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ce tn oc. Les plus anciens Armoricains que nousconnois-ilons avec certitude, font
Les Nanetes, Les Ambiliates ,
Les Rbedons , Les Vemtes ,
Les Diablmtes, Les Ofifismiens , &
Les Curiofolites.
On peut voir ce qui est dit de ces peuples à leurs ar-ticles particuliers.
On divise la Bretagne de plusieurs maniérés ; maisil y a deux divisions qui sont plus en usage que lesautres : la premiere est en Haute & Basse Breta-gne > 8c c’est celle des géographes, selon lesquels
S Rennes,
Sainc-fìríeu,
Nantes,
Dol, &
Saint Malo.
G Vannes,
La Basse comprend ) Léon,les évêchés dc ') Quimper, &
/ Treguier.
On parle François dans la haute, 5 c bas-bretoa dans 1 aBaise. Cette derniere langue est constamment une languematrice,& l’une des plus anciennes qui soient au monde.Si l’on en croît les plus sçavans antiquaires, c’est cellequ’ont parlé les Gaulois qui ont été les premiers & les plusanciens peuples de ce pays-ci, & qui doivent même s’yêtre établis immédiatement après le déluge. VojtxA ar-ticle Cei-tes.
La seconde division de la Bretagne est celle qui la par-tage en neuf évêchés : c’est celle qui est en usage dansl’alíeiiiblée des états, & dans les impositions que l’on metfur certe province.
On croit que S. Clair est le premier qui ait annoncélevangile en Bretagne. Il fut envoyé à Nantes, dont ilfut premier évêque, par S. Catien , premier évêque deTours, vers l’an 277. La religion chrétienne ne fit pasd’abord de grands progrès dans cette province ; & lors-que les Bretons y passerent, les peuples de l’Armorique,si on en excepte ceux de Nantes, & quelques-uns de leursvoisins, croient encore plongés dans l’idolatrie. Les Bre-tons dissipèrent les ténèbres du paganisme, & commu-niquèrent aux Armoricains les lumières de l’évangile.En 468 il se tint un concile à Vannes, où assistèrentNunnechius, évêque de Nantes, Paterne évêque deVannes, Athénius évêque de Rennes, &c. Ce fut Pcr-peruus , archevêque de Tours, qui présida à ce concile,Hui fut asiemblé pour l’ordination d’un évêque deVarmes qu’on croit être Paterne. Lorsque les Bretons sefurent affermis, ils ordonnèrent, ainsi qu'il a dé/a étédir, des évêques à Léon, à Dol, à Treguier, & à Quim-per, fans la participation de l’archevêque de Tours-, cequi obligea Euphronius qui occupoit alors ce siège, deconvoquer a Tours en ;66, une-assemblée d’évêquesFrançois, dans laquelle st f n t défendu d’ordonner aucunévêque, soit Breton y soit Romain, sans la participationdu métropolitain, fous peine d’excommunication. De-puis ce temps-là l’archeveque st e Tours continua d’exer-cer en Bretagne son droit de métropolitain jusqu a cequ’en 847 , Nominoë voulant se faire déclarer roi, en-iteprit de faire déposer les évoques qist avoient reçul’ordination de l’archevêque de To.lirs, & y réussir dansle synode qu’il convoqua à Coît loti au commencementdc l’an 848. Il donna en même-ternps la qualité d’ar-cheveque & st e métropolitain à l’évêque de Dol. De-puis cette érection il n’y eut presque point de papequel le différend dc l’archevêque dc Tours &C de 1 évê-que de Dol ne set porté. Ils décidèrent tantôt pour l’un,&c tantôt pour l’autre. Enfin, Innocent III qui étoicgrand jurisconsulte, donna une sentence définitive lepremier de juin de 1 an 1199, par laquelle il décida que!'évêque de Dol reconnoîtroic l’archevêque de Tourspour son métropolitain, & lui rendroit la même obéis-sance que les autres sossragans. Le duc Arcus coníentiti. l’exécution de cette sentence, & depuis ce temps-là les
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églises de Bretagne ont toujours ete soumises à la jutís-diction de l’archevêque de Tours. Les papes ont cepen- ^dant accordé aux évêques de Dol quelques prérogatives.Boniface VIII ordonna l’an 1299 st ue sttiand l’archevê-que de Tours convoquera ses luffragans, il écrira sépa-rément à l’évêque de Dol, ou tout au moins mettra sonnom à la tête des autres, s’il lui écrit dans la même let-tre. Alexandre VI permit aux évêques de Dol, l’an 149 r,de faire porter devant eux dans leur diocèse la croixarchiépiscopale.
