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Tent à ks prendre en troc contre cie petits miroirs,des couteaux , 8c quelques autres bagatelles que nousavions prises pour échanger. Lorsque nous prîmes congéde ces Sauvages, ceux qui nous avoient déshabillé enentrant, nous rendirent nos habits avec la même cour-toisie qu’ils nous les avoient ôtés; 8c les femmes quiavoient toujours relié accroupies fur les sellés commedes singes, le couvrirent le visage en pleurant 8c eníoupirant de ce que nous nous en allions. Voilà lecérémonial brésilien, tel qu il se pratiqua à notre oc-casion. Il est sans doute burlesque 5c comique, sur-tout en le comparant à nos maniérés ; mais je ne fçaisíì la mode ne íeroic pas capable de lui donner en Eu-rope le même mérite qu’elle donne aux civilités obli-geantes, que l’on se fait réciproquement de boucheentre gens qui sçavent vivre. Lorsqu un étranger pâliela nuit avec eux, le chef lui fait apporter un hamacbien net, autour duqucl il allume du feu qu’il soudeavec un Tapacou; c’est une espece d'éventail, qui res-semble asíèz aux nôtres. Ce feu n'est pas feulement unfeu de cérémonie 8c de civilité ; c’est aussi pour eux unfeu de religion , puisqu’ils croyent qu’il sert à chastérjdgnian. Ils allument leur feu avec deux pièces de bois,qtúls frottent lune contre l’autte. L’une des pièces estmolle , lautre dure 8c longue d’un pied , aiguë à l’undes bouts comme un fuseau. Ils sont entrer la piécedure dans la piéce molle, 5c l’y tournent avec toute laForce dont ils font capables. C’est de cette maniéréque le feu s allume , que la fumée en fort 5c qu’ils s’enfervent à s éclairer. Si letranger est un peu honnête,i! frit présent à son hôte de quelque couteau ou decikaux. Il donne aux femmes quelques peignes 5c unmiroir, aux enfansdes filets pour pêcher, ou un petitarc. Les Sauvages du Brésil n’ont pas l’usage des bêtesde charge. Si leurs hôtes se trouvent las 5c fatigués, ilsles soulagent, leur aident à pdrrer leurs fardeaux, 5cmême ils chargent leur personne sur les épaules. Ils ontentre eux les uns pour les autres une affection naturelle,plus forte que celle de quelque nation européenne quece soit; car ils ne laideur souffrit personne. Ils ontcompassion des étrangers, 5c soulagent du mieux qu’ilspeuvent ceux qui font en peine. Mais ils font impitoya-ble^ quand on leur a fait du mal, ou quand on les apayés d’ingraticude. Enfin je fuis períuadé qu’on feraquelque chose de bon de ces Sauvages, quand on pren-dra une véritable peine à cultiver leur naturel 5c à adou-cir leurs mœurs. J’ai dit qu'tls vivent très-long-temps 5cqu’ils font fou sains. Ils ne font pas cependant tout-à-faitexempts de maladies, mais elles ne font pas fréquentescomme chez nous. On est sujet au Brésil à deux ou troissortes de Biclw. La premiere forte est celle que formeun petit ver long 5c délié, qui s attache aux jambes deshommes, 5c principalement lorsqu’on fatigue beaucoup,que l’on fe tient ks pieds nuds 5c les jambes découver-ts , ou quand on n’a pas foin d’être propre 8c de chan-ger de chaussiire. Ce Bicbo grossit entre cuir Sc chair,forme des ulcérés, 5c cause souvent la gangrené, si l’onn’a foin de le faire tirer de bonne heure. Les Sauvagesfont fort experts à k tirer, 8c cela est cause qu’ils nes’embarrasient pas beaucoup de ce mal. On est encoreattaqué au Brésil d’une maladie qui commence par uneinflammation dans ie fondement, avec des maux detêtes insupportables 5c une fièvre continue. Les nouveauxvenus préviendront cette maladie, s’ils ont foin de febien laver après avoir été à la selle, L ’épian , est une es-pece de vérole. Les Sauvages, f ont frire une très-rudediète à leurs malades, jusqu’à ce qu'ils n ’en puiffencplus. Ils disent pour raison qu’ils tuent k mal par laFaim; cependant quand k malade est Ptes^u’épuifé , ils
lui donnent à manger. Comme l’expériencc & i e ra jf on .
