete Inr-prenante. Sous le chœur est leglsse souterreine, b ieslvoûtée , & soutenue par des pilhers d’une grosièur p 10 'digieufe.

La sainte Chapelle a été fondée par Jean de Francsduc de Berri, pour servir de chapelle à (on palais. Cetteéglise fut bâtie en 1400, & l’archttectute ne cede en rie' 1 'à celle de la cathédrale. Le clocher Sc la couverture ontété consumés par un incendie arrivé au mois de juilletde l’an 1693 , Sc les chanoines ont fait couvrir cetteéglise de tuiles, en attendant un temps plus favorablepour la remettre dans i’écat où elle étoit avant cetaccident.

Le palais fut bâti par ordre du même prince Jcnnde France, duc de Berri. Une partie de ce bâtimentest appellée le logis du Roi , Sc sert de logement auxgouverneurs de la province. L’autre partie est appellesle palais, 8e est occupée par le présidial, & les aigresjunldictions royales de la ville. La grand’lalle estune des plus grandes 8e des plus belles du royaume ; elleest fans pilliers, & sert á tenir les atsemblées généra-les des états de la province, Sc celle des nobles con-voqués pour le ban Sc arriéré ban. On y tient auiìi lafoire de Noël. C’est dans cette lalle que se tint l’aííèm-blée du clergé convoquée par Charles VU, (Se que futfaite la Pragmatique Sanclion en 1438.

U ancien hôtel de ville fut bâti l’an 1488; mais cettemaison ayant été acquise paf les Jésuites, la ville choi-sit la maison de Jacques Cœur pour y tenir les aiícm-blées, & depuis ce temps-là, c’estl’hôtel de ville. Cepalais fut' bâti par Jacques Cœur, argentier du roiCharles VII, & c’est une des plus belles maisons qú unparticulier ait jamais fait bâtir. Les feules muraillescontèrent cent trente-cinq mille livres, somme crès-con-sidérable pour lors. Lès armes de Jacques Cœur s’yvoyent en plusieurs endroits accompagnées de cette devi-se. A vaillans coeurs rien impossible. Cette maison estfort grande, solidement bâtie, & décorée de tous lesornemens d’architecture qui étoient en usage dans cerems-là. Elle a pasiè depuis Jacques Cœur à plusieursparticuliers qui l’ont successivement acquise, & ayantenfin éié achetée par Jean-Baptiste Colbert, miniísed’étac, le treize de mai de l’an 1679, il la céda auxmaire Sc échevins de Bourges, par contrat du trente c ojanvier de l’an i68z, â la charge d’un écu d’or de epsannuel envers le marquisat de Châteauneuf, 8e de qua-tre en quatre ans d’argent de la valeur de dix livres,fur l’un des côtés de laquelle doivent être les armes dumarquis de Châteauneuf, &c de l’autre celles de la villede Bourges , avec l’inscription du nom du marquis deChâteauneuf, Sc du maire de ia ville, Sc en outremoyennant trente-trois mille livres de deniers d’en-trée, &c.

Le Palais anhie'piscopd seroit un des plus beauxqu’il y ait en France, si quelque archevêque de Bourgesvouloir bien suivre le dessein dont Michel Phelypeauxde la Vrilliere, archevêque de cette ville, a jette les forvdemens, Sc a même avancé l’exécution.

La place de Bourbon est la plus grande de la ville.C’est ici qu’étoienc les arenes, ou l’amphirhéâtre. Onne sçait pas en quel temps il a été détruit; mais il estconstant qu’il en restoit encore des vestiges en 1539,puisque la coutume de Berry, article % des Servitudes,défend de porter aucune immondices en la sosie des are-nes. Cette fosse fut comblée & applanie en i6zo. Sc l’ony transféra le marché. Elle porte le nom de Bourbon pouravoir été applanie fous le gouvernement de Henri dsBourbon, second du nom, prince de Condé

Le Séminaire est gouverné par des prêtres de lacommunauté de S. Sulpice; le dessein du bâtiment estd’une grande beauté, mais il est à craindre que de