U est à remarquer que comme cette province n’étoicpas encore unie à la couronne de France, lorsque lepape Léon X, Ale roi François I, firent le concordat,les rois de France ne nomment aux bénéfices consisto-riaux de cette province, qu’en vertu d’un induit. Celuide Louis XIV étoit du pape Urbain VIII, & de l'année1Ó44. A l’égard des autres bénéfices, par un concordatfait entre le pape Eugene IV, A le clergé dc Bretagne ,le pape conféré les bénéfices qui vaquent pendant huitmois de l’année ; & les évêques, les abbés & les autrescoliateurs ne jouistent de leurs droits que pendant lesautres quatre mois. Mais Innocent VIII fit en 1484,une réglé de chancellerie par laquelle il consent que lesévêques réfidans confèrent alternativement avec lui pen-dant six mois.
Pendant que la Bretagne a été gouvernée par sesducs, elle releva à foi & hommage de la couronne, 8cles appellations des juges de ce duché étoient portées auparlement de Paris. Par un traité fait entre le roi Char-les VIII & la Bretagne, l’an 1492, il est porté queles grands jours subsisteront comme par le paslé, &que de ce tribunal il y aura appel au parlement de Paris.François I ordonna que ces grands jours jugeroient endernier ressort jusqu’â la somme de trois cents livres derente ; ainsi c’étoit une espece de juridiction présidiale.
Le roi Henri II, veulant épargner aux Bretons la peine -& la dépense de venir demander la justice à Paris, éri-gea les grands jours en parlement, avec pouvoir de ju-ger fans appel. Cette érection est de l’an 1553, & leroi y établit deux semestres, qui subsistent encore au-jourd’hui j c'est-à-dire que la moitié des présidens 8cconseillers servent six mois , & l’autre moitié les six au-tres mois de l’année. Cette cour se tint d'abord alter-nativement à Rennes & à Nantes; mais par édit du 4mars r;6o, elle fut rendue sédentaire à Rennes oùelle est actuellement. Ce parlement est aujourd’huicomposé d’une grand’chambre , d’une chambre desenquêtes, d’une chambre de tournelle & d’une cham-bre des requêtes. Outre les affaires,dont la connoistàn-ce est attribuée aux parlemens, celui de Bretagne a lajuridiction, qui dans les autres provinces est attribuéeaux cours des aides, c’est-à-dire, celle qui regardeles gabelles, & les droits fur les boissons, qui fontcomme les droits d’aides dans les autres pro-vinces.
Toutes les juridictions de la province de Bretagnereffortiflènt à ce parlement. Les plus considérables soncles quatre sénéchaustees de Vannes, de Rennes, de Nan-tes & de Quimpercorentin, qui ont chacune un prési-dial, auquel reíîortilsent dans les cas préfidiaux toutesles autres juridictions royales, qui font connues fous lenom de Barres, sénéchauffées ou prévôtés royales.Dans les autres cas, les appellations de ces juridictionsfont portées au parlement. Ce quatre préfidiaux oncété créés par le roi Henri II, en 1551.
La chambre des comptes établie à Nantes tient le se-cond rang entre les cours supérieures de cette province.
Sa création est ancienne, puisqu’elle est du temps desducs de Bretagne; ses officiers servent par semestre, demême que ceux du parlement, & cette cour a en Breta-gne les mêmes attributions qu’ont les chambres descomptes dans les autres provinces.
Le bureau des finances tient le troisième rang, & a étécréé par édit du mois d’avril de l’an 1694. Ses attribu-tions font les mêmes que celles des autres bureaux desfinances.
Le roi Louis XIV, par son édit du mois de juso1691, créa sept sièges d’amirauré pour la Bretagne, Scles établit par le même édit á S. Malo, à Nantes, à S.Brieu, à Morlaix, á Brest, à Vaques & à Quimper.