nement font toujours confondus en eux avec l a plusgrossière brutalité, il ne faut pas s’étonnec qu’en quel-qu’état que soit 1e malade, ils chantent,dansent, man-gent 8c boivent à leur ordinaire, sans s’embarraíkr si latête du malade cn souffre; mais s’il vient à mourir,8c que ce soit un chef ou un pere de famille , leschants fe tournent en pleurs 5c en lamentations, qui du-rent toute la nuit d après la mort du malade. Les femmeshuilent 5c font des plaintes réitérées, d’une voix aigre& tremblante. Ces plaintes roulent fur lç méritç du dé-
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funt. Aptes cela on ôte 1e corps, on lui fait une sosieronde, en forme de puits ou de tonneau, 5c l’on l’ydescend droit fur (es jambes. Le corps du chef, si ç’enest un, est entortillé dans son hamac, orné de toutes
les plumes 5c de les autres ornemens. Comme ils croyentqa'jdgnain , ou le diable, emporieroit le corps- du dé-funt, s’il ne trouvoit de la viande autour de ,1a, folle, ilsont foin d’y meure des pots avec de la farine, de laviande , du poisson 5c du Caouin. Ils réitèrent cetteoffrande jusqu’à ce qu’ils croyent le corps corrompu.Comme ils changent souvent de demeure, afin quel’endroit où est la sosie ne devienne pas inconnu, ils lacouvrent de P inde s ( c’est une plante du Brésil ) 5c tou-tes ks fois qu ils pallenr près de ces folles, il font deschants lugubres à fhonneur des morts avec un tin-tamarre épouvantable. On ditoit qu’tls veulent lesresiìisciter.
BRESINI ou Brezini , petite ville de la grandePologne, au palatinat de l.encícza, fur une petiteriviete qui tombe dans la Pileza, aux frontières dupalatinat de Sandomir 5c de celui de Rava, entre Riva8c Opoczna.
BRESLAU, ville d’Allemagne, dans la Silésie, auduché de Breílau, fur l’Qder entre ks villes d’Gllíè, &Cde Schweidnttz, avec une université 8c un évêché fuftra-gant de Gnesne. Quelques-uns croyent que c’est la Budo-riguni des anciens. Les Allemands Rappellent en latinmoderne Wratislavia , elle est grande, riche, bienbâtie, très-peuplée, & la capitale de toute la Silésie.L’Oder a en cet endroit plus de trois cents pas de large,8c coule avec une telle rapidité que si 1e pont venott ìíerompre par quelque accident,il íeroit difficile dépasséecette rivière fans péril. Elle lui fer: ausii d’ornement,puis qu’elle paroît un grand canal bordé de belles prairies8c d’arbriffeaux qui font une perspective très agréable.Breílau a trois places remarquables. La premiere qu’on ap-pelle la grande place, renferme 1e superbe bâtiment de lamaison de ville, à feutrée de laquelle il y a un corps degarde. La tour de l’horloge est, dtt-on, la plus haute &la plus belle de toute l’Allemagne. Toutes les fois quel’horloge sonne l’heure, on entend fur une galerie d’en-haut un concert de plusieurs trompettes, 8c de quelquesautres instrumens. Dans cette place qui est carrée, 8cpeut avoir mille pas de tour , font ks magasins en façonde trois halles couvertes, longues dc plus dé cinq centspas, 8c remplies de boutique où ks marchands de laville vendent des étoffes de foie de toutes sortes, desdraps fins de toutes couleurs, 8c autres marchandises deprix. Ces magasins au deííòus desquels il y a des boutiquesde merciers, de dincailtiers, 8c autres, divisent la place endeux parties ; d’un côté font ks magasins, de i’autre lesmaisons des marchands qui fe fervent de ces magasins; 8cd’un autre côté, on voit de grands édifices rrès-bien peintspar 1e dehors, comme font toutes les maisons dans cetteville, avec une architecture particulière qui les fait paroî-tre comme de petits châteaux, à cause des crenaux quis'élèvent le long du toit du côté qui regarde la rue. *Jouvinde Rachefort , Voyage d’Allemagne 8c de Po-logne.
Le marché su sel est fans contredit la plus belle placede Breílau, si on a égard aux grandes maisons qui l’en-vironnent, dont la magnificence 8c l’architecture attirentks regards du voyageur. La troisième place est k mar-ché neuf. Elle n’est pas fort éloignée de la belle église dela Magdelaine, dont k bâtiment est à remarquer aullì-bien que la hauteur de fes deux tours pyramidales. Celle,de Ste Elizabeth ne lui cede en rien pour la beautéde l’ar-chitecture. Elle est toute bâtie de gcolles pierres de taille,8c fes voûtes font larges 8c bien ornées : fa tour est re-marquable par plusieurs figures 8c bas-reliefs qui font al’entour. Le dessus est couvert de plomb, 8c ks curieuxde belles peintures ont dequoi fe satisfaite à voir ks ta-bleaux qui font dans la nef de cette église, dont 1e maî-tre autel fait k plus bel ornement.
Les catholiques ont été contraints de la céder avec plu-sieurs autres aux luthériens, ils n’ont pas lai île deconíerverla libertéd’en faire usage. L’églifecarhedrale deS. Jean estdans un fauxbourg de même nom, de i’autre côté del’O-der; &í on a construit deux ponts fur cette rivière, afin d’yarriver par deux endroits dtfférens On y voit aussi